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2008-05-09 09:03:56 : Drôle d'endroit pour une récup' - Course du Sanglier - 08-05-2008 - Cerny - 42 photos - 9 réactions

Comme toujours, ce CR est disponible, avec les photos ordonnées, sur Kikouroù : http://www.kikourou.net/recits/recit-5201-la_course_du_sanglier-2008-par-l_castor_junior.html

Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?

Depuis mon retour de l'Annapurna Mandala Trail fin avril, entre la reprise immédiate du travail et l'envie de trier un peu les photos que j'avais prises au Népal, je n'étais allé courir que dimanche dernier 4 mai, avec le JDM. Une petite sortie toute simple de 21,5 km, à allure JDM, c'est-à-dire entrecoupée de nombreuses pauses des plus salutaire.

Visiblement, la machine fonctionnait bien, et, même si j'avais parfois du mal à suivre certaines fusées dans leurs accélérations soudaines, je tenais néanmoins l'allure générale, et prenais un réel plaisir à refaire tourner les jambes. C'est plutôt au niveau du chef que les choses semblaient tourner de manière erratique.

En effet, à la simple évocation de la course du Sanglier de Cerny, je me voyais, revenant sur les terres d'un de mes premiers trails, en 2005, gambader parmi sangliers et marcassins, et tirer partie à fond des globules rouges excédentaires ramenés de mon périple himalayen pour, non pas enrhumer les meilleurs, bien sûr, mais, pourquoi pas, renouer avec cette période où tout semblait si facile. Bon, le fait que cette course, en 2005, ait été la dernière avant trois mois d'arrêt pour fracture de fatigue me rebutait un peu, mais je me disais, en entendant tous les copains et copines déjà inscrits : "Et pourquoi pas moi ?"

De retour à la maison, je voyais également qu'un grand nombre de kikoureurs projetaient d'aller, eux aussi, trottiner un peu dans les bois et les champs autour de Cerny. Visiblement, le tapage (terme employé ici de façon positive pour décrire une incitation chaleureuse et enthousiaste à une saine débauche) orchestré par JLW avait porté ses fruits.

En discutant hier soir avec Olivier91, je lui indiquais que, si :

- le temps restait au beau fixe,
- il était encore possible de s'inscrire sur place,
- le circuit s'effectuait dans un sens différent de ma dernière belle échappée et
- je me réveillais sans problème en ce jour férié,

j'avais bien l'intention d'aller faire le zouave, à un rythme de balade tranquille.

Au réveil, parfaitement matinal, je pouvais constater que le temps était toujours aussi clément, et, comme un coup d'oeil rapide la veille m'avait confirmé la possibilité d'inscriptions tardives et que, le sens de la course changeant chaque année, je courrais bien dans le sens inverse de 2005, je n'avais plus le droit de reculer.

Et comme j'avais un petit colis à remettre au Bagnard, qui avait trouvé in extremis une kikoumobile pour se rendre sur place, ma décision était prise : en voiture Simone !

Même sous un soleil de plomb, ce n'est pas le bagne...

Arrivé sur place de bonne heure, je peux déjà constater une organisation tirée au cordeau, comme les places de parking aménagées dans un champ voisin du gymnase de départ. Les signaleurs sont efficaces et souriants : les centaines de personnes attendues apprécieront je pense elles aussi.

J'aperçois rapidement Le Bagnard, qui a déjà retiré son dossard, et je file chercher le mien, non sans croiser en route tout un tas de visages connus, depuis les locaux comme le Chacal et ses amis du COSE, jusqu'à de nombreux kikoureurs (jeanluc78, jdecool, JCDUSS, tess2002, Bikoon, nictomve, jilles et d'autres que j'oublie sans doute), en passant par angelo du KWAC et de courseapied.net et, comme prévu, une palanquée de potes de l'USBY-JDM.

Une fois le dossard épinglé, et le colis remis au Bagnard, nous nous dirigeons, boulet au pied pour lui, sur l'aire de départ et d'arrivée, pour assister au départ de la course du Marcassin. En route, nous croisons JLW et Coli, bénévoles du jour, qui feront tout, avec d'autres, pour que notre matinée se passe au mieux.

Je salue également Pascal, de Mondeville, mon speaker préféré, avant d'encourager les Dunes d'Espoir qui alignent deux Joëlettes au départ aujourd'hui, pour permettre à deux jeunes handicapés de profiter de façon originale de cette belle journée estivale. Ced c'est bien et Cours Forest sont parmi les gars en jaune au coeur d'or ce matin.

A 9h45, c'est à notre tour de nous élancer. Nous sommes près de 500, mais, comme j'avais préféré rester avec le Chacal et Yves, du JDM, je me retrouve aspiré par le peloton de tête, et, comme sur toutes ces courses courtes, ça part sacrément vite.

Après un premier kilomètre à près de 15 km/h, je dois être dans les 50 premiers. Ouch : même si j'ai passé deux semaines à fabriquer des globules rouges en quantité quasi industrielle, il ne s'agirait pas d'oublier que je suis là en récup', et que, après un an passé à ne courir qu'une fois par semaine, je n'ai plus les jambes de ma prime jeunesse (comprendre, en 2005 et surtout 2006).

J'aperçois angelo qui galope loin devant, en seconde position, et, plus "humains", à une coudée devant moi, Bikoon et Yves. Je me mets donc en tête de les rattraper (mais non, pas angelo voyons), mais constate rapidement que les deux compères, que j'avais, pour l'un, accompagné en partie sur son premier ultra et, pour l'autre, souvent devancé sur ces courses vertes, sont réellement hors d'atteinte pour moi aujourd'hui (et, au vu de mon entraînement désespérément léger, pour de nombreux mois à venir encore).

Je profite donc du premier ravitaillement, avant même le quatrième kilomètre, pour mettre le clignotant et basculer définitivement dans un mode plus rando que réellement course. Un verre d'eau, que je jetterai, vide, dans la poubelle (si seulement tous les coureurs faisaient de même...), et je repars tranquille à l'assaut des premières côtes.

Après un premier passage en forêt, puis une montée sous une ligne à haute tension, le parcours retourne en sous-bois, ce qui permet à tous les coureurs de se rafraîchir un peu en s'abritant du soleil de plomb qui berce cette belle journée, et nous fournit aussi l'occasion de la première rencontre du jour, en course, avec les Joëlettes de Dunes d'Espoir.

Ced c'est bien, reconnaissable à sa casquette rouge Kikouroù, accompagne, sourire aux lèvres, la première Joëlette que je dépasse, tandis que Gilles, le "capitaine" des Dunes au Raid 28, kikoureur également, pilote les porteurs de la première. Les deux jeunes sont aux anges, mais les Dunes doivent redoubler d'attention dans ces monotraces encombrés pour éviter que leurs protégés heurtent le moindre élément du décor.

Je les retrouve au ravitaillement qui suit presque immédiatement ce dépassement, et ne les reverrai plus avant l'arrivée. A ce ravitaillement, une fois de plus, je constate que beaucoup de coureurs jettent leur gobelet quelques dizaines voire centaines de mètres après les poubelles de format pourtant bien adapté. Quelle bêtise ! Certes, je ne doute pas un instant que les bénévoles dévoués qui tiennent les stands iront, sitôt la marée humaine passée, nettoyer la zone, mais tout de même ! Un coureur situé aux alentours de la centième place ne pourrait donc pas se permettre de perdre les deux secondes qui suffisent à faire place nette ? Fin de la (fort regrettable) parenthèse.

Sitôt passé ce ravitaillement, le parcours retourne en forêt pour ce qui est, pour moi, la plus belle côte de la course. En effet, dans une pente raide, qui doit servir de lieu de récréation privilégié pour les vététistes du coin, sont disséminées plusieurs rampes de saut, que l'organisation, facétieuse, a pris soin de recouvrir de petits mots gentils, comme "Jump", "Jump... Oups..." ou 'Facile"... Personnellement, j'apprécie d'autant mieux ces clins d'oeil que cette petite montée me permet de casser un peu le rythme rapide suivi depuis le départ.

Le parcours continue à travers des sous-bois qui commencent à être traversés d'ornières boueuses que le beau temps chaud de ces derniers jours permet de contourner à sec. Les branches, en travers du chemin, parfaitement signalées par l'organisation, me permettent de vaincre mes vieux démons de saut en hauteur au lycée, où j'étais totalement incapable de dépasser le mètre vertical...

Je profite d'un nouveau passage à un double ravitaillement pour me restaurer de nouveau de pain d'épices et de banane, puis file vers la zone de la course où se trouvent les pires ornières du parcours. La traversée s'effectue sans difficulté véritable, même si je manque à maintes reprises de me tordre une cheville.

Après un nouveau passage en lisière de forêt, je finis par tomber sur Coli, qui arbore lui aussi sa casquette Kikouroù, qui officie en tant que signaleur avant une descente quelque peu technique, que je parviens toutefois à avaler sans me faire inquiéter par mes poursuivants.

Dans la traversée de champs qui nous ramène, à vol d'oiseau, et avant un nouveau détour dans le triangle au nord du départ, vers le parking, je dépasse, pour la troisième ou quatrième fois, un coureur de l'Entente Sportive de Vauhallan, club organisateur du Castor Fou.

A-t-il vu le pseudo sur ma casquette ? Toujours est-il qu'il m'interpelle pour me proposer de venir courir cette autre course verte le 7 juin. Je lui réponds par une question : "Pierre-Yves, l'organisateur du Castor Fou, est-il dans le coin ?" Ma question peut surprendre, mais j'ai toujours en mémoire des propos de Pierre-Yves que m'avait rapportés mon père après une de mes premières courses, lorsque Pierre-Yves l'avait félicité pour mes performances de jeune (comprendre récent) coureur.

Le coureur de l'ESV me confirme que l'objet de mes recherches est bel et bien présent, à quelques mètres devant nous, et je me mets en chasse aussitôt, non sans que mon interlocuteur me mette en garde contre les dangers éminents qui menacent ceux qui se permettent de dépasser des Vauhallannais.

Arrivé à la hauteur de ma cible, je me présente, mais, à peu près comme si j'avais sorti une de mes blagues fétiches, c'est un four. Certes, nous sommes en pleine montée, à trois kilomètres de l'arrivée, et nous avons tous d'autres préoccupations circonstancielles, bien plus importantes qui focalisent notre attention, mais Pierre-Yves ne se souvient ni de mon père, ni de moi.

Tant pis, me dis-je, en filant, même si le mot est certainement mal dimensionné, vers l'arrivée et ce tour de stade qui m'avait paru si long il y a trois ans. Un rapide coup d'oeil au chrono me confirme que je vais exploser, dans le mauvais sens, mon "record" de 2005, mais j'ai l'impression que je peux encore passer sous les 110 minutes, alors que j'imaginais depuis plusieurs kilomètres un chrono au dessus de 1h55'.

Porté par cet objectif un peu bête ainsi que par les encouragements des coureurs qui en ont déjà terminé, je réaccélère un peu et termine 108ème en 1h49'55", loin derrière la première féminine mais tout juste devant les deux suivantes que sont Dominique Goulet et Evelyne Poupet.

Au final, pour une sortie de récupération, ce n'est pas si mal. En effet, même si j'avais mis cinq minutes de moins en 2005, j'avais fini moins bien classé, proportionnellement, qu'aujourd'hui.

Je récupère un superbe TS technique griffé du fameux sanglier (le premier que je verrai finalement aujourd'hui), puis embrasse Martine Napolitano, venue prêter main forte aux organisateurs en voisine depuis Mondeville.

Je félicite ensuite Jean-Luc, qui, dix-septième au scratch, s'est assuré une place sur le podium V1, et angelo, qui a pris la même place sur le podium scratch. Je retrouve également Bikoon, qui a, une fois encore, après Chevreuse, sacrément bien tourné, malgré une chaleur qui l'indisposait fortement.

Les copains du JDM arrivent peu à peu, sauf Yves qui, comme attendu, m'a largement devancé aujourd'hui, en 1h42'50". daloan, en particulier, semble avoir apprécié lui aussi cette sortie de récup', lui qui a battu jeudi dernier son record sur marathon lors de celui de Sénart.

J'aperois de nouveau Pierre-Yves, qui, toujours confus de ne pas avoir réagi à l'énoncé de mon nom, se souvient toutefois parfaitement d'un certain Castor Junior, qui a déjà dit à plusieurs reprises sur divers forums que la course du Castor Fou valait le détour et était organisée par un gars bien. Tout est bien qui finit bien, donc...

Après avoir remercié JLW pour cette organisation aux petits oignons et salué l'arrivée des Dunes d'Espoir, avec un Ced c'est bien euphorique, je regagne enfin ma voiture, avec le sentiment du devoir accompli. C'est un peu bête, mais j'ai le sentiment d'avoir finalement pas trop mal couru, tout en prenant un plaisir finalement rare sur ce format de course qui me fait d'habitude bien plus mal.

Serait-ce le deuxième effet AMT ?

2008-01-30 21:22:16 : Pouvoir d'achat ou pas, pas touche au RTT - 27-01-2008 - Marlhes - 31 photos - 10 réactions

NB : pour consulter ce récit avec les photos intégrées au rexte, c'est par ici : http://www.kikourou.net/recits/recit-4415-raidlight_trail_trophy_-_33_km-2008-par-l_castor_junior.html

Les préparatifs

Une semaine tout juste après le Raid 28, une grosse moitié (enfin, Mathias et La Souris ont la ligne : je suis gros pour trois) de l'équipe des Kikouroù du Zoo participe au Raidlight Trail Trophy à Marlhes, dans la Loire, à deux pas du siège de Raidlight, l'entreprise fondée et dirigée par Benoît Laval, bien connue des traileurs/raideurs de tout poil.

La course est organisée par l'association SMAG, à laquelle appartiennent d'éminents Kikoureurs et, depuis ce weekend, ma pomme (merci les gars de m'avoir accueilli dans le groupe !).

Le weekend promet en tout cas d'être, comme le Raid 28 ou la Saintélyon, un superbe rassemblement de Kikoureurs venus de tous horizons.

Pour ma part, je compte sur NoNo l'escargot et Girlay, venus du département premier, pour rejoindre le retrait des dossards et la pasta party dès le samedi soir.

Les retrouvailles à Lyon Part-Dieu se déroulent parfaitement, grâce à un conducteur de TGV émérite qui a réussi à plus que rattraper les cinq bonnes minutes de retard enregistrées à Massy. Je succombe même, à la terrase de l'A Café, à la tentation de NoNo : un beau morceau de pain au chocolat dont je ferais pourtant mieux de me passer pour retrouver un peu d'allure...

Arrivés dans des terres que Mathias connaît forcément bien (nous traversons Bourg-Argental sur le chemin), nous nous mettons en quête du point de retrait des dossards. Sur la place de l'église, j'aperçois Samia, de Mondeville Trail Aventure, qui nous indique la direction du gymnase.

Nous y rencontrons Benoît Laval et Alexandra Rousset, ainsi que quelques coureurs, dont Franck et Christelle, les beau-frère et belle-soeur de NoNo.

C'est Arno_SMAG, accompagné de sa chère et tendre, qui me remet mon dossard et le chouette TS ML Raidlight qui l'accompagne. Super, c'est aussi à lui que j'avais prévu de remettre mon inscription à SMAG pour cette saison. Il m'accompagne au PC Course, où les uns et les autres tentent de régler des soucis de gestion automatisée des dossards, pour me présenter à mes nouveaux compagnons de jeu. Je discute en particulier avec Cyril, qui habite et travaille juste au dessus de chez moi, en région parisienne, et avec qui je serais ravi d'organiser la sortie SMAG prévue fin mars en Vallée de Chevreuse.

Je jette également un oeil à la boutique Raidlight installée sur place, et écoute les conseils avisés d'Arnaud puis Benoît quant au matériel, notamment tenue chaude et sacs de couchage, dont j'aurai besoin pour l'Annapurna Mandala Trail. Mais il se fait tard, et Mustang, déjà arrivé avec ses collègues normands, me prévient qu'ils ont déjà commencé à manger à la "pasta party" qui consiste en fait en un repas offert dans un café-restaurant du centre du village. Pour ne pas les faire attendre, mais aussi parce que je préfère mûrir un peu mon choix de matériel, nous plions bagages et retournons sur la place de l'église où le Lutin, à l'oeil exercé, a reconnu la voiture de NoNo et nous accueille avec son gros calibre : un reflex numérique Canon de bien belle facture.

Les présentations sont à peine faites que Mathias et La Souris débarquent à leur tour, toujours sous les flashes crépitants du Lutin. Nous nous mettons à table, mais Mathias, La Souris, Girlay et moi sommes séparés du gros de la troupe constituée par ailleurs des sept Normands (Mustang, -loulou-, le Lutin d'Ecouves, Raymond, riah50, la mouette et un petit jeune dont j'ai oublié le pseudo) et les deux parigots que sont le Lombric et JCDuss.

A peine entré dans le petit troquet, je tombe sur Fabien Hobléa, dont j'avais fait la connaissance sur mon premier 24 heures à Saint Doulchard en 2006, avant de le retrouver à la Saintélyon la même année puis aux 6 heures Off du Marmotton au Bourget du lac en février 2007.

Il ignore évidemment que j'ai largement réduit mon entraînement, et me demande si nous nous retrouverons à Brives début mai pour les Championnats de France de 24 heures. Je lui avoue que je ne me sens pas capable, en ce moment du moins, d'améliorer ma marque de 2006, et que, de toute façon, l'Annapurna Mandala Trail m'occupera bien assez fin avril pour m'empêcher d'aller tourner à Brive.

Je suis ravi de le revoir cependant, et je lui souhaite bonne chance, car même lui, qui a brillé aux Championnats du Monde 2007 à Drummondville au Canada en décrochant, à près de 250 km, une formidable cinquième place, devra bien figurer aux Championnats de France pour pouvoir être de nouveau sélectionné. D'après lui, approcher les 250 pourrait d'ailleurs bien constituer le nouveau critère de sélection en 2008. Ca laisse songeur...

Je le salue en lui souhaitant le meilleur pour demain, et rejoins mes amis kikoureurs à table.

La Souris nous offre de quoi nous désaltérer (ah, les vertus de diététique du sport de la bière...) puis nous engloutissons les pâtes préparées pour l'occasion, avant de régler l'ardoise (marrant au passage de voir que cette "pasta" coûte trois euros de moins en réglant au bar qu'auprès de l'organisation...)

Nous filons ensuite vers Saint-Genest-Malifaux pour trouver, dans une atmosphère où règne une forte odeur de purin (beurk !), de jolis petits chalets réservés pour nous par Mustang.

Mathias et La Souris, qui veulent tester les duvets qu'ils ont achetés pour l'AMT en conditions réelles, installent une tente de raid sur la terrasse, dans laquelle ils entendent passer cette nuit où les températures sont annoncées largement sous les -10°C. Brrrrr...

Mais avant de filer sous la tente, ils me font essayer chacun son sac. Etonnamment, la taille S du Valandré Lafayette qu'a acheté La Souris semble m'aller. Et quel confort ! Le Valandré Mirage de Mathias semble effectivement plus léger. Cyril Quétier, dans ses excursions népalaises, y ajoutait systématiquement un Thermolite Reactor pour grapiller quelques degrés supplémentaires, réduisant ainsi l'avantage essentiel du Mirage : le poids faible. Pour ma part, j'hésite encore, même si le Lafayette apparaît incontestablement comme du superbe matériel. Il faudra tout de même que je finisse par me décider...

En attendant, il est grand temps de se reposer un peu avant la coursette de demain. On ne sait si nos amis qui découchent seront totalement frigorifiés demain au réveil, mais nous, occupants du chalet, profitons allègrement de notre petit nid douillet. Le réveil étant prévu à 6h00 dimanche, la nuit ne sera de toute façon pas si longue.

Dès le réveil, nous nous précipitons sur la terrasse pour constater les dégâts. Finalement, la nuit a été fraîche, comme annoncé, mais chacun des duvets a semble-t-il rempli son office. Bon à savoir pour notre coursette au Népal au mois d'avril...

Une fois tout le monde préparé, nous rejoignons le reste de la bande dans un chalet voisin, où nous pouvons prendre un petit déjeuner en commun. C'est l'occasion, enfin, de discuter et faire plus ample connaissance avec nos amis.

Les Normands sont, à n'en pas douter, de sacrés loustics, mêlant humour et bonne humeur à des performances sportives de très bon niveau. Je savais le Mustansg très fort, mais, pour des gens qui étaient dans l'Orne hier, il m'est d'avis que l'air d'Alençon et sa région présente des caractéristiques exceptionnelles...

Après ce petit déjeuner roboratif (pour ma part, j'en ai profité pour finir le pain d'épices maison préparé spécialement pour le Raid 28 la semaine précédente), nous regagnons nos pénates pour nous mettre en tenue de course. Difficile de se décider, car la très belle nuit a tenu ses promesses en nous offrant des températures largement négatives au réveil (-11°C au thermomètre de la voiture du Lombric), mais le beau temps qui devrait se maintenir toute la journée devrait singulièrement réchauffer l'atmosphère.

Pour ma part, je partirai finalament avec mon collant Gore Thermo, un sous-vêtement Craft Pro Zero avec col roulé zippé et mon TS ML Kikouroù by Raidlight. Le Buff Kikouroù fera office de bonnet, et les gants Gore devraient être largement supportables et m'éviter des engelures. Enfin, par précaution, les mini-guêtres Raidlight viendront coiffer mes chaussures dédiées aux trails hivernaux, les New Balance 921.

J'espérais pouvoir prendre mon simple porte-bidons Salomon, mais la nécessité de transporter sifflet, couverture de survie et tutti quanti m'incite à prendre mon sac à doc Lafuma Active Trail 11, heureusement plutôt léger et très compressible.

Côté boisson, je pars avec un litre et demi de Volvic dans la poche à eau Raidlight de trois litres que j'ai achetée en vue de mes futures longues courses. Trois barres Aptonia complèteront le dispositif et permettront de lutter efficacement contre d'éventuels coups de barre (j'ai en mémoire, forcément, le dernier Raid 28, où j'ai connu des moments difficiles en raison vraisemblablement d'une belle hypoglycémie).

Arrivés au gymnase de départ, noir de monde, nous trouvons rapidement nos amis Kikoureurs, comme (j'en oublie forcément) thunder, totote01 et golum, NoNo l'escargot, Colimaçon et flapi38. totote01 et golum me font remarquer gentiment que j'ai quelque peu forci des cuisses. Heureusement, ils n'ont pas vu mon bide...

Chacun met la dernière touche à son matériel, et se prépare à entrer dans l'arène. Les trois courses (33 km, 22 km individuel et 22 km relais Inov'8) partent à 9h00. Le temps, très beau mais encore un peu frais, permet d'observer un éventail assez large de tenues, depuis le cuissard court avec un TS léger jusqu'au collant bien chaud et aux trois couches de vêtements sur le haut du corps.


La course



A 9h06, alors que je m'échine à faire communiquer mon Polar RS800 avec le capteur G3 dont je viens de changer la pile, le départ est donné. Tant pis pour les infos de vitesse du Polar, je me contenterai de celles, tout aussi précises, de mon Forerunner 205.

Dans les premiers hectomètres qui nous font traverser Marlhes, je double la bande de Mondeville Trail Aventure et de la Mauritanienne Race 200, malheureusement annulée cette année suite aux évènements douloureux de fin 2007. Jean-Claude Blum et Patrick Caillault sont certainement déjà devant, comme Agnès certainement, mais je peux saluer avec plaisir Pascal, le speaker, Jean-Pierre Delhôtal et Samia, tandis que j'aperçois, sur le bord de la route, Martine Napolitano, que je salue bruyamment.

Je prends ensuite un rythme de croisière, mais je dois déjà être dans le ventre très mou du peloton. De toute façon, une semaine après le Raid 28, épreuve au (très) long cours, où j'ai déjà souffert en étant le poids mort de l'équipe, je n'espère pas vraiment briller aujourd'hui. Aller au bout et, si possible, sous les quatre heures, afin de ne pas louper mon train de retour, sera déjà une heureuse surprise.

Assez rapidement, Raymond, qui m'annonce pourtant être blessé (une aponévroiste plantaire semble-t-il), me dépose littéralement. Quelle santé ces Normands !

Peu avant Saint Régis du Coin, où se trouvent le ravitaillement et la séparation entre les deux circuits, c'est au tour de Mathias et golum de me dépasser. Je ne reprends golum qu'à la faveur de la montée finale vers le bourg, où je sais qu'inscrit sur le 22 km, il mettra le clignotant.

Je continue avec un de ses amis que j'abandonne lorsque je décide de ne pas marquer l'arrêt au ravitaillement. La montée se poursuit vers Gimel, avec, parfois, des passages rendus glissants par une fine couche de glace particulièrement traître. Je surprends, dès la première montée, un couple de coureurs dont le mari a entrepris d'aider sa chère et tendre en la délestant de son sac à dos. J'avais déjà vu ça au Tour des Glaciers de la Vanoise, et cette façon de tricher à la marge me choque tout autant ici que là-bas.

Au point culminant qui domine Gimel, un panorama magnifique se dévoile sous nos yeux sur la chaîne des Puys. Je me décide donc à sortir l'appareil photo et, finalement, à le garder en main pour le reste de la course, afin de rester à l'affût de nouvelles surprises agréables.

Le parcours se poursuit dans des décors charmants, en forêt le plus souvent, avec parfois des passages détonnants, comme ces zones franchement boueuses ou encore recouvertes de neige ou de glace.

Dans la descente suivante, j'aperçois Alexandra, bénévole parmi d'autres sur cette course joliment organisée, avec notamment un balisage d'excellente facture à la peinture dégradable.

La montée qui s'ensuit est rude, qui nous emmène vers le point culminant du parcours aux alentours de 1300 m d'altitude. Comme la plupart des coureurs autour de moi, je marche. J'entends derrière moi un souffle puissant, reconnaissable entre tous : Werner Schweizer, grand monsieur de la montagne, capable d'enchaîner certaines années l'UTMB dans des temps qui raviraient la plupart des Seniors avec la Grande Traversée des Alpes, me rattrape. Je ne peux m'empêcher de penser que, n'était-ce cette sale maladie qui l'a touché l'an dernier, il serait, déjà, loin devant moi.

En lisière de forêt, un petit papillon accroché à une clôture nous recommande de profiter du spectacle : "Lève la tête : les Alpes". La publicité n'est pas mensongère, avec un panorama splendide sur tout le massif alpin. Là encore, la pause photo s'impose.

Le chemin se poursuit ensuite vers Saint Régis, dans une longue descente qui emprunte, sur la fin, le chemin pris au début de cette boucle réservée aux coureurs du 33 km.

A l'approche du village, un des coureurs qui me précède se met à jurer très fort, mais je ne parviens pas à en déterminer la raison. Il me faudra passer exactement là où il est passé, en me méfiant pourtant de tout caillou un peu traître, pour comprendre qu'il avait dû se frotter à un de ces cailloux recouverts d'une pellicule de glace. Si lui a évité la chute, je me retrouve pour ma part les quatre fers en l'air, avec heureusement bien plus de peur que de mal. Je n'ose imaginer la course entièrement dans la neige comme l'an dernier.

Arrivé au ravitaillement, je suis surpris de retrouver le Lutin d'Ecouves, que je pensais être bien loin devant moi. J'en profite pour le morigéner gentiment, tout en buvant un verre de coca au passage, avant de prendre la poudre d'escampette et d'aborder ce dernier tiers du parcours.

Le Lutin me rattrape toutefois rapidement dans la descente, dans un passage particulièrement boueux où, sans doute lassé par la boue rencontrée sur le Raid 28, j'avance comme une vierge effarouchée qui redouterait de salir ses souliers de vair. Nous allons tout de même faire quelques kilomètres ensemble, jusqu'à ce que je lâche prise définitivement.

Je laisse bientôt le Lutin voler vers l'arrivée, tandis qu'il nous reste une dernière petite côte avant la descente finale. C'est dans ce dernier raidillon, après un sympathique ravitaillement impromptu où je me régale d'un abricot sec, que je vais commencer à être perclus de crampes aux mollets, malgré une hydratation qui m'apparaît largement suffisante. Je pense que le Raid 28 et la chute de tout à l'heure en sont les principaux responsables.

Ca me met en rage, car c'est le moment où Werner, que j'ai dû redépasser auparavant, me rejoint de nouveau, avec son souffle caractéristique. J'aimerais tant finir à ses côtés. Mais mes douleurs sont trop fortes et m'en empêchent totalement.

Arrivé au sommet de cette dernière butte, je sais qu'il ne me reste plus que cinq kilomètres, essentiellement en descente. Ca devrait être des plus facile, mais les crampes se font de plus en plus fortes, et j'envisage dès lors de terminer en marchant. La frustration est terrible. Je demande, aux coureurs qui me dépassent si l'un d'eux n'aurait pas un cachet de Sporténine, mais il n'y a pas de miracle.

A défaut de miracle, j'entends une voix qui crie mon nom. Je me retourne pour trouver une jeune fille blonde au loin, et je pense à NoNo l'escargot, et me dis que je vais peut-être pouvoir la rejoindre pour franchir la ligne d'arrivée avec elle. Mais, le parcours n'allant pas dans la direction d'où m'appelait cette personne, je comprends mon erreur : il s'agissait de totote01, quelques kilomètres derrière moi.

Interpellé par un coureur qui me demande mon pseudo sur Kikouroù, je fais la connaissance de Yurik, qui assistera à mon second, et plus douloureux, gadin. Me prenant le pied dans une racine, je m'étale en effet de tout mon saoul, déchirant au passage un de mes gants que j'étrennais aujourd'hui. Ce simple fait, anodin s'il en est, m'irrite pourtant au plus au point, d'autant que la chute a réveillé ces fichues crampes qui semblaient m'avoir peu à peu laissé tranquille.

Je me remets néanmoins en marche, et parviens finalement à gagner le bourg de Marlhes et à franchir la ligne d'arrivée en 3h38', à la 160ème place des 300 coureurs au départ. Bien piètre performance, mais je redoutais bien pire encore au vu de ma condition du moment.

Avant la ligne, golum, Mathias, La Souris, Colimaçon, NoNo l'escargot, le Lombric et le Lutin m'acclament, et, dans le gymnase, Martine Napolitano m'aperçoit et m'embrasse, me demandant des nouvelles de mon père et s'enquérant de savoir si nous avons bien reçu son petit cadeau de Noël : le DVD de l'édition 2007 de la Mauritanienne Race 200, dont on espère qu'il ne s'agira pas de la dernière.

Après un ravitaillement sommaire, je confie mon sac à dos à thunder et file profiter d'une douche bien chaude, tellement chaude d'ailleurs que l'on se croit dans un sauna lorsqu'on franchit la porte du vestiaire. Les crampes font, hélas, de nouveau leurs basses oeuvres, et je dois donner un spectacle affligeant à mes voisins.

Heureusement, les pires choses, comme les meilleures, ont une fin, et je parviens à me rhabiller sans assistance, et à rejoindre les copains pour aller déguster la tartiflette géante offerte par l'organisation. Quel bonheur, au passage, que ce bon vieux plat traditionnel après cet effort.

Je suis heureux des performances des uns et des autres, sur le 22 comme sur le 33 km. NoNo l'escargot, notamment, a fait un temps plus que correct sur son circuit, et devra bientôt songer à se rebaptiser. Patrick et Jean-Claude, de Mondeville Trail Aventure, tout comme Fabien Hobléa, ont fait d'excellentes performances. Laurent, UFO, dont j'avais aperçu la présence sur la liste des inscrits, vient me saluer et m'annonce, comme je m'en doutais, qu'il a lui aussi brillé.

Seul Mustang manque à l'appel. Le bonhomme, à qui son médecin avait pourtant fortement déconseillé de courir, s'est malgré tout élancé ce matin, et sur le 33 km, bien sûr.

Il mettra finalement plus de cinq heures pour boucler le parcours, et devra être pris en charge, heureusement sans gravité, par les médecins.

Je profite de la présence de flapi38, qui doit lui aussi se rendre sur Lyon vers 17h00, pour organiser mon rapatriement sur la Capitale des Gaules au plus tôt, après avoir, non sans quelques anicroches, rassemblé toutes mes affaires. Le trajet en voiture fournit l'occasion de discuter de tout un tas de sujets passionnants,

Le retour en TGV sur Massy est appréciable, dans une voiture à moitié vide, et je me retrouve à la maison dès 19h30, n'ayant même pas l'impression d'avoir passé ce weekend à quelques centaines de kilomètres de la maison. Mieux, les crampes et douleurs ont totalement disparu, comme si je m'étais en fait économisé sur cette course.

On attendra demain et les jours qui viennent pour le vérifier...

L'Castor Junior


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