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2008-01-02 23:37:19 : La dernière sortie longue de 2007 : au pays des castors et du Raid 28 - 30-12-2007 - Jouy en Josas

Ce dimanche 30 décembre 2007, mon père et moi décidons, faits rare, de faire une infidélité au JDM afin d'arpenter en sortie un peu longue la vallée de la Bièvre, où mon père a le sentiment que le Raid 28 2008 pourrait nous faire passer, avec son arrivée "du côté" de Bures sur Yvette.

Nous voici donc partis, tous deux, peu avant 9h00, en direction du Plateau de Saclay, juste au dessus de la maison.

Le temps, quoique toujours frais, s'annonce clément, et j'espère bien pouvoir utiliser au mieux l'appareil photo que j'ai embarqué.

Mon père, qui paie probablement le prix de sa sortie déjà longue de la veille, peine dès les premières foulées. L'attendre me permet d'une part de me reposer, et d'autre part de prendre le temps de cadrer quelques photos.

Dès l'arrivée sur le plateau, après avoir passé le centre de recherche mondial de Danone (et, de facto, de Kraft Biscuits) et les bâtiments de Thalès et de Sup'Optic, le lever du soleil sur ce vaste plateau encore humide et aux couleurs automnales offre un spectacle saisissant.

La descente sur Vauhallan et la vallée de la Bièvre emprunte des portions du Castor Fou.

Le souterrain qui permet de franchir la ligne C du RER à Bièvres est encore légèrement verglacé, et je manque de peu de tâter du bitume d'un peu près. Un cycliste que nous rencontrons n'y a pas coupé lui, et a fini sa course dans le décor. Nous proposons de l'aider, mais il attend la voiture balai.

La traversée du Parc Ratel à Bièvres et, pour mon père comme pour moi, une expérience inédite. Je suis presque surpris qu'il puisse encore découvrir des chemins si proches de ses zones d'entraînement préférées depuis des années.

Faute de loup, c'est une bande de coureurs que nous rencontrons dès la première côte, raide, de ce bois. A mon grand plaisir, je retrouve, au sein de ce groupe, JC, le pote de foutu, que j'avais côtoyé notamment lors de la Mauritanienne Race 200 en début d'année. Ce dernier ne manque pas de me rappeler gentiment que j'ai l'air plus fringant qu'à l'Origole trois semaines avant (la première course où j'avais été mis hors délais...). Après qu'il a salué mon père, nous les laissons repartir tranquillement vers Palaiseau, tandis que nous poursuivons vers le pays des castors.

Arrivés à la gare de Jouy, nous remontons vers les Loges en Josas, mais décidons pour une fois de contourner le Golf de Saint Marc par l'ouest.

Ce chemin nous amène finalement tout droit, en partie à cause d'une erreur d'inattention de ma part (j'ai laissé, sur ma gauche, une sente-raccourci avant le centre de cardiologie infantile), vers le début du parcours du Raid 28 2006 qui nous avait tant réussi en nous offrant une troisième place sur un plateau.

Je reconnais notamment la butée de terre que, dans ma mémoire sélective et défaillante, j'imaginais bien plus loin dans l'épreuve.

Le terrain devient ici assez boueux, mais je ne regrette pas mon erreur de tracé et le petit kilomètre supplémentaire qu'elle nous impose.

Le retour au bercail s'effectue sur une allure soutenue pour le diesel que je suis, à plus de 11 km/h, tiré par un Castor Senior lui-même piqué au vif par un avion qui nous double sur la piste cyclable devant la station Total.

Je parviens néanmoins à boucler les trente et quelque kilomètres quelques minutes avant mon père, en un peu plus de 3h25'.

2007 se termine sous les meilleurs auspices !

à+

L'Castor Junior

Les réactions

Par Calou, le 2008-01-03 00:08:35
Beau parcours, pour une bien belle sortie...
Ca me fascine toujours de voir un père et son fils partager la même passion : Vous devez en faire rêver plus d'un...
Merci pour ces belles images.
Bises.
Calou

Par guest, le 2008-01-03 08:26:15
bonjour, quel appareil de mesure et logiciel utilisez-vous pour obtenir toutes ces courbes topographique/cardiaque.
Merci

Par L'Castor Junior, le 2008-01-03 08:31:12
Bonjour amical, Dame Calou ! Figure-toi que, dans le monde de l'ultra notamment, ces exemples de passion partagée entre parents et enfants n'est pas rare. Nous serons ainsi au moins trois "couples" père-fils ou père-fille à participer au Raid 28 cette année !
Bises

@guest : pour les courbes cardio et altimètre, j'utilise un Polar RS800sd, porté au poignet gauche. Pour le tracé du parcours, j'utilise un Garmin Forerunner 205. Il me suffit ensuite de transférer ces données sur Kikouroù pour les intégrer simplement à mon carnet d'entraînement.

à+
L'Castor Junior

Par Krusti, le 2008-01-03 08:36:00

Merci L'Castor, je me suis régalé !
Beaux clichés.
Pour info on compte faire un peu de vélo par là-bas...

Par guest, le 2008-01-03 09:01:12
merci L'Castor, de plus comme je m'intéresse au parcours de la Carnelle je viens de voir par kikourou l'organisation d'un Ice Trail le 20 janvier prochain (15/30km) si dans tes archives tu disposes de données gps sur le Carnelle merci de les communiquer.
bonne journée

Par L'Castor Junior, le 2008-01-03 09:08:48
Je t'en prie Krusti : c'était un régal de les prendre, ces photos de saison...
Pour le vélo, j'en fais(ais) pas mal à une époque. Faites-moi signe !

guest : d'après la fiche de la course (http://www.kikourou.net/calendrier/course-16696-ice_trail_-_30_km-2008.html), aucun kikoureur n'a encore associé de tracé GPS à ce trail.

à+
L'Castor Junior

Par mielou, le 2008-01-03 11:28:26
encore des lieux qui ne me sont pas inconnus
ça fait plaisir de te revoir sur le blog L'castor

Par Felix, le 2008-01-03 13:11:37
Bonne année 2008 !
Tu nous refais la Diagonale des fous cette année ?
@+++

Par L'Castor Junior, le 2008-01-03 14:59:32
Sois le bienvenu ici, mielou. Ici, et sur ces terrains connus ;-))

Meilleurs voeux à toi Félix ! Oui, la Diagonale est de nouveau au programme cette année : ça fait des vacances sympathiques ;-))

à+

Par michette, le 2008-01-03 18:25:50
très belles photos : j'aime ce coté no man's land au lever du jour et le sentiment d'être seul au monde, prendre le temps de photographier l'insolite, être à l'affût..pauvres de nous citadins quand nous ne pouvons courir que dans la jungle urbaine..

Par riri, le 2008-01-03 20:29:30
Très jolies photos l'ami l'castor ...

j'adore je vais t'en piquer pour me mettre ça en fond d'écran au boulot j'peux ??

Par Fred, le 2008-01-03 22:14:16
Salut Castor Junior,
Ravi de t'avoir croisé ce soir chez notre dealer commun (chuuuuuuuuuuut…) et d'avoir enfin pu dicuter avec toi après t'avoir raté l'autre soir.
Je te souhaite une bonne préparation pour ta belle balade vers les étoiles au pied de la "Déesse de la moisson " (Annapurna).
Fred

Par L'Castor Junior, le 2008-01-04 09:53:57
Ah, à qui le dis-tu michette !
J'en parlais hier avec Fred : c'est effectivement une chance folle que j'ai d'habiter dans ce coin de la région parisienne si près et si loin de Paris à la fois. Remarque, tu ne dois pas être à plaindre non plus, vers Grenoble... ;-))

riri : aucun problème, je suis ravi au contraire qu'elles te plaisent !

Fred : le plaisir fut pour moi ! Je penserai à toi, à Enzo et d'autres en arpentant le cercle inachevé de ce Mandala Trail...

Par Pépito, le 2008-01-04 16:22:23
Beaux clichés avec de belles couleurs...
Bon raid du côté du Mustang !

Par jibé, le 2008-01-04 22:01:49
Salut L'Castor !
belle promenade :) a+

Par L'Castor Junior, le 2008-01-06 22:00:28
Merci Pépito. Nous ne verrons le Mustang que depuis Muktinath, mais je lui transmettrai tes amitiés ;-))

Salut jibé : belle promenade en effet. Celle-ci, et surtout celles à venir ;-))

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Combien fait un plus trois ? (en toute lettre)


Cliquez sur le graphique pour voir les données chiffrées de la séance.


Sur la route de Vauhallan


L'Abbaye de Limon bercée par le soleil rasant


Une lande en hiver, à 20 km de Paris


L'Castor Junior photographie l'Castor Senior sur les traces du Castor Fou...


Point d'amoureux qui se bécotent...


... sur ces bancs pourtant parfaitement accessibles au public


Etrange, le bonhomme en gris et rouge n'a pas de reflet à gauche


La lande semble bien loin soudain


N'est-ce pas un endroit rêvé pour une balise du Raid 28 ?


Au moins, dans ces conditions, nous n'aurons pas peur de nous promener dans le bois du même nom !


Ca y est, nous rentrons dans le pays des Castors randonneurs


Promenons-nous dans les bois


Des castors, encore des castors


Chemin paisible et abrité


Ce bus pourtant n'ira pas plus loin


Les castors prolifèrent même aux abords de la base de Villacoublay


Après le bois du loup pendu, une ambiance étrange règne dans celui de l'homme mort


Ah, enfin un arbre isolé clairement isolé !


Jouy en Josas, chargée d'histoire industrielle à deux pas de Versailles


Les deux-roues doivent s'amuser comme des petits fous ici


On ne trouve pas qu'HEC à Jouy : Léon Blum y est enterré


Ces décors m'évoquent toujours le voyage...


Et si, derrière cette grille aux allures de Prison Break, se cachait une balise ?


Toujours ces images de lande en hiver


Même heure, même place, et ambiance pourtant bien différente


A le voir en été, on oublie souvent que le colza est vert le plus clair de l'année...


Autre ambiance : le CEA à Saclay


Sur l'autoroute des vacances


Mieux vaut rspecter la signalisation sur la N118...


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2008-01-01 23:31:47 : Footing du nouvel an au Parc Montsouris - 01-01-2008 - Paris - 11 photos - 16 réactions

1er janvier 2008 : une nouvelle année commence, avec son lot de bonnes résolutions toutes plus difficiles à tenir les unes que les autres...

A défaut d'en prendre, je me suis tout de même juré de publier enfin un nouveau billet sur mon blog désespérément vide depuis de trop nombreux mois. L'objectif ultime serait d'arriver à tenir le rythme au moins jusqu'à mon départ pour l'Annapurna Mandala Trail mi-avril. C'est pas gagné... Mais ce premier billet me permet au moins de marquer également un autre cap : ça fait maintenant 1100 jours que j'ai accompli mon premier jogging. Ca se fête, non ?

Après un réveillon bien arrosé chez Olivier91 avec toute la clique du TGVV, je décide, comme en 2007, de marquer l'entrée dans la nouvelle année par un petit footing.

Comme beaucoup de Parisiens, ce sera, cette année, quelques foulées dans le joli Parc Montsouris.

Problème : je ne suis pas parisien. Reste donc à rallier la capitale au départ d'Orsay. Heureusement, la RATP offre, comme chaque année, la gratuité des transports en commun jusqu'au 1er janvier midi. Le retour, au moins, sera reposant

Le réveil à 8h30 est un peu difficile après un coucher à 5h00, mais là où il y a la volonté, il y a un chemin. A 9h00, je suis donc prêt, avec mon père, à partir le long de la ligne B du RER jusqu'à la gare TGV de Massy, d'où démarre la Coulée Verte du Sud Parisien, qui rallie Paris le long du tracé des lignes du TGV Atlantique.

Le ciel est gris comme doivent l'être nombre de fêtards. Les quelques personnes croisées sur le chemin sont en tout cas beaucoup plus ouvertes, dans leur globalité que celles que l'on rencontre habituellement sur ces parcours. Les "Bonjour, bonne année !" fusent entre des gens qui ont pour principal point commun d'avoir quitté leur lit assez tôt en ce lendemain de fête.

Mon père impulse un rythme finalement assez soutenu à mes yeux, mais je paie sans doute ma nuit bien courte et les nombreux kilos supplémentaires accumulés depuis trois mois. Jusqu'à la première pause pipi au bout de 10 km, nous ne varions pas d'un bon 10/11 km/h.

Le cheminement se poursuit jusqu'à Montparnasse le long de cette coulée verte, entre voies TGV, cimetières, périphérique et havres de verdure. Que du bonheur !

Là, nous bifurquons vers le Parc Montsouris, destination ultime de cette première sortie de l'année.

Le trafic RER à Cité Universitaire est perturbé, mais le dernier train à partir est le bon, pour nous. Arrivés au Guichet, les derniers hectomètres, à froid, sont difficiles, mais nous permettent d'approcher les 25 km au total pour cette sortie digestive.

L'année commence du bon pied. Est-ce bon signe ?

à+

L'Castor Junior

2006-11-06 00:40:16 : Ne jamais suivre la ligne bleue - Tour des Aiguilles d'Arves - 22-08-2006 - Montrond (Savoie) - 0 photo - 15 réactions

Comme toujours, le CR est disponible, avec les photos ordonnées, sur Kikouroù ( http://www.kikourou.net/recits/recit-2100-tour_des_aiguilles_d_arves-2006-par-l_castor_junior.html ), tout comme la séance d'entraînement avec les données GPS ( http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=37022 )

Ne jamais suivre la ligne bleue

On va être en retard pour le repas...
En guise de dernière sortie montagne avant le CCC, et pour satisfaire ma tante qui souhaiterait que nous fassions une sortie en famille, nous décidons, ce mardi 22 août, de faire le "Tour des Aiguilles d'Arves", en suivant plus ou moins le "GR" de Pays Arvan Villards, qui passe en fait au pied des Aiguilles d'Arves, qui dominent le village de mes grands-parents.

René, Bernadette et Nicolas, mon cousin et filleul, de vingt ans mon cadet, partiront directement d'Entraigues, qu'ils rallieront en voiture après avoir fait quelques courses, tandis que papa et moi, désireux d'effectuer un tour complet à pied, partirons directement en courant de la maison. Marie-Louise, la tante et marraine de mon père, et Marie-Jo, sa fille, toutes deux bonnes marcheuses, nous rejoindront vers midi à la Basse du Gerbier, où nous avons prévu de pique-niquer tous ensemble.

Les Aiguilles d'Arves constituant, avec celles de la Saussaz, la séparation entre l'Arvan et le plateau d'Emparis, que nous avions arpenté cet été avec Mathias, Serge, Nico et Michel (cf. http://www.kikourou.net/recits/recit-1752-tour_de_l_oisans_-_etape_4-2006-par-l_castor_junior.html ), je suggère à papa que, à défaut de rallier le versant sud des Aiguilles, nous tentions l'ascension du Col Lombard, perché à 3092 m entre les Aiguilles d'Arves et celles de la Saussaz. Certes, la carte IGN n'indique aucun chemin, mais un tracé bleu pointillé, légendé "itinéraire de ski, de randonnée ou de raid" semble le rallier depuis le GR de Pays Arvan Villards. Ni mon père ni moi ne skions, mais la randonnée et le raid ne nous sont plus totalement étranger (TUROOM ?). On verra bien sur place ce qu'il en sera...

Mais, avant de tirer des plans sur la comète, il serait déjà bon, sortie en famille ou pas, de ne pas faire n'importe quoi, et de s'organiser un minimum. La montagne, ça vous gagne peut-être, mais ce n'est pas Disneyland pour autant ! En l'occurrence, l'idée de répartir le pique-nique entre les deux groupes n'était pas idiote, mais la répartition choisie (les marcheurs prennent ce qui se mange, tandis que papa et moi prenons ce qui se boit, du vin blanc dans le cas présent), était plus critiquable...

Toujours est-il que, lorsque nous quittons la maison vers 8h45, cette évidence ne nous saute malheureusement pas aux yeux. Bernadette, René et Nicolas sont partis depuis un bon quart d'heure, et nous les retrouverons normalement à Entraigues. Papa et moi optons donc pour le chemin que prenait autrefois mon grand-père pour démarrer sa tournée de facteur, tout droit dans la forêt, jusqu'à Belleville. Là, nous suivons la route jusqu'au hameau d'Entraigues, sur la commune de Saint Jean d'Arves, où nous espérons retrouver nos amis marcheurs.

Las, il n'y a pas âme qui vive dans ce petit village rapidement traversé, ni même la moindre trace d'Xtrem Trail (non, pas le challenge, mais le Nissan ;-)) ). Etant donné que nous sommes partis assez longtemps après eux, et qu'ils étaient, je le rappelle, motorisés, je suggère à papa que nous avancions car j'imagine mes oncle, tante et cousin déjà en route vers les Aiguilles. Surestime-t-il nos aptitudes à la course à pied ? Toujours est-il qu'il est persuadé que nous sommes arrivés les premiers, et refuse de traverser le pont qui enjambe le torrent de l'Arvette.

Nous passerons ainsi près d'un quart d'heure à attendre, avant qu'un coup de fil salutaire confirme ce que je pensais : nos amis sont bien devant (ils ont d'ailleurs garé le 4x4 au bout de la piste qui quitte le village). Pas trop grave, car nous devrions les rattraper sans peine, mais je redoute déjà que nous ne payions cher ces minutes perdues lorsqu'il nous faudra nous attaquer au gros morceau de la journée...

Nous avançons sur une piste assez large, qui longe le torrent et nous emmène vers le Vallonnet et La Montaz, lieux-dits de deux ou trois maisons où mon grand-père distribuait le courrier, pendant l'été, une fois par semaine. Nous retrouvons les marcheurs après les premiers lacets de la Forêt de la Traverse. Bernadette nous explique que Nicolas se plaint déjà de l'effort qu'on lui demande. Je ne lui jetterai pas la pierre, d'abord parce que je n'ai jamais été, jusqu'à il y a peu, adepte de la pratique sportive, et ensuite parce qu'au moment même où elle nous dit cela, mon jeune filleul cavale en tête et semble même, à notre vue, accélérer encore.

Nous le rattrapons, après avoir dépassé mon oncle René, et confirmons à nos trois amis que nous nous retrouverons désormais directement au lieu choisi pour le pique-nique. Le temps, magnifique, rend la montée, le long du Ruisseau des Aiguilles, sur de bons vieux chemins d'alpages, particulièrement agréable. La vue, à gauche sur la Crête de Chenallin, et à droite sur les Torches, est superbe, tandis que les Aiguilles, elles, commencent à peine à se dévoiler, derrière les Muletières.

Nous marquons un petit arrêt au Chalet de la Barme, à 1915 m, puis continuons l'ascension vers le Perron d'en Haut, à 2150 m, avant d'atteindre le Col, à 2290 m, où nous devons quitter le GR pour rejoindre, d'une manière qui reste encore à déterminer, le Col Lombard. Il est déjà plus de 11h15, mais nous tentons la descente, légère, vers ce qui est indiqué, sur la carte IGN, comme les ruines du Rieu Blanc. Je signale à mon père des traces, discrètes, d'un chemin que doivent emprunter surtout vaches et chèvres. Ce chemin, qui emprunte des passages schisteux relativement délicats, nous amène toutefois, comme prévu, vers le Rieu Blanc, à 2283 m, où nous tombons sur des ruines flambant neuf ! Le chalet a, visiblement, été refait à neuf récemment, et doit servir de refuge occasionnel pour les randonneurs à ski l'hiver.

C'est là que les choses se gâtent pour moi : si mon père descend sans grande peine apparente vers le confluent de l'Arvette et du Rieu Blanc, je suis, fidèle à ma triste habitude et à mes piètres talents de descendeur, totalement perdu dans cette descente qui n'a pourtant pas grand chose de technique. J'ai l'impression que les plantes me piquent, que des serpents sont prêts à surgir à tout moment de ces herbes folles, et l'envie d'éviter les passages trop humides me fait régulièrement rebrousser chemin. Ah, que je peux être malhabile quand les descentes ne suivent pas un chemin bien large et roulant...

Résultat : il me faut près d'une heure pour parcourir les 200 m de dénivelé négatif... Mon père me suggère alors que nous fassions demi-tour, afin de ne pas faire attendre nos amis pour le pique-nique. Il a objectivement raison, mais je décide de faire un de mes caprices habituels : d'une part, après le mal fou que j'ai eu à descendre, je n'ai vraiment pas envie de remonter immédiatement, et, d'autre part, à défaut de monter jusqu'au col, je suggère que nous nous en approchions au maximum pour préparer une sortie plus folle encore : rallier Le Chazelet, face à la Grave, depuis Montrond, en revenant soit à pied par le Galibier, soit en voiture avec des cousins. Un jour peut-être ?

Nous nous embarquons donc dans l'ascension du Col Lombard. Véritable aventure que cette progression sans le moindre chemin ni même le moindre cairn. Après avoir traversé le Torrent de la Saussaz, nous nous retrouvons dans un paysage quasi lunaire, avec de véritables murs schisteux qui me rappellent avec angoisse les derniers mètres de l'ascension du Col de la Muzelle, sur le GR54 dans le Tour de l'Oisans. Pas d'alternative véritable à une progression droit dans la pente, où nous devons souvent nous aider des mains.

La progression dans ce terrain hostile est particulièrement difficile, pour moi comme pour mon père, ce qui me rassure sur mes capacités du moment mais m'inquiète quant à nos chances de parvenir à approcher ce Col par cette fichue ligne bleue de la carte IGN...

Finalement, nous parvenons, vers 13h15, sur une crête, sous les Aiguilles, qui se termine par un petit promontoire à 2571 m. Le temps de prendre quelques photos, et c'est déjà l'heure de songer à repartir. Papa essaie de prévenir Bernadette et René que nous aurons un peu (!) de retard pour le déjeuner, mais, évidemment, entre Aiguilles de la Saussaz et Aiguilles d'Arves, à plus de 10 km à vol d'oiseau de toute habitation, difficile d'obtenir un signal...

Pour ma part, je commence seulement à réaliser que nous n'avons rien à manger, et ce n'est pas le vin blanc que papa traîne dans son sac depuis le départ qui va nous fournir le carburant nécessaire à la poursuite de l'aventure... Heureusement que nous avions pris quelques barres énergétiques !

La redescente commence mal : la pente sur la crête est raide, et cela se sent toujours beaucoup plus à la descente qu'à la montée. Résultat, je glisse et tombe lourdement sur mon épaule gauche, et manque de perdre mes bâtons. La douleur, assez vive, me fait immédiatement penser que cette sortie était celle de trop, et qu'elle va compromettre ma participation au CCC, prévue trois jours plus tard. Eh oui, je suis toujours d'un optimisme sans limites ;-)))

Heureusement, la douleur s'estompe rapidement, en nettement moins de temps qu'il m'en faut pour descendre, fort maladroitement, le long de cette paroi schisteuse. Autant j'avais réussi à parvenir au sommet avant mon père, autant il reprend, largement, le dessus dans la descente. Décidément, nous ne sommes pas prêts de casser la croûte...

Parvenu, difficilement, au confluent de l'Arvette et du Torrent de la Saussaz, je vois mon père prendre à nouveau de l'avance dans la remontée vers le GR. Incapable de tirer parti de mon expérience de la descente difficile depuis le Rieu Blanc à l'aller, je continue à progresser par à-coups, pour revenir enfin à ce chalet au moment où mon père est déjà bien plus haut.

Probablement démoralisé par le retard accumulé, je préfère continuer sur la ligne de niveau en direction de la Basse du Gerbier, espérant pouvoir ainsi gagner en distance en retardant au maximum la remontée vers 2600 m. Las, je me vois rapidement contraint de remonter au nord pour rejoindre le GR, sur lequel mon père semble m'avoir finalement attendu. Nous parvenons enfin au point de rendez-vous, où nous ne trouvons... personne ! Gasp... Seraient-ils déjà redescendus, lassés de nous avoir attendus près de trois heures (!) ? Papa, parti en éclaireur, me rassure rapidement : nos amis se sont simplement abrités du vent en se rapprochant du pied de la Tête de Chat, une cinquantaine de mètres au sud de la Basse du Gerbier.

Nous saluons Marie-Jo, la seule que nous n'avions pas encore vu pendant notre séjour, qui nous indique qu'elle et Marie-Louise sont venues en marchant tranquillement depuis Plan Mortan. Toutes deux nous disent d'ailleurs que, si nous souhaitons vraiment rejoindre le plateau d'Emparis depuis Montrond, la voie par le Col de Martignare, qui sépare les Aiguilles de la Saussaz des Pics de la Buffe d'en haut, est bien plus abordable que celle du Col Lombard. C'est noté ! Bernadette nous confirme que Nicolas a un peu râlé, mais a surtout marché comme un chef depuis le matin. Félicitations mon filleul !

Nous nous restaurons enfin (œufs, tomates, beaufort produit dans ces montagnes, et bananes produites vraisemblablement ailleurs), et cela fait un bien fou à nos organismes sevrés de salé depuis le début de la balade. Pour faire passer cet afflux soudain de nourriture, René nous propose un peu de vin (blanc) de Savoie. Aïe aïe aïe... Déjà que le soleil tape fort aujourd'hui... Et, pour achever de nous achever, il nous sert une rasade de génépi. Humm, que c'est bon ! Mais je doute que cela soit tout à fait indiqué pour l'effort qu'il nous reste à produire pour la redescente vers Montrond...

A propos de génépi, après le départ de Marie-Louise et Marie-Jo, qui veulent saluer des cousins à Montrond avant de redescendre à Saint-Michel de Maurienne, René et mon père se mettent en tête de trouver de cette plante qu'eux mêmes ne connaissent pas très bien (la préparation de cette douce liqueur est surtout l'affaire de ma grand-mère). Ils se rapprochent donc de la Tête de Chat, et passent une demi-heure à chercher, derrière les rochers, le précieux ingrédient. Las, ils reviendront finalement bredouilles...

Le chemin de la croix
Nous abandonnons à nouveau René, Bernadette et Nicolas, qui rentrent par le GR de Pays Arvan-Villards, tandis que, nouvelle lubie de ma part, papa et moi optons pour un parcours plus technique, qui nous permette de passer par Bon Ventre, la montagne qui se détache devant les Aiguilles d'Arves sur les vues classiques de Montrond au pied desdites Aiguilles. Une haute croix métallique a d'ailleurs été installée par les Montrondins à son sommet, et René, l'oncle de mon père, affectionne particulièrement de s'y rendre lorsqu'il en a l'occasion. Toujours avide de découvrir ces lieux autour desquels ont vécu mes ancêtres, je veux absolument faire à mon tour ce "pèlerinage".

La voie qui mène à Bon Ventre passe presque nécessairement par une crête, entre les Muletières et le Coin du Bœuf, qui domine Outre l'Eau. Jusqu'au Gros Crey (2575 m), le chemin est étroit et parfois difficilement praticable. Rien de réellement périlleux, mais une attention de tous les instants est indispensable. Au passage, la vue, au loin, sur Albiez, Saint Jean de Maurienne ou le Mont Charvin est magnifique, et celle, plus proche, sur le lac du Gourd Vert ou le Mont Emy, est saisissante.

Depuis le Gors Crey, aucune trace de chemin, même discrète, ne semble pouvoir nous mener à Bon Ventre, et nous préférons redescendre un peu à flanc, avant de remonter un peu plus loin sur la crête. Le chemin qui nous sépare désormais de la croix est infesté d'herbes hautes qui me chatouillent parfois le menton. Moi qui déteste ne pas voir où je mets les pieds, je suis gâté ;-)). Nous prenons quelques photos, mais décidons de ne pas nous attarder trop, car il est déjà presque 17h30.

La descente vers en Cuman, où se trouve un chalet d'alpage de Pierrot, fils de Marie-Louise, s'annonce là encore périlleuse. Même mon père éprouve quelques difficultés à progresser dans cette pente raide et emplie de cailloux. Je m'arrête cependant un instant dans cette descente pour prendre en photo deux chamois adultes (les parents ?) qui en entourent un apparemment beaucoup plus jeune. A défaut d'une photo de Marmotte que mon retard à l'allumage m'a fait rater plus haut, je ne veux pas laisser passer celle-ci !

Je me fais à nouveau distancer par mon père à l'approche du chalet, et je ne le retrouverai qu'avant la traversée du Ru du Pradin, à la hauteur des Moulins de Goudine. Nous passons ensuite en bordure du Chalmieu, puis continuons par un petit chemin vers le Gouthier, où nous découvrons le chantier d'un hangar de traite moderne.

Nous nous retrouvons, pour la première fois depuis le matin, sur la route, que nous suivons jusqu'au passage du pont qui surplombe la Combe. Là, je suggère à mon père de prendre un petit chemin apparemment praticable, qui nous emmène rapidement sur l'ancienne route du village, qu'il nous suffit de descendre pour rallier la maison, située tout en bas de cette ligne droite. Pour nous amuser un peu, nous finissons presque au sprint cette belle et longue journée.
Enfin, je la finis, car mon père part, en voiture, à la rencontre de nos amis marcheurs, qu'il rapatriera à la maison avant de partir, avec René, récupérer le 4x4 laissé à Entraigues le matin.

Bilan de cette sortie : 10h07’ pour 27,7 km et 2305 m de D+. En plus d’avoir été un régal pour les yeux, cette balade aura constitué mon dernier entraînement pour le CCC qui aura lieu trois jours plus tard. Dorénavant, et jusqu'à vendredi, c'est deux jours de repos complet.

L’Castor Junior

2006-10-04 01:51:35 : Faire ses courses en courant – 21-08-2006 – Saint Sorlin d'Arves (Savoie) - 0 photo - 9 réactions

Comme toujours, la séance d'entraînement, avec les données GPS, est disponible sur Kikouroù ( http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=37141 )

Première, et dernière, sortie longue en course à pied avant le CCC

Afin de faire tourner un peu les jambes une dernière fois avant ma petite coursette de vendredi, je me propose ce lundi d'aller faire les courses au village le plus proche de Montrond : Saint Sorlin d'Arves, station d'été comme d'hiver située au pied du Col de la Croix de Fer, à une dizaine de kilomètres de la maison. Ce sera, pour moi, l'occasion de vérifier que je suis encore capable de courir un peu.

Un peu échaudé par la descente sur Belleville lors de l'ascension du Mont Charvin, j'opte cette fois pour une descente plus longue mais bien plus roulante par la route. Malgré les travaux d'élargissement des tunnels de la route des Arves, qui dévient par Albiez tout le trafic à destination du Col de la Croix de Fer, la circulation reste modérée : on est tout de même à la campagne ;-))

Les quelques kilomètres qui me séparent de Saint Jean d'Arves et de Saint Sorlin sont l'occasion de tester un peu mes nouvelles Asics Nimbus VII, qui s'avèrent être de véritables chaussons. Je comprends mieux pourquoi Claude Hardel, pourtant plus léger que moi encore, est fan de ce modèle typé coureurs lourds.

Entre Saint Jean et Saint Sorlin, de nombreux poteaux électriques sont affublés de décorations qui rappellent que, pendant que je m'égayais sur le GR54 avec Mathias, Serge, Nico et Michel, le Tour de France avait pris ses quartiers en Maurienne, avec notamment l'ascension du Glandon, de la Croix de Fer et du Mollard, trois cols que j'avais grimpés, à mon rythme bien plus tranquille de piètre cycliste, un an auparavant (cf. http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=15243 ).
Je tourne, plutôt tranquille, à 13 km/h, avec des pulsations plutôt basses (160-165). Tout cela se présente plutôt bien ;-))
Arrivé à Saint Sorlin, je décide d'arpenter les différents magasins de sport à la recherche d'un sac à dos Salomon (le Raid Revo 20), que Fred portait sur la Via Romana, et qui m'a l'air bien plus léger que mon Quechua Diosaz Raid 27. Certes, il est absolument contre-indiqué de changer de matériel à quelques jours seulement d'une compétition, mais, après tout, la petite rando-course prévue demain devrait me permettre, le cas échéant, de tester tout ça.

Las, aucun des nombreux magasins ne propose ce petit bijou. Il ne me reste donc plus qu'à me rabattre sur les courses bien plus immédiatement utiles, comme du pain, de la charcuterie (un peu de gras n'a jamais fait de mal au coureur d'ultra ;-)) ), et des boules quiès, pour assurer un sommeil le plus paisible possible durant les dernières nuits qui me séparent du départ du CCC.

Mais, avant cela, je réalise (il était temps !) que je n'ai plus de piles pour ma frontale, et file donc à l'épicerie Sherpa (quel symbole !) où, miracle, ils leur reste justement deux jeux de deux piles qui me permettent déjà de charger une fois la bébête. Ouf ! Je passe également à l'office du tourisme emprunter quelques brochures sur les randonnées pédestres et cyclotouristes de Maurienne, ainsi que sur la via ferrata de Comborcière. Lorsque je range ces documents dans mon sac, des touristes me signalent que mon sac fuit… Horreur !!!
Heureusement, une rapide inspection me permet de constater que c'est moi, manchot comme à mon habitude, qui ai écrasé la pipette en chargeant le sac. Il faudra tout de même que je fasse attention à ça le weekend end prochain…

A la pharmacie, les deux clients devant moi cherchent un médecin, et la pharmacienne leur indique que le cabinet médical est attenant à son officine. Cela ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd, et, dès mes achats réglés, je file à côté saluer Hélène, une cousine de mon père, habitant elle aussi Montrond, qui assure le secrétariat du cabinet. Un petit coucou, une bise, et ça repart, direction la boulangerie et la boucherie, d'où je ressors le sac déjà bien rempli.

Sur le chemin du retour, je boude, pour l'heure, la coopérative fruitière des Arves qui produit un si bon beaufort à partir du lait récolté dans les fermes des Arves, mais m'arrête au bureau de poste de Saint Jean d'Arves, celui-là même auquel mon grand père a été rattaché toute sa vie de facteur, pour prendre quelques timbres et cartes postales : les photos des Aiguilles d'Arves font toujours leur petit effet sur les destinataires de ces souvenirs de vacances…

Hélène, qui rentre du travail, me propose, en passant à ma hauteur, de me remonter en voiture jusqu'à Montrond, mais la perspective de boucler, d'après mon GPS, un bon gros semi-marathon ce matin me convainc de résister à la tentation, et je poursuis donc mon chemin jusqu'à Belleville, où j'opte cette fois pour une remontée par les prés : moins roulante bien sûr que la route, cet itinéraire assez difficile à deviner est toutefois bien moins impraticable que celui que j'avais suivi en remontant après l'ascension de samedi. Je comprends mieux, ainsi, comment mon père avait pu alors me reprendre une dizaine de minutes à cet endroit. J'arrive tout juste pour l'heure du déjeuner, et n'ai plus, après une bonne douche, qu'à mettre les pieds sous la table.

Bilan de cette sortie : 23,3 km et 560 m de D+ en 2h48', avec 6 ou 7 km courus à 13 km/h. De bon augure pour la suite…

L'Castor Junior

2006-10-04 01:30:38 : [HS][Famille] 80 ans : la montagne, ça conserve ! – 20-08-2006 – Montrond (Savoie) - 0 photo - 13 réactions

On n'a pas tous les jours quatre fois vingt ans…

Ce dimanche, une partie de ma famille paternelle était réunie à Montrond pour fêter, avec quelques mois de retard, les 80 ans de ma grand-mère, dans ce village où elle a passé toute sa vie jusqu'au décès de mon grand-père.

Comme souvent, cette fête de famille fut l'occasion de retrouver, dans ce village paisible installé au pied des Aiguilles d'Arves, face au Mont Charvin, beaucoup de proches que l'éloignement géographique ne permet de rencontrer que bien trop rarement.

Après la messe rituelle, célébrée dans l'Eglise Saint-Nicolas, célèbre pour son intérieur baroque presque autant que pour sa situation exceptionnelle sous la tête de chat, et un apéritif pris en commun sur la terrasse de la maison familiale, nous nous sommes tous retrouvés à la Clef des Champs, au Mollard, à Albiez, pour un repas dans un cadre typiquement savoyard.

Bref, une belle journée, occasion de se remémorer plein de choses vécues ensemble ou individuellement par les uns et les autres, tout un tas d'anecdotes qui composent, finalement, une vie d'homme.
Un intermède agréable, à quelques jours seulement de l'UTMB et de son succédané Courmayeur-Champex-Chamonix.

L'Castor Junior

2006-09-28 02:49:57 : Retour aux sources : le Mont Charvin – 19-08-2006 – Montrond (Savoie) - 0 photo - 13 réactions

Comme toujours, le CR est disponible, avec les photos ordonnées, sur Kikouroù ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1975-ascension_du_mont_charvin-2006-par-l_castor_junior.html ), tout comme la séance d'entraînement avec les données GPS ( http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=37140 )

La montagne de mes ancêtres ?

L’ascension
Ce samedi, fraîchement débarqué, après une nuit au bercail francilien, de la Corse dans le village de ma famille paternelle, je décidai, avec mon père, de me rendre enfin au sommet du Mont Charvin, qui domine la Vallée de l’Arvan en face de Montrond, village fusionné depuis 1973 dans la commune d’Albiez-Montrond, où mes grands-parents, tous deux nés Charvin, ont vécu toute leur vie (ils en ont même été pendant des années, jusqu’au décès de mon grand-père, les deux seuls habitants permanents).

L’ascension de ce "petit" sommet de 2207 m ne présente aucune difficulté technique, mais revêt un intérêt sentimental tout particulier. Ma conversion, somme toute récente, à la pratique sportive m’offre ainsi une chance inédite d’effectuer un véritable retour aux sources.

Nous partons rapidement après le repas, vers 15h30, munis de nos porte bidons et bâtons, en descendant directement sur les traces de mon grand-père, qui, pendant des années, effectuait, six jours sur sept, ses tournées de facteur à pied, soit une quinzaine de kilomètres, au travers des hameaux de Montrond et de Saint-Jean-d’Arves, où se trouvait le bureau de poste.

La descente jusqu’à Belleville, par ce sentier désormais laissé à l’abandon, n’est pas une sinécure, à travers ronces et branches de conifères, qui m’écorchent à peu près partout où mon corps est à découvert. Mon père, toujours un brin plus agile que moi en descente, me devance légèrement, mais semble lui aussi à la peine. Quand on pense que le sentier est toujours indiqué sur les cartes IGN… Il nous faudra plus de dix minutes pour rejoindre la route en contrebas, à hauteur du hameau de Belleville.

Là, nous traversons l’Arvan, puis empruntons un sentier qui monte aux Sallanches, en passant par l’ancienne chapelle de ce hameau de Saint Jean d’Arves. Nous prenons ensuite la route qui surplombe le Viaduc des Sallanches et les ruines de l’ancien tunnel que cet ouvrage d’art a remplacé il y a une quinzaine d’années maintenant. Nous empruntons un tunnel assez court et encore éclairé, puis atteignons enfin le chemin forestier qui doit nous mener jusqu’à la Combe Génin, Ce sentier, d’abord très large et probablement accessible aux 4x4, monte régulièrement dans la forêt de l’Outraz sur cinq longs lacets, en se rétrécissant peu à peu.

A chaque lacet, j’immortalise avec mon appareil photo la vue qui m’offre à moi vers le Sud, avec les célèbres Aiguilles d’Arves qui dominent, majestueuses, Montrond et ses hameaux de la Ville, où se trouve la maison des grands-parents, et du Chalmieu, dernier hameau desservi par une route sans issue. Chaque point de vue offre un spectacle très différent du précédent, depuis l’image traditionnelle de carte postale jusqu’à des plans plus larges où le Crêt de la Feisse, Bonventre et la crête de Chenallin apparaissent bien petits comparés aux Aiguilles d’Arves.

Après le dernier lacet, les choses sérieuses commencent, avec un sentier qui part droit dans une pente abrupte au milieu des sapins, vers l’arête qui domine la Combe Génin et ses fameuses cheminées de fées. Au col de la Combe Génin, à 2159 m, la vue sur ces pics rocheux appelés également Demoiselles coiffées est saisissante : hors de question d’en faire un terrain de jeux… Un panneau indique que le Mont Charvin n’est plus qu’à dix minutes de marche. Nous touchons au but.

En effet, nous atteignons rapidement la borne qui indique, à 2207 m, que de ce site, nous pouvons apercevoir quinze clochers de la Vallée de l’Arvan. Nous n’essaierons pas de les compter, car nous sommes attendus pour l’apéritif, mais nous profitons tout de même du panorama magnifique qui s’offre à nous. Quel bonheur de se trouver là, au sommet d’une petite montagne qui porte son nom… Satisfaction de l’ego et délices visuels me grisent. C’est dans de tels moments que j’apprécie le plus d’avoir troqué ma vie de sédentaire pour celle de sportif passionné à défaut d’être performant.

La redescente
Nous entamons la descente par les mêmes arête et raidillon qu’à la montée, mais bifurquons, au croisement avec le sentier large, sur la droite, pour descendre plus rapidement, à travers la forêt, vers le Villard par la Ramettaz. Cette descente, sur un chemin de terre en plein milieu des arbres, me convient parfaitement, et je parviens, fait rare, à devancer assez nettement mon père.

Arrivés en lisière de forêt, nous coupons à travers champs jusqu’à la Charrière, puis la Cliétaz et les Sallanches, où je croise deux habitants qui nous avaient aperçu lors de l’ascension, et qui sont surpris que l’on puisse courir ainsi après être monté, comme ils semblent le deviner, au sommet de cette montagne qui les domine au quotidien.

Ayant pris une avance certaine sur mon père, je décide de continuer la descente vers Belleville, afin de pouvoir pallier une éventuelle défaillance de ma part dans la remontée vers Montrond. Probablement un peu maso, je décide de prendre le chemin qui m’avait posé tant de difficultés à la descente. Après avoir difficilement gravi les premières dizaines de mètres, j’entends mon père m’annoncer qu’il préfère, de son côté, remonter au travers des prés, bien plus praticables.

C’est donc seul que je vais tâcher de suivre scrupuleusement les moindres traces, souvent infimes, du vieux chemin qu’empruntait mon grand-père. L’exercice m’apparaît encore plus difficile qu’à la descente, car je suis là les moindres lacets encore perceptibles, et suis donc obligé de lutter avec des ronces et des arbres qui ont totalement repris le contrôle de ce sentier abandonné. J’aperçois quelques vestiges de l’occupation humaine, avec notamment un vieux réservoir a priori totalement délaissé. Je ne compte plus les écorchures, et ne les sens d’ailleurs plus vraiment, car j’ai le sentiment de vivre intérieurement quelque chose de très fort, comme une rencontre imaginaire avec un être cher.

Un coup d’œil à ma montre m’indique que je ne serai décidément pas à l’heure pour l’apéritif, mais qu’importe : je suis heureux ! Les parents et amis sont déjà là, qui viennent fêter ainsi les quatre-vingts ans de ma grand-mère, et, pour ceux qui ne m’ont pas vu depuis quelques années, la surprise est grande. Jamais ils ne m’auraient imaginé capable de faire cette ascension qui m’est finalement, (petite) expérience aidant, apparue assez facile.

Après une douche indispensable et salvatrice, je suis prêt à me joindre à eux, mon père m’ayant, grâce à son raccourci bien plus raisonnable, devancé d’une bonne dizaine de minutes.

Bilan de cette sortie : 2h41’ pour 14,1 km et 1709 m de D+, avec une ascension de 1000 m en 75’. En plus d’avoir été une expérience personnelle forte, cette balade aura certainement été un bon entraînement pour le CCC qui m’attend en fin de semaine…

L’Castor Junior

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