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2006-11-06 00:40:16 : Ne jamais suivre la ligne bleue - Tour des Aiguilles d'Arves - 22-08-2006 - Montrond (Savoie)

Comme toujours, le CR est disponible, avec les photos ordonnées, sur Kikouroù ( http://www.kikourou.net/recits/recit-2100-tour_des_aiguilles_d_arves-2006-par-l_castor_junior.html ), tout comme la séance d'entraînement avec les données GPS ( http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=37022 )

Ne jamais suivre la ligne bleue

On va être en retard pour le repas...
En guise de dernière sortie montagne avant le CCC, et pour satisfaire ma tante qui souhaiterait que nous fassions une sortie en famille, nous décidons, ce mardi 22 août, de faire le "Tour des Aiguilles d'Arves", en suivant plus ou moins le "GR" de Pays Arvan Villards, qui passe en fait au pied des Aiguilles d'Arves, qui dominent le village de mes grands-parents.

René, Bernadette et Nicolas, mon cousin et filleul, de vingt ans mon cadet, partiront directement d'Entraigues, qu'ils rallieront en voiture après avoir fait quelques courses, tandis que papa et moi, désireux d'effectuer un tour complet à pied, partirons directement en courant de la maison. Marie-Louise, la tante et marraine de mon père, et Marie-Jo, sa fille, toutes deux bonnes marcheuses, nous rejoindront vers midi à la Basse du Gerbier, où nous avons prévu de pique-niquer tous ensemble.

Les Aiguilles d'Arves constituant, avec celles de la Saussaz, la séparation entre l'Arvan et le plateau d'Emparis, que nous avions arpenté cet été avec Mathias, Serge, Nico et Michel (cf. http://www.kikourou.net/recits/recit-1752-tour_de_l_oisans_-_etape_4-2006-par-l_castor_junior.html ), je suggère à papa que, à défaut de rallier le versant sud des Aiguilles, nous tentions l'ascension du Col Lombard, perché à 3092 m entre les Aiguilles d'Arves et celles de la Saussaz. Certes, la carte IGN n'indique aucun chemin, mais un tracé bleu pointillé, légendé "itinéraire de ski, de randonnée ou de raid" semble le rallier depuis le GR de Pays Arvan Villards. Ni mon père ni moi ne skions, mais la randonnée et le raid ne nous sont plus totalement étranger (TUROOM ?). On verra bien sur place ce qu'il en sera...

Mais, avant de tirer des plans sur la comète, il serait déjà bon, sortie en famille ou pas, de ne pas faire n'importe quoi, et de s'organiser un minimum. La montagne, ça vous gagne peut-être, mais ce n'est pas Disneyland pour autant ! En l'occurrence, l'idée de répartir le pique-nique entre les deux groupes n'était pas idiote, mais la répartition choisie (les marcheurs prennent ce qui se mange, tandis que papa et moi prenons ce qui se boit, du vin blanc dans le cas présent), était plus critiquable...

Toujours est-il que, lorsque nous quittons la maison vers 8h45, cette évidence ne nous saute malheureusement pas aux yeux. Bernadette, René et Nicolas sont partis depuis un bon quart d'heure, et nous les retrouverons normalement à Entraigues. Papa et moi optons donc pour le chemin que prenait autrefois mon grand-père pour démarrer sa tournée de facteur, tout droit dans la forêt, jusqu'à Belleville. Là, nous suivons la route jusqu'au hameau d'Entraigues, sur la commune de Saint Jean d'Arves, où nous espérons retrouver nos amis marcheurs.

Las, il n'y a pas âme qui vive dans ce petit village rapidement traversé, ni même la moindre trace d'Xtrem Trail (non, pas le challenge, mais le Nissan ;-)) ). Etant donné que nous sommes partis assez longtemps après eux, et qu'ils étaient, je le rappelle, motorisés, je suggère à papa que nous avancions car j'imagine mes oncle, tante et cousin déjà en route vers les Aiguilles. Surestime-t-il nos aptitudes à la course à pied ? Toujours est-il qu'il est persuadé que nous sommes arrivés les premiers, et refuse de traverser le pont qui enjambe le torrent de l'Arvette.

Nous passerons ainsi près d'un quart d'heure à attendre, avant qu'un coup de fil salutaire confirme ce que je pensais : nos amis sont bien devant (ils ont d'ailleurs garé le 4x4 au bout de la piste qui quitte le village). Pas trop grave, car nous devrions les rattraper sans peine, mais je redoute déjà que nous ne payions cher ces minutes perdues lorsqu'il nous faudra nous attaquer au gros morceau de la journée...

Nous avançons sur une piste assez large, qui longe le torrent et nous emmène vers le Vallonnet et La Montaz, lieux-dits de deux ou trois maisons où mon grand-père distribuait le courrier, pendant l'été, une fois par semaine. Nous retrouvons les marcheurs après les premiers lacets de la Forêt de la Traverse. Bernadette nous explique que Nicolas se plaint déjà de l'effort qu'on lui demande. Je ne lui jetterai pas la pierre, d'abord parce que je n'ai jamais été, jusqu'à il y a peu, adepte de la pratique sportive, et ensuite parce qu'au moment même où elle nous dit cela, mon jeune filleul cavale en tête et semble même, à notre vue, accélérer encore.

Nous le rattrapons, après avoir dépassé mon oncle René, et confirmons à nos trois amis que nous nous retrouverons désormais directement au lieu choisi pour le pique-nique. Le temps, magnifique, rend la montée, le long du Ruisseau des Aiguilles, sur de bons vieux chemins d'alpages, particulièrement agréable. La vue, à gauche sur la Crête de Chenallin, et à droite sur les Torches, est superbe, tandis que les Aiguilles, elles, commencent à peine à se dévoiler, derrière les Muletières.

Nous marquons un petit arrêt au Chalet de la Barme, à 1915 m, puis continuons l'ascension vers le Perron d'en Haut, à 2150 m, avant d'atteindre le Col, à 2290 m, où nous devons quitter le GR pour rejoindre, d'une manière qui reste encore à déterminer, le Col Lombard. Il est déjà plus de 11h15, mais nous tentons la descente, légère, vers ce qui est indiqué, sur la carte IGN, comme les ruines du Rieu Blanc. Je signale à mon père des traces, discrètes, d'un chemin que doivent emprunter surtout vaches et chèvres. Ce chemin, qui emprunte des passages schisteux relativement délicats, nous amène toutefois, comme prévu, vers le Rieu Blanc, à 2283 m, où nous tombons sur des ruines flambant neuf ! Le chalet a, visiblement, été refait à neuf récemment, et doit servir de refuge occasionnel pour les randonneurs à ski l'hiver.

C'est là que les choses se gâtent pour moi : si mon père descend sans grande peine apparente vers le confluent de l'Arvette et du Rieu Blanc, je suis, fidèle à ma triste habitude et à mes piètres talents de descendeur, totalement perdu dans cette descente qui n'a pourtant pas grand chose de technique. J'ai l'impression que les plantes me piquent, que des serpents sont prêts à surgir à tout moment de ces herbes folles, et l'envie d'éviter les passages trop humides me fait régulièrement rebrousser chemin. Ah, que je peux être malhabile quand les descentes ne suivent pas un chemin bien large et roulant...

Résultat : il me faut près d'une heure pour parcourir les 200 m de dénivelé négatif... Mon père me suggère alors que nous fassions demi-tour, afin de ne pas faire attendre nos amis pour le pique-nique. Il a objectivement raison, mais je décide de faire un de mes caprices habituels : d'une part, après le mal fou que j'ai eu à descendre, je n'ai vraiment pas envie de remonter immédiatement, et, d'autre part, à défaut de monter jusqu'au col, je suggère que nous nous en approchions au maximum pour préparer une sortie plus folle encore : rallier Le Chazelet, face à la Grave, depuis Montrond, en revenant soit à pied par le Galibier, soit en voiture avec des cousins. Un jour peut-être ?

Nous nous embarquons donc dans l'ascension du Col Lombard. Véritable aventure que cette progression sans le moindre chemin ni même le moindre cairn. Après avoir traversé le Torrent de la Saussaz, nous nous retrouvons dans un paysage quasi lunaire, avec de véritables murs schisteux qui me rappellent avec angoisse les derniers mètres de l'ascension du Col de la Muzelle, sur le GR54 dans le Tour de l'Oisans. Pas d'alternative véritable à une progression droit dans la pente, où nous devons souvent nous aider des mains.

La progression dans ce terrain hostile est particulièrement difficile, pour moi comme pour mon père, ce qui me rassure sur mes capacités du moment mais m'inquiète quant à nos chances de parvenir à approcher ce Col par cette fichue ligne bleue de la carte IGN...

Finalement, nous parvenons, vers 13h15, sur une crête, sous les Aiguilles, qui se termine par un petit promontoire à 2571 m. Le temps de prendre quelques photos, et c'est déjà l'heure de songer à repartir. Papa essaie de prévenir Bernadette et René que nous aurons un peu (!) de retard pour le déjeuner, mais, évidemment, entre Aiguilles de la Saussaz et Aiguilles d'Arves, à plus de 10 km à vol d'oiseau de toute habitation, difficile d'obtenir un signal...

Pour ma part, je commence seulement à réaliser que nous n'avons rien à manger, et ce n'est pas le vin blanc que papa traîne dans son sac depuis le départ qui va nous fournir le carburant nécessaire à la poursuite de l'aventure... Heureusement que nous avions pris quelques barres énergétiques !

La redescente commence mal : la pente sur la crête est raide, et cela se sent toujours beaucoup plus à la descente qu'à la montée. Résultat, je glisse et tombe lourdement sur mon épaule gauche, et manque de perdre mes bâtons. La douleur, assez vive, me fait immédiatement penser que cette sortie était celle de trop, et qu'elle va compromettre ma participation au CCC, prévue trois jours plus tard. Eh oui, je suis toujours d'un optimisme sans limites ;-)))

Heureusement, la douleur s'estompe rapidement, en nettement moins de temps qu'il m'en faut pour descendre, fort maladroitement, le long de cette paroi schisteuse. Autant j'avais réussi à parvenir au sommet avant mon père, autant il reprend, largement, le dessus dans la descente. Décidément, nous ne sommes pas prêts de casser la croûte...

Parvenu, difficilement, au confluent de l'Arvette et du Torrent de la Saussaz, je vois mon père prendre à nouveau de l'avance dans la remontée vers le GR. Incapable de tirer parti de mon expérience de la descente difficile depuis le Rieu Blanc à l'aller, je continue à progresser par à-coups, pour revenir enfin à ce chalet au moment où mon père est déjà bien plus haut.

Probablement démoralisé par le retard accumulé, je préfère continuer sur la ligne de niveau en direction de la Basse du Gerbier, espérant pouvoir ainsi gagner en distance en retardant au maximum la remontée vers 2600 m. Las, je me vois rapidement contraint de remonter au nord pour rejoindre le GR, sur lequel mon père semble m'avoir finalement attendu. Nous parvenons enfin au point de rendez-vous, où nous ne trouvons... personne ! Gasp... Seraient-ils déjà redescendus, lassés de nous avoir attendus près de trois heures (!) ? Papa, parti en éclaireur, me rassure rapidement : nos amis se sont simplement abrités du vent en se rapprochant du pied de la Tête de Chat, une cinquantaine de mètres au sud de la Basse du Gerbier.

Nous saluons Marie-Jo, la seule que nous n'avions pas encore vu pendant notre séjour, qui nous indique qu'elle et Marie-Louise sont venues en marchant tranquillement depuis Plan Mortan. Toutes deux nous disent d'ailleurs que, si nous souhaitons vraiment rejoindre le plateau d'Emparis depuis Montrond, la voie par le Col de Martignare, qui sépare les Aiguilles de la Saussaz des Pics de la Buffe d'en haut, est bien plus abordable que celle du Col Lombard. C'est noté ! Bernadette nous confirme que Nicolas a un peu râlé, mais a surtout marché comme un chef depuis le matin. Félicitations mon filleul !

Nous nous restaurons enfin (œufs, tomates, beaufort produit dans ces montagnes, et bananes produites vraisemblablement ailleurs), et cela fait un bien fou à nos organismes sevrés de salé depuis le début de la balade. Pour faire passer cet afflux soudain de nourriture, René nous propose un peu de vin (blanc) de Savoie. Aïe aïe aïe... Déjà que le soleil tape fort aujourd'hui... Et, pour achever de nous achever, il nous sert une rasade de génépi. Humm, que c'est bon ! Mais je doute que cela soit tout à fait indiqué pour l'effort qu'il nous reste à produire pour la redescente vers Montrond...

A propos de génépi, après le départ de Marie-Louise et Marie-Jo, qui veulent saluer des cousins à Montrond avant de redescendre à Saint-Michel de Maurienne, René et mon père se mettent en tête de trouver de cette plante qu'eux mêmes ne connaissent pas très bien (la préparation de cette douce liqueur est surtout l'affaire de ma grand-mère). Ils se rapprochent donc de la Tête de Chat, et passent une demi-heure à chercher, derrière les rochers, le précieux ingrédient. Las, ils reviendront finalement bredouilles...

Le chemin de la croix
Nous abandonnons à nouveau René, Bernadette et Nicolas, qui rentrent par le GR de Pays Arvan-Villards, tandis que, nouvelle lubie de ma part, papa et moi optons pour un parcours plus technique, qui nous permette de passer par Bon Ventre, la montagne qui se détache devant les Aiguilles d'Arves sur les vues classiques de Montrond au pied desdites Aiguilles. Une haute croix métallique a d'ailleurs été installée par les Montrondins à son sommet, et René, l'oncle de mon père, affectionne particulièrement de s'y rendre lorsqu'il en a l'occasion. Toujours avide de découvrir ces lieux autour desquels ont vécu mes ancêtres, je veux absolument faire à mon tour ce "pèlerinage".

La voie qui mène à Bon Ventre passe presque nécessairement par une crête, entre les Muletières et le Coin du Bœuf, qui domine Outre l'Eau. Jusqu'au Gros Crey (2575 m), le chemin est étroit et parfois difficilement praticable. Rien de réellement périlleux, mais une attention de tous les instants est indispensable. Au passage, la vue, au loin, sur Albiez, Saint Jean de Maurienne ou le Mont Charvin est magnifique, et celle, plus proche, sur le lac du Gourd Vert ou le Mont Emy, est saisissante.

Depuis le Gors Crey, aucune trace de chemin, même discrète, ne semble pouvoir nous mener à Bon Ventre, et nous préférons redescendre un peu à flanc, avant de remonter un peu plus loin sur la crête. Le chemin qui nous sépare désormais de la croix est infesté d'herbes hautes qui me chatouillent parfois le menton. Moi qui déteste ne pas voir où je mets les pieds, je suis gâté ;-)). Nous prenons quelques photos, mais décidons de ne pas nous attarder trop, car il est déjà presque 17h30.

La descente vers en Cuman, où se trouve un chalet d'alpage de Pierrot, fils de Marie-Louise, s'annonce là encore périlleuse. Même mon père éprouve quelques difficultés à progresser dans cette pente raide et emplie de cailloux. Je m'arrête cependant un instant dans cette descente pour prendre en photo deux chamois adultes (les parents ?) qui en entourent un apparemment beaucoup plus jeune. A défaut d'une photo de Marmotte que mon retard à l'allumage m'a fait rater plus haut, je ne veux pas laisser passer celle-ci !

Je me fais à nouveau distancer par mon père à l'approche du chalet, et je ne le retrouverai qu'avant la traversée du Ru du Pradin, à la hauteur des Moulins de Goudine. Nous passons ensuite en bordure du Chalmieu, puis continuons par un petit chemin vers le Gouthier, où nous découvrons le chantier d'un hangar de traite moderne.

Nous nous retrouvons, pour la première fois depuis le matin, sur la route, que nous suivons jusqu'au passage du pont qui surplombe la Combe. Là, je suggère à mon père de prendre un petit chemin apparemment praticable, qui nous emmène rapidement sur l'ancienne route du village, qu'il nous suffit de descendre pour rallier la maison, située tout en bas de cette ligne droite. Pour nous amuser un peu, nous finissons presque au sprint cette belle et longue journée.
Enfin, je la finis, car mon père part, en voiture, à la rencontre de nos amis marcheurs, qu'il rapatriera à la maison avant de partir, avec René, récupérer le 4x4 laissé à Entraigues le matin.

Bilan de cette sortie : 10h07’ pour 27,7 km et 2305 m de D+. En plus d’avoir été un régal pour les yeux, cette balade aura constitué mon dernier entraînement pour le CCC qui aura lieu trois jours plus tard. Dorénavant, et jusqu'à vendredi, c'est deux jours de repos complet.

L’Castor Junior

Les réactions

Par jepipote, le 2006-11-06 07:18:07
merci de nous faire partager ces magnifiques photos, moi qui suis déjà au taf dans la grisaille parisienne... je me suis évader 5 mn, que c'est bon...
merci, hervé

Par riri, le 2006-11-06 08:01:11
cédric c'est VRAIMENT MAGNIFIQUE

continue à nous faire rever ..... et MERCI encore

Par riri, le 2006-11-06 08:10:19
et en plus je vois que nous avons la meme passion GOLDORAK !!!!

Par Jean-Yves, le 2006-11-06 08:16:35
Salut Cédric,
et merci d'avoir repris le fil du blog ! On était nombreux à attendre ça, je crois... début de semaine plus facile avec ce récit et ces photos. A mercredi pour le fractionné ?

Par L'Castor Junior, le 2006-11-06 08:55:23
jepipote : merci à toi de m'avoir lu. J'avoue que moi aussi, ce petit flashback estival m'extirpe un peu du froid et de la grisaille ambiants à Paris.

riri : hihi : Actarus, Alcor se battant contre Minos et les forces de Vega. Ah, que de souvenirs ;-)) Fais de beaux rêves ;-)

Jean-Yves : tu sais que tu m'as vraiment donné mauvaise conscience l'autre jour ;-)) Bon, plus sérieusement, j'ai vu avec le coach, et je veais sûrement venir mercredi, mais pour faire des diagonales sur l'herbe. Et vous, comment ça s'est passé hier ?

Par Delphine, le 2006-11-06 09:28:09
Coucou Castor,

J'avoue que là je n'ai pas pu lire ton CR, mais comme d'hab: je vais imprimer. Par contre je me suis régalé les yeux devant les photos. Dis donc le filleul crapahute bien!!!
Je t'ai répondu sur mon blog au fait. Euh mon "plat" pays est vraiment plat face à tes montagnes....

Bises

Par mielou, le 2006-11-06 09:39:16
moi j'ai tout lu !
cette nuit au boulot
il a même pas pris la marmotte en photo
pfff !
par contre pour se perdre dans les hautes herbes
il est fort le castor
normal
il a un mont à son nom !
en tout cas
super pour le filleul
j'ai un petit faible pour cette jeunesse nature loin de nos ordis quotidiens
sinon ce n'est pas un cr
c'est un livre qu'écrit cédric !

Par L'Castor Junior, le 2006-11-06 09:58:07
Delphine : comme le dit mielou, j'ai du mal à faire court. Toujours cette envie de retranscrire tout ce que j'ai pu ressentir pendant ces sorties au long cours... La consultation sur Kikouroù est peut-être plus facile, mais reste chronophage... Mais les photos racontent déjà beaucoup !

mielou : dommage en effet pour la marmotte. L'animal, quoique parfois un peu gras, est véloce...
Quant au filleul, il est certain qu'il en a accompli bien plus que moi à son âge... C'est certainement lui qui avait le plus de mérite ce jour là.

Par Brenda JPII, le 2006-11-06 10:53:40
Cher castor, photos magnifiques comme d'habitude !!!

Brenda t'embrasse très fort, toi ainsi que Castor Sénior !

Par pandore, le 2006-11-06 17:15:44
superbe(et fan de goldorak aussi!!!)

Par L'Castor Junior, le 2006-11-06 18:09:15
JP II : Euh, L'Castor Senior étant marié, je vais prendre la bise à sa place... ;-))

pandore : ah, Goldorak... Il traverse tout l'univers, aussi vite que la lumière. Qui est-il ? D'où vient-il ? Formidable héros des temps nouveaux...

Par Neo, le 2006-11-06 20:58:25
Whaou, c'est ça qu'on appelle des montagnes ??? ;-)
PAr contre , si t'es aussi rapide sur la STL qu'a publier tes CR, j'ai mes chances !!!
Mais pas de regrets d'avoir attendu, c'est magnifique..

Neo

Par Colimaçon, le 2006-11-06 22:53:44
"Goldorak Go!", que de souvenirs d'un coup...

Ton père ne se déparie jamais de son sourire malgré les distances et les difficultés qui s'accumulent. Il faudra que j'en prenne note quand je voudrais emmener ma fille faire un marathon un jour.

Sinon, en revoyant les photos de tes blogs, je viens de m'apercevoir d'un truc horrible (pour moi) : j'ai le vertige! Surtout pour ton stage en haute montagne... Je sais, je réagis des mois après, du coup je n'ai plus trop de le droit pour l'instant de me moquer de tes retards :-). Enfin, tu n'es pas en retard à l'arrivée de ta course vers le plaisir de courir et c'est ça qui compte.

A+

Par L'Castor Junior, le 2006-11-06 23:27:06
Neo : même pas mal d'abord... ;-)) Bon, c'est vrai que j'ai un retard incommensurable en ce moment, mais je ne désespère pas de le combler un jour... Avant la STL ?

Colimaçon : Ah, la génération Club Dorothée...
Pour mon père, c'est vrai que c'est une habitude. C'en est même parfois énervant de le voir si facile dans toutes ces aventures...
Sinon, pour ta sensation de vertige, j'ai cru comprendre qu'il était difficile de s'en départir, et que c'était un véritable handicap pour la haute montagne. Peut-être devrais-tu vérifier sur le terrain ?

En tout cas, toute la Saintélyon (ou presque ;-)) ) passe par ici (riri, Neo, Coli...). Merci les gars !

Par Yann, le 2007-07-13 08:36:37
Exceptionnel. Rien de plus à dire si ce n'est ... encore encore encore

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2006-10-04 01:51:35 : Faire ses courses en courant – 21-08-2006 – Saint Sorlin d'Arves (Savoie) - 0 photo - 9 réactions

Comme toujours, la séance d'entraînement, avec les données GPS, est disponible sur Kikouroù ( http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=37141 )

Première, et dernière, sortie longue en course à pied avant le CCC

Afin de faire tourner un peu les jambes une dernière fois avant ma petite coursette de vendredi, je me propose ce lundi d'aller faire les courses au village le plus proche de Montrond : Saint Sorlin d'Arves, station d'été comme d'hiver située au pied du Col de la Croix de Fer, à une dizaine de kilomètres de la maison. Ce sera, pour moi, l'occasion de vérifier que je suis encore capable de courir un peu.

Un peu échaudé par la descente sur Belleville lors de l'ascension du Mont Charvin, j'opte cette fois pour une descente plus longue mais bien plus roulante par la route. Malgré les travaux d'élargissement des tunnels de la route des Arves, qui dévient par Albiez tout le trafic à destination du Col de la Croix de Fer, la circulation reste modérée : on est tout de même à la campagne ;-))

Les quelques kilomètres qui me séparent de Saint Jean d'Arves et de Saint Sorlin sont l'occasion de tester un peu mes nouvelles Asics Nimbus VII, qui s'avèrent être de véritables chaussons. Je comprends mieux pourquoi Claude Hardel, pourtant plus léger que moi encore, est fan de ce modèle typé coureurs lourds.

Entre Saint Jean et Saint Sorlin, de nombreux poteaux électriques sont affublés de décorations qui rappellent que, pendant que je m'égayais sur le GR54 avec Mathias, Serge, Nico et Michel, le Tour de France avait pris ses quartiers en Maurienne, avec notamment l'ascension du Glandon, de la Croix de Fer et du Mollard, trois cols que j'avais grimpés, à mon rythme bien plus tranquille de piètre cycliste, un an auparavant (cf. http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=15243 ).
Je tourne, plutôt tranquille, à 13 km/h, avec des pulsations plutôt basses (160-165). Tout cela se présente plutôt bien ;-))
Arrivé à Saint Sorlin, je décide d'arpenter les différents magasins de sport à la recherche d'un sac à dos Salomon (le Raid Revo 20), que Fred portait sur la Via Romana, et qui m'a l'air bien plus léger que mon Quechua Diosaz Raid 27. Certes, il est absolument contre-indiqué de changer de matériel à quelques jours seulement d'une compétition, mais, après tout, la petite rando-course prévue demain devrait me permettre, le cas échéant, de tester tout ça.

Las, aucun des nombreux magasins ne propose ce petit bijou. Il ne me reste donc plus qu'à me rabattre sur les courses bien plus immédiatement utiles, comme du pain, de la charcuterie (un peu de gras n'a jamais fait de mal au coureur d'ultra ;-)) ), et des boules quiès, pour assurer un sommeil le plus paisible possible durant les dernières nuits qui me séparent du départ du CCC.

Mais, avant cela, je réalise (il était temps !) que je n'ai plus de piles pour ma frontale, et file donc à l'épicerie Sherpa (quel symbole !) où, miracle, ils leur reste justement deux jeux de deux piles qui me permettent déjà de charger une fois la bébête. Ouf ! Je passe également à l'office du tourisme emprunter quelques brochures sur les randonnées pédestres et cyclotouristes de Maurienne, ainsi que sur la via ferrata de Comborcière. Lorsque je range ces documents dans mon sac, des touristes me signalent que mon sac fuit… Horreur !!!
Heureusement, une rapide inspection me permet de constater que c'est moi, manchot comme à mon habitude, qui ai écrasé la pipette en chargeant le sac. Il faudra tout de même que je fasse attention à ça le weekend end prochain…

A la pharmacie, les deux clients devant moi cherchent un médecin, et la pharmacienne leur indique que le cabinet médical est attenant à son officine. Cela ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd, et, dès mes achats réglés, je file à côté saluer Hélène, une cousine de mon père, habitant elle aussi Montrond, qui assure le secrétariat du cabinet. Un petit coucou, une bise, et ça repart, direction la boulangerie et la boucherie, d'où je ressors le sac déjà bien rempli.

Sur le chemin du retour, je boude, pour l'heure, la coopérative fruitière des Arves qui produit un si bon beaufort à partir du lait récolté dans les fermes des Arves, mais m'arrête au bureau de poste de Saint Jean d'Arves, celui-là même auquel mon grand père a été rattaché toute sa vie de facteur, pour prendre quelques timbres et cartes postales : les photos des Aiguilles d'Arves font toujours leur petit effet sur les destinataires de ces souvenirs de vacances…

Hélène, qui rentre du travail, me propose, en passant à ma hauteur, de me remonter en voiture jusqu'à Montrond, mais la perspective de boucler, d'après mon GPS, un bon gros semi-marathon ce matin me convainc de résister à la tentation, et je poursuis donc mon chemin jusqu'à Belleville, où j'opte cette fois pour une remontée par les prés : moins roulante bien sûr que la route, cet itinéraire assez difficile à deviner est toutefois bien moins impraticable que celui que j'avais suivi en remontant après l'ascension de samedi. Je comprends mieux, ainsi, comment mon père avait pu alors me reprendre une dizaine de minutes à cet endroit. J'arrive tout juste pour l'heure du déjeuner, et n'ai plus, après une bonne douche, qu'à mettre les pieds sous la table.

Bilan de cette sortie : 23,3 km et 560 m de D+ en 2h48', avec 6 ou 7 km courus à 13 km/h. De bon augure pour la suite…

L'Castor Junior

2006-10-04 01:30:38 : [HS][Famille] 80 ans : la montagne, ça conserve ! – 20-08-2006 – Montrond (Savoie) - 0 photo - 13 réactions

On n'a pas tous les jours quatre fois vingt ans…

Ce dimanche, une partie de ma famille paternelle était réunie à Montrond pour fêter, avec quelques mois de retard, les 80 ans de ma grand-mère, dans ce village où elle a passé toute sa vie jusqu'au décès de mon grand-père.

Comme souvent, cette fête de famille fut l'occasion de retrouver, dans ce village paisible installé au pied des Aiguilles d'Arves, face au Mont Charvin, beaucoup de proches que l'éloignement géographique ne permet de rencontrer que bien trop rarement.

Après la messe rituelle, célébrée dans l'Eglise Saint-Nicolas, célèbre pour son intérieur baroque presque autant que pour sa situation exceptionnelle sous la tête de chat, et un apéritif pris en commun sur la terrasse de la maison familiale, nous nous sommes tous retrouvés à la Clef des Champs, au Mollard, à Albiez, pour un repas dans un cadre typiquement savoyard.

Bref, une belle journée, occasion de se remémorer plein de choses vécues ensemble ou individuellement par les uns et les autres, tout un tas d'anecdotes qui composent, finalement, une vie d'homme.
Un intermède agréable, à quelques jours seulement de l'UTMB et de son succédané Courmayeur-Champex-Chamonix.

L'Castor Junior

2006-09-28 02:49:57 : Retour aux sources : le Mont Charvin – 19-08-2006 – Montrond (Savoie) - 0 photo - 13 réactions

Comme toujours, le CR est disponible, avec les photos ordonnées, sur Kikouroù ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1975-ascension_du_mont_charvin-2006-par-l_castor_junior.html ), tout comme la séance d'entraînement avec les données GPS ( http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=37140 )

La montagne de mes ancêtres ?

L’ascension
Ce samedi, fraîchement débarqué, après une nuit au bercail francilien, de la Corse dans le village de ma famille paternelle, je décidai, avec mon père, de me rendre enfin au sommet du Mont Charvin, qui domine la Vallée de l’Arvan en face de Montrond, village fusionné depuis 1973 dans la commune d’Albiez-Montrond, où mes grands-parents, tous deux nés Charvin, ont vécu toute leur vie (ils en ont même été pendant des années, jusqu’au décès de mon grand-père, les deux seuls habitants permanents).

L’ascension de ce "petit" sommet de 2207 m ne présente aucune difficulté technique, mais revêt un intérêt sentimental tout particulier. Ma conversion, somme toute récente, à la pratique sportive m’offre ainsi une chance inédite d’effectuer un véritable retour aux sources.

Nous partons rapidement après le repas, vers 15h30, munis de nos porte bidons et bâtons, en descendant directement sur les traces de mon grand-père, qui, pendant des années, effectuait, six jours sur sept, ses tournées de facteur à pied, soit une quinzaine de kilomètres, au travers des hameaux de Montrond et de Saint-Jean-d’Arves, où se trouvait le bureau de poste.

La descente jusqu’à Belleville, par ce sentier désormais laissé à l’abandon, n’est pas une sinécure, à travers ronces et branches de conifères, qui m’écorchent à peu près partout où mon corps est à découvert. Mon père, toujours un brin plus agile que moi en descente, me devance légèrement, mais semble lui aussi à la peine. Quand on pense que le sentier est toujours indiqué sur les cartes IGN… Il nous faudra plus de dix minutes pour rejoindre la route en contrebas, à hauteur du hameau de Belleville.

Là, nous traversons l’Arvan, puis empruntons un sentier qui monte aux Sallanches, en passant par l’ancienne chapelle de ce hameau de Saint Jean d’Arves. Nous prenons ensuite la route qui surplombe le Viaduc des Sallanches et les ruines de l’ancien tunnel que cet ouvrage d’art a remplacé il y a une quinzaine d’années maintenant. Nous empruntons un tunnel assez court et encore éclairé, puis atteignons enfin le chemin forestier qui doit nous mener jusqu’à la Combe Génin, Ce sentier, d’abord très large et probablement accessible aux 4x4, monte régulièrement dans la forêt de l’Outraz sur cinq longs lacets, en se rétrécissant peu à peu.

A chaque lacet, j’immortalise avec mon appareil photo la vue qui m’offre à moi vers le Sud, avec les célèbres Aiguilles d’Arves qui dominent, majestueuses, Montrond et ses hameaux de la Ville, où se trouve la maison des grands-parents, et du Chalmieu, dernier hameau desservi par une route sans issue. Chaque point de vue offre un spectacle très différent du précédent, depuis l’image traditionnelle de carte postale jusqu’à des plans plus larges où le Crêt de la Feisse, Bonventre et la crête de Chenallin apparaissent bien petits comparés aux Aiguilles d’Arves.

Après le dernier lacet, les choses sérieuses commencent, avec un sentier qui part droit dans une pente abrupte au milieu des sapins, vers l’arête qui domine la Combe Génin et ses fameuses cheminées de fées. Au col de la Combe Génin, à 2159 m, la vue sur ces pics rocheux appelés également Demoiselles coiffées est saisissante : hors de question d’en faire un terrain de jeux… Un panneau indique que le Mont Charvin n’est plus qu’à dix minutes de marche. Nous touchons au but.

En effet, nous atteignons rapidement la borne qui indique, à 2207 m, que de ce site, nous pouvons apercevoir quinze clochers de la Vallée de l’Arvan. Nous n’essaierons pas de les compter, car nous sommes attendus pour l’apéritif, mais nous profitons tout de même du panorama magnifique qui s’offre à nous. Quel bonheur de se trouver là, au sommet d’une petite montagne qui porte son nom… Satisfaction de l’ego et délices visuels me grisent. C’est dans de tels moments que j’apprécie le plus d’avoir troqué ma vie de sédentaire pour celle de sportif passionné à défaut d’être performant.

La redescente
Nous entamons la descente par les mêmes arête et raidillon qu’à la montée, mais bifurquons, au croisement avec le sentier large, sur la droite, pour descendre plus rapidement, à travers la forêt, vers le Villard par la Ramettaz. Cette descente, sur un chemin de terre en plein milieu des arbres, me convient parfaitement, et je parviens, fait rare, à devancer assez nettement mon père.

Arrivés en lisière de forêt, nous coupons à travers champs jusqu’à la Charrière, puis la Cliétaz et les Sallanches, où je croise deux habitants qui nous avaient aperçu lors de l’ascension, et qui sont surpris que l’on puisse courir ainsi après être monté, comme ils semblent le deviner, au sommet de cette montagne qui les domine au quotidien.

Ayant pris une avance certaine sur mon père, je décide de continuer la descente vers Belleville, afin de pouvoir pallier une éventuelle défaillance de ma part dans la remontée vers Montrond. Probablement un peu maso, je décide de prendre le chemin qui m’avait posé tant de difficultés à la descente. Après avoir difficilement gravi les premières dizaines de mètres, j’entends mon père m’annoncer qu’il préfère, de son côté, remonter au travers des prés, bien plus praticables.

C’est donc seul que je vais tâcher de suivre scrupuleusement les moindres traces, souvent infimes, du vieux chemin qu’empruntait mon grand-père. L’exercice m’apparaît encore plus difficile qu’à la descente, car je suis là les moindres lacets encore perceptibles, et suis donc obligé de lutter avec des ronces et des arbres qui ont totalement repris le contrôle de ce sentier abandonné. J’aperçois quelques vestiges de l’occupation humaine, avec notamment un vieux réservoir a priori totalement délaissé. Je ne compte plus les écorchures, et ne les sens d’ailleurs plus vraiment, car j’ai le sentiment de vivre intérieurement quelque chose de très fort, comme une rencontre imaginaire avec un être cher.

Un coup d’œil à ma montre m’indique que je ne serai décidément pas à l’heure pour l’apéritif, mais qu’importe : je suis heureux ! Les parents et amis sont déjà là, qui viennent fêter ainsi les quatre-vingts ans de ma grand-mère, et, pour ceux qui ne m’ont pas vu depuis quelques années, la surprise est grande. Jamais ils ne m’auraient imaginé capable de faire cette ascension qui m’est finalement, (petite) expérience aidant, apparue assez facile.

Après une douche indispensable et salvatrice, je suis prêt à me joindre à eux, mon père m’ayant, grâce à son raccourci bien plus raisonnable, devancé d’une bonne dizaine de minutes.

Bilan de cette sortie : 2h41’ pour 14,1 km et 1709 m de D+, avec une ascension de 1000 m en 75’. En plus d’avoir été une expérience personnelle forte, cette balade aura certainement été un bon entraînement pour le CCC qui m’attend en fin de semaine…

L’Castor Junior

2006-09-25 00:51:35 : Via Romana - 13-08-2006 - Carpineto (Haute-Corse) - 0 photo - 16 réactions

Comme toujours, le CR est disponible, avec les photos ordonnées, sur Kikouroù ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1952-via_romana_-_58_km-2006-par-l_castor_junior.html ), tout comme la séance d'entraînement avec les données GPS ( http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=36006 )

Voyage au royaume du châtaignier...

Comment se jeter dans la gueule du loup
Fin 2005, lors de la dernière assemblée générale du JDM, pendant laquelle j'avais déjà signé, sans réaliser vraiment ce que cela impliquait, pour un week-end d'initiation à la Haute Montagne ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1720-week_end_d_initiation_a_la_haute_montagne_-_ecole_de_glace-2006-par-l_castor_junior.html ), Frédéric Orsoni nous avait proposé sournoisement de participer à un trail, mi-août, dans sa Corse natale. Pour moi, la Corse, c'était un vague souvenir de vacances il y a plus de quinze ans, avec, au programme, plage, plage, plage, et un peu de lacs de (très basse) montagne. Bref, un décor de rêve pour une petite coursette sans prétention. J'avais donc, sans trop réfléchir, dit banco. Ah, fougue impétueuse de la jeunesse ;-)

Frédéric nous rappelant régulièrement, lors de nos séances de fractionnés ou de nos sorties dominicales, la nécessité de nous inscrire et de réserver le trajet, je me décidai finalement à jeter quand même un petit coup d'œil sur Internet. Le seul site trouvé sur Google était resté bloqué sur l'édition 2005, et ce n'est que courant avril, après le Marathon de Paris, que je trouvai enfin une version actualisée présentant le parcours 2006 et les modalités d'inscription. Pour le profil, gasp : 58 km et 3300m de D+. Pffiou... Ils ne rigolent pas les Corses. Il doit donc y avoir de belles et hautes collines dans cette île de beauté... Bah, ça me fera toujours un entraînement pour le CCC, auquel je me suis inscrit depuis l'automne, et qui devait être ma première course de montagne. Certes, moins de deux semaines séparent les deux épreuves, mais je ne vais pas m'arrêter à ce genre de préoccupations matérielles... Pour l'inscription, tout peut se faire par Internet. Je m'inscris donc le 31 mai, dernier jour avant l'augmentation des tarifs, scellant ainsi mon sort définitivement...

Cependant, la vie continue, à coups de trails ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1600-trail_du_pays_de_sully_-_42_km-2006-par-l_castor_junior.html ), CO et raids ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1715-le_trophee_picard_xtrem-2006-par-l_castor_junior.html ) plus ou moins vallonnés, mais toujours aucune confrontation avec la montagne. Ce n'est qu'en juillet que je vais prendre conscience de ce qu'est réellement la montagne. L'ascension du Mont Blanc avec le JDM ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1735-ascension_du_mont_blanc_-_montee_au_sommet_puis_redescente_a_tete_rousse-2006-par-l_castor_junior.html ), puis le Tour de l'Oisans avec Mathias, Serge, Nico et Michel ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1745-tour_de_l_oisans_-_etape_1-2006-par-l_castor_junior.html ) vont me fournir deux occasions extraordinaires de faire un apprentissage accéléré de cet univers ô combien magnifique et exigeant. Accessoirement, c'est d'ailleurs depuis la chambre que je partage avec Dominique, François et Roger dans notre gîte d'Argentière début juillet que je vais, enfin, me préoccuper, à distance, de mon trajet vers la Corse. En raison du stage Thalasso / Course à pied que j'ai prévu de suivre à Pornic jusqu'au 10 août, la traversée en bateau n'est pas jouable, et je me rabats donc sur l'avion, Orly-Calvi (Fred m'a conseillé Calvi plutôt que Bastia). Il me suffira ensuite de prendre le petit train (le plus pittoresque de France paraît-il) pour gagner Ponte Leccia, directement au Nord de Moltifao, point de ralliement des JDM engagés sur la course. Encore faudra-t-il se renseigner un peu sur les horaires de train... On verra ça de retour à Paris...

Un Mont Blanc, un Tour de l'Oisans et une thalasso à Pornic plus tard, je me décide enfin à vérifier lesdits horaires, et là, c'est la douche froide : une liaison par jour dans chaque sens et, bien sûr, aucune ne me permet de rejoindre mes amis... Las, bien qu'ayant caressé un instant l'idée de m'inviter à effectuer le trajet à pied (voilà ce que c'est que de fanfaronner qu'on aime courir loin et longtemps ;-) ), mes camarades décident de prendre en charge le boulet que je suis, et c'est Marc qui se dévoue pour venir me chercher à l'aéroport. Heureusement, les choses ne se goupillent pas trop mal, puisqu'il en a profité pour ramener Marianne, que mon père, qui m'a amené à Orly, pourra donc ramener ainsi à Bures. Un chassé-croisé de haut vol ;-)

Arrivés à Moltifao, nous retrouvons Frédérique et Yves, pour un dîner "Chez César". Cette pizzeria au bord de la route est une première plongée dans la Corse profonde, avec des hommes et des femmes au caractère bien trempé, pleins de charme et très accueillants cependant. Je ne verrai pas les Fayoux, qui ont embarqué vers le continent dans l'après-midi. Apparemment, tous les JDM, présents sur place depuis une semaine, ont déjà pu goûter aux charmes de la montagne corse, notamment lors d'une belle randonnée en début de semaine dans la Restonica, empruntant des bribes du parcours de l'Interlago. Ils sont donc autrement mieux préparés au terrain que moi, qui n'ai fait que quelques footings autour de Pornic... Après cette agréable mise en bouche, nous rejoignons l'hôtel où je prends la place, dans la chambre de Marc, de Marianne. Marc, minutieux dans sa préparation, a étalé quasi religieusement le contenu de son sac sur le lit superposé que je dois occuper, et me fait donc rapidement une place afin que je puisse étaler, de façon hélas beaucoup plus anarchique, mes propres affaires.

Le lendemain, samedi, nous partons, Frédérique, Marc et moi passer prendre Frédéric pour rallier ensemble Carpineto, afin d'y retirer nos dossards. Le voyage vaut le détour : des routes de montagne qui n'ont pas à rougir de la comparaison avec les routes alpines les plus tortueuses et les plus dangereuses, agrémentées, particularisme local, d'un nombre incalculable d'animaux divagant, au premier rang desquels les vaches, dont on pourrait penser qu'elles sont, comme en Inde, des animaux sacrés. La dextérité de Marc, qui connaît bien l'île, nous permet d'arriver à bon port, mais j'avoue redouter déjà le même trajet que nous devrons accomplir le lendemain, dans la nuit, afin de gagner le départ de la course... La distribution des dossards s'effectue dans la mairie de Carpineto, où organisateurs et bénévoles sont aux petits soins pour accueillir la poignée de concurrents venus accomplir les formalités d'usage. En nous remettant dossard, gourde et TS (enfin une course où je peux obtenir une taille S : merci !), ils nous indiquent que nous serons peu nombreux à nous élancer le dimanche sur les deux circuits (le nôtre et un, plus court, de 38 km et 2400 m de D+). En particulier, un bénévole glisse à Frédérique que seules trois femmes sont inscrites, ce qui, d'après le tableau des récompenses, devrait lui permettre, si elle parvient au terme de l'épreuve, de nous offrir un bon resto ;-)

Après un essayage rapide des TS et une première acclimatation à l'ambiance très particulière du pays de la châtaigne, nous reprenons la route, sur laquelle nous trouvons une jeune fille du crû qui veut regagner Ponte Leccia en autostop. En chemin, elle nous explique l'origine du nom donné par les habitants de la région à un pont, le Pont des Trois Sœurs : trois de ses tantes auraient eu un accident de voiture à cet endroit plusieurs années auparavant. Décidément, les Corses et leur terre sont intensément liés. Nous la déposons à Ponte Leccia, puis déjeunons à l'hôtel à Moltifao. Dans l'après-midi, nous partons, Frédérique, Yves, Marc et moi sur Corte, avec sa citadelle imposante, pour une séance de shopping de dernière minute. Frédérique et Marc se laisseront tenter par le double porte bidons Salomon pour lequel j'avais déjà craqué en juillet, tandis que j'aperçois, au rayon des articles soldés, une paire d'Asics DS Racer VI vert pomme du plus bel effet : allez, ce n'était pas prévu, mais je craque tout de même pour ces chaussures avec lesquelles j'aurai intérêt, désormais, à courir un peu plus vite sur les épreuves de route ;-)))

J'envoie un SMS à Mathias, qui a dû terminer, normalement, son GR20 OFF sur cinq jours (moins de trois semaines après notre GR54 sur quatre jours et moins de trois semaines avant son UTMB... Un fou, vous dis-je...). Ce dernier me répond, assez rapidement, que tout s'est bien déroulé pour lui (chouette, encore un beau CR à lire !), et me renvoie, dans la foulée, un MMS où il a attaché une photo... du balisage de la Via Romana !!! En fait, comme il me l'avait indiqué, il séjourne dans la région, et a entrepris ce jour une randonnée au-dessus de Piedicroce, qui se situe à peu près au tiers du parcours de la Via Romana. Les fous ont ceci de particulier qu'ils aiment visiblement fréquenter les mêmes lieux et suivre des chemins similaires...

De retour, encore, à Moltifao, chacun des coureurs prépare son sac de course pour le lendemain (pour ma part, ce sera assez léger, avec ma veste légère Salomon et une couverture de survie, mon Camelbak de 2 litres rempli, mon téléphone portable ainsi que trois barres énergétiques rescapées de l'Oisans - je veux tester une course avec uniquement le ravitaillement de l'organisation - et mon appareil photo dans les poches extérieures), puis, après une petite baignade dans la rivière qui coule au pied de Popolasco, nous rejoignons les Orsoni dans leur maison de famille dans le cœur du village, pour une "pasta party" dont ils ont le secret. Frédéric insiste tout particulièrement pour que je reprenne de l'excellente mousse au chocolat préparée par Sabine. Diantre ! Ce personnage a certainement de mauvaises arrière-pensées... ;-) Heureusement, Sabine fait preuve de bien plus de générosité, et m'offre quelques tranches de Lonzu, sorte de filet de jambon fumé, que je range dans des films plastiques, afin de pouvoir pallier un éventuel manque de ravitaillement salé sur la course. Après une nuit néanmoins légère, nous nous réveillons vers 4h15 pour être fins prêts au RDV, fixé à 5h00, avec Frédéric, puis nous reprenons la route escarpée jusqu'à Carpineto, où Marc parvient, difficilement, à se garer dans une rue étroite à 500 m de distance et une trentaine de mètres de dénivelé positif du départ.

La course : de Carpineto à Piedicroce
A 6h45, après une minute de silence observée en hommage à un jeune traceur du parcours décédé quelques semaines auparavant et, surtout, après la bénédiction donnée par le curé du village (l'homme d'église, comme c'est paraît-il la coutume en Corse, nous a souhaité une bonne course, de bonnes conditions météorologiques et, cerise sur le gâteau, de n'avoir aucune crampe pendant l'épreuve !), le départ est donné, et la centaine de concurrents inscrits sur l'ensemble des deux courses s'élance, devant les caméras de Sport+, pour une première montée bien raide dans les rues du village. Ca part vite, déjà, et je préfère trottiner à mon rythme plutôt que de chercher à tout prix à suivre les cabris partis en tête.

La météo est encore agréable, et ma tenue Salomon (short, TS et saharienne) est parfaitement adaptée. Mes chaussures NB1100 ont franchi les 1000 bornes dans l'Oisans, mais j'entends les pousser encore un peu, au moins jusqu'après le CCC. Je commence enfin, grâce à mon périple dans l'Oisans, à maîtriser l'usage des bâtons, et les sors donc dès que nous quittons la route pour la montée vers le Col d'Arcarota. Mes camarades du JDM, qui m'ont mis la pression la veille pour que j'approche des premières marches du podium (les fous ! Je débute encore, moi, en montagne...), sont restés en retrait derrière, et je progresse donc dans ces forêts denses de châtaigniers au milieu de coureurs aguerris, dont j'imagine, à leur accent, que la plupart sont Corses.

La montée se poursuit, toujours très raide, jusqu'au Col d'Albi, puis c'est la première descente, assez roulante car sur de la bonne terre bien meuble et sèche, qui nous emmène vers la chapelle San Giorglio. Certains coureurs que j'avais doublés dans la montée (j'étais à 830 m/h) me repassent dans la descente, me rappelant ainsi cruellement mes piètres talents de descendeur. À Tramica, nous rencontrons le premier point de contrôle, avec des bénévoles charmants, puis la deuxième ascension débute. Après 140 m de dénivelé, nous passons dans le petit village de Parata, où est installé le premier ravitaillement. L'ambiance est fantastique : on dirait vraiment que l'ensemble des habitants de la Castagniccia ont envie de faire de cette course une grande fête : leur fête. Les mammas aux fenêtres ou devant leur porte, les enfants qui jouent dans les rues : tout le monde nous encourage avec une ferveur rare. Certes, les coureurs corses bénéficient parfois d'attentions particulières (après tout, chacun n'est-il pas, dans cette île, le cousin plus ou moins éloigné de son voisin ?), mais même le "continental" que je suis est salué et encouragé comme on l'est rarement sur une course. Le ravitaillement lui-même est très correct, avec notamment une variété de fruits et autres aliments sucrés, et de l'eau gazeuse en plus de la sempiternelle eau plate. Je décide de me ravitailler en solide à chaque ravitaillement, et prends donc une demi banane et quelques abricots secs, ce qui constituera mon régime alimentaire sucré pendant toute la course.

Le chemin continue à travers les châtaigniers, en forte côte, jusqu'à la chapelle San Bartolomeo, d'où la vue sur les environs est saisissante. Un petit mot gentil aux bénévoles présents au point de contrôle, puis il est temps d'entamer la descente sur Piazzole, où se trouve un nouveau ravitaillement, puis Chiarasgiu. La descente se passe toujours relativement bien pour moi, même si je me fais doubler par quelques concurrents, notamment lorsque, arrivé à une barrière fermée (alors que le positionnement du balisage laissait penser qu'elle aurait dû être ouverte), j'hésite bien longtemps avant de l'enjamber. Je passe un autre passage difficile un peu plus bas, lorsque, suivant deux autres coureurs, je néglige de suivre le balisage et me retrouve, derrière eux, dans un enchevêtrement de ronces plus hautes que moi, dont ils s'extraient bien plus facilement que moi. Entre les griffures aux jambes et aux bras et une belle descente sur les fesses, je me laisse dépasser par trois nouveaux concurrents, qui, ça me rassure tout de même un peu, sont inscrits sur le "petit" circuit de 38 km. Ce système de départ commun aux deux courses, ajouté au démarrage rapide des premiers dans Carpineto, rend d'ailleurs difficile l'estimation de son positionnement dans la course. Je m'imagine alors, à tort, être dans les dix ou quinze premiers, et me prends à rêver d'une place honorable sur cette course qui, pour l'heure, m'apparaît largement en adéquation avec mon niveau actuel.

Nous remontons ensuite vers les fameuses sources minérales d'Orezza, où un ravitaillement est installé dans l'enceinte même de l'établissement, à deux pas de la fontaine d'où coule, en permanence, cette eau ferrugineuse dont la réputation s'étend bien au-delà des frontières insulaires. C'est là que je rencontre Eric, coureur "continental" comme moi, engagé lui sur le 38 km, avec qui j'entreprends de discuter un peu. Nous discutons d'abord de nos origines et de nos terrains d'entraînement, et c'est lorsque je lui parle du Tour de l'Oisans OFF avec Mathias, Serge, Nico et Michel qu'il me dit qu'il connaît bien Mathias, pour l'avoir croisé sur différentes Saintélyon ainsi qu'en tant que membre du bureau de Courir Le Monde. Eric est également un kikoureur, sous le pseudo de Gamajade, qui a d'ailleurs rédigé un compte-rendu passionnant de sa Via Romana 2004. Drôle d'endroit pour une rencontre, mais j'ai pris l'habitude, sur les différents ultras que j'ai pu courir, de rencontrer presque systématiquement soit des gens connus car déjà rencontrés sur d'autres courses, soit de nouer des liens avec des inconnus qui partagent cette même passion d'aller au bout d'eux mêmes, sur des terrains on ne peut plus variés, toujours avec un esprit de générosité rarement rencontré par ailleurs. Je le laisse partir devant, car je souhaite profiter, gourmand que je suis, des délices du ravitaillement. En plus de ma classique demi banane et de ma poignée d'abricots secs, je me laisse tenter, ici, par un verre d'eau d'Orezza qu'une charmante bénévole m'amène après l'avoir rempli directement à la source. A ma grande surprise, cette eau n'est pas gazeuse à l'origine, et son goût extrêmement marqué est difficilement supportable. Tant pis pour les vertus ferrugineuses, je resterai à l'eau plate !

Je quitte ensuite les sources d'Orezza pour reprendre un chemin forestier qui monte, toujours aussi raide, vers l'ancien couvent d'Orezza, d'où le clergé corse déclencha, au 18ème siècle, la guerre de libération contre la domination génoise de l'Île. Les chemins sont toujours aussi agréables, et la forêt, dense, nous protège des rayons du soleil qui se font de plus en plus perçants. Je prends quelques photos des ruines du couvent, puis poursuis la montée vers Pastoreccia, où se situe un nouveau ravitaillement. Je rattrape en chemin Gamajade, qui m'avait avoué être moins bon grimpeur que moi (ah, s'il m'avait connu avant mon dépucelage de la montagne entre Mont Blanc et Oisans cet été...), puis nous descendons ensemble sur Piedicroce, où l'accueil par les habitants est, une fois de plus, mémorable.

De Piedicroce à Caldane
C'est dans la montée vers Pied'Orezza que j'abandonne mon compagnon, avant de parvenir au petit village de Campodonico où un ravitaillement nous est offert, servi au milieu d'une foule enthousiaste mais rendue quelque peu inquiète par l'amoncellement de nuages noirs au-dessus de nos têtes. Heureusement, ils se dissiperont finalement rapidement, et nous pourrons continuer la course sous un soleil à peine voilé, parfois, de quelques nuages d'altitude.

La portion qui s'annonce est, à mes yeux, la meilleure occasion de regagner un peu du temps perdu dans les descentes précédentes. En effet, on nous a annoncé une montée raide, et d'une traite, jusqu'à Bocca Favalta, soit 840 m de D+ que je parcourrai en 1h25', sans avoir croisé quiconque hormis un Corse, visiblement un Vétéran 3, que j'ai aidé à se relever d'une chute heureusement sans gravité, et un organisateur, qui me prévient de bien suivre le balisage car un concurrent devant moi s'est totalement fourvoyé. Je ferai donc attention !

Je me retourne, durant la montée, tant pour m'imprégner de la vue à couper le souffle que pour scruter, en bas, la présence d'éventuels poursuivants, en vain. C'est probablement aussi cela qui fait le charme d'une telle course : une toute petite centaine de concurrents lâchés sur un circuit de 58 km ont peu de risque de se sentir, à un moment ou à un autre, pris dans des embouteillages comme cela peut arriver sur des courses plus fréquentées. Je profite de ce calme relatif pour, lorsque sonnent les 4h30’ de course (soit la moitié de mon « objectif » inavoué de terminer en 9h00’), engloutir une des trois tranches de lonzu que j’ai prises avec moi, seule entorse à ma volonté d’utiliser uniquement les ravitaillements de l’organisation.

A mon arrivée au ravitaillement de Bocca Favalta, je suis accueilli tout de go par une dame qui me crie : "Allez Cédric !!!". Je ne la connais pourtant pas, et nos nom et prénom ne figurent pas sur nos dossards. Je sais que ma notoriété prend une ampleur considérable (hum...), mais je suis tout de même très surpris qu'elle ait atteint, surtout sous ma véritable identité, des endroits si reculés. Un bref échange avec cette charmante dame permet d'élucider rapidement ce mystère : je ressemblerais beaucoup, d'après elle, à son fils Cédric, engagé lui aussi sur la course, qui, d'après les résultats publiés après course, aura été contraint à l'abandon. Qu'à cela ne tienne, ces encouragements totalement inattendus, ajoutés à l'accueil chaleureux des trois jeunes qui tiennent le ravitaillement, me font un bien fou et me permettent de repartir le cœur léger vers la Bocca Calerrucio.

Un détail me surprend toutefois : alors que j'ai réalisé la dernière ascension sur un rythme très correct, et qu'il me semblait avoir distancé largement les coureurs qui me suivaient, j'aperçois, dès mon départ du stand, une fusée revenir vers moi. J'interpelle gentiment ce coureur qui avance d'un pas qui m'apparaît extrêmement rapide, et fais ainsi connaissance avec Jean-Paul, abonné à Ultrafondus Magazine mais qui n'est pas membre du forum UFO. Personne n'est parfait... ;-) Il m'explique rapidement les raisons de sa remontée fulgurante. Plutôt mal en point au départ, et à peine remis d'une blessure, il a préféré partir très tranquillement, puis a pu, au fur et à mesure que revenaient l'énergie et l'envie d'en découdre, rattraper puis déposer les coureurs partis devant lui. Jean-Paul est un sacré coureur : finisher de l'UTMB en 2005, dans des temps comparables à ceux de mon père, il est sans cesse à la recherche d'expériences nouvelles, avec, je le comprends, une nette préférence pour le trail, en particulier en montagne.

Je me présente à mon tour, et lui décris, en quelques lignes, ma transformation de sédentaire allergique au sport pendant 28 ans en coureur régulier, fan comme lui de courses nature au long cours. Comme souvent lorsque j'étale ainsi ma petite histoire, Jean-Paul est d’abord surpris, avant de reconnaître, en mordu qu’il est, que l’envie de courir peut faire des miracles… Nous parcourons quelques centaines de mètres ensemble, mais je sens qu’il est plus « frais » que moi, et que je ne pourrai tenir bien longtemps à son rythme. Aussi, malgré ses encouragements à le suivre, je le laisse filer dans une montée vers une hêtraie, et ne le reverrai plus avant l’arrivée.

Je passe à Orticaggio, point où le 38 et le 58 km se séparent, vers 12h30, soit près de 5h45’ après le départ de Carpineto. Les organisateurs ont annoncé qu’ils imposeraient à tous les coureurs qui passeraient après 6h00’ de course de se rabattre sur le 38 km. Tiens, moi qui croyais être plutôt large avec cette barrière, je ne suis pas passé très loin… Comment donc vont faire mes petits camarades buressois, a priori un peu moins à l’aise en montée ??? J’ai à peine le temps de penser à eux : une bénévole présente à ce point stratégique s’inquiète de ma pâleur extrême, et me suggère d’abandonner… Il me faut donc lui expliquer, pour la rassurer, que ce sont bien les litres de crème solaire que j’ai grossièrement étalés sur mon visage qui me donnent cette allure cadavérique. Ouf : je pourrai donc continuer mon périple !

Le trajet se poursuit par une montée assez raide sous une hêtraie, d’abord jusqu’à la Muffraja, à 1600 m, puis vers Punta Caldane, le point culminant de la course, à 1724 m. Toujours aidé de mes bâtons, et assez désagréablement surpris par le peu de marge dont je dispose par rapport à la barrière horaire, je m’efforce de relancer la machine, et boucle cette ascension à près de 800 m/h. La vue, depuis cette crête, est magnifique, et contribue elle aussi à me redonner du baume au cœur.

De Caldane à Carpineto
Hélas, qui dit point culminant de la course, dit aussi fin (au moins provisoire) de la montée, et début de la descente. Et, en la matière, je suis servi… Plus de 800 m de descente ininterrompue, d’abord à travers des prés encombrés de cailloux, dans lesquels je manque de perdre le balisage de vue, puis sur des chemins secs remplis eux aussi de caillasse, où mes piètres talents de descendeur trouvent de multiples occasions de se rappeler à mon bon souvenir. Je peine tellement dans cet exercice que je suis contraint, rapidement, de marcher, complètement tétanisé par la peur de chuter.

Celle qui terminera deuxième féminine de l’épreuve me double assez rapidement, bientôt suivie par deux vétérans, que je suis contraint de laisser filer impuissant. J’essaie bien de relancer un peu la machine, repensant aux conseils de mes camarades lors du Tour de l’Oisans : toujours trottiner, même lentement, plutôt que marcher, mais rien n’y fait, et je m’imagine déjà passer de longues heures dans ces terrains hostiles qui semblent ne jamais finir.

Je parviens à reprendre un peu de poil de la bête à l’arrivée au bas de la descente, où, après une vision agréable de la chapelle Saint Vincent vers laquelle nous repasserons quatre kilomètres plus tard, nous prenons une piste, assez large, sur quelques kilomètres. Le décor est moins agréable que dans les montagnes, mais le fait de pouvoir courir à nouveau est un carburant extraordinaire pour relancer une machine bien rouillée et un moral en berne. Je parviens ainsi à rattraper les deux vétérans qui m’ont doublé dans la descente, et passe les montagnes russes qui suivent sans trop de difficulté. Seule une colonie allemande (une secte ?) en bord du chemin nous distrait un peu.

Arrivé au ravitaillement de Pianellu, je suis rejoint par un Fred Orsoni, visiblement en pleine forme, qui, visiblement heureux de m’avoir rattrapé, me dépasse comme un boulet de canon, et s’envole dans le balcon qui nous ramène à la chapelle Saint Vincent. Diantre, je dois vraiment être à la ramasse pour qu’un p’tit jeune (certes de dix ans mon aîné ;-)) ) parvienne à me mettre une telle raclée. Mais, après tout, seul Corse du JDM, il connaît certainement le terrain comme sa poche, et est probablement bien plus à l’aise que moi sur les sentiers faits de caillasse dans lesquels la course évolue depuis une dizaine de kilomètres… En tout cas, je commence à mieux comprendre ce qu’il avait dans la tête lorsqu’il nous a proposé cette « coursette » à l’automne dernier…

La dernière grosse montée (enfin, à peine 260 m…) nous emmène au Col de Muteri, et j’espère bien en profiter pour revenir sur les pas du ci-devant Orsoni, à qui j’entends bien faire payer son machiavélisme et sa fourberie : après tout, c’est à cause de lui que je galère, dans un environnement magnifique, certes, mais tout de même !, depuis près de 9h maintenant. D’ailleurs, l’approche des 9h de course, en plus de faire sombrer définitivement mes espoirs de boucler l’épreuve dans ce chrono, m’incite à prendre une nouvelle tranche de lonzu, qui me redonne (un peu) de pêche. Ironie du sort, c’est la charmante épouse du Corse fourbe qui me l’a préparée, et c’est en partie grâce à elle que je vais pouvoir, à défaut de le rattraper, le garder en ligne de mire.

La descente sur Perelli se passe un peu mieux que les précédentes, même si je me refais doubler par les deux vétérans, dont François Adobati, V3 « phénomène » de l’épreuve, qui me conseille, au passage d’admirer, avant l’arrivée au village, un abreuvoir à cochons parmi les plus imposants de l’île, installé à l’ombre d’un châtaignier majestueux. Merci l’ami pour cette recommandation à visée culturelle et touristique, que je suivrai quasi-religieusement (après tout, je ne suis plus à une pause photo près ;-)) ).

L’arrivée à ce village, dernier point de ravitaillement avant l’arrivée, me redonne un bon coup de fouet, d’autant plus que la montée vers la Chapelle Sant’Alibertu, est plutôt agréable, toujours sous les arbres, et me permet de revenir pas à pas sur Frédéric, qui fait la course avec un vétéran apparemment en pleine forme. Les deux compères se motivent mutuellement, mais grâce à un soudain regain d’énergie et de motivation, je parviens à les avoir en ligne de mire, quelques dizaines de mètres devant moi, à l’arrivée à la chapelle.

Malheureusement, je sais qu’il faut encore descendre pour regagner Carpineto, et je redoute de me faire lâcher à nouveau. C’est là qu’intervient un de ces retournements de situation si fréquents dans les épreuves d’ultra, où trop de paramètres entrent en jeu pour assurer à n’importe quel coureur, y compris en tête du peloton, une course sans embûche. La fatigue, le coup de fringale ou de moins bien, les crampes, tous ces éléments que l’on ne peut totalement prévenir peuvent faire basculer brutalement une course du paradis à l’enfer et, heureusement, de l’enfer au paradis.

Dans le cas présent, c’est Fred qui voit sa course basculer… du mauvais côté de cette ligne invisible et ténue. Probablement puni par là où son pêché d’orgueil s’est réalisé, il est victime de crampes terribles dans la descente finale vers Carpineto, peu de temps après m’avoir averti qu’il supporterait difficilement que je le double dans une arrivée au sprint dans le village. Alors même que je descends, comme à ma détestable habitude, à un rythme horriblement lent, je parviens ainsi à le déposer sur place, avant même de mettre les pieds sur le bitume. Ouf ! Je l’aurai ainsi vaincu à la loyale bien sûr, mais aussi en respectant les règles du jeu qu’il avait fixées in extremis. Bien fait pour lui ;-)))

Je passe ainsi sous l’arche d’arrivée 10h39’08", 58 km et 3450 m de D+ après le départ de Carpineto, trente secondes derrière le compagnon de route de Frédéric, et six minutes avant ce dernier. Ouf, l’honneur est sauf : j’ai gardé une (courte) avance sur mes camarades JDM.

L’après course
Je suis à peine surpris de trouver Frédérique sur les marches de l’église, car je sais que la barrière horaire à mi parcours a dû être un obstacle sérieux pour elle. Las, elle m’explique que ce n’est même pas là la cause de son abandon. En fait, elle s’est perdue complètement (probablement là où un organisateur est venu m’alerter sur la nécessité de suivre scrupuleusement le balisage. Résultat : arrivée dans un village où les habitants semblaient à peine informés de l’existence de la course, elle a réussi à se faire rapatrier au départ. Dommage, notamment au vu de l’importance des récompenses offertes.

En effet, arriver classée quatrième lui aurait valu, comme à Marc, qui, dernier de la course en 11h25’, finira tout de même cinquième V2, une paire de chaussures de trail Montrail, offerte par Christophe Vatinel, responsable de la marque en France, rédacteur en chef de Trail Attitude (dont il nous a remis un exemplaire consacré à la Via Romana et à l’UTMB 2005), habitant de Boutigny sur Essonne et donc habitué des courses vertes et trails d’IDF et, accessoirement, troisième au scratch et deuxième V1 à Carpineto ce jour là.

A l’arrivée de Fred Orsoni, nous allons profiter des douches de campagne offertes par l’organisation en bordure d’un champ. Marrant ce système de douche branchée directement sur tuyau d’arrosage : l’eau est fraîche, mais le soleil permet de la chauffer à quelques quinze ou vingt degrés. Pas de quoi pavoiser, mais l’occasion, au moins, de se rendre un peu plus présentables (dans mon cas, la crème solaire a, comme à l’habitude, permis à la poussière de se fixer partout…), tout en faisant profiter les villages perchés dans les montagnes environnantes d’un beau point de vue sur nos corps d’athlètes quelques peu courbaturés…

Après la douche, n’ayant pas pris le temps de m’étirer sérieusement après l’arrivée, je décide de me faire masser. Surprise : c’est l’église qui a été réquisitionnée pour abriter le staff médical et les kinés. Pour moi qui fréquente rarement ces lieux saints, j’avoue que la situation est cocasse : un masseur s’occupe avec minutie de mes cuisses et mollets, tandis que je contemple les chefs d’œuvre d’art baroque qui s’étalent sous mes yeux dans la nef de l’église de Carpineto. Tiens, la prochaine fois, je prendrai carrément des photos de la scène…

Après cet intermède agréable, nous assistons, avec Yves qui nous a rejoints à l’improviste, à la remise des prix, où, finalement, seul Marc sera honoré (Fred et moi sommes un poil trop loin dans le classement Senior, et l’erreur de Frédérique l’a écartée définitivement du podium féminin). Le speaker, qui interroge notre V2 préféré, semble surpris que des « parisiens » puissent venir se perdre en Castagniccia. Eh quoi, il ne connaît pas les Orsoni le monsieur ??? ;-)) (visiblement, pas totalement, car même ici Fred voit son deuxième O se muer inlassablement en I. Dur…)

En tout cas, la course est extrêmement bien dotée en terme de récompenses : plus de dix mille euros de primes, plus un grand nombre de lots de valeur, pour une petite centaine de coureurs inscrits, soit au maximum six mille euros d’inscriptions… Ca laisse rêveur !

Dans un autre registre, Pierre Santucci, détenteur du record de la traversée du GR20 en 36h53’04", prévient discrètement une partie de l’assistance : inscrit cette année, pour la première fois, à l’UTMB, il entend bien y réaliser un exploit supplémentaire, et, pour ce, finir dans les dix premiers de l’épreuve. Nul doute que ce montagnard aguerri a largement la caisse pour venir à bout d’une telle épreuve dans un temps canon. Reste néanmoins à voir comment il pourra réagir sur un terrain a priori plus roulant que le GR20… Réponse dans deux semaines…

Après la remise des prix, nous nous attardons dans le village pour profiter du buffet, particulièrement copieux, offert par l’organisation aux coureurs, bénévoles et habitants, pour clore en beauté et dans la convivialité cette belle journée de fête. Les quiches, pissaladières et pizzas sont un régal, surtout pour moi qui ai complètement zappé le mini plateau repas offert aux coureurs après l’arrivée… Je retrouve alors Jean-Paul, fringant, avec sa petite famille : il a fait une très belle course, et me félicite pour mon temps, dont je ne suis pourtant pas particulièrement fier. Je ne m’étais en fait jamais retrouvé dans la seconde moitié du classement sur un trail. Il faut un début à tout, mais j’avoue que cette 28ème place (sur 54 concurrents au départ et 34 à l’arrivée), pas très éloignée de la barrière horaire, m’inquiète un peu, à deux semaines du CCC. Si j’évolue autour du Mont Blanc à ce rythme, il me faudra, là-bas aussi, composer avec ces barrières stressantes…

Heureusement, Marc, qui a terminé l’UTMB l’an dernier, me rassure en soulignant que les chemins empruntés par l’UTMB sont autrement moins techniques que ceux de la Via Romana, et que mon « véritable » niveau se situe bien au-dessus de ce que j’ai réalisé aujourd’hui. J’aimerais le croire, mais sens le doute s’immiscer en moi : suis-je réellement prêt ? Et cette compétition, difficile et éreintante, si près de l’objectif essentiel de ma saison, n’était-elle pas, comme m’en avait averti Atomic JF, une véritable folie ? Pour moi aussi, la fin du mois d’août apportera beaucoup de réponses à ces interrogations quelque peu inquiétantes…

Nous nous éclipsons à la nuit tombée, Yves conduisant les deux Fred et Marc me ramenant. La remontée vers l’endroit où nous avions garé la voiture le matin n’est pas vraiment une sinécure, mais elle se passe mieux que j’aurais pu le craindre. Sur le chemin du retour, nous avons une pensée, en passant à Morosaglia, pour Pasquale Paoli, le fondateur de la première république jamais mise en place sur un territoire appartenant aujourd’hui au territoire national.

Après une nuit de repos bien méritée, nous décidons, le lundi, d’aller fêter nos exploits respectifs dans l’Oliveraie, un restaurant situé sur une colline face à Corte, où nous retrouvons ainsi toute la famille Orsoni. Marc, qui repart en bateau le lendemain d’Ajaccio, nous quitte pour partir dans le sud directement après le repas, tandis que les Lecoanet, qui partent le lendemain également, mais de Bastia, me déposent à Moltifao, chez les Orsoni, qui vont m’héberger jusqu’à mon départ de l’île le jeudi midi.

Le mardi, après le départ des Lecoanet, est une journée de repos, qui fait un bien fou : la semaine en thalasso à Pornic était, mine de rien, particulièrement remplie, et ne m’avait pas laissé le moindre temps libre… Nous décidons de planifier une randonnée dans la Restonica le lendemain, vers les lacs de Mello et Capitello. Las, les prévisions météorologiques, particulièrement mauvaises, nous incitent à la prudence, et le mercredi sera donc une journée farniente. Nous apprendrons ainsi à nous méfier des prévisionnistes, car la journée sera finalement une des plus belles de la semaine, mais, comme il est trop tard pour démarrer la randonnée, nous décidons plutôt d’aller nous baigner vers l’Ostriconi (c’est ma première sortie plage depuis au moins deux ans), puis terminons l’après-midi dans les rues de l’Île Rousse, entre dégustation de glaces (miamm !!!) et shopping.

Reste une difficulté : l’organisation de mon retour sur Paris. Toujours très bien organisé personnellement, j’avais complètement négligé la problématique « ralliement » de l’aéroport avant le décollage de l’avion… Le problème apparaît rapidement : un seul train circule dans le sens Ponte Leccia – Calvi, et il arrive à Calvi un petit quart d’heure avant l’heure limite d’embarquement de mon vol retour. Et, comme la gare et l’aéroport sont distants de sept bons kilomètres, la solution n’est définitivement pas jouable. Tant pis, donc, pour la découverte de ce train qu’on présente comme un des plus pittoresques de France…

Finalement, après avoir envisagé toutes les possibilités (taxi, livreur de fruits et légumes, pompier, infirmière, etc.), Fred et Sabine, qui ont vraiment été aux petits soins pour moi, proposent que Fred me dépose le jeudi matin de très bonne heure à Calvi, avant de partir faire la randonnée que nous avions envisagée pour le mercredi. Je me retrouve donc dans le hall de l’aéroport Sainte-Catherine le jeudi à 6 heures, pour une longue attente de six heures avant embarquement. C’est là aussi que je mesure les apports de la pratique de l’ultra dans la vie quotidienne. Cette attente, sans réel moyen de se distraire (sécurité oblige, je ne peux même pas abandonner mon sac un instant sous peine de risquer qu’il soit détruit préventivement…), se passera finalement bien, dans un état de « zénitude » que je n’aurais jamais envisagé il y a à peine deux ans.

Sitôt arrivé à Orly, dans une grisaille et une fraîcheur saisissantes, je me prépare à repartir immédiatement pour les Alpes, où, entre l’anniversaire de ma grand-mère et le CCC/UTMB, je vais boucler définitivement ces vacances, les plus chargées et les plus dynamiques que j’aie jamais vécues…

L'Castor Junior

2006-09-04 00:59:51 : Séjour Thalasso / Course à pied - 4ème jour - 10-08-2006 - Pornic - 0 photo - 9 réactions

Fin du stage et rencontre avec La Tortue

Dernier footing et derniers soins
Ce matin, Julien nous reprend en main, pour une séance baptisée 'trail". Hum... En fait, en guise de trail, le jeu consiste à essayer de faire un maximum de D+ dans Pornic. Deux facteurs limitants apparaissent rapidement : nous sommes à Pornic, et Michel, qui vient d'enchaîner trois jours de course à pied, commence à fatiguer. La séance sera donc encore une fois un peu décousue. Pas bien grave, dans la mesure où je ne souhaite pas arriver décalqué à la Via Romana ce dimanche...

En raison de notre départ en début d'après-midi, les soins ont été avancés au matin, ce qui nous dispense de musculation et d'aquastretching. Les soins sont très similaires à ceux du deuxième jour, hormis le massage par une kiné, qui me fait un bien fou. Il faudrait que j'essaie de temps en temps ;-)

Après ces quatre jours de footing, musculation, stretching et soins de thalasso, l'heure est venue de dresser un bilan sommaire.

D'abord, ce type de séjour coûte une petite fortune, et je doute fort que le gain éventuel soit d'un bon rapport "qualité"/prix.
Mais, passé ce détail bassement matériel (soupirs...), qu'en est-il des bienfaits pour l'organisme, en vue de la pratique de la course à pied ?
A priori, aucun des soins suivis ne devrait m'être néfaste (hormis peut-être les jets un peu violents qui m'ont pas mal "cassé").
Certains autres, comme la pressothérapie ou le massage kiné, m'ont donné l'impression d'être directement efficaces.
D'autres, tels que le Thalaxion, me sont apparus totalement vains.
En tout cas, hormis les bains quotidiens, dont les vertus relaxantes sont particulièrement appréciables, l'essentiel des soins sont tournés vers la tonicité ou la réparation active, et aucun ne semble risquer d'"endormir" l'organisme.
Reste à savoir si des bienfaits tangibles seront observables et, si oui, quand.
La Via Romana le 13 août et le CCC (Courmayeur - Champex - Chamonix) le 25 m'en diront certainement davantage...

Passage chez La Tortue
La ménagerie du Zoo compte plusieurs nantais, d'origine ou d'adoption, dont mon collègue l'Ourson (en vacances loin de la région), et la Tortue, que j'ai dû croiser sur le Raid 28 cette année, mais que je n'ai jamais identifié.
Aussi, je lui passe un coup de fil, et il nous invite à prendre le café chez lui, en insistant pour rencontrer mon père, que sa réputation semble avoir précédé...
Nous faisons donc une halte en plein coeur de Nantes (grâce à Google Maps Mobile, j'ai même réussi à ne pas me perdre, sans la moindre indication de sa part !), et faisons la connaissance de La Tortue et de l'Écrevisse, et d'une partie de leur nombreuse progéniture. Des amis à ce couple extraordinaire sont là aussi, et tous nous accueillent comme si nous faisions partie de la famille.
Cette halte me tenait à coeur, d'une part parce que la Tortue a été un des premiers zanimos à m'accueillir sur la ML du Zoo, et d'autre part parce qu'une saleté fichée dans son cerveau lui a fait effectuer un bien long et périlleux voyage cet été. J'avais vu avec émotion, avant de partir pour Pornic, qu'il avait pu reprendre un peu de force, et recommencer à marcher, un, puis deux, puis quatre kilomètres, à un rythme de vénérable tortue, certes, mais cela représentait une telle victoire que j'en avais la larme à l'oeil à distance.

Le voir heureux, aux côtés de l'Écrevisse, par cette belle journée d'été, m'a donné une pêche extraordinaire. Quelle leçon de vie ! L'émotion était telle qu'elle a failli reléguer au second plan le deuxième grand moment de cette escapade dans Nantes intra muros : la découverte de la légendaire gourdasse bleue, dont les vertus dynamisantes font la force des zanimos sur toutes les courses auxquelles ils participent (Papy Turoom, organisateur du Raid 28 et animateur fidèle des 12 heures de Bures en sait quelque chose ;-) ).
C'est tout bête, mais cette rencontre m'a fait définitivement rentrer dans l'esprit du Zoo !

Voili voilou pour ces quelques jours passés à Pornic. J'espère que ces infos sur cette cure Thalasso / CAP auront répondu aux interrogations de certain(e)s d'entre vous (n'est-ce pas Caro ;-o) ? ).
Prochain rendez-vous : la Via Romana ce dimanche 13 août. Mon vol pour Calvi part ce vendredi...

L'Castor Junior

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