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2006-09-25 00:51:35 : Via Romana - 13-08-2006 - Carpineto (Haute-Corse)

Comme toujours, le CR est disponible, avec les photos ordonnées, sur Kikouroù ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1952-via_romana_-_58_km-2006-par-l_castor_junior.html ), tout comme la séance d'entraînement avec les données GPS ( http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=36006 )

Voyage au royaume du châtaignier...

Comment se jeter dans la gueule du loup
Fin 2005, lors de la dernière assemblée générale du JDM, pendant laquelle j'avais déjà signé, sans réaliser vraiment ce que cela impliquait, pour un week-end d'initiation à la Haute Montagne ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1720-week_end_d_initiation_a_la_haute_montagne_-_ecole_de_glace-2006-par-l_castor_junior.html ), Frédéric Orsoni nous avait proposé sournoisement de participer à un trail, mi-août, dans sa Corse natale. Pour moi, la Corse, c'était un vague souvenir de vacances il y a plus de quinze ans, avec, au programme, plage, plage, plage, et un peu de lacs de (très basse) montagne. Bref, un décor de rêve pour une petite coursette sans prétention. J'avais donc, sans trop réfléchir, dit banco. Ah, fougue impétueuse de la jeunesse ;-)

Frédéric nous rappelant régulièrement, lors de nos séances de fractionnés ou de nos sorties dominicales, la nécessité de nous inscrire et de réserver le trajet, je me décidai finalement à jeter quand même un petit coup d'œil sur Internet. Le seul site trouvé sur Google était resté bloqué sur l'édition 2005, et ce n'est que courant avril, après le Marathon de Paris, que je trouvai enfin une version actualisée présentant le parcours 2006 et les modalités d'inscription. Pour le profil, gasp : 58 km et 3300m de D+. Pffiou... Ils ne rigolent pas les Corses. Il doit donc y avoir de belles et hautes collines dans cette île de beauté... Bah, ça me fera toujours un entraînement pour le CCC, auquel je me suis inscrit depuis l'automne, et qui devait être ma première course de montagne. Certes, moins de deux semaines séparent les deux épreuves, mais je ne vais pas m'arrêter à ce genre de préoccupations matérielles... Pour l'inscription, tout peut se faire par Internet. Je m'inscris donc le 31 mai, dernier jour avant l'augmentation des tarifs, scellant ainsi mon sort définitivement...

Cependant, la vie continue, à coups de trails ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1600-trail_du_pays_de_sully_-_42_km-2006-par-l_castor_junior.html ), CO et raids ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1715-le_trophee_picard_xtrem-2006-par-l_castor_junior.html ) plus ou moins vallonnés, mais toujours aucune confrontation avec la montagne. Ce n'est qu'en juillet que je vais prendre conscience de ce qu'est réellement la montagne. L'ascension du Mont Blanc avec le JDM ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1735-ascension_du_mont_blanc_-_montee_au_sommet_puis_redescente_a_tete_rousse-2006-par-l_castor_junior.html ), puis le Tour de l'Oisans avec Mathias, Serge, Nico et Michel ( http://www.kikourou.net/recits/recit-1745-tour_de_l_oisans_-_etape_1-2006-par-l_castor_junior.html ) vont me fournir deux occasions extraordinaires de faire un apprentissage accéléré de cet univers ô combien magnifique et exigeant. Accessoirement, c'est d'ailleurs depuis la chambre que je partage avec Dominique, François et Roger dans notre gîte d'Argentière début juillet que je vais, enfin, me préoccuper, à distance, de mon trajet vers la Corse. En raison du stage Thalasso / Course à pied que j'ai prévu de suivre à Pornic jusqu'au 10 août, la traversée en bateau n'est pas jouable, et je me rabats donc sur l'avion, Orly-Calvi (Fred m'a conseillé Calvi plutôt que Bastia). Il me suffira ensuite de prendre le petit train (le plus pittoresque de France paraît-il) pour gagner Ponte Leccia, directement au Nord de Moltifao, point de ralliement des JDM engagés sur la course. Encore faudra-t-il se renseigner un peu sur les horaires de train... On verra ça de retour à Paris...

Un Mont Blanc, un Tour de l'Oisans et une thalasso à Pornic plus tard, je me décide enfin à vérifier lesdits horaires, et là, c'est la douche froide : une liaison par jour dans chaque sens et, bien sûr, aucune ne me permet de rejoindre mes amis... Las, bien qu'ayant caressé un instant l'idée de m'inviter à effectuer le trajet à pied (voilà ce que c'est que de fanfaronner qu'on aime courir loin et longtemps ;-) ), mes camarades décident de prendre en charge le boulet que je suis, et c'est Marc qui se dévoue pour venir me chercher à l'aéroport. Heureusement, les choses ne se goupillent pas trop mal, puisqu'il en a profité pour ramener Marianne, que mon père, qui m'a amené à Orly, pourra donc ramener ainsi à Bures. Un chassé-croisé de haut vol ;-)

Arrivés à Moltifao, nous retrouvons Frédérique et Yves, pour un dîner "Chez César". Cette pizzeria au bord de la route est une première plongée dans la Corse profonde, avec des hommes et des femmes au caractère bien trempé, pleins de charme et très accueillants cependant. Je ne verrai pas les Fayoux, qui ont embarqué vers le continent dans l'après-midi. Apparemment, tous les JDM, présents sur place depuis une semaine, ont déjà pu goûter aux charmes de la montagne corse, notamment lors d'une belle randonnée en début de semaine dans la Restonica, empruntant des bribes du parcours de l'Interlago. Ils sont donc autrement mieux préparés au terrain que moi, qui n'ai fait que quelques footings autour de Pornic... Après cette agréable mise en bouche, nous rejoignons l'hôtel où je prends la place, dans la chambre de Marc, de Marianne. Marc, minutieux dans sa préparation, a étalé quasi religieusement le contenu de son sac sur le lit superposé que je dois occuper, et me fait donc rapidement une place afin que je puisse étaler, de façon hélas beaucoup plus anarchique, mes propres affaires.

Le lendemain, samedi, nous partons, Frédérique, Marc et moi passer prendre Frédéric pour rallier ensemble Carpineto, afin d'y retirer nos dossards. Le voyage vaut le détour : des routes de montagne qui n'ont pas à rougir de la comparaison avec les routes alpines les plus tortueuses et les plus dangereuses, agrémentées, particularisme local, d'un nombre incalculable d'animaux divagant, au premier rang desquels les vaches, dont on pourrait penser qu'elles sont, comme en Inde, des animaux sacrés. La dextérité de Marc, qui connaît bien l'île, nous permet d'arriver à bon port, mais j'avoue redouter déjà le même trajet que nous devrons accomplir le lendemain, dans la nuit, afin de gagner le départ de la course... La distribution des dossards s'effectue dans la mairie de Carpineto, où organisateurs et bénévoles sont aux petits soins pour accueillir la poignée de concurrents venus accomplir les formalités d'usage. En nous remettant dossard, gourde et TS (enfin une course où je peux obtenir une taille S : merci !), ils nous indiquent que nous serons peu nombreux à nous élancer le dimanche sur les deux circuits (le nôtre et un, plus court, de 38 km et 2400 m de D+). En particulier, un bénévole glisse à Frédérique que seules trois femmes sont inscrites, ce qui, d'après le tableau des récompenses, devrait lui permettre, si elle parvient au terme de l'épreuve, de nous offrir un bon resto ;-)

Après un essayage rapide des TS et une première acclimatation à l'ambiance très particulière du pays de la châtaigne, nous reprenons la route, sur laquelle nous trouvons une jeune fille du crû qui veut regagner Ponte Leccia en autostop. En chemin, elle nous explique l'origine du nom donné par les habitants de la région à un pont, le Pont des Trois Sœurs : trois de ses tantes auraient eu un accident de voiture à cet endroit plusieurs années auparavant. Décidément, les Corses et leur terre sont intensément liés. Nous la déposons à Ponte Leccia, puis déjeunons à l'hôtel à Moltifao. Dans l'après-midi, nous partons, Frédérique, Yves, Marc et moi sur Corte, avec sa citadelle imposante, pour une séance de shopping de dernière minute. Frédérique et Marc se laisseront tenter par le double porte bidons Salomon pour lequel j'avais déjà craqué en juillet, tandis que j'aperçois, au rayon des articles soldés, une paire d'Asics DS Racer VI vert pomme du plus bel effet : allez, ce n'était pas prévu, mais je craque tout de même pour ces chaussures avec lesquelles j'aurai intérêt, désormais, à courir un peu plus vite sur les épreuves de route ;-)))

J'envoie un SMS à Mathias, qui a dû terminer, normalement, son GR20 OFF sur cinq jours (moins de trois semaines après notre GR54 sur quatre jours et moins de trois semaines avant son UTMB... Un fou, vous dis-je...). Ce dernier me répond, assez rapidement, que tout s'est bien déroulé pour lui (chouette, encore un beau CR à lire !), et me renvoie, dans la foulée, un MMS où il a attaché une photo... du balisage de la Via Romana !!! En fait, comme il me l'avait indiqué, il séjourne dans la région, et a entrepris ce jour une randonnée au-dessus de Piedicroce, qui se situe à peu près au tiers du parcours de la Via Romana. Les fous ont ceci de particulier qu'ils aiment visiblement fréquenter les mêmes lieux et suivre des chemins similaires...

De retour, encore, à Moltifao, chacun des coureurs prépare son sac de course pour le lendemain (pour ma part, ce sera assez léger, avec ma veste légère Salomon et une couverture de survie, mon Camelbak de 2 litres rempli, mon téléphone portable ainsi que trois barres énergétiques rescapées de l'Oisans - je veux tester une course avec uniquement le ravitaillement de l'organisation - et mon appareil photo dans les poches extérieures), puis, après une petite baignade dans la rivière qui coule au pied de Popolasco, nous rejoignons les Orsoni dans leur maison de famille dans le cœur du village, pour une "pasta party" dont ils ont le secret. Frédéric insiste tout particulièrement pour que je reprenne de l'excellente mousse au chocolat préparée par Sabine. Diantre ! Ce personnage a certainement de mauvaises arrière-pensées... ;-) Heureusement, Sabine fait preuve de bien plus de générosité, et m'offre quelques tranches de Lonzu, sorte de filet de jambon fumé, que je range dans des films plastiques, afin de pouvoir pallier un éventuel manque de ravitaillement salé sur la course. Après une nuit néanmoins légère, nous nous réveillons vers 4h15 pour être fins prêts au RDV, fixé à 5h00, avec Frédéric, puis nous reprenons la route escarpée jusqu'à Carpineto, où Marc parvient, difficilement, à se garer dans une rue étroite à 500 m de distance et une trentaine de mètres de dénivelé positif du départ.

La course : de Carpineto à Piedicroce
A 6h45, après une minute de silence observée en hommage à un jeune traceur du parcours décédé quelques semaines auparavant et, surtout, après la bénédiction donnée par le curé du village (l'homme d'église, comme c'est paraît-il la coutume en Corse, nous a souhaité une bonne course, de bonnes conditions météorologiques et, cerise sur le gâteau, de n'avoir aucune crampe pendant l'épreuve !), le départ est donné, et la centaine de concurrents inscrits sur l'ensemble des deux courses s'élance, devant les caméras de Sport+, pour une première montée bien raide dans les rues du village. Ca part vite, déjà, et je préfère trottiner à mon rythme plutôt que de chercher à tout prix à suivre les cabris partis en tête.

La météo est encore agréable, et ma tenue Salomon (short, TS et saharienne) est parfaitement adaptée. Mes chaussures NB1100 ont franchi les 1000 bornes dans l'Oisans, mais j'entends les pousser encore un peu, au moins jusqu'après le CCC. Je commence enfin, grâce à mon périple dans l'Oisans, à maîtriser l'usage des bâtons, et les sors donc dès que nous quittons la route pour la montée vers le Col d'Arcarota. Mes camarades du JDM, qui m'ont mis la pression la veille pour que j'approche des premières marches du podium (les fous ! Je débute encore, moi, en montagne...), sont restés en retrait derrière, et je progresse donc dans ces forêts denses de châtaigniers au milieu de coureurs aguerris, dont j'imagine, à leur accent, que la plupart sont Corses.

La montée se poursuit, toujours très raide, jusqu'au Col d'Albi, puis c'est la première descente, assez roulante car sur de la bonne terre bien meuble et sèche, qui nous emmène vers la chapelle San Giorglio. Certains coureurs que j'avais doublés dans la montée (j'étais à 830 m/h) me repassent dans la descente, me rappelant ainsi cruellement mes piètres talents de descendeur. À Tramica, nous rencontrons le premier point de contrôle, avec des bénévoles charmants, puis la deuxième ascension débute. Après 140 m de dénivelé, nous passons dans le petit village de Parata, où est installé le premier ravitaillement. L'ambiance est fantastique : on dirait vraiment que l'ensemble des habitants de la Castagniccia ont envie de faire de cette course une grande fête : leur fête. Les mammas aux fenêtres ou devant leur porte, les enfants qui jouent dans les rues : tout le monde nous encourage avec une ferveur rare. Certes, les coureurs corses bénéficient parfois d'attentions particulières (après tout, chacun n'est-il pas, dans cette île, le cousin plus ou moins éloigné de son voisin ?), mais même le "continental" que je suis est salué et encouragé comme on l'est rarement sur une course. Le ravitaillement lui-même est très correct, avec notamment une variété de fruits et autres aliments sucrés, et de l'eau gazeuse en plus de la sempiternelle eau plate. Je décide de me ravitailler en solide à chaque ravitaillement, et prends donc une demi banane et quelques abricots secs, ce qui constituera mon régime alimentaire sucré pendant toute la course.

Le chemin continue à travers les châtaigniers, en forte côte, jusqu'à la chapelle San Bartolomeo, d'où la vue sur les environs est saisissante. Un petit mot gentil aux bénévoles présents au point de contrôle, puis il est temps d'entamer la descente sur Piazzole, où se trouve un nouveau ravitaillement, puis Chiarasgiu. La descente se passe toujours relativement bien pour moi, même si je me fais doubler par quelques concurrents, notamment lorsque, arrivé à une barrière fermée (alors que le positionnement du balisage laissait penser qu'elle aurait dû être ouverte), j'hésite bien longtemps avant de l'enjamber. Je passe un autre passage difficile un peu plus bas, lorsque, suivant deux autres coureurs, je néglige de suivre le balisage et me retrouve, derrière eux, dans un enchevêtrement de ronces plus hautes que moi, dont ils s'extraient bien plus facilement que moi. Entre les griffures aux jambes et aux bras et une belle descente sur les fesses, je me laisse dépasser par trois nouveaux concurrents, qui, ça me rassure tout de même un peu, sont inscrits sur le "petit" circuit de 38 km. Ce système de départ commun aux deux courses, ajouté au démarrage rapide des premiers dans Carpineto, rend d'ailleurs difficile l'estimation de son positionnement dans la course. Je m'imagine alors, à tort, être dans les dix ou quinze premiers, et me prends à rêver d'une place honorable sur cette course qui, pour l'heure, m'apparaît largement en adéquation avec mon niveau actuel.

Nous remontons ensuite vers les fameuses sources minérales d'Orezza, où un ravitaillement est installé dans l'enceinte même de l'établissement, à deux pas de la fontaine d'où coule, en permanence, cette eau ferrugineuse dont la réputation s'étend bien au-delà des frontières insulaires. C'est là que je rencontre Eric, coureur "continental" comme moi, engagé lui sur le 38 km, avec qui j'entreprends de discuter un peu. Nous discutons d'abord de nos origines et de nos terrains d'entraînement, et c'est lorsque je lui parle du Tour de l'Oisans OFF avec Mathias, Serge, Nico et Michel qu'il me dit qu'il connaît bien Mathias, pour l'avoir croisé sur différentes Saintélyon ainsi qu'en tant que membre du bureau de Courir Le Monde. Eric est également un kikoureur, sous le pseudo de Gamajade, qui a d'ailleurs rédigé un compte-rendu passionnant de sa Via Romana 2004. Drôle d'endroit pour une rencontre, mais j'ai pris l'habitude, sur les différents ultras que j'ai pu courir, de rencontrer presque systématiquement soit des gens connus car déjà rencontrés sur d'autres courses, soit de nouer des liens avec des inconnus qui partagent cette même passion d'aller au bout d'eux mêmes, sur des terrains on ne peut plus variés, toujours avec un esprit de générosité rarement rencontré par ailleurs. Je le laisse partir devant, car je souhaite profiter, gourmand que je suis, des délices du ravitaillement. En plus de ma classique demi banane et de ma poignée d'abricots secs, je me laisse tenter, ici, par un verre d'eau d'Orezza qu'une charmante bénévole m'amène après l'avoir rempli directement à la source. A ma grande surprise, cette eau n'est pas gazeuse à l'origine, et son goût extrêmement marqué est difficilement supportable. Tant pis pour les vertus ferrugineuses, je resterai à l'eau plate !

Je quitte ensuite les sources d'Orezza pour reprendre un chemin forestier qui monte, toujours aussi raide, vers l'ancien couvent d'Orezza, d'où le clergé corse déclencha, au 18ème siècle, la guerre de libération contre la domination génoise de l'Île. Les chemins sont toujours aussi agréables, et la forêt, dense, nous protège des rayons du soleil qui se font de plus en plus perçants. Je prends quelques photos des ruines du couvent, puis poursuis la montée vers Pastoreccia, où se situe un nouveau ravitaillement. Je rattrape en chemin Gamajade, qui m'avait avoué être moins bon grimpeur que moi (ah, s'il m'avait connu avant mon dépucelage de la montagne entre Mont Blanc et Oisans cet été...), puis nous descendons ensemble sur Piedicroce, où l'accueil par les habitants est, une fois de plus, mémorable.

De Piedicroce à Caldane
C'est dans la montée vers Pied'Orezza que j'abandonne mon compagnon, avant de parvenir au petit village de Campodonico où un ravitaillement nous est offert, servi au milieu d'une foule enthousiaste mais rendue quelque peu inquiète par l'amoncellement de nuages noirs au-dessus de nos têtes. Heureusement, ils se dissiperont finalement rapidement, et nous pourrons continuer la course sous un soleil à peine voilé, parfois, de quelques nuages d'altitude.

La portion qui s'annonce est, à mes yeux, la meilleure occasion de regagner un peu du temps perdu dans les descentes précédentes. En effet, on nous a annoncé une montée raide, et d'une traite, jusqu'à Bocca Favalta, soit 840 m de D+ que je parcourrai en 1h25', sans avoir croisé quiconque hormis un Corse, visiblement un Vétéran 3, que j'ai aidé à se relever d'une chute heureusement sans gravité, et un organisateur, qui me prévient de bien suivre le balisage car un concurrent devant moi s'est totalement fourvoyé. Je ferai donc attention !

Je me retourne, durant la montée, tant pour m'imprégner de la vue à couper le souffle que pour scruter, en bas, la présence d'éventuels poursuivants, en vain. C'est probablement aussi cela qui fait le charme d'une telle course : une toute petite centaine de concurrents lâchés sur un circuit de 58 km ont peu de risque de se sentir, à un moment ou à un autre, pris dans des embouteillages comme cela peut arriver sur des courses plus fréquentées. Je profite de ce calme relatif pour, lorsque sonnent les 4h30’ de course (soit la moitié de mon « objectif » inavoué de terminer en 9h00’), engloutir une des trois tranches de lonzu que j’ai prises avec moi, seule entorse à ma volonté d’utiliser uniquement les ravitaillements de l’organisation.

A mon arrivée au ravitaillement de Bocca Favalta, je suis accueilli tout de go par une dame qui me crie : "Allez Cédric !!!". Je ne la connais pourtant pas, et nos nom et prénom ne figurent pas sur nos dossards. Je sais que ma notoriété prend une ampleur considérable (hum...), mais je suis tout de même très surpris qu'elle ait atteint, surtout sous ma véritable identité, des endroits si reculés. Un bref échange avec cette charmante dame permet d'élucider rapidement ce mystère : je ressemblerais beaucoup, d'après elle, à son fils Cédric, engagé lui aussi sur la course, qui, d'après les résultats publiés après course, aura été contraint à l'abandon. Qu'à cela ne tienne, ces encouragements totalement inattendus, ajoutés à l'accueil chaleureux des trois jeunes qui tiennent le ravitaillement, me font un bien fou et me permettent de repartir le cœur léger vers la Bocca Calerrucio.

Un détail me surprend toutefois : alors que j'ai réalisé la dernière ascension sur un rythme très correct, et qu'il me semblait avoir distancé largement les coureurs qui me suivaient, j'aperçois, dès mon départ du stand, une fusée revenir vers moi. J'interpelle gentiment ce coureur qui avance d'un pas qui m'apparaît extrêmement rapide, et fais ainsi connaissance avec Jean-Paul, abonné à Ultrafondus Magazine mais qui n'est pas membre du forum UFO. Personne n'est parfait... ;-) Il m'explique rapidement les raisons de sa remontée fulgurante. Plutôt mal en point au départ, et à peine remis d'une blessure, il a préféré partir très tranquillement, puis a pu, au fur et à mesure que revenaient l'énergie et l'envie d'en découdre, rattraper puis déposer les coureurs partis devant lui. Jean-Paul est un sacré coureur : finisher de l'UTMB en 2005, dans des temps comparables à ceux de mon père, il est sans cesse à la recherche d'expériences nouvelles, avec, je le comprends, une nette préférence pour le trail, en particulier en montagne.

Je me présente à mon tour, et lui décris, en quelques lignes, ma transformation de sédentaire allergique au sport pendant 28 ans en coureur régulier, fan comme lui de courses nature au long cours. Comme souvent lorsque j'étale ainsi ma petite histoire, Jean-Paul est d’abord surpris, avant de reconnaître, en mordu qu’il est, que l’envie de courir peut faire des miracles… Nous parcourons quelques centaines de mètres ensemble, mais je sens qu’il est plus « frais » que moi, et que je ne pourrai tenir bien longtemps à son rythme. Aussi, malgré ses encouragements à le suivre, je le laisse filer dans une montée vers une hêtraie, et ne le reverrai plus avant l’arrivée.

Je passe à Orticaggio, point où le 38 et le 58 km se séparent, vers 12h30, soit près de 5h45’ après le départ de Carpineto. Les organisateurs ont annoncé qu’ils imposeraient à tous les coureurs qui passeraient après 6h00’ de course de se rabattre sur le 38 km. Tiens, moi qui croyais être plutôt large avec cette barrière, je ne suis pas passé très loin… Comment donc vont faire mes petits camarades buressois, a priori un peu moins à l’aise en montée ??? J’ai à peine le temps de penser à eux : une bénévole présente à ce point stratégique s’inquiète de ma pâleur extrême, et me suggère d’abandonner… Il me faut donc lui expliquer, pour la rassurer, que ce sont bien les litres de crème solaire que j’ai grossièrement étalés sur mon visage qui me donnent cette allure cadavérique. Ouf : je pourrai donc continuer mon périple !

Le trajet se poursuit par une montée assez raide sous une hêtraie, d’abord jusqu’à la Muffraja, à 1600 m, puis vers Punta Caldane, le point culminant de la course, à 1724 m. Toujours aidé de mes bâtons, et assez désagréablement surpris par le peu de marge dont je dispose par rapport à la barrière horaire, je m’efforce de relancer la machine, et boucle cette ascension à près de 800 m/h. La vue, depuis cette crête, est magnifique, et contribue elle aussi à me redonner du baume au cœur.

De Caldane à Carpineto
Hélas, qui dit point culminant de la course, dit aussi fin (au moins provisoire) de la montée, et début de la descente. Et, en la matière, je suis servi… Plus de 800 m de descente ininterrompue, d’abord à travers des prés encombrés de cailloux, dans lesquels je manque de perdre le balisage de vue, puis sur des chemins secs remplis eux aussi de caillasse, où mes piètres talents de descendeur trouvent de multiples occasions de se rappeler à mon bon souvenir. Je peine tellement dans cet exercice que je suis contraint, rapidement, de marcher, complètement tétanisé par la peur de chuter.

Celle qui terminera deuxième féminine de l’épreuve me double assez rapidement, bientôt suivie par deux vétérans, que je suis contraint de laisser filer impuissant. J’essaie bien de relancer un peu la machine, repensant aux conseils de mes camarades lors du Tour de l’Oisans : toujours trottiner, même lentement, plutôt que marcher, mais rien n’y fait, et je m’imagine déjà passer de longues heures dans ces terrains hostiles qui semblent ne jamais finir.

Je parviens à reprendre un peu de poil de la bête à l’arrivée au bas de la descente, où, après une vision agréable de la chapelle Saint Vincent vers laquelle nous repasserons quatre kilomètres plus tard, nous prenons une piste, assez large, sur quelques kilomètres. Le décor est moins agréable que dans les montagnes, mais le fait de pouvoir courir à nouveau est un carburant extraordinaire pour relancer une machine bien rouillée et un moral en berne. Je parviens ainsi à rattraper les deux vétérans qui m’ont doublé dans la descente, et passe les montagnes russes qui suivent sans trop de difficulté. Seule une colonie allemande (une secte ?) en bord du chemin nous distrait un peu.

Arrivé au ravitaillement de Pianellu, je suis rejoint par un Fred Orsoni, visiblement en pleine forme, qui, visiblement heureux de m’avoir rattrapé, me dépasse comme un boulet de canon, et s’envole dans le balcon qui nous ramène à la chapelle Saint Vincent. Diantre, je dois vraiment être à la ramasse pour qu’un p’tit jeune (certes de dix ans mon aîné ;-)) ) parvienne à me mettre une telle raclée. Mais, après tout, seul Corse du JDM, il connaît certainement le terrain comme sa poche, et est probablement bien plus à l’aise que moi sur les sentiers faits de caillasse dans lesquels la course évolue depuis une dizaine de kilomètres… En tout cas, je commence à mieux comprendre ce qu’il avait dans la tête lorsqu’il nous a proposé cette « coursette » à l’automne dernier…

La dernière grosse montée (enfin, à peine 260 m…) nous emmène au Col de Muteri, et j’espère bien en profiter pour revenir sur les pas du ci-devant Orsoni, à qui j’entends bien faire payer son machiavélisme et sa fourberie : après tout, c’est à cause de lui que je galère, dans un environnement magnifique, certes, mais tout de même !, depuis près de 9h maintenant. D’ailleurs, l’approche des 9h de course, en plus de faire sombrer définitivement mes espoirs de boucler l’épreuve dans ce chrono, m’incite à prendre une nouvelle tranche de lonzu, qui me redonne (un peu) de pêche. Ironie du sort, c’est la charmante épouse du Corse fourbe qui me l’a préparée, et c’est en partie grâce à elle que je vais pouvoir, à défaut de le rattraper, le garder en ligne de mire.

La descente sur Perelli se passe un peu mieux que les précédentes, même si je me refais doubler par les deux vétérans, dont François Adobati, V3 « phénomène » de l’épreuve, qui me conseille, au passage d’admirer, avant l’arrivée au village, un abreuvoir à cochons parmi les plus imposants de l’île, installé à l’ombre d’un châtaignier majestueux. Merci l’ami pour cette recommandation à visée culturelle et touristique, que je suivrai quasi-religieusement (après tout, je ne suis plus à une pause photo près ;-)) ).

L’arrivée à ce village, dernier point de ravitaillement avant l’arrivée, me redonne un bon coup de fouet, d’autant plus que la montée vers la Chapelle Sant’Alibertu, est plutôt agréable, toujours sous les arbres, et me permet de revenir pas à pas sur Frédéric, qui fait la course avec un vétéran apparemment en pleine forme. Les deux compères se motivent mutuellement, mais grâce à un soudain regain d’énergie et de motivation, je parviens à les avoir en ligne de mire, quelques dizaines de mètres devant moi, à l’arrivée à la chapelle.

Malheureusement, je sais qu’il faut encore descendre pour regagner Carpineto, et je redoute de me faire lâcher à nouveau. C’est là qu’intervient un de ces retournements de situation si fréquents dans les épreuves d’ultra, où trop de paramètres entrent en jeu pour assurer à n’importe quel coureur, y compris en tête du peloton, une course sans embûche. La fatigue, le coup de fringale ou de moins bien, les crampes, tous ces éléments que l’on ne peut totalement prévenir peuvent faire basculer brutalement une course du paradis à l’enfer et, heureusement, de l’enfer au paradis.

Dans le cas présent, c’est Fred qui voit sa course basculer… du mauvais côté de cette ligne invisible et ténue. Probablement puni par là où son pêché d’orgueil s’est réalisé, il est victime de crampes terribles dans la descente finale vers Carpineto, peu de temps après m’avoir averti qu’il supporterait difficilement que je le double dans une arrivée au sprint dans le village. Alors même que je descends, comme à ma détestable habitude, à un rythme horriblement lent, je parviens ainsi à le déposer sur place, avant même de mettre les pieds sur le bitume. Ouf ! Je l’aurai ainsi vaincu à la loyale bien sûr, mais aussi en respectant les règles du jeu qu’il avait fixées in extremis. Bien fait pour lui ;-)))

Je passe ainsi sous l’arche d’arrivée 10h39’08", 58 km et 3450 m de D+ après le départ de Carpineto, trente secondes derrière le compagnon de route de Frédéric, et six minutes avant ce dernier. Ouf, l’honneur est sauf : j’ai gardé une (courte) avance sur mes camarades JDM.

L’après course
Je suis à peine surpris de trouver Frédérique sur les marches de l’église, car je sais que la barrière horaire à mi parcours a dû être un obstacle sérieux pour elle. Las, elle m’explique que ce n’est même pas là la cause de son abandon. En fait, elle s’est perdue complètement (probablement là où un organisateur est venu m’alerter sur la nécessité de suivre scrupuleusement le balisage. Résultat : arrivée dans un village où les habitants semblaient à peine informés de l’existence de la course, elle a réussi à se faire rapatrier au départ. Dommage, notamment au vu de l’importance des récompenses offertes.

En effet, arriver classée quatrième lui aurait valu, comme à Marc, qui, dernier de la course en 11h25’, finira tout de même cinquième V2, une paire de chaussures de trail Montrail, offerte par Christophe Vatinel, responsable de la marque en France, rédacteur en chef de Trail Attitude (dont il nous a remis un exemplaire consacré à la Via Romana et à l’UTMB 2005), habitant de Boutigny sur Essonne et donc habitué des courses vertes et trails d’IDF et, accessoirement, troisième au scratch et deuxième V1 à Carpineto ce jour là.

A l’arrivée de Fred Orsoni, nous allons profiter des douches de campagne offertes par l’organisation en bordure d’un champ. Marrant ce système de douche branchée directement sur tuyau d’arrosage : l’eau est fraîche, mais le soleil permet de la chauffer à quelques quinze ou vingt degrés. Pas de quoi pavoiser, mais l’occasion, au moins, de se rendre un peu plus présentables (dans mon cas, la crème solaire a, comme à l’habitude, permis à la poussière de se fixer partout…), tout en faisant profiter les villages perchés dans les montagnes environnantes d’un beau point de vue sur nos corps d’athlètes quelques peu courbaturés…

Après la douche, n’ayant pas pris le temps de m’étirer sérieusement après l’arrivée, je décide de me faire masser. Surprise : c’est l’église qui a été réquisitionnée pour abriter le staff médical et les kinés. Pour moi qui fréquente rarement ces lieux saints, j’avoue que la situation est cocasse : un masseur s’occupe avec minutie de mes cuisses et mollets, tandis que je contemple les chefs d’œuvre d’art baroque qui s’étalent sous mes yeux dans la nef de l’église de Carpineto. Tiens, la prochaine fois, je prendrai carrément des photos de la scène…

Après cet intermède agréable, nous assistons, avec Yves qui nous a rejoints à l’improviste, à la remise des prix, où, finalement, seul Marc sera honoré (Fred et moi sommes un poil trop loin dans le classement Senior, et l’erreur de Frédérique l’a écartée définitivement du podium féminin). Le speaker, qui interroge notre V2 préféré, semble surpris que des « parisiens » puissent venir se perdre en Castagniccia. Eh quoi, il ne connaît pas les Orsoni le monsieur ??? ;-)) (visiblement, pas totalement, car même ici Fred voit son deuxième O se muer inlassablement en I. Dur…)

En tout cas, la course est extrêmement bien dotée en terme de récompenses : plus de dix mille euros de primes, plus un grand nombre de lots de valeur, pour une petite centaine de coureurs inscrits, soit au maximum six mille euros d’inscriptions… Ca laisse rêveur !

Dans un autre registre, Pierre Santucci, détenteur du record de la traversée du GR20 en 36h53’04", prévient discrètement une partie de l’assistance : inscrit cette année, pour la première fois, à l’UTMB, il entend bien y réaliser un exploit supplémentaire, et, pour ce, finir dans les dix premiers de l’épreuve. Nul doute que ce montagnard aguerri a largement la caisse pour venir à bout d’une telle épreuve dans un temps canon. Reste néanmoins à voir comment il pourra réagir sur un terrain a priori plus roulant que le GR20… Réponse dans deux semaines…

Après la remise des prix, nous nous attardons dans le village pour profiter du buffet, particulièrement copieux, offert par l’organisation aux coureurs, bénévoles et habitants, pour clore en beauté et dans la convivialité cette belle journée de fête. Les quiches, pissaladières et pizzas sont un régal, surtout pour moi qui ai complètement zappé le mini plateau repas offert aux coureurs après l’arrivée… Je retrouve alors Jean-Paul, fringant, avec sa petite famille : il a fait une très belle course, et me félicite pour mon temps, dont je ne suis pourtant pas particulièrement fier. Je ne m’étais en fait jamais retrouvé dans la seconde moitié du classement sur un trail. Il faut un début à tout, mais j’avoue que cette 28ème place (sur 54 concurrents au départ et 34 à l’arrivée), pas très éloignée de la barrière horaire, m’inquiète un peu, à deux semaines du CCC. Si j’évolue autour du Mont Blanc à ce rythme, il me faudra, là-bas aussi, composer avec ces barrières stressantes…

Heureusement, Marc, qui a terminé l’UTMB l’an dernier, me rassure en soulignant que les chemins empruntés par l’UTMB sont autrement moins techniques que ceux de la Via Romana, et que mon « véritable » niveau se situe bien au-dessus de ce que j’ai réalisé aujourd’hui. J’aimerais le croire, mais sens le doute s’immiscer en moi : suis-je réellement prêt ? Et cette compétition, difficile et éreintante, si près de l’objectif essentiel de ma saison, n’était-elle pas, comme m’en avait averti Atomic JF, une véritable folie ? Pour moi aussi, la fin du mois d’août apportera beaucoup de réponses à ces interrogations quelque peu inquiétantes…

Nous nous éclipsons à la nuit tombée, Yves conduisant les deux Fred et Marc me ramenant. La remontée vers l’endroit où nous avions garé la voiture le matin n’est pas vraiment une sinécure, mais elle se passe mieux que j’aurais pu le craindre. Sur le chemin du retour, nous avons une pensée, en passant à Morosaglia, pour Pasquale Paoli, le fondateur de la première république jamais mise en place sur un territoire appartenant aujourd’hui au territoire national.

Après une nuit de repos bien méritée, nous décidons, le lundi, d’aller fêter nos exploits respectifs dans l’Oliveraie, un restaurant situé sur une colline face à Corte, où nous retrouvons ainsi toute la famille Orsoni. Marc, qui repart en bateau le lendemain d’Ajaccio, nous quitte pour partir dans le sud directement après le repas, tandis que les Lecoanet, qui partent le lendemain également, mais de Bastia, me déposent à Moltifao, chez les Orsoni, qui vont m’héberger jusqu’à mon départ de l’île le jeudi midi.

Le mardi, après le départ des Lecoanet, est une journée de repos, qui fait un bien fou : la semaine en thalasso à Pornic était, mine de rien, particulièrement remplie, et ne m’avait pas laissé le moindre temps libre… Nous décidons de planifier une randonnée dans la Restonica le lendemain, vers les lacs de Mello et Capitello. Las, les prévisions météorologiques, particulièrement mauvaises, nous incitent à la prudence, et le mercredi sera donc une journée farniente. Nous apprendrons ainsi à nous méfier des prévisionnistes, car la journée sera finalement une des plus belles de la semaine, mais, comme il est trop tard pour démarrer la randonnée, nous décidons plutôt d’aller nous baigner vers l’Ostriconi (c’est ma première sortie plage depuis au moins deux ans), puis terminons l’après-midi dans les rues de l’Île Rousse, entre dégustation de glaces (miamm !!!) et shopping.

Reste une difficulté : l’organisation de mon retour sur Paris. Toujours très bien organisé personnellement, j’avais complètement négligé la problématique « ralliement » de l’aéroport avant le décollage de l’avion… Le problème apparaît rapidement : un seul train circule dans le sens Ponte Leccia – Calvi, et il arrive à Calvi un petit quart d’heure avant l’heure limite d’embarquement de mon vol retour. Et, comme la gare et l’aéroport sont distants de sept bons kilomètres, la solution n’est définitivement pas jouable. Tant pis, donc, pour la découverte de ce train qu’on présente comme un des plus pittoresques de France…

Finalement, après avoir envisagé toutes les possibilités (taxi, livreur de fruits et légumes, pompier, infirmière, etc.), Fred et Sabine, qui ont vraiment été aux petits soins pour moi, proposent que Fred me dépose le jeudi matin de très bonne heure à Calvi, avant de partir faire la randonnée que nous avions envisagée pour le mercredi. Je me retrouve donc dans le hall de l’aéroport Sainte-Catherine le jeudi à 6 heures, pour une longue attente de six heures avant embarquement. C’est là aussi que je mesure les apports de la pratique de l’ultra dans la vie quotidienne. Cette attente, sans réel moyen de se distraire (sécurité oblige, je ne peux même pas abandonner mon sac un instant sous peine de risquer qu’il soit détruit préventivement…), se passera finalement bien, dans un état de « zénitude » que je n’aurais jamais envisagé il y a à peine deux ans.

Sitôt arrivé à Orly, dans une grisaille et une fraîcheur saisissantes, je me prépare à repartir immédiatement pour les Alpes, où, entre l’anniversaire de ma grand-mère et le CCC/UTMB, je vais boucler définitivement ces vacances, les plus chargées et les plus dynamiques que j’aie jamais vécues…

L'Castor Junior

Les réactions

Par riri, le 2006-09-25 07:54:20
ouhhh lalalala cédric je vais prendre un petit moment aujourd'hui pour lire et admirer ces photos ..
MAGNIFIQUE
MErci à toi cédric

Par Colimaçon, le 2006-09-25 10:28:37
Bravo Cédric. En plus tu finis bien classé. C'est vrai qu'il faut du temps pour lire tes CR, mais ils sont très complets. Du coup, je comprends mieux pourquoi tu prends autant de temps pour les écrire.

Par L'Castor Junior, le 2006-09-25 10:40:40
riri : merci à toi de me lire ! Surtout que là, je me suis un peu lâché... Mais j'avais tellement de souvenirs dans ma petite tête que je voulais les figer avant qu'ils ne disparaissent à jamais...

Coli : bien classé, bien classé, il faut le dire vite... Remarque, si tu enlèves les insulaires, je remonte sacrément ;-))
Pour le temps mis à faire les CRs, j'avoue que ça m'éffraie un peu (environ trois à quatre fois la durée de la course : une vraie tortue ;-)) ).
En tout cas, j'espère pouvoir combler mon retard d'ici quelques jours/semaines...

L'Castor Junior_merci_les_gars...

Par Delphine, le 2006-09-25 12:16:51
Castor, là je ne peux pas tout lire mais je vais surement imprimer pour me plonger dedans.
Bises

Par Wallaby, le 2006-09-25 12:36:56
Tout lire à l'écran pas térible. Je vais faire comme Delphine, me l'imprimer.
@+

Par L'Castor Junior, le 2006-09-25 13:52:51
Delphine et Wallaby : je vous accorde que c'est un peu indigeste comme ça... :-((
La lecture sur Kikouroù est peut-être plus agréable, avec les photos insérées directement dans le texte.
Désolé en tout cas de faire si long, et merci d'avoir le courage de lire malgré tout ;-)

Par kenlag, le 2006-09-25 17:11:30
Tu prépares déjà ta bio Cedric, tu cherches un éditeur , allez avoues tout :)
Moi j'ai commencé par lire les photos ...

Par Calou, le 2006-09-25 20:12:29
Même si ça prend pas mal de temps, c'est toujours un plaisir de te lire ;o)
Chacune de tes aventures me fait envie, tu crois que c'est grave ????
J'adore l'état d'esprit avec lequel tu abordes ce sport et pour ça, MERCI !!!
Merci également pour ces superbes photos qui font rêver...
Un petit regret tout de même, si je peux me permettre : C'est vrai qu'on aurait bien aimé des photos de la séance de massage dans l'église ;o)) (pas commun tout de même !)
Calou

Par L'Castor Junior, le 2006-09-26 00:31:39
kenlag : la bio ? J'ai arrêté au bac ;-)) En tout cas, tu as raison, les photos résument déjà pas mal. Essaie sinon sur Kikouroù (cf. supra).
A bientôt de toute façon !

Calou : pour l'envie à la lecture de mes récits, je ne suis pas médecin, mais je pense que me meilleur remède est de se jeter à l'eau... pas forcément bénite ;-))
Quant au massage dans l'église à coup d'eau bénite, je pense que seule sa sainteté JP II, de retour parmi nous, pourrait, par une bulle, autoriser la publication des photos ;-))
Merci en tout cas de me lire : j'espère qu'on pourra quand même se croiser un jour !!!

Par mielou, le 2006-09-26 12:39:15
encore un CR aussi long que ton périple
et dans le top 30 en plus
la via romana est un trail vraiment exceptionnel par la beauté et la rusticité de son cadre
merci pour le récit
remarquable

Par L'Castor Junior, le 2006-09-26 15:13:00
mielou : dans le top 30, certes, mais aussi dans le "down 15"... Bah, d'autres lendemains chanteront davantage...
En tout cas, je confirme pour l'intérêt de ce trail, technique mais abordable, au moins dans sa version courte, que je ferai peut-être l'été prochain. Des amateurs ?

Par mielou, le 2006-09-26 16:39:46
la version courte me tente
mais pas l'année prochaine
je vais préparer les gendarmes et les voleurs...
pour voir ou j'en suis en moyenne nature !

Par AlainC, le 2006-09-26 17:03:18
Comme amateur y aura moi, Cédric, mais j'habite pas trés loin de ton ami Frédéric OrsOni, ça aide. Bravo pour ton CR on a l'impression d'être dans la course.

Par L'Castor Junior, le 2006-09-26 17:17:04
mielou : les gendarmes et les voleurs de temps sont effectivement plus abordables, géographiquement et techniquement parlant. En 2008 dans ce cas...

AlainC : heureux de te trouver ici ;-) J'avoue que tes sorties m'impressionnent : tu es le plus gros bouffeur de D+ que je connaisse, après Serge (ou avant ? la concurrence est rude ;-))
Il faudra qu'on essaie de se voir un de ces quatre... D'ailleurs, j'ai vu que tu projetais une course dans le désert : pourquoi pas la Mauritanienne Race 200 (mars 2007) ??

Par AlainC, le 2006-09-26 23:41:51
J'aime la montagne et pour le dénivelé autour de chez moi je suis verni. Mais je suis loin derrière Serge pour le dénivelé (en plus à des allures bien plus modestes).
Pour le désert on avait trouvé un sponsor pour faire le marathon des sables 2007 avec quelques amis, mais celui ci c'est désisté. Hélas je n'ai pas les moyens de me payer ce genre de course en ce moment.

Par L'Castor Junior, le 2006-09-27 09:34:17
AlainC : Certes, tes allures sont plus modestes que celles de Serge, mais tu es toi-même très modeste (les multiples randonnées que tu alignes presque au quotidien font de toi un vrai maître du dénivelé - il est certain que, dans de tels décors, on ne peut qu'être tenté de le devenir ;-)) ).
Pour me MDS comme pour la Mauritanienne, je reconnais que l'investissement financier est élevé. Je vais, pour ma part, chercher un sponsor qui puisse prendre en charge une partie de l'inscription, mais j'ai planifié la Mauritanienne comme mes seules vacances exotiques de 2007 (et puis, on n'a pas tous les jours trente ans ;-)) ).
A bientôt.

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2006-09-04 00:59:51 : Séjour Thalasso / Course à pied - 4ème jour - 10-08-2006 - Pornic - 0 photo - 9 réactions

Fin du stage et rencontre avec La Tortue

Dernier footing et derniers soins
Ce matin, Julien nous reprend en main, pour une séance baptisée 'trail". Hum... En fait, en guise de trail, le jeu consiste à essayer de faire un maximum de D+ dans Pornic. Deux facteurs limitants apparaissent rapidement : nous sommes à Pornic, et Michel, qui vient d'enchaîner trois jours de course à pied, commence à fatiguer. La séance sera donc encore une fois un peu décousue. Pas bien grave, dans la mesure où je ne souhaite pas arriver décalqué à la Via Romana ce dimanche...

En raison de notre départ en début d'après-midi, les soins ont été avancés au matin, ce qui nous dispense de musculation et d'aquastretching. Les soins sont très similaires à ceux du deuxième jour, hormis le massage par une kiné, qui me fait un bien fou. Il faudrait que j'essaie de temps en temps ;-)

Après ces quatre jours de footing, musculation, stretching et soins de thalasso, l'heure est venue de dresser un bilan sommaire.

D'abord, ce type de séjour coûte une petite fortune, et je doute fort que le gain éventuel soit d'un bon rapport "qualité"/prix.
Mais, passé ce détail bassement matériel (soupirs...), qu'en est-il des bienfaits pour l'organisme, en vue de la pratique de la course à pied ?
A priori, aucun des soins suivis ne devrait m'être néfaste (hormis peut-être les jets un peu violents qui m'ont pas mal "cassé").
Certains autres, comme la pressothérapie ou le massage kiné, m'ont donné l'impression d'être directement efficaces.
D'autres, tels que le Thalaxion, me sont apparus totalement vains.
En tout cas, hormis les bains quotidiens, dont les vertus relaxantes sont particulièrement appréciables, l'essentiel des soins sont tournés vers la tonicité ou la réparation active, et aucun ne semble risquer d'"endormir" l'organisme.
Reste à savoir si des bienfaits tangibles seront observables et, si oui, quand.
La Via Romana le 13 août et le CCC (Courmayeur - Champex - Chamonix) le 25 m'en diront certainement davantage...

Passage chez La Tortue
La ménagerie du Zoo compte plusieurs nantais, d'origine ou d'adoption, dont mon collègue l'Ourson (en vacances loin de la région), et la Tortue, que j'ai dû croiser sur le Raid 28 cette année, mais que je n'ai jamais identifié.
Aussi, je lui passe un coup de fil, et il nous invite à prendre le café chez lui, en insistant pour rencontrer mon père, que sa réputation semble avoir précédé...
Nous faisons donc une halte en plein coeur de Nantes (grâce à Google Maps Mobile, j'ai même réussi à ne pas me perdre, sans la moindre indication de sa part !), et faisons la connaissance de La Tortue et de l'Écrevisse, et d'une partie de leur nombreuse progéniture. Des amis à ce couple extraordinaire sont là aussi, et tous nous accueillent comme si nous faisions partie de la famille.
Cette halte me tenait à coeur, d'une part parce que la Tortue a été un des premiers zanimos à m'accueillir sur la ML du Zoo, et d'autre part parce qu'une saleté fichée dans son cerveau lui a fait effectuer un bien long et périlleux voyage cet été. J'avais vu avec émotion, avant de partir pour Pornic, qu'il avait pu reprendre un peu de force, et recommencer à marcher, un, puis deux, puis quatre kilomètres, à un rythme de vénérable tortue, certes, mais cela représentait une telle victoire que j'en avais la larme à l'oeil à distance.

Le voir heureux, aux côtés de l'Écrevisse, par cette belle journée d'été, m'a donné une pêche extraordinaire. Quelle leçon de vie ! L'émotion était telle qu'elle a failli reléguer au second plan le deuxième grand moment de cette escapade dans Nantes intra muros : la découverte de la légendaire gourdasse bleue, dont les vertus dynamisantes font la force des zanimos sur toutes les courses auxquelles ils participent (Papy Turoom, organisateur du Raid 28 et animateur fidèle des 12 heures de Bures en sait quelque chose ;-) ).
C'est tout bête, mais cette rencontre m'a fait définitivement rentrer dans l'esprit du Zoo !

Voili voilou pour ces quelques jours passés à Pornic. J'espère que ces infos sur cette cure Thalasso / CAP auront répondu aux interrogations de certain(e)s d'entre vous (n'est-ce pas Caro ;-o) ? ).
Prochain rendez-vous : la Via Romana ce dimanche 13 août. Mon vol pour Calvi part ce vendredi...

L'Castor Junior

2006-09-04 00:56:55 : Séjour Thalasso / Course à pied - 3ème jour - 09-08-2006 - Pornic - 0 photo - 0 réaction

Les fractionnés les plus cool de ma courte vie de coureur...

La matinée sportive
Ce matin, c'est Sébastien qui prend le relais de Julien. Objectif annoncé : faire une séance de fractionnés.
Nous prenons donc la direction du stade de Pornic situé à proximité immédiate de l'étang autour duquel nous avons fait notre séance CAP de la veille. En chemin, Sébastien nous explique un peu sa situation actuelle : ayant rencontré son amie parmi les curistes qu'il "coachait", il s'est mis à la course à pied pour l'accompagner, et vient de donner sa démission pour la rejoindre an région parisienne. Un vrai Club Med' ce centre de thalasso !

Sur le chemin, nous apercevons, comme la veille, une fusée tout de jaune vêtue, avec une belle foulée ample et aérienne. Bingo ! Papa et moi reconnaissons Thierry Foulhoux, vainqueur multirécidiviste du Challenge vert de l'Essonne et excellent coureur (marathon en moins de 2h30'). Je me lance, littéralement, à sa poursuite (petit "pic" de FC vers la douzième minute), et me présente rapidement. Comme beaucoup de coureurs de trails, il est très abordable, mais je préfère le laisser lorsqu'il m'explique qu'il fait là des séances de 3000 m. Bigre ! A cette allure, je ne suis pas sûr de tenir 1000 m...
En tout cas, une fois de plus, je constate que le monde de la course à pied est vraiment très petit, ou plutôt que la famille des coureurs à pied est très grande et très accueillante !

Arrivés au stade, nous tombons sur des pompiers qui s'entraînent, et qui nous disent (mais chut : la Direction de l'hôtel ne veut pas que ça se sache...) que le centre a dû être évacué la semaine précédente suite à un incendie dans les locaux techniques. Bigre ! On ne le devinerait absolument pas. Cela explique peut-être cependant l'état d'agitation dans lequel certains techniciens semblent s'affairer près des cages d'ascenseur...

En tout cas (démission oblige ?), la motivation de Sébastien n'apparaît pas démesurée, et le peu de goût de mon père pour les séances sur piste, ajouté à la volonté de Michel de s'économiser, ainsi qu'à ma flemmardise naturelle transforment cette séance de fractionnés en un gros n'importe quoi : je fais quatre petits 400 m entrecoupés de 200 m de récupération, et nous repartons déjà vers l'hôtel. Il me faudra du plus costaud si je veux tutoyer un jour les 3 h au marathon ;-)

Collation, puis musculation et étirements se succèdent comme à l'accoutumée, de même que le déjeuner pris sur le pouce, à la saladerie, en peignoir sur la terrasse ensoleillée.

Les soins thalasso, le pseudo test d'effort et le sauna
Aujourd'hui, le planning de soins est parfaitement identique, aux horaires près, à celui du premier jour. Je n'y reviendrai donc pas.
En revanche, sitôt les soins terminés, Julien se propose de me faire passer un test de VO2 max. Il s'agit bien entendu d'une mesure indirecte de cet indice, mais je décide de jouer le jeu : je ne l'ai jamais mesurée.
Il s'agit en fait de courir, sur tapis, à des vitesses augmentant régulièrement, par palier de 0,5 km/h toutes les minutes, après cinq bonnes minutes passées à 7 km/h. C'est la première fois que je cours sur tapis, et l'exercice m'enthousiasme modérément. Je n'ai qu'une hantise : m'emmêler les pinceaux, adroit comme je le suis, et me retrouver illico presto éjecté de cet engin infernal. Julien garde mon cardio pour noter ma fréquence cardiaque, et augmente régulièrement la vitesse de défilement du tapis.
A 16 km/h, c'est le drame que je redoutais tant : je pose le pied droit sur le carter à l'avant du tapis, et me retrouve totalement déséquilibré. Je parviens à me rattraper in extremis, mais la FC a fait un bond probablement lié à l'afflux d'adrénaline dans le sang... Je parviens à retrouver partiellement mes esprits, mais préfère arrêter cet engin de malheur à 18 km/h, ce qui permettra au "coach", par de "savants" calculs que j'ignore mais dont la fiabilité m'apparaît limitée, de m'annoncer une VO2 max de 64,8 ml/min/kg. Soit. Reste à la faire mesurer plus directement dans un environnement mieux adapté ;-)

Afin de me remettre de ces émotions, je m'accorde une séance de sauna, qui me semble bien plus supportable que le hammam, trop humide à mon goût. Je manque de prendre le fou rire lorsqu'un homme âgé qui a pris place dans la cabine après moi lance à un jeune garçon qui veut y rentrer à son tour : "Non, non, c'est réservé aux plus de 16 ans. Et, de toute façon, tu n'as pas de graisse à perdre, toi !". La bêtise et l'ignorance en matière de lutte contre la surcharge pondérale m'étonneront toujours...

Après cette séance, et une bonne douche (à défaut de faire perdre du gras, le sauna permet certainement de purifier les pores de la peau), je négocie avec l'accueil des soins un changement de programme pour le lendemain, préférant substituer à une nouvelle application d'algues (beurk !) une autre séance de pressothérapie.

Après le repas du soir (un excellent buffet de fruits de mer lamentablement pris d'assaut par certains curistes qui me rappellent étrangement ces planches d'Astérix Gladiateur où les lions sont affamés pour mieux se repaître d'esclaves - du pain et des jeux, encore et toujours...), je repars faire quelques photos, avant de profiter d'un repos bien mérité.

Suite, et fin, au prochain numéro...

L'Castor Junior

2006-09-04 00:47:28 : Séjour Thalasso / Course à pied - 2ème jour - 08-08-2006 - Pornic - 0 photo - 0 réaction

Enfin un peu de vitesse...

La matinée sportive
Ce matin, c'est Julien qui prend le relais de Bruno, en congés pour quelques jours.
Julien, jeune footballeur tout aussi sportif que Bruno, mais aussi peu spécialiste de course à pied, nous emmène vers l'étang de Pornic, autour duquel nous devons faire un tour, tous ensemble, à allure tranquille, puis un plus rapide (chouette !) et enfin un dernier, plus rapide encore, où il s'agit de maintenir l'allure y compris dans les (petites) montées qui jalonnent le circuit qui longe l'étang. Si le parcours d'accrobranches est désespérément vide, de nombreux pêcheurs sont installés tout au long du circuit, et certains semblent trouver réellement vain de courir, sans but, autour d'un point d'eau. Ont-ils raison ou tort... ?
Je bouclerai le tour, que mon Garmin Forerunner 205 estime à 2 km, à 12 puis 14 km/h, talonné de peu par mon père, tandis que Michel, accompagné par Julien, fera l'impasse sur le dernier tour.
Nous rentrons ensuite à l'hôtel par le chemin le plus direct, et abandonnons, à sa demande, Michel qui craint d'être un trop lourd fardeau. S'il a légèrement surestimé sa pratique lors de l'inscription au stage, force est de reconnaître qu'il a toujours veillé à ne pas perturber les "vrais" (sic) coureurs tout au long de ces quatre jours. J'apprécie d'autant plus cet état d'esprit que j'aurais été bien incapable, il y a deux ans à peine, de fournir la moitié des efforts qu'il a fournis lors de ces séances.

La séance de musculation se déroule suivant le même schéma que la veille, Julien restant toujours prêt à nous indiquer la meilleure posture à adopter sur chacun des postes de torture du circuit. Les étirements dans l'eau s'effectueront aussi de manière similaire, avec cependant de nouveaux exercices, difficilement reproductibles hors de l'eau, qui visent à lutter contre la raideur légendaire des coureurs à pied.

Comme la veille, le repas du midi sera pris sur le pouce, à la saladerie, en peignoir sur la terrasse ensoleillée. Vacances, vacances...

Les soins thalasso
Nouvelle journée, nouveaux soins.

15h30 : Bain aux huiles essentielles. Comme le bain aux algues de la veille, ce soin est un véritable régal, assurant une décontraction totale du corps et une parfaite relaxation de l'esprit. Vivement demain pour un autre moment de plénitude !

16h15 : Jet pomme. Échaudé, au sens propre comme au sens figuré, par la séance de jet de la veille, je demande à bénéficier d'une douche au "jet pomme brisé, à l'action décontracturante et relaxante". Las, même cause, mêmes effets : le passage sur mon dos par endroits décharné est franchement désagréable, et je dois réprimer quelques cris à défaut de pouvoir empêcher des mouvements réflexes de "fuite" face à l'eau sous pression. Décidément, l'exercice n'est pas mon préféré, mais peut-être cela fait-il du bien là où ça fait mal...

16h30 : Lit hydromassant. "Vous êtes allongé sur un matelas souple et chaud : 2 jets d'eau chaude sous pression mobilisent vos muscles et vos articulations. Ce soin agit tel un massage de détente." Détente, détente... Il faut le dire vite ! En effet, comme le jet tout court, la force de ces deux jets se fait violemment sentir lorsqu'ils se rejoignent sur la colonne vertébrale et les omoplates. Suis-je trop douillet, ou réellement fragile du dos ? Toujours est-il que, là encore, l'exercice me plaît très modérément. Heureusement, aucun autre n'est prévu d'ici la fin du stage...

17h00 : Application d'algues. "Enveloppé partiellement d'algues marines des hanches jusqu'aux épaules, vous serez reminéralisé et relaxé grâce à cette application." Étonnant que ce soin qui fait, là encore, partie des images d'Épinal des cures de thalassothérapie. Une charmante demoiselle me badigeonne en effet le corps d'une boue d'algues chaude, avant de me recouvrir de film cellophane, et de me laisser allongé ainsi pendant une vingtaine de minutes. L'odeur, très particulière, de cette boue me révulse légèrement, et je doute au fond de moi de la capacité d'un tel soin à me "reminéraliser"... Mais je n'ai encore rien vu. En effet, une fois le film retiré, je dois me débrouiller seul, avec mes deux mains gauches, pour enlever sous la douche cette boue malodorante. J'espérais au moins qu'une opératrice viendrait m'aider à me débarrasser de celle que j'avais dans le dos. Las, ce n'est que lors de ma douche du soir dans ma chambre que je parviendrai à me débarrasser des dernières traces, et il me faudra laver mon maillot de bain à la main pour achever d'en extirper l'odeur entêtante des algues marines. Encore un soin à mettre sur ma liste noire. Décidément...

Après le repas du soir (j'ai invité mes parents au Anne de Bretagne, à la Plaine-sur-Mer - Miam !!!), je pars faire quelques photos sur le bord de mer, intriguant quelques passants qui ne voient aucun éclair sortir de mon appareil. Ah, je ne suis pas mécontent d'avoir pu prendre quelques photos de nuit avec mon petit compact numérique, au prix de quelques astuces qui m'ont rappelé mes débuts en photographie nocturne à New York en 2001, avec à l'époque un reflex pourtant autrement plus confortable...

La suite au prochain numéro...

L'Castor Junior

2006-09-04 00:21:55 : Séjour Thalasso / Course à pied - 1er jour - 07-08-2006 - Pornic - 0 photo - 3 réactions

Une entrée en matière déconcertante...

Le contexte
Lorsque Frédérique, du JDM, m'avait raconté cet hiver son expérience, en couple avec Yves, de stage mêlant les bienfaits supposés de la thalassothérapie avec une pratique décente de la course à pied, j'ai rapidement pensé que cela pourrait être une bonne occasion de découvrir ce monde que je ne connaissais pas (je parle de la thalasso ;-o) ). Rendez-vous était donc pris pour un stage de 4 jours début août, à Pornic ( http://www.thalassopornic.com ), me permettant de passer quelques jours en vacances avec mes parents.
Visite médicale et premiers contacts
Sitôt arrivés sur le complexe, nous sommes invités à nous rendre à une visite médicale, assez sommaire ("On voit que vous êtes en forme" me dit le médecin, après m'avoir tout de même mesuré la tension et écouté battre mon coeur...). Les hôtesses de l'accueil du pôle thalasso nous remettent nos plannings individuels (ouah, même au travail j'ai rarement eu un planning aussi chargé !). En pratique, mon père et moi aurons droit, tous les matins, à une séance de course à pied suivie de musculation et d'étirements, avant nos soins proprement dits dans l'après-midi.

Après une petite mesquinerie (les mules, facturées 8,50€ par l'établissement, sont obligatoires, sans que cela nous ait été signifié auparavant - vu le prix de la cure, on aurait pu espérer qu'elles soient offertes...), on nous indique nos chambres, auxquelles on ne peut accéder que par un ascenseur. Diantre ! Pourquoi ces établissements sont-ils si pauvres en escaliers, pourtant plus favorables à une meilleure forme ???

Nous décidons ensuite de faire le tour du propriétaire, en quelque sorte, en arpentant le chemin des douaniers sur quelques kilomètres. Que l'air du large est agréable ! En revanche, peu attiré naturellement par la plage et le farniente, il me suffit de regarder la foule massée sur les rares zones non rocheuses pour comprendre que je ne me baignerai certainement pas tout au long du séjour...

Après un dîner correct, mais sans plus, je décide de profiter de la pleine lune pour aller faire quelques photos sur ce même chemin des douaniers. La vue sur l'horizon avec les cabanes de pêcheurs en premier plan m'emporte bien loin d'ici. C'est un régal...
Première matinée sportive
A 8h15, à jeun (une collation est prévue après la matinée sportive), je me rends au point de RDV fixé au bar de l'hôtel, où je retrouve mon père (incapable de courir à jeun, il a déjà pris un copieux petit déjeuner), et Michel, médecin du Nord qui reprend la course à pied après une longue coupure. En fait, il nous explique courir une fois par semaine, environ 7-8 km à 9 km/h, neuf mois dans l'année. Tiens, la brochure présentant le stage CAP indiquait bien qu'il s'adressait à des personnes courant 20 à 60 km par semaine... Aurais-je raté quelque chose ??? Marthe, un "pilier" du centre, nous offre un cocktail de fruits pressés particulièrement appréciable. Bruno, le "coach" du jour, ancien handballeur et initiateur des stages mêlant sport et thalasso sur le centre, rassure Michel en lui disant qu'il s'agit simplement d'un footing très tranquille.

La sortie confirmera ses dires : une petite balade d'un peu plus d'une heure nous permettra, entre la corniche, le centre-ville et le chemin des douaniers découvert la veille, de parcourir un peu plus de 9 km (mon GPS n'a capté les satellites que vingt minutes après le départ. Grrrrr...). Michel, impressionné par les états de service de mon père (après tout, tout le personnel du centre semblait savoir qu'il comptait courir à la fin du mois son troisième UTMB...), nous répète souvent que nous ne devons pas l'attendre, mais je me dis que ce type de séance en endurance complète, voire en allure de récupération, ne doit pas faire de mal, surtout dans la perspectives de mes courses du mois (Via Romana et CCC).

Nous nous retrouvons ensuite, après une bonne douche, au bar de l'hôtel pour une collation très copieuse (oeufs, fromage, jambon, yaourts, fruits, thé) servie par la très attentionnée Marthe.

Bruno nous guide ensuite vers la salle de musculation, où je fais la connaissance d'un nombre incalculable d'instruments de torture. Après vingt minutes d'échauffement sur Home-trainer, nous entamons un "Circuit Training" visant à développer, en plus des abdos et lombaires, les membres supérieurs, souvent délaissés par les coureurs à pied. Il est certain que mes biceps rachitiques et mes pectoraux inexistants font pâle figure vis-à-vis de ceux du "coach", et je le crois lorsqu'il souligne que développer, sans gonflette bien sûr, certains de ces muscles peut contribuer à améliorer significativement la posture sur courtes et longues distances. Nous enchaînons donc 3 séries de 12 à 15 répétitions sur le tirage nuque, le tirage bas, le butterfly, le tirage menton, le développé couché, les abdos et lombaires. Pour ma part, je limite la charge à 20 kg, voire 15 sur le tirage bas et le développé couché.

Après cet exercice peu agréable mais, je l'espère, profitable, direction le bassin d'eau chaude pour une séance d'étirements dans l'eau (Aquastretching j'imagine...). Intéressant de voir comment l'eau permet de faciliter l'exercice, notamment dans la phase qui consiste à maintenir le muscle étiré. Je ressens l'impact de l'exercice bien plus profondément que lorsque je m'étire habituellement après mes séances de CAP. Heureusement, les mouvements pratiqués sont, pour l'essentiels, ceux que j'effectue régulièrement.
Première après-midi de soins
Après une nouvelle douche, direction la terrasse de l'hôtel pour un repas rapide à la saladerie, avant d'entamer les soins de thalasso prévus pour m'occuper toute l'après-midi.

15h15 : Jet. D'après le guide du centre, la douche au jet à distance, "très tonique, stimule la circulation et traite tensions musculaires et surcharges localisées". Soit. Dans mon cas, peut-être parce que je n'ai, par endroits, notamment dans le dos, littéralement que la peau et les eaux, l'exercice frôle la torture, et l'opératrice est presque gênée de me dire qu'elle a pourtant baissé la pression au maximum des possibilités de réglage. Quel douillet ce Castor ;-)) Je ne suis en tout cas pas mécontent de quitter cette pièce, sorte d'image d'Épinal de la thalasso, pour me rendre au soin suivant.

15h30 : Thalaxion programme 5. "Grâce à ses 80 buses à pression variable et à température alternée réparties en 4 zones (pieds, jambes, cuisses et ventre), le Thalaxion agit tel un hydromassage localisé." En pratique, il s'agit de s'installer dans un vaste sarcophage, d'où seuls tête et cou dépassent, pour 20 minutes de jets à pression assez faible, que l'on sent viser, par cycle, chacune des zones précitées. Las, les températures estivales semblent avoir raison des fondements de ce gigantesque appareil, en rendant très difficile la distinction entre l'eau chaude à 37°C et l'eau froide à 35,6°C... Bah, à défaut de faire beaucoup de bien, cela ne doit pas pouvoir faire trop de mal...

16h30 : Bain aux algues. "Une multitude de bulles d'air et de jets d'eau de mer chauffée massent votre corps. Le bain bouillonnant aux algues ou aux huiles essentielles a une action décontracturante, relaxante et revitalisante." Tout un programme ! Je dois toutefois reconnaître que l'exercice n'est pas désagréable. Il s'agit de s'installer dans une baignoire dotée de multiples jets, et de savourer 17 minutes (le temps est compté !) de relaxation dans la pénombre et les effluves de sel et d'algues. Les jets suivent un circuit régulier mais agréable, depuis les pieds jusqu'aux épaules et au cou. Il s'agit là de la première séance que j'effectue dans une plénitude parfaite. Ouf, il y en a une de prévue chaque jour ;-o)

17h00 : Pressothérapie. La pressothérapie consiste en un "massage mécanique des membres inférieurs qui permet de lutter contre l'insuffisance veineuse.". L'intérêt de ce soin pour les coureurs à pied serait de lutter contre la détérioration récurrente du tissu vasculaire dans les jambes consécutive à la répétition des impacts. Le principe est en tout cas étrange. Il s'agit en effet, après avoir glissé chaque jambe dans un film cellophane, d'enfiler des sortes de bottes géantes, des pieds jusqu'au haut des cuisses, dans lesquels une pression va s'exercer régulièrement, du bas vers le haut, comprimant ainsi peu à peu l'ensemble de la jambe. Difficile d'évaluer immédiatement les bienfaits du système, mais la sensation est loin d'être désagréable. Encore un soin que j'effectuerai à l'avenir avec plaisir.

Finalement, après une énième douche, il est déjà l'heure de se rendre au cocktail, copieux, offert par le Directeur de l'établissement, ancien marathonien qui a donné aux stages sportifs leur couleur course à pied, puis d'aller dîner. Morphée m'enserre dans ses bras dès la fin du repas. Cette semaine ne sera décidément pas de tout repos !

Affaire (un peu réchauffée...) à suivre...

L'Castor Junior

2006-08-06 00:25:50 : Jamais mon Forerunner ne m'avait emmené aussi loin... - 05-08-2006 - Saint Jean de Beauregard - 0 photo - 4 réactions

Comment faire ses courses en courant, ou le jour où mon GPS a pété les plombs...

Un GPS qui a la nostalgie des Alpes...
Ce matin, je suis parti avec mon père pour un petit footing de décrassage (environ 15 km de prévu pour mon père en récup' de sa sortie de 66 km aux sources de l'Yvette et de la Bièvre la veille, soit probablement une bonne vingtaine de kilomètres au final...). Direction, comme souvent le samedi, Saint Jean de Beauregard, où nous croisons régulièrement de bons amis.
J'avais bien pris soin, avant de partir, de laisser mon GPS Garmin Forerunner 205 rechercher, bien immobile sur le muret de la maison, un maximum de satellites afin d'avoir la meilleure précision possible dans le tracé. Les premiers hectomètres se déroulent sans problème (cette deuxième semaine sans entraînement hors week-end depuis le Tour de l'Oisans m'a visiblement permis de recharger mes batteries), et je me sens dans mes nouvelles Asics Gel Nimbus VII, achetées pendant les soldes et étrennées ce matin, comme dans des chaussons. L'amorti qu'on m'avait tant vanté est bien là, et me fait même ressentir brièvement une petite douleur au tibia, rapidement envolée.
Je me délecte de cette sensation de bien-être qui s'est emparée de mes pieds, et ne jette que de brefs et rares coups d'œil à mon GPS de poignet, qui fonctionne semble-t-il sans encombre. Un point toutefois m'intrigue : l'altitude, que je lui demande de m'afficher depuis mes tribulations alpines, semble s'emballer : 100 m au bord de l'Yvette (normalement 50 m), puis 150, 200, 300, 450 m... Quelque chose ne tourne visiblement pas rond. L'analyse a posteriori des points du tracé (cf. séance Kikouroù en cliquant sur le premier graphique) montrera que le GPS a enregistré une ascension jusqu'à près de 4500 m !!!
Effectivement, le kilométrage commence lui aussi à vaciller : la distance parcourue baisse sans cesse, et je me retrouve, environ 2 km après le départ, avec une distance affichée de... zéro. Aïe, aïe, aïe. Cela m'irrite d'autant plus que je ne suis, pour l'heure, passé dans aucun endroit où la visibilité n'était pas totale...
Je mise sur un retour à la normale qui viendrait seul, comme cela m'est déjà arrivé par le passé, mais constate, dépité, en arrivant à Mondétour, qu'il n'en est rien. Je préfère donc m'arrêter quelques instants pour laisser le temps à la bête de renouer le contact avec les satellites. Papa me dépasse alors, mais je n'en ai cure : je le rattraperai bien assez tôt !
Las, au bout de quatre minutes passées immobile dans la rue (les riverains commençaient à me regarder bizarrement...), toujours rien. Je reprends donc la route, en traversant le CD35 (un passage dangereux que je déteste), pour retrouver mon père devant l'entrée des jardins familiaux des Ulis. Il entame le tour de la boucle de Saint Jean de Beauregard (4 km), dans le sens horaire, comme à son habitude, tandis que je lui confirme que je prendrai le sens inverse, afin de pouvoir, le cas échéant, rabattre les coureurs rencontrés en chemin.
Mais, têtu comme une mule, je décidé d'attendre que mon GPS ait repris ses marques (il m'indique alors 21,5 km, alors que je n'ai pas dû en faire plus de cinq...) avant de repartir. Il faudra encore plus de trois minutes avant que l'appareil ne se décide enfin à communiquer à nouveau avec les satellites. Je commençais à prendre froid...
Avec tout ce retard, je croise mon père avant même de parvenir au Château, et nous décidons, n'ayant croisé personne, de prendre la direction de la Brosse. Nous suivons donc le GR du Pays du Hurepoix à travers les chemins agricoles, jusqu'à la Mare sans Fond. Là, nous reprenons plein Nord vers le CD35 et la zone d'activités des Delâches, puis rejoignons la piste cyclable qui mène aux Ulis à hauteur de Saint Clair. Nous suivons la piste jusqu'au centre commercial Ulis 2, en passant derrière le Lycée de l'Essouriau.
Faire ses courses en courant, ou comment inquiéter les vigiles...
Le passage par le centre commercial et son vaste parking, un samedi matin, même en période de vacances, n'a rien de franchement sympathique pour un coureur à pied, surtout quand les environs offrent tant d'alternatives agréables à travers champs et forêts.
Mais, à la veille du départ pour Pornic, il me reste quelques courses de dernière minute à faire, et je me suis dit que ce serait l'occasion de lier l'utile à l'agréable. Je rentre donc dans le centre commercial en tenue de coureur (short, TS, chaussures, porte bidons, GPS et cardio), et en trottinant.
Les vigiles me dévisagent d'un air incrédule, tout comme bon nombre de clients pour qui le mot course ne se décline visiblement qu'au pluriel...
Je rencontre, au détour d'un rayon, Valérie, une amie d'enfance, et son mari, qui reviennent, eux, de vacances.
Une fois mes achats faits, je me dirige vers ces nouvelles caisses installées récemment, où c'est au client de scanner lui-même ses articles. Belle prouesse technique (quoique...), mais j'avoue être sceptique devant la véritable utilité de ce genre de machines dont le principal mérite semble parfois de permettre de remplacer un salarié par un robot... M'enfin...
Une fois mes achats réglés, et toujours sous l'œil intrigué des vigiles, je repars, sac à la main, en trottinant jusque sur le parking, où je retrouve mon père parti acheter des ampoules de rechange pour permettre à ma petite Clio d'obtenir enfin, au rattrapage, son contrôle technique...
Je le déleste donc de son achat, que je mets dans mon sac plastique déjà bien rempli, puis l'abandonne pour tenter de faire tourner les jambes un peu plus vite sur le retour au bercail.
Oh, quand je dis un peu plus vite, ça n'a rien d'extraordinaire (entre 12 et 13 km/h en descente), mais ça me fait un bien fou et me rappelle qu'il en faudra pas tarder à reprendre l'entraînement de fractionnés si je ne veux pas me diéséliser totalement avec toutes mes sorties longues et lentes passées et à venir...
Au final, j'arrive à la maison moins de cinq minutes avant le paternel, qui ne s'en laisse décidément pas compter par les p'tits jeunes...

Bilan de cette petite sortie interrompue par de nombreuses pauses : 2h17' pour 19,3 km et 212 m de D+.

Ce dimanche, je pars pour mon stage Thalasso / Course à pied à Pornic, et repasserai en coup de vent en fin de semaine avant de m'envoler pour Calvi, afin de participer, avec plusieurs JDM et à l'invitation de Fred, à la Via Romana ( http://www.trail-viaromana.com ) : 58 km et 3300 m de D+. Ce sera mon dernier gros entraînement avant le Courmayeur - Champex - Chamonix ( http://www.ultratrailmb.com ) de fin août : 86 km et 4500 m de D+.
Je serai donc moins présent dans les semaines à venir.
Bonnes vacances à celles et ceux qui partent, et bonne reprise à celles et ceux qui reprennent déjà le chemin du boulot !

L'Castor Junior

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