La course à pied Les blogs courseapied.net : CastorJunior

Le blog de CastorJunior

Flux rss du blog, des réactions

Les derniers billets

Mes catégories

Mes liens


Le forum courseapied.net

Le chat courseapied.net

Les blogs courseapied.net

2006-09-04 00:47:28 : Séjour Thalasso / Course à pied - 2ème jour - 08-08-2006 - Pornic

Enfin un peu de vitesse...

La matinée sportive
Ce matin, c'est Julien qui prend le relais de Bruno, en congés pour quelques jours.
Julien, jeune footballeur tout aussi sportif que Bruno, mais aussi peu spécialiste de course à pied, nous emmène vers l'étang de Pornic, autour duquel nous devons faire un tour, tous ensemble, à allure tranquille, puis un plus rapide (chouette !) et enfin un dernier, plus rapide encore, où il s'agit de maintenir l'allure y compris dans les (petites) montées qui jalonnent le circuit qui longe l'étang. Si le parcours d'accrobranches est désespérément vide, de nombreux pêcheurs sont installés tout au long du circuit, et certains semblent trouver réellement vain de courir, sans but, autour d'un point d'eau. Ont-ils raison ou tort... ?
Je bouclerai le tour, que mon Garmin Forerunner 205 estime à 2 km, à 12 puis 14 km/h, talonné de peu par mon père, tandis que Michel, accompagné par Julien, fera l'impasse sur le dernier tour.
Nous rentrons ensuite à l'hôtel par le chemin le plus direct, et abandonnons, à sa demande, Michel qui craint d'être un trop lourd fardeau. S'il a légèrement surestimé sa pratique lors de l'inscription au stage, force est de reconnaître qu'il a toujours veillé à ne pas perturber les "vrais" (sic) coureurs tout au long de ces quatre jours. J'apprécie d'autant plus cet état d'esprit que j'aurais été bien incapable, il y a deux ans à peine, de fournir la moitié des efforts qu'il a fournis lors de ces séances.

La séance de musculation se déroule suivant le même schéma que la veille, Julien restant toujours prêt à nous indiquer la meilleure posture à adopter sur chacun des postes de torture du circuit. Les étirements dans l'eau s'effectueront aussi de manière similaire, avec cependant de nouveaux exercices, difficilement reproductibles hors de l'eau, qui visent à lutter contre la raideur légendaire des coureurs à pied.

Comme la veille, le repas du midi sera pris sur le pouce, à la saladerie, en peignoir sur la terrasse ensoleillée. Vacances, vacances...

Les soins thalasso
Nouvelle journée, nouveaux soins.

15h30 : Bain aux huiles essentielles. Comme le bain aux algues de la veille, ce soin est un véritable régal, assurant une décontraction totale du corps et une parfaite relaxation de l'esprit. Vivement demain pour un autre moment de plénitude !

16h15 : Jet pomme. Échaudé, au sens propre comme au sens figuré, par la séance de jet de la veille, je demande à bénéficier d'une douche au "jet pomme brisé, à l'action décontracturante et relaxante". Las, même cause, mêmes effets : le passage sur mon dos par endroits décharné est franchement désagréable, et je dois réprimer quelques cris à défaut de pouvoir empêcher des mouvements réflexes de "fuite" face à l'eau sous pression. Décidément, l'exercice n'est pas mon préféré, mais peut-être cela fait-il du bien là où ça fait mal...

16h30 : Lit hydromassant. "Vous êtes allongé sur un matelas souple et chaud : 2 jets d'eau chaude sous pression mobilisent vos muscles et vos articulations. Ce soin agit tel un massage de détente." Détente, détente... Il faut le dire vite ! En effet, comme le jet tout court, la force de ces deux jets se fait violemment sentir lorsqu'ils se rejoignent sur la colonne vertébrale et les omoplates. Suis-je trop douillet, ou réellement fragile du dos ? Toujours est-il que, là encore, l'exercice me plaît très modérément. Heureusement, aucun autre n'est prévu d'ici la fin du stage...

17h00 : Application d'algues. "Enveloppé partiellement d'algues marines des hanches jusqu'aux épaules, vous serez reminéralisé et relaxé grâce à cette application." Étonnant que ce soin qui fait, là encore, partie des images d'Épinal des cures de thalassothérapie. Une charmante demoiselle me badigeonne en effet le corps d'une boue d'algues chaude, avant de me recouvrir de film cellophane, et de me laisser allongé ainsi pendant une vingtaine de minutes. L'odeur, très particulière, de cette boue me révulse légèrement, et je doute au fond de moi de la capacité d'un tel soin à me "reminéraliser"... Mais je n'ai encore rien vu. En effet, une fois le film retiré, je dois me débrouiller seul, avec mes deux mains gauches, pour enlever sous la douche cette boue malodorante. J'espérais au moins qu'une opératrice viendrait m'aider à me débarrasser de celle que j'avais dans le dos. Las, ce n'est que lors de ma douche du soir dans ma chambre que je parviendrai à me débarrasser des dernières traces, et il me faudra laver mon maillot de bain à la main pour achever d'en extirper l'odeur entêtante des algues marines. Encore un soin à mettre sur ma liste noire. Décidément...

Après le repas du soir (j'ai invité mes parents au Anne de Bretagne, à la Plaine-sur-Mer - Miam !!!), je pars faire quelques photos sur le bord de mer, intriguant quelques passants qui ne voient aucun éclair sortir de mon appareil. Ah, je ne suis pas mécontent d'avoir pu prendre quelques photos de nuit avec mon petit compact numérique, au prix de quelques astuces qui m'ont rappelé mes débuts en photographie nocturne à New York en 2001, avec à l'époque un reflex pourtant autrement plus confortable...

La suite au prochain numéro...

L'Castor Junior

Les réactions

Pas encore de commentaire

Votre pseudo :

Votre commentaire


Combien fait un plus trois ? (en toute lettre)


Cliquez sur le graphique pour voir les données chiffrées de la séance.


Les 5 billets précédents

2006-09-04 00:21:55 : Séjour Thalasso / Course à pied - 1er jour - 07-08-2006 - Pornic - 0 photo - 3 réactions

Une entrée en matière déconcertante...

Le contexte
Lorsque Frédérique, du JDM, m'avait raconté cet hiver son expérience, en couple avec Yves, de stage mêlant les bienfaits supposés de la thalassothérapie avec une pratique décente de la course à pied, j'ai rapidement pensé que cela pourrait être une bonne occasion de découvrir ce monde que je ne connaissais pas (je parle de la thalasso ;-o) ). Rendez-vous était donc pris pour un stage de 4 jours début août, à Pornic ( http://www.thalassopornic.com ), me permettant de passer quelques jours en vacances avec mes parents.
Visite médicale et premiers contacts
Sitôt arrivés sur le complexe, nous sommes invités à nous rendre à une visite médicale, assez sommaire ("On voit que vous êtes en forme" me dit le médecin, après m'avoir tout de même mesuré la tension et écouté battre mon coeur...). Les hôtesses de l'accueil du pôle thalasso nous remettent nos plannings individuels (ouah, même au travail j'ai rarement eu un planning aussi chargé !). En pratique, mon père et moi aurons droit, tous les matins, à une séance de course à pied suivie de musculation et d'étirements, avant nos soins proprement dits dans l'après-midi.

Après une petite mesquinerie (les mules, facturées 8,50€ par l'établissement, sont obligatoires, sans que cela nous ait été signifié auparavant - vu le prix de la cure, on aurait pu espérer qu'elles soient offertes...), on nous indique nos chambres, auxquelles on ne peut accéder que par un ascenseur. Diantre ! Pourquoi ces établissements sont-ils si pauvres en escaliers, pourtant plus favorables à une meilleure forme ???

Nous décidons ensuite de faire le tour du propriétaire, en quelque sorte, en arpentant le chemin des douaniers sur quelques kilomètres. Que l'air du large est agréable ! En revanche, peu attiré naturellement par la plage et le farniente, il me suffit de regarder la foule massée sur les rares zones non rocheuses pour comprendre que je ne me baignerai certainement pas tout au long du séjour...

Après un dîner correct, mais sans plus, je décide de profiter de la pleine lune pour aller faire quelques photos sur ce même chemin des douaniers. La vue sur l'horizon avec les cabanes de pêcheurs en premier plan m'emporte bien loin d'ici. C'est un régal...
Première matinée sportive
A 8h15, à jeun (une collation est prévue après la matinée sportive), je me rends au point de RDV fixé au bar de l'hôtel, où je retrouve mon père (incapable de courir à jeun, il a déjà pris un copieux petit déjeuner), et Michel, médecin du Nord qui reprend la course à pied après une longue coupure. En fait, il nous explique courir une fois par semaine, environ 7-8 km à 9 km/h, neuf mois dans l'année. Tiens, la brochure présentant le stage CAP indiquait bien qu'il s'adressait à des personnes courant 20 à 60 km par semaine... Aurais-je raté quelque chose ??? Marthe, un "pilier" du centre, nous offre un cocktail de fruits pressés particulièrement appréciable. Bruno, le "coach" du jour, ancien handballeur et initiateur des stages mêlant sport et thalasso sur le centre, rassure Michel en lui disant qu'il s'agit simplement d'un footing très tranquille.

La sortie confirmera ses dires : une petite balade d'un peu plus d'une heure nous permettra, entre la corniche, le centre-ville et le chemin des douaniers découvert la veille, de parcourir un peu plus de 9 km (mon GPS n'a capté les satellites que vingt minutes après le départ. Grrrrr...). Michel, impressionné par les états de service de mon père (après tout, tout le personnel du centre semblait savoir qu'il comptait courir à la fin du mois son troisième UTMB...), nous répète souvent que nous ne devons pas l'attendre, mais je me dis que ce type de séance en endurance complète, voire en allure de récupération, ne doit pas faire de mal, surtout dans la perspectives de mes courses du mois (Via Romana et CCC).

Nous nous retrouvons ensuite, après une bonne douche, au bar de l'hôtel pour une collation très copieuse (oeufs, fromage, jambon, yaourts, fruits, thé) servie par la très attentionnée Marthe.

Bruno nous guide ensuite vers la salle de musculation, où je fais la connaissance d'un nombre incalculable d'instruments de torture. Après vingt minutes d'échauffement sur Home-trainer, nous entamons un "Circuit Training" visant à développer, en plus des abdos et lombaires, les membres supérieurs, souvent délaissés par les coureurs à pied. Il est certain que mes biceps rachitiques et mes pectoraux inexistants font pâle figure vis-à-vis de ceux du "coach", et je le crois lorsqu'il souligne que développer, sans gonflette bien sûr, certains de ces muscles peut contribuer à améliorer significativement la posture sur courtes et longues distances. Nous enchaînons donc 3 séries de 12 à 15 répétitions sur le tirage nuque, le tirage bas, le butterfly, le tirage menton, le développé couché, les abdos et lombaires. Pour ma part, je limite la charge à 20 kg, voire 15 sur le tirage bas et le développé couché.

Après cet exercice peu agréable mais, je l'espère, profitable, direction le bassin d'eau chaude pour une séance d'étirements dans l'eau (Aquastretching j'imagine...). Intéressant de voir comment l'eau permet de faciliter l'exercice, notamment dans la phase qui consiste à maintenir le muscle étiré. Je ressens l'impact de l'exercice bien plus profondément que lorsque je m'étire habituellement après mes séances de CAP. Heureusement, les mouvements pratiqués sont, pour l'essentiels, ceux que j'effectue régulièrement.
Première après-midi de soins
Après une nouvelle douche, direction la terrasse de l'hôtel pour un repas rapide à la saladerie, avant d'entamer les soins de thalasso prévus pour m'occuper toute l'après-midi.

15h15 : Jet. D'après le guide du centre, la douche au jet à distance, "très tonique, stimule la circulation et traite tensions musculaires et surcharges localisées". Soit. Dans mon cas, peut-être parce que je n'ai, par endroits, notamment dans le dos, littéralement que la peau et les eaux, l'exercice frôle la torture, et l'opératrice est presque gênée de me dire qu'elle a pourtant baissé la pression au maximum des possibilités de réglage. Quel douillet ce Castor ;-)) Je ne suis en tout cas pas mécontent de quitter cette pièce, sorte d'image d'Épinal de la thalasso, pour me rendre au soin suivant.

15h30 : Thalaxion programme 5. "Grâce à ses 80 buses à pression variable et à température alternée réparties en 4 zones (pieds, jambes, cuisses et ventre), le Thalaxion agit tel un hydromassage localisé." En pratique, il s'agit de s'installer dans un vaste sarcophage, d'où seuls tête et cou dépassent, pour 20 minutes de jets à pression assez faible, que l'on sent viser, par cycle, chacune des zones précitées. Las, les températures estivales semblent avoir raison des fondements de ce gigantesque appareil, en rendant très difficile la distinction entre l'eau chaude à 37°C et l'eau froide à 35,6°C... Bah, à défaut de faire beaucoup de bien, cela ne doit pas pouvoir faire trop de mal...

16h30 : Bain aux algues. "Une multitude de bulles d'air et de jets d'eau de mer chauffée massent votre corps. Le bain bouillonnant aux algues ou aux huiles essentielles a une action décontracturante, relaxante et revitalisante." Tout un programme ! Je dois toutefois reconnaître que l'exercice n'est pas désagréable. Il s'agit de s'installer dans une baignoire dotée de multiples jets, et de savourer 17 minutes (le temps est compté !) de relaxation dans la pénombre et les effluves de sel et d'algues. Les jets suivent un circuit régulier mais agréable, depuis les pieds jusqu'aux épaules et au cou. Il s'agit là de la première séance que j'effectue dans une plénitude parfaite. Ouf, il y en a une de prévue chaque jour ;-o)

17h00 : Pressothérapie. La pressothérapie consiste en un "massage mécanique des membres inférieurs qui permet de lutter contre l'insuffisance veineuse.". L'intérêt de ce soin pour les coureurs à pied serait de lutter contre la détérioration récurrente du tissu vasculaire dans les jambes consécutive à la répétition des impacts. Le principe est en tout cas étrange. Il s'agit en effet, après avoir glissé chaque jambe dans un film cellophane, d'enfiler des sortes de bottes géantes, des pieds jusqu'au haut des cuisses, dans lesquels une pression va s'exercer régulièrement, du bas vers le haut, comprimant ainsi peu à peu l'ensemble de la jambe. Difficile d'évaluer immédiatement les bienfaits du système, mais la sensation est loin d'être désagréable. Encore un soin que j'effectuerai à l'avenir avec plaisir.

Finalement, après une énième douche, il est déjà l'heure de se rendre au cocktail, copieux, offert par le Directeur de l'établissement, ancien marathonien qui a donné aux stages sportifs leur couleur course à pied, puis d'aller dîner. Morphée m'enserre dans ses bras dès la fin du repas. Cette semaine ne sera décidément pas de tout repos !

Affaire (un peu réchauffée...) à suivre...

L'Castor Junior

2006-08-06 00:25:50 : Jamais mon Forerunner ne m'avait emmené aussi loin... - 05-08-2006 - Saint Jean de Beauregard - 0 photo - 4 réactions

Comment faire ses courses en courant, ou le jour où mon GPS a pété les plombs...

Un GPS qui a la nostalgie des Alpes...
Ce matin, je suis parti avec mon père pour un petit footing de décrassage (environ 15 km de prévu pour mon père en récup' de sa sortie de 66 km aux sources de l'Yvette et de la Bièvre la veille, soit probablement une bonne vingtaine de kilomètres au final...). Direction, comme souvent le samedi, Saint Jean de Beauregard, où nous croisons régulièrement de bons amis.
J'avais bien pris soin, avant de partir, de laisser mon GPS Garmin Forerunner 205 rechercher, bien immobile sur le muret de la maison, un maximum de satellites afin d'avoir la meilleure précision possible dans le tracé. Les premiers hectomètres se déroulent sans problème (cette deuxième semaine sans entraînement hors week-end depuis le Tour de l'Oisans m'a visiblement permis de recharger mes batteries), et je me sens dans mes nouvelles Asics Gel Nimbus VII, achetées pendant les soldes et étrennées ce matin, comme dans des chaussons. L'amorti qu'on m'avait tant vanté est bien là, et me fait même ressentir brièvement une petite douleur au tibia, rapidement envolée.
Je me délecte de cette sensation de bien-être qui s'est emparée de mes pieds, et ne jette que de brefs et rares coups d'œil à mon GPS de poignet, qui fonctionne semble-t-il sans encombre. Un point toutefois m'intrigue : l'altitude, que je lui demande de m'afficher depuis mes tribulations alpines, semble s'emballer : 100 m au bord de l'Yvette (normalement 50 m), puis 150, 200, 300, 450 m... Quelque chose ne tourne visiblement pas rond. L'analyse a posteriori des points du tracé (cf. séance Kikouroù en cliquant sur le premier graphique) montrera que le GPS a enregistré une ascension jusqu'à près de 4500 m !!!
Effectivement, le kilométrage commence lui aussi à vaciller : la distance parcourue baisse sans cesse, et je me retrouve, environ 2 km après le départ, avec une distance affichée de... zéro. Aïe, aïe, aïe. Cela m'irrite d'autant plus que je ne suis, pour l'heure, passé dans aucun endroit où la visibilité n'était pas totale...
Je mise sur un retour à la normale qui viendrait seul, comme cela m'est déjà arrivé par le passé, mais constate, dépité, en arrivant à Mondétour, qu'il n'en est rien. Je préfère donc m'arrêter quelques instants pour laisser le temps à la bête de renouer le contact avec les satellites. Papa me dépasse alors, mais je n'en ai cure : je le rattraperai bien assez tôt !
Las, au bout de quatre minutes passées immobile dans la rue (les riverains commençaient à me regarder bizarrement...), toujours rien. Je reprends donc la route, en traversant le CD35 (un passage dangereux que je déteste), pour retrouver mon père devant l'entrée des jardins familiaux des Ulis. Il entame le tour de la boucle de Saint Jean de Beauregard (4 km), dans le sens horaire, comme à son habitude, tandis que je lui confirme que je prendrai le sens inverse, afin de pouvoir, le cas échéant, rabattre les coureurs rencontrés en chemin.
Mais, têtu comme une mule, je décidé d'attendre que mon GPS ait repris ses marques (il m'indique alors 21,5 km, alors que je n'ai pas dû en faire plus de cinq...) avant de repartir. Il faudra encore plus de trois minutes avant que l'appareil ne se décide enfin à communiquer à nouveau avec les satellites. Je commençais à prendre froid...
Avec tout ce retard, je croise mon père avant même de parvenir au Château, et nous décidons, n'ayant croisé personne, de prendre la direction de la Brosse. Nous suivons donc le GR du Pays du Hurepoix à travers les chemins agricoles, jusqu'à la Mare sans Fond. Là, nous reprenons plein Nord vers le CD35 et la zone d'activités des Delâches, puis rejoignons la piste cyclable qui mène aux Ulis à hauteur de Saint Clair. Nous suivons la piste jusqu'au centre commercial Ulis 2, en passant derrière le Lycée de l'Essouriau.
Faire ses courses en courant, ou comment inquiéter les vigiles...
Le passage par le centre commercial et son vaste parking, un samedi matin, même en période de vacances, n'a rien de franchement sympathique pour un coureur à pied, surtout quand les environs offrent tant d'alternatives agréables à travers champs et forêts.
Mais, à la veille du départ pour Pornic, il me reste quelques courses de dernière minute à faire, et je me suis dit que ce serait l'occasion de lier l'utile à l'agréable. Je rentre donc dans le centre commercial en tenue de coureur (short, TS, chaussures, porte bidons, GPS et cardio), et en trottinant.
Les vigiles me dévisagent d'un air incrédule, tout comme bon nombre de clients pour qui le mot course ne se décline visiblement qu'au pluriel...
Je rencontre, au détour d'un rayon, Valérie, une amie d'enfance, et son mari, qui reviennent, eux, de vacances.
Une fois mes achats faits, je me dirige vers ces nouvelles caisses installées récemment, où c'est au client de scanner lui-même ses articles. Belle prouesse technique (quoique...), mais j'avoue être sceptique devant la véritable utilité de ce genre de machines dont le principal mérite semble parfois de permettre de remplacer un salarié par un robot... M'enfin...
Une fois mes achats réglés, et toujours sous l'œil intrigué des vigiles, je repars, sac à la main, en trottinant jusque sur le parking, où je retrouve mon père parti acheter des ampoules de rechange pour permettre à ma petite Clio d'obtenir enfin, au rattrapage, son contrôle technique...
Je le déleste donc de son achat, que je mets dans mon sac plastique déjà bien rempli, puis l'abandonne pour tenter de faire tourner les jambes un peu plus vite sur le retour au bercail.
Oh, quand je dis un peu plus vite, ça n'a rien d'extraordinaire (entre 12 et 13 km/h en descente), mais ça me fait un bien fou et me rappelle qu'il en faudra pas tarder à reprendre l'entraînement de fractionnés si je ne veux pas me diéséliser totalement avec toutes mes sorties longues et lentes passées et à venir...
Au final, j'arrive à la maison moins de cinq minutes avant le paternel, qui ne s'en laisse décidément pas compter par les p'tits jeunes...

Bilan de cette petite sortie interrompue par de nombreuses pauses : 2h17' pour 19,3 km et 212 m de D+.

Ce dimanche, je pars pour mon stage Thalasso / Course à pied à Pornic, et repasserai en coup de vent en fin de semaine avant de m'envoler pour Calvi, afin de participer, avec plusieurs JDM et à l'invitation de Fred, à la Via Romana ( http://www.trail-viaromana.com ) : 58 km et 3300 m de D+. Ce sera mon dernier gros entraînement avant le Courmayeur - Champex - Chamonix ( http://www.ultratrailmb.com ) de fin août : 86 km et 4500 m de D+.
Je serai donc moins présent dans les semaines à venir.
Bonnes vacances à celles et ceux qui partent, et bonne reprise à celles et ceux qui reprennent déjà le chemin du boulot !

L'Castor Junior

2006-08-05 00:48:25 : Reprise après le Tour de l'Oisans - Sortie JDM inédite vers Marcoussis - 30-07-2006 - 0 photo - 7 réactions

Ne jamais suivre mon père pour faire une sortie longue... courte

Après une semaine de repos sportif complet consécutive à notre Tour de l'Oisans OFF en quatre jours, je décidai de rechausser les running ce dimanche, à l'occasion de la traditionnelle sortie longue du JDM.

Partis un peu tôt (8h30) pour le rendez-vous de 9h00, papa et moi décidons de rallonger un peu l'approche en passant par le Bois de la Guyonnerie, rajoutant ainsi un petite côte et un petit kilomètre aux quatre nécessaires habituellement pour rallier le stade Chabrat.

Malgré cette période de vacances, je pensais trouver les Montambaux et Marc Richard-Foy, mais nous ne voyons arriver personne, même après que les cloches ont sonné leurs neuf coups pour la seconde fois.

Nous nous apprêtons à partir en solitaire lorsqu'un coureur s'approche : Jean-Pierre Evan, JDM électron libre, armé de son GPS Magellan Explorist et de la carte du désormais célèbre circuit Jean-Luc Doignon (1500 m de D+ autour de Bures, si, si...). Notre ami s'entraîne, seul et à son rythme toujours tranquille, sur les traces de JLD, en guise de préparation pour le Trail 91.

Nous discutons et sommes bientôt rejoints par Bernard Depont, toujours incommodé par les séquelles d'une sciatique, mais bien décidé à nous accompagner pour cette sortie dominicale. Nous abandonnons donc Jean-Pierre, et partons, à trois, vers le plateau des Ulis, pour changer un peu des parcours usuels davantage tournés vers les vallées à l'ouest de Bures.

Nous nous égarons un instant dans les lotissements de la Roseraie, puis reprenons la direction de la Coulée Verte, vers le Viaduc conçu, à l'origine, pour porter la voie ferrée Paris-Chartres, et aujourd'hui entièrement tournée vers la pratique de l'escalade (petite pensée pour Nicolas, un de mes partenaires sur le Tour de l'Oisans, fan d'escalade blessé en ce moment, qui m'avait dit connaître ce "spot"). Nous traversons Gometz-le-Châtel en direction de Gometz-la-Ville, où nous suivons le GR du Pays du Hurepoix jusqu'à La Brosse, avant de continuer à travers champs, sur la plaine de Frileuse, vers Janvry.

Nous marquons une pause au cimetière, le temps que Bernard recharge son bidon, puis passons sous l'A10 et les voies du TGV atlantique en direction de la Ferme de Marivaux. Les cyclistes qui nous doublent alors nous saluent d'un amical "Allez les sportifs !".

Nous prenons ensuite la direction de la Plaine du Déluge, vers l'est, et sommes mouillés par les premières gouttes de pluie dès notre entrée dans le Bois du Déluge... Ces trois gouttelettes ne nous empêchent cependant pas de parvenir rapidement à la station service de la Francilienne, sous laquelle nous passons par un petit tunnel sec, mais qui nous amène sur un chemin, à l'est, totalement inondé. Il l'est, semble-t-il, presque en permanence, et une trace durable sur le talus avoisinant montre que la plupart des coureurs évitent de se tremper les jambes dans cette eau stagnante et saumâtre.

Las, ce chemin de secours est envahi d'orties qui ne manquent pas de nous chatouiller les jambes avec un pouvoir urticant marqué. Il paraît que c'est bon pour la circulation sanguine... J'en doute un peu...

Nous suivons un bout de route dans la zone industrielle, puis traversons la Plaine de Beauvert, à Marcoussis, en coupant au travers des champs fraîchement moissonnés.

Nous prenons ensuite la direction du Bois des Carrés, avec une côte bien casse-pattes qui achève un Bernard déjà mal en point. Au moins ce passage est-il agréable, dans les bois, autour du centre de loisirs des Ulis qui a pris le relais de celui, au Bois Persan, que je fréquentais gamin.

La suite du parcours est moins agréable, le long de la N446, en direction du "Ring" de Courtaboeuf à la Folie Bessin. Je choisis de le contourner par la droite, en réduisant au maximum les passages dangereux, tandis que mon père et Bernard prennent au plus court, à gauche.

Nous abandonnons Bernard qui rentre directement sur son plateau, et je fausse compagnie à mon père, à sa demande, pour rentrer au plus vite au bercail, en en profitant pour accélérer un peu le rythme de cette sortie longue mais lente. Je prends la piste cyclable qui longe la N118, et décide, arrivé au Nord de la N188 dans le Bois de la Cyprenne, de prendre un raccourci dans la pente.

Las, je pars trop à l'ouest, et me retrouve coincé derrière les murs de la résidence universitaire qui jouxte le Lycée Blaise Pascal, où j'ai passé mon bac il y a déjà plus de dix ans (ça ne nous rajeunit pas...).

Pas grave, mais ce détour imprévu m'oblige à traverser le centre-ville d'Orsay pour regagner le bord de l'Yvette, où je décide, peut-être toujours mordu par le dénivelé suite à mon périple en Oisans, de remonter vers le Bois des Rames pour une dernière belle petite côte, avant la traversée de la N118, au niveau du passage de Corbeville, et le retour au bercail.

Bilan de cette petite sortie de reprise : 3h29' pour 30 km et 507 m de D+.

Cette semaine sera à nouveau marquée par un repos complet, jusqu'à ce samedi, veille de mon départ à Pornic pour un stage Thalasso / Course à Pied qui devrait faire le plus grand bien.

L'Castor Junior

2006-08-04 11:46:41 : [HS] Une rencontre impromptue avec un coureur d'ultrafond... - 0 photo - 15 réactions

Drôle d'endroit pour une rencontre...

Le monde de l'ultrafond est décidément paradoxalement bien petit !
Ce matin, je feuilletais sur le quai de la gare RER le numéro d'UFO Mag ( http://www.ultrafondus.com ) consacré à l'UTMB 2005, que mon père avait reçu après sa participation l'an dernier.
Petit détail marrant, c'est le premier numéro où j'apparaissais (en photo avec mon père, page 63, pour illustrer l'article du Sanglier sur le Trail 91), à l'occasion de mon tout premier ultra... Tout jeune et déjà dans la famille ;-o)
Bref, je feuilletais le magazine #25, lisant, ou plutôt relisant, l'article d'Alain Corgier sur les 6 jours d'Erkrath, qui relatait la course de Fredou, un UFO, lorsque quelqu'un me tape sur l'épaule : Claude Hardel, circadien de choc et presque voisin, membre du JDM, comme moi, et mon capitaine sur le Raid 28 2006.
Il me taquine, croyant à la vue de la couverture que je révise une dernière fois les règles de base du candidat à l'achèvement du Tour du Mont Blanc dans des délais courts (en fait, je vais me contenter cette année du déjà costaud CCC...).
Je lui explique qu'en fait, je suis surtout focalisé sur l'article des 6 jours, car Fredou, que j'ai rencontré par hasard avec mes compagnons du Tour de l'Oisans OFF au Désert en Valjouffrey (il fallait le faire, dans ce coin perdu entre Isère et Hautes-Alpes, au nom évocateur...), fait partie de ces personnages que l'on a envie de connaître davantage.

Et là, tout s'enchaîne :
Claude me parle du défi fou de Fredou, la Transislande ( http://transislande.blogspot.com/ ), que lui-même envisage de faire un jour (fin juillet serait, apparemment, plus propice en terme de conditions climatiques que le mois de juin).
Il me parle aussi des 24 heures d'Arcueil, où Christine Bodet m'a déjà dit, lors des 12 heures de Bures, qu'elle serait ravie que je l'assiste pour parvenir à passer les 200 km, et que plusieurs UFOs ont, je crois, inscrit à leur calendrier.
Nous évoquons également son 100 km du Morvan, gagné, d'après ses dires, presque par hasard (il voulait surtout se retester sur du "court"), malgré un profil particulièrement exigeant et des conditions climatiques peu favorables. J'avais découvert sa participation, et son résultat, en lisant, a posteriori, le suivi en "direct live" de la participation de ƒred sur ce forum.
Il m'interroge aussi sur notre périple, avec Mathias, Serge, Nico et Michel, autour de l'Oisans sur 4 jours ( http://www.kikourou.net/calendrier/course-7540-tour_de_l_oisans_-_etape_1-2006.html ). Il sait, pour l'avoir couru il y a quelques années, que le Défi de l'Oisans a lieu en ce moment.

Bref, par le plus grand des hasards, et grâce à cet UFO mag que j'avais entre les mains, plusieurs courses, projets, rêves, personnages et copains se sont entremêlés dans les dizaines de minutes qu'ont duré nos échanges.

Décidément, le monde de l'ultrafond est petit, mais c'est bel et bien une grande et belle famille !

L'Castor Junior

2006-08-03 02:01:02 : Tour de l'Oisans - Étape 4 - Refuge de la Muzelle - Le Chazelet - 23-07-2006 - 0 photo - 14 réactions

Quatrième et dernier jour : la victoire en marchant

Où Michel joue la sagesse et la prudence
Après une nuit courte, dans le confort spartiate du dortoir à 30 lits du Refuge de la Muzelle, nous nous réveillons à 6h30, pour prendre le petit déjeuner. Même si je me rappelle parfaitement les conseils d'Olivier, mon guide pour l'ascension du Mont Blanc, qui nous incitait à préférer le thé au chocolat chaud dans les refuges (à cause du lait en poudre), je décide de tenter le coup et commande, comme Serge, un chocolat chaud. Beurk ! La boisson est insipide, et des grumeaux de poudre de lait trônent au fond du bol. Mauvaise pioche... Tant pis, je me rabats sur les tartines de beurre, comme tous les matins. Serge, lui, ne remarque rien. Cet homme est vraiment bizarre ;-o)

L'autre tartinage rituel (crème anti-frottements sur les pieds et crème solaire sur les bras, jambes, visage et cou), est rendu moins agréable par l'absence de douche la veille. Cette dernière étape sent forcément l'écurie, et nous ne devons pas être en reste... Mais, une fois de plus, TUROOM ?
Mes compagnons s'impatientent : ma séance de "maquillage" prendrait trop de temps. Oups... Je tente de limiter les dégâts en me chaussant et en mettant mon sac le plus vite possible, de telle sorte que je peux rattraper Michel, Nico et Mathias, partis quelques instants avant. J'enclenche mon S710i et mon FR205 à 7h10. Seul Serge, qui ne démarre jamais sans quelques étirements, est resté derrière.

Il ne tarde toutefois pas à me dépasser : j'ai un mal fou à avancer ce matin. Est-ce le chocolat qui passe mal, ou bien plutôt la fatigue cumulée sur les trois jours précédents qui commence à se faire sentir ? Je penche plutôt pour cette dernière solution, ce qui ne va pas sans m'inquiéter un peu : l'étape du jour, si elle ne présente pas le profil le plus difficile, reste néanmoins longue (probablement plus d'un marathon, une fois de plus).

En plus, je dois composer avec des lacets noués trop vite, donc mal, et un sac mis sur le dos si vite que je ne parviens pas à récupérer la pipette du CamelBak. Ah, que je déteste ces départs à la va-vite...

Je monte néanmoins les 416 m qui nous séparent du Col du Vallon, à 2531 m, en 40', soit plus de 620 m/h. Décidément, les copains sont partis bien vite. Ont-ils mangé du lion ou sont-ils dopés par la perspective d'en finir enfin ?

En tout cas, je ne prends pas le temps de m'arrêter au sommet, et entame, selon un rituel désormais bien établi, la descente sans attendre mes camarades. Elle n'est pas des plus difficiles, mais reste toutefois assez technique, du moins pour le piètre descendeur que je suis. Comme d'habitude, Michel, Nico, Mathias puis Serge, pourtant partis après moi, me doublent assez rapidement, et je finis la descente qui mène au lac, magnifique, du Lauvitel, à un rythme de vraie tortue... Il m'aura fallu près de 50' pour descendre les 1000 m. La marge de progression reste conséquente...

Je m'arrête 8' pour tenter quelques clichés de ce lac très prisé des randonneurs, car relativement facilement accessible depuis Vénosc et le Bourg d'Arud, puis entame la descente vers la Danchère, le bourg situé, en bas de cette variante du GR54, sur les rives du Vénéon. Comme d'habitude, les fusées Michel, Nico, Mathias et Serge me dépassent bientôt. Rien à faire, le chemin a beau être, selon les termes de Michel, une "autoroute à randonneurs", les nombreuses zones remplies de pierres de toutes tailles me ralentissent irrépressiblement. A une intersection, je retrouve Mathias, qui ne m'a pris, d'après ses dires, que 3'. Il s'interroge : nos amis ont-ils pris le bon chemin ? Aucun des randonneurs montant en sens inverse n'a vu un groupe de cinglés, ni même un seul, descendre en courant. Nous décidons tout de même de leur faire confiance, et continuons la descente, jusqu'à une auberge de plein air, où nous les trouvons, tranquillement attablés, en train de boire : Michel et Nico sont au coca, tandis que Serge siphonne peu à peu sa poche à eau remplie de Maxim goût orange.

Nous profitons de ce moment agréable, au frais malgré un soleil déjà puissant, pour nous ravitailler et discuter une dernière fois tous ensemble, car nous savons que Michel a fait le choix, plus sage vu ses objectifs pour l'UTMB, de retrouver sa voiture en faisant du stop, ce qui lui permettra par ailleurs de retrouver sa petite fille au plus vite. Certes, il a laissé quelques affaires dans la Mathiasmobile, mais Mathias et moi pourrons les lui déposer sur Grenoble le lendemain, lorsque Mathias me déposera à la gare. En comptant le remplissage de nos poches à eau, nous aurons tout de même passé 25' dans ce lieu bucolique. Eh, les amis, n'oubliez pas qu'on a du chemin à faire aujourd'hui, nous rappelle Mathias...

Nous descendons donc (encore !) sur les Escallons, par un chemin de terre bien large où je peux, fait exceptionnel, mener la danse avec Michel. Ce dernier nous quitte finalement sur la route que nous atteignons après le pont sur le Vénéon. Il nous faut donc nous résoudre à voir la puissante locomotive nous abandonner. Quoi qu'il en soit Michel, ta présence à nos côtés, sur ces 3 jours et quelque, aura été des plus agréables, et m'aura personnellement particulièrement touché.

Le GR50 ou l'évitement des Deux Alpes
Nous optons ici pour le GR50, qui nous permet d'éviter le paysage bien peu naturel de la station des Deux Alpes, en nous faisant passer par des zones boisées bien plus agréables. L'ascension jusqu'au Sapey débute après cinq cents mètres sur la route où nous avons quitté Michel, d'abord sur un terrain schisteux complètement à découvert. Il n'est que 10h10, mais la chaleur est déjà difficilement supportable. Je parviens à suivre Nico sur une bonne partie de la montée, puis me fais distancer par lui et dépasser par Serge. Mathias, en revanche, semble souffrir à nouveau. Je pourrais l'attendre, mais préfère capitaliser sur mon retour de forme relatif, comparativement à la première ascension de la journée. La fin de la montée est d'ailleurs bien plus confortable, sur un sol de terre qui passe souvent sous des arbres au feuillage protecteur. Je suis tellement heureux de cette fraîcheur que j'hésite même à marcher, afin de ne pas perdre une seconde de ces précieux instants. Je retrouve Nico et Serge assis dans l'herbe à l'ombre, à proximité d'une petite fermette abandonnée. Hélas, pas une trace de point d'eau à l'horizon.

Nous décidons d'attendre Mathias, et j'en profite pour me ravitailler en solide. Mathias, arrive finalement assez rapidement (encore un de ses retours "boulet de canon" de derrière les fagots !), et nous confirme, à l'intersection suivante, qu'il faut prendre le chemin de droite, qui doit nous faire monter d'encore 140 m environ.

Las, nous ne faisons que descendre. Avons-nous raté le bon chemin ? Il est de toute façon trop tard pour faire demi-tour, et nous continuons en suivant le large sentier, bien roulant, qui nous emmène finalement au lieu-dit La Faurie. Ma cheville droite commence à se rappeler à mon bon souvenir. Pas d'entorse, mais une sensation à mi-chemin entre la gêne et la douleur. Je préfère donc assurer, et me contente de suivre, de loin, Mathias. Un coup d'œil rapide sur la carte nous permet de voir qu'il nous suffit de descendre sur Bons pour retrouver le GR. Nous profitons d'une fontaine pour recharger nos poches à eau, puis continuons la descente, toujours très roulante, sur Bons, seulement entrecoupée d'une petite bosse avant le Ponteil.

Arrivés à Bons, nous ne prendrons pas le temps d'aller observer la Porte Romaine, apparemment un beau vestige de la présence romaine dans la région. Nous ratons le GR qui descend vers le Freney d'Oisans, et nous retrouvons sur une longue portion de route, peu agréable car à forte circulation, qui traverse Mont de Lans en direction du Barrage du Chambon, où Michel nous a indiqué qu'il y avait une buvette très appréciable. Je profite néanmoins de cette portion pour détendre un peu les jambes en soulageant la cheville, et me paie même le luxe d'aller à plus de 10 km/h (j'ai d'ailleurs l'impression, sur le moment, d'aller bien plus vite...).

Frites et coca, ou le ravitaillement idéal du coureur d'ultrafond
Nous apercevons heureusement, dans un virage, un sentier qui descend directement sur le lac, ce qui nous permet de quitter enfin la voie des automobiles et de retrouver un terrain plus naturel. La circulation automobile assez forte nous dissuade finalement de nous arrêter au barrage, et nous suivons l'avis sage de Serge, qui nous recommande de privilégier un arrêt à Mizoën, petit village dont le clocher surplombe la route et le lac. Il faudra tout de même 9' pour monter les 100 m qui nous séparent du village, où se tient une foire à tout. Mathias semble complètement cuit, et je n'en mène pas bien large moi non plus. Serge nous a dégotté une petite auberge au pied de l'église, où nous pouvons enfin apaiser notre soif. Nous commandons un nombre incalculable de Cocas, et, notre fournisseur officiel de saucisson ayant pris la poudre d'escampette, je suggère que nous commandions un peu de nourriture salée. Las, la gérante nous oppose une fin de non-recevoir (elle ne peut rien nous préparer en raison de la foire qui lui a amené 80 couverts). A force d'insister (je lui demande des cacahuètes ou des chips), elle finit par accepter de nous amener, à prix d'or, deux assiettes de frites bien salées. Certes, ce n'est peut-être pas là le ravitaillement idéal, mais, vu l'ascension qui se dessine au loin pour monter sur le Plateau d'Emparis, et vu le soleil qui ne semble pas vouloir perdre en intensité, je suis persuadé qu'un apport de sel est vital.
Nous resterons finalement près d'une heure à la terrasse de cette auberge, et les frites se rappelleront visiblement au bon souvenir de Nico, sans que cela le perturbe trop pour autant.

Nous reprenons le GR50 en direction du Plateau d'Emparis, avec une montée raide sur le Refuge des Chatons, en passant par un hameau du village de Singuigneret. Hélas, ce refuge est fermé, sans le moindre point d'eau alentours. Je rejoins Nico et Serge, arrivés avant moi, et nous attendons Mathias, que la longue pause de midi n'a semble-t-il pas complètement requinqué. Il nous faudra donc continuer, sous le cagnard, sans possibilité de reconstituer nos réserves d'eau.
Nous continuons l'ascension vers le plateau d'Emparis, nous arrêtant à un abreuvoir à vaches ou seul Serge refusera, par prudence, de boire. Le parcours sur le plateau est particulièrement agréable : les terrains minéraux ont laissé la place à de belles terres d'alpage, et la vue sur la barre des Écrins est splendide. Je regrette seulement qu'un amoncellement de nuages m'empêche de voir assez loin au nord pour éventuellement apercevoir les Aiguilles d'Arves que j'aime tant, ne serait-ce que parce qu'elles dominent le village de mes grands parents paternels, face au Mont... Charvin !

Le groupe se disloque quelque peu, au gré de l'état de chacun après ces presque quatre jours de rando-course. Serge est loin devant, suivi de près par Nico, que j'aperçois à peine à l'horizon, et Mathias est invisible derrière moi. Je retrouve finalement Nico à hauteur des Chalets du Fay, où Serge a décidé de rallier la bâtisse la plus éloignée du chemin pour se recharger en eau. Pour ma part, je tente ma chance auprès du premier refuge, à l'abord certes peu avenant (deux molosses délaissés montent la garde devant une caravane largement attaquée par la rouille. La gardienne accepte de me remplir ma bouteille de 50 cl, dont je bois la moitié, et offre l'autre à Mathias, qui a rejoint Nico entre temps.

Nous repartons donc groupés pour la dernière grosse montée qui nous mène au Col du Souchet à 2365 m. Mathias, qui croit reconnaître la fin du parcours du Tour du Plateau d'Emparis, nous annonce qu'il ne nous reste plus que 4 km. Il était un brin trop optimiste, mais on sent tout de même que l'on touche au but. Je passe un mouchoir à Serge, qui saigne du nez, et nous repartons en direction du Chazelet. Nous croisons un groupe de jeunes au sein duquel une jeune fille, nous voyant courir, nous lance, dans une "minute blonde" que la fatigue accumulée rend un peu pénible :
"Eh, quoi, vous avez peur de rater votre train ? Hihihihihi....". No comment...

Le terrain roulant, et bientôt la vue au loin de notre destination finale nous redonnent le moral et un bon coup de peps, et Mathias et moi, restés derrière Nico et Serge, nous lançons dans un sprint tout relatif, à plus de 8 km/h, sous les téléskis, jusqu'au pont sur le Gà, et nous apercevons quelqu'un (Nico en fait) qui court sur la dernière montée jusqu'au centre du Chazelet. Nous nous contenterons, pour notre part, de marcher sur ces dernières centaines de mètres sur le bitume. J'accélère seulement pour immortaliser la belle revanche de Mathias sur ce Tour de l'Oisans magnifique mais extrêmement exigeant. Ce dernier, quant à lui, photographie les dernières marques au sol du Tour du Plateau d'Emparis : 100 m, puis 50, puis la ligne d'arrivée, où nous arrêtons nos chronos.

Bilan de la journée : 10h42' pour 42,7 km et 3142 m de D+.
Bilan cumulé de ce Tour de l'Oisans en quatre jours : 41h24' pour 177,1 km et 13083 m de D+.

Le repas du guerrier
Nous retrouvons, au Gîte Jacquier, Nico et Serge, et le propriétaire, sa fille et son gendre, qui sont revenus victorieux de leur ascension de la Meije. Décidément, ce long week-end aura été celui des exploits !
Avant de filer prendre une douche bien méritée, et probablement d'utilité publique, nous descendons un dernier litron de Coca, voire, l'épreuve étant terminée, d'Orangina, ce qui fait, une fois de plus, un bien fou.
Une fois douchés et changés, nous filons sur la Grave en Mathiasmobile, afin de fêter notre succès commun dans un restaurant de ce village touristique. Nous paniquons presque lorsque les deux premiers lieux visités affichent complet, mais nous finissons par nous attabler à l'intérieur de la Meijette, où nous optons tous pour un menu complet, Mathias et moi prenant même l'option "gros mangeur" : salade composée, crêpe au fromage, pavé d'agneau, fromage blanc et dessert. Il faut dire que, lorsque je m'étais regardé dans la glace après la douche, j'avais bien vu que ces quatre jours ne m'avaient pas franchement remplumé...

De retour au gîte, après avoir craint un instant de devoir pousser la Mathiasmobile enrouée dans la montée, nous jetons un coup d'œil rapide aux courbes cardio/alti de Mathias, à ses photos et aux miennes. Que de souvenirs, déjà !
Mais, la fatigue aidant, tout de même, nous filons rapidement au lit, et passons une excellente nuit, largement méritée, avant de partir assez tôt le lendemain (mon train part de Grenoble à 10h30, et nous devons passer ramener ses affaires à Michel), non sans nous être délectés du petit déjeuner préparé par la fille du propriétaire du gîte.

Épilogue
Que retenir de ces quatre jours passés dans l'Oisans, à l'invitation de Mathias ?
A titre personnel, je suis forcément extrêmement satisfait d'avoir pu aller au bout du périple. Comme mes camarades me l'ont dit, avec une absence totale d'expérience de la moyenne montagne, ce n'était pas gagné d'avance. Heureusement pour moi, la plupart des éléments qui conditionnent souvent le succès dans les épreuves d'ultra étaient bien orientés : une organisation au top (merci Mathias), aucune blessure ni douleur sérieuse, aucun problème digestif, des conditions climatiques parfaitement adéquates, et un mental qui ne s'est pas dérobé devant l'inconnu et les difficultés passagères.
De plus, l'expérience, la gentillesse et la patience de mes compagnons d'aventure m'ont, dès le départ, rassuré et encouragé à tout donner pour aller au bout de l'aventure.
Si je place cette escapade dans le cadre de ma préparation au CCC, je pense avoir appris, ou confirmé, beaucoup de choses :
- je maîtrise enfin un minimum l'utilisation des bâtons, autant grâce à la pratique obligatoire pendant ces quatre jours que grâce aux judicieux conseils donnés par Serge ou Michel,
- je comprends mieux à quoi peuvent correspondre les 4500 m de D+ du parcours de fin août, avec de longues montées et de tout aussi longues descentes,
- je pense avoir progressé (si, si.. Un peu !) dans le domaine de la descente,
- j'ai pu tester un nouveau rythme d'alimentation (1 barre toutes les deux heures, au lieu d'une toutes les 75' habituellement),
- les courses à étapes ne me font plus réellement peur.
Ma prochaine, et dernière (!) grosse sortie avant le CCC sera, le 13 août, la Via Romana à Carpineto, en Corse : 58 km et 3500 m de D+, que je compte effectuer à une allure tranquille, deux semaines avant Courmayeur. D'ici là, le planning devrait être plutôt calme, comme il l'a été depuis la fin du Tour de l'Oisans (une seule sortie, ce dimanche : 30 km et 500 m de D+ dans cette région parisienne que j'avais presque oubliée...).

Quant à mes compagnons dans cette aventure un peu folle, ils ont tous repris leur rythme habituel :
- Mathias, qui ne fait jamais dans la demi-mesure, a enchaîné dès le mercredi avec une rando de 11h pour 30 km et 1566 m de D+ dans le Vercors ( http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=34955 ), et part en fin de semaine en Corse pour boucler le GR20 en cinq jours. Attention tout de même à ne pas te griller complètement avant l'UTMB !
- Serge, que sa soif de D+ n'a pas lâché, a enfourché son vélo puis chaussé ses running ( http://www.kikourou.net/entrainement/navigation.php?init=1&kikoureur=44&navmois=7 ) pour continuer sa course folle en tête du classement du D+ de Kikouroù.
- Nico et Michel, les deux plus puissants pour cette édition 2006 de l'UTMB, se sont retrouvés avec d'autres UFOs ce week-end pour une autre sortie un peu folle, avec quelques coureurs du dimanche (!) comme Vincent Delebarre ( http://www.skitour.fr/blog/theo73-le-stef/522-trail-des-amis-tournette-et-cie ). Hélas, Nico s'est abîmé la cheville lors de cette escapade, et va devoir faire du jus pendant au moins deux semaines. Pas glop... Michel, quant à lui, a semble-t-il une fois de plus bien géré cette sortie préparatoire. Le talent et le sérieux devraient lui permettre de briller cette année encore : il le mérite à tous points de vue !

Voili, voilou... Prochaine étape importante donc : la Via Romana, avant le CCC fin août. Les CR seront probablement plus longs à venir, mais je ferai de mon mieux !

L'Castor Junior

Tous les billets

www.courseapied.net - info@courseapied.net