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2006-08-03 02:01:02 : Tour de l'Oisans - Étape 4 - Refuge de la Muzelle - Le Chazelet - 23-07-2006

Quatrième et dernier jour : la victoire en marchant

Où Michel joue la sagesse et la prudence
Après une nuit courte, dans le confort spartiate du dortoir à 30 lits du Refuge de la Muzelle, nous nous réveillons à 6h30, pour prendre le petit déjeuner. Même si je me rappelle parfaitement les conseils d'Olivier, mon guide pour l'ascension du Mont Blanc, qui nous incitait à préférer le thé au chocolat chaud dans les refuges (à cause du lait en poudre), je décide de tenter le coup et commande, comme Serge, un chocolat chaud. Beurk ! La boisson est insipide, et des grumeaux de poudre de lait trônent au fond du bol. Mauvaise pioche... Tant pis, je me rabats sur les tartines de beurre, comme tous les matins. Serge, lui, ne remarque rien. Cet homme est vraiment bizarre ;-o)

L'autre tartinage rituel (crème anti-frottements sur les pieds et crème solaire sur les bras, jambes, visage et cou), est rendu moins agréable par l'absence de douche la veille. Cette dernière étape sent forcément l'écurie, et nous ne devons pas être en reste... Mais, une fois de plus, TUROOM ?
Mes compagnons s'impatientent : ma séance de "maquillage" prendrait trop de temps. Oups... Je tente de limiter les dégâts en me chaussant et en mettant mon sac le plus vite possible, de telle sorte que je peux rattraper Michel, Nico et Mathias, partis quelques instants avant. J'enclenche mon S710i et mon FR205 à 7h10. Seul Serge, qui ne démarre jamais sans quelques étirements, est resté derrière.

Il ne tarde toutefois pas à me dépasser : j'ai un mal fou à avancer ce matin. Est-ce le chocolat qui passe mal, ou bien plutôt la fatigue cumulée sur les trois jours précédents qui commence à se faire sentir ? Je penche plutôt pour cette dernière solution, ce qui ne va pas sans m'inquiéter un peu : l'étape du jour, si elle ne présente pas le profil le plus difficile, reste néanmoins longue (probablement plus d'un marathon, une fois de plus).

En plus, je dois composer avec des lacets noués trop vite, donc mal, et un sac mis sur le dos si vite que je ne parviens pas à récupérer la pipette du CamelBak. Ah, que je déteste ces départs à la va-vite...

Je monte néanmoins les 416 m qui nous séparent du Col du Vallon, à 2531 m, en 40', soit plus de 620 m/h. Décidément, les copains sont partis bien vite. Ont-ils mangé du lion ou sont-ils dopés par la perspective d'en finir enfin ?

En tout cas, je ne prends pas le temps de m'arrêter au sommet, et entame, selon un rituel désormais bien établi, la descente sans attendre mes camarades. Elle n'est pas des plus difficiles, mais reste toutefois assez technique, du moins pour le piètre descendeur que je suis. Comme d'habitude, Michel, Nico, Mathias puis Serge, pourtant partis après moi, me doublent assez rapidement, et je finis la descente qui mène au lac, magnifique, du Lauvitel, à un rythme de vraie tortue... Il m'aura fallu près de 50' pour descendre les 1000 m. La marge de progression reste conséquente...

Je m'arrête 8' pour tenter quelques clichés de ce lac très prisé des randonneurs, car relativement facilement accessible depuis Vénosc et le Bourg d'Arud, puis entame la descente vers la Danchère, le bourg situé, en bas de cette variante du GR54, sur les rives du Vénéon. Comme d'habitude, les fusées Michel, Nico, Mathias et Serge me dépassent bientôt. Rien à faire, le chemin a beau être, selon les termes de Michel, une "autoroute à randonneurs", les nombreuses zones remplies de pierres de toutes tailles me ralentissent irrépressiblement. A une intersection, je retrouve Mathias, qui ne m'a pris, d'après ses dires, que 3'. Il s'interroge : nos amis ont-ils pris le bon chemin ? Aucun des randonneurs montant en sens inverse n'a vu un groupe de cinglés, ni même un seul, descendre en courant. Nous décidons tout de même de leur faire confiance, et continuons la descente, jusqu'à une auberge de plein air, où nous les trouvons, tranquillement attablés, en train de boire : Michel et Nico sont au coca, tandis que Serge siphonne peu à peu sa poche à eau remplie de Maxim goût orange.

Nous profitons de ce moment agréable, au frais malgré un soleil déjà puissant, pour nous ravitailler et discuter une dernière fois tous ensemble, car nous savons que Michel a fait le choix, plus sage vu ses objectifs pour l'UTMB, de retrouver sa voiture en faisant du stop, ce qui lui permettra par ailleurs de retrouver sa petite fille au plus vite. Certes, il a laissé quelques affaires dans la Mathiasmobile, mais Mathias et moi pourrons les lui déposer sur Grenoble le lendemain, lorsque Mathias me déposera à la gare. En comptant le remplissage de nos poches à eau, nous aurons tout de même passé 25' dans ce lieu bucolique. Eh, les amis, n'oubliez pas qu'on a du chemin à faire aujourd'hui, nous rappelle Mathias...

Nous descendons donc (encore !) sur les Escallons, par un chemin de terre bien large où je peux, fait exceptionnel, mener la danse avec Michel. Ce dernier nous quitte finalement sur la route que nous atteignons après le pont sur le Vénéon. Il nous faut donc nous résoudre à voir la puissante locomotive nous abandonner. Quoi qu'il en soit Michel, ta présence à nos côtés, sur ces 3 jours et quelque, aura été des plus agréables, et m'aura personnellement particulièrement touché.

Le GR50 ou l'évitement des Deux Alpes
Nous optons ici pour le GR50, qui nous permet d'éviter le paysage bien peu naturel de la station des Deux Alpes, en nous faisant passer par des zones boisées bien plus agréables. L'ascension jusqu'au Sapey débute après cinq cents mètres sur la route où nous avons quitté Michel, d'abord sur un terrain schisteux complètement à découvert. Il n'est que 10h10, mais la chaleur est déjà difficilement supportable. Je parviens à suivre Nico sur une bonne partie de la montée, puis me fais distancer par lui et dépasser par Serge. Mathias, en revanche, semble souffrir à nouveau. Je pourrais l'attendre, mais préfère capitaliser sur mon retour de forme relatif, comparativement à la première ascension de la journée. La fin de la montée est d'ailleurs bien plus confortable, sur un sol de terre qui passe souvent sous des arbres au feuillage protecteur. Je suis tellement heureux de cette fraîcheur que j'hésite même à marcher, afin de ne pas perdre une seconde de ces précieux instants. Je retrouve Nico et Serge assis dans l'herbe à l'ombre, à proximité d'une petite fermette abandonnée. Hélas, pas une trace de point d'eau à l'horizon.

Nous décidons d'attendre Mathias, et j'en profite pour me ravitailler en solide. Mathias, arrive finalement assez rapidement (encore un de ses retours "boulet de canon" de derrière les fagots !), et nous confirme, à l'intersection suivante, qu'il faut prendre le chemin de droite, qui doit nous faire monter d'encore 140 m environ.

Las, nous ne faisons que descendre. Avons-nous raté le bon chemin ? Il est de toute façon trop tard pour faire demi-tour, et nous continuons en suivant le large sentier, bien roulant, qui nous emmène finalement au lieu-dit La Faurie. Ma cheville droite commence à se rappeler à mon bon souvenir. Pas d'entorse, mais une sensation à mi-chemin entre la gêne et la douleur. Je préfère donc assurer, et me contente de suivre, de loin, Mathias. Un coup d'œil rapide sur la carte nous permet de voir qu'il nous suffit de descendre sur Bons pour retrouver le GR. Nous profitons d'une fontaine pour recharger nos poches à eau, puis continuons la descente, toujours très roulante, sur Bons, seulement entrecoupée d'une petite bosse avant le Ponteil.

Arrivés à Bons, nous ne prendrons pas le temps d'aller observer la Porte Romaine, apparemment un beau vestige de la présence romaine dans la région. Nous ratons le GR qui descend vers le Freney d'Oisans, et nous retrouvons sur une longue portion de route, peu agréable car à forte circulation, qui traverse Mont de Lans en direction du Barrage du Chambon, où Michel nous a indiqué qu'il y avait une buvette très appréciable. Je profite néanmoins de cette portion pour détendre un peu les jambes en soulageant la cheville, et me paie même le luxe d'aller à plus de 10 km/h (j'ai d'ailleurs l'impression, sur le moment, d'aller bien plus vite...).

Frites et coca, ou le ravitaillement idéal du coureur d'ultrafond
Nous apercevons heureusement, dans un virage, un sentier qui descend directement sur le lac, ce qui nous permet de quitter enfin la voie des automobiles et de retrouver un terrain plus naturel. La circulation automobile assez forte nous dissuade finalement de nous arrêter au barrage, et nous suivons l'avis sage de Serge, qui nous recommande de privilégier un arrêt à Mizoën, petit village dont le clocher surplombe la route et le lac. Il faudra tout de même 9' pour monter les 100 m qui nous séparent du village, où se tient une foire à tout. Mathias semble complètement cuit, et je n'en mène pas bien large moi non plus. Serge nous a dégotté une petite auberge au pied de l'église, où nous pouvons enfin apaiser notre soif. Nous commandons un nombre incalculable de Cocas, et, notre fournisseur officiel de saucisson ayant pris la poudre d'escampette, je suggère que nous commandions un peu de nourriture salée. Las, la gérante nous oppose une fin de non-recevoir (elle ne peut rien nous préparer en raison de la foire qui lui a amené 80 couverts). A force d'insister (je lui demande des cacahuètes ou des chips), elle finit par accepter de nous amener, à prix d'or, deux assiettes de frites bien salées. Certes, ce n'est peut-être pas là le ravitaillement idéal, mais, vu l'ascension qui se dessine au loin pour monter sur le Plateau d'Emparis, et vu le soleil qui ne semble pas vouloir perdre en intensité, je suis persuadé qu'un apport de sel est vital.
Nous resterons finalement près d'une heure à la terrasse de cette auberge, et les frites se rappelleront visiblement au bon souvenir de Nico, sans que cela le perturbe trop pour autant.

Nous reprenons le GR50 en direction du Plateau d'Emparis, avec une montée raide sur le Refuge des Chatons, en passant par un hameau du village de Singuigneret. Hélas, ce refuge est fermé, sans le moindre point d'eau alentours. Je rejoins Nico et Serge, arrivés avant moi, et nous attendons Mathias, que la longue pause de midi n'a semble-t-il pas complètement requinqué. Il nous faudra donc continuer, sous le cagnard, sans possibilité de reconstituer nos réserves d'eau.
Nous continuons l'ascension vers le plateau d'Emparis, nous arrêtant à un abreuvoir à vaches ou seul Serge refusera, par prudence, de boire. Le parcours sur le plateau est particulièrement agréable : les terrains minéraux ont laissé la place à de belles terres d'alpage, et la vue sur la barre des Écrins est splendide. Je regrette seulement qu'un amoncellement de nuages m'empêche de voir assez loin au nord pour éventuellement apercevoir les Aiguilles d'Arves que j'aime tant, ne serait-ce que parce qu'elles dominent le village de mes grands parents paternels, face au Mont... Charvin !

Le groupe se disloque quelque peu, au gré de l'état de chacun après ces presque quatre jours de rando-course. Serge est loin devant, suivi de près par Nico, que j'aperçois à peine à l'horizon, et Mathias est invisible derrière moi. Je retrouve finalement Nico à hauteur des Chalets du Fay, où Serge a décidé de rallier la bâtisse la plus éloignée du chemin pour se recharger en eau. Pour ma part, je tente ma chance auprès du premier refuge, à l'abord certes peu avenant (deux molosses délaissés montent la garde devant une caravane largement attaquée par la rouille. La gardienne accepte de me remplir ma bouteille de 50 cl, dont je bois la moitié, et offre l'autre à Mathias, qui a rejoint Nico entre temps.

Nous repartons donc groupés pour la dernière grosse montée qui nous mène au Col du Souchet à 2365 m. Mathias, qui croit reconnaître la fin du parcours du Tour du Plateau d'Emparis, nous annonce qu'il ne nous reste plus que 4 km. Il était un brin trop optimiste, mais on sent tout de même que l'on touche au but. Je passe un mouchoir à Serge, qui saigne du nez, et nous repartons en direction du Chazelet. Nous croisons un groupe de jeunes au sein duquel une jeune fille, nous voyant courir, nous lance, dans une "minute blonde" que la fatigue accumulée rend un peu pénible :
"Eh, quoi, vous avez peur de rater votre train ? Hihihihihi....". No comment...

Le terrain roulant, et bientôt la vue au loin de notre destination finale nous redonnent le moral et un bon coup de peps, et Mathias et moi, restés derrière Nico et Serge, nous lançons dans un sprint tout relatif, à plus de 8 km/h, sous les téléskis, jusqu'au pont sur le Gà, et nous apercevons quelqu'un (Nico en fait) qui court sur la dernière montée jusqu'au centre du Chazelet. Nous nous contenterons, pour notre part, de marcher sur ces dernières centaines de mètres sur le bitume. J'accélère seulement pour immortaliser la belle revanche de Mathias sur ce Tour de l'Oisans magnifique mais extrêmement exigeant. Ce dernier, quant à lui, photographie les dernières marques au sol du Tour du Plateau d'Emparis : 100 m, puis 50, puis la ligne d'arrivée, où nous arrêtons nos chronos.

Bilan de la journée : 10h42' pour 42,7 km et 3142 m de D+.
Bilan cumulé de ce Tour de l'Oisans en quatre jours : 41h24' pour 177,1 km et 13083 m de D+.

Le repas du guerrier
Nous retrouvons, au Gîte Jacquier, Nico et Serge, et le propriétaire, sa fille et son gendre, qui sont revenus victorieux de leur ascension de la Meije. Décidément, ce long week-end aura été celui des exploits !
Avant de filer prendre une douche bien méritée, et probablement d'utilité publique, nous descendons un dernier litron de Coca, voire, l'épreuve étant terminée, d'Orangina, ce qui fait, une fois de plus, un bien fou.
Une fois douchés et changés, nous filons sur la Grave en Mathiasmobile, afin de fêter notre succès commun dans un restaurant de ce village touristique. Nous paniquons presque lorsque les deux premiers lieux visités affichent complet, mais nous finissons par nous attabler à l'intérieur de la Meijette, où nous optons tous pour un menu complet, Mathias et moi prenant même l'option "gros mangeur" : salade composée, crêpe au fromage, pavé d'agneau, fromage blanc et dessert. Il faut dire que, lorsque je m'étais regardé dans la glace après la douche, j'avais bien vu que ces quatre jours ne m'avaient pas franchement remplumé...

De retour au gîte, après avoir craint un instant de devoir pousser la Mathiasmobile enrouée dans la montée, nous jetons un coup d'œil rapide aux courbes cardio/alti de Mathias, à ses photos et aux miennes. Que de souvenirs, déjà !
Mais, la fatigue aidant, tout de même, nous filons rapidement au lit, et passons une excellente nuit, largement méritée, avant de partir assez tôt le lendemain (mon train part de Grenoble à 10h30, et nous devons passer ramener ses affaires à Michel), non sans nous être délectés du petit déjeuner préparé par la fille du propriétaire du gîte.

Épilogue
Que retenir de ces quatre jours passés dans l'Oisans, à l'invitation de Mathias ?
A titre personnel, je suis forcément extrêmement satisfait d'avoir pu aller au bout du périple. Comme mes camarades me l'ont dit, avec une absence totale d'expérience de la moyenne montagne, ce n'était pas gagné d'avance. Heureusement pour moi, la plupart des éléments qui conditionnent souvent le succès dans les épreuves d'ultra étaient bien orientés : une organisation au top (merci Mathias), aucune blessure ni douleur sérieuse, aucun problème digestif, des conditions climatiques parfaitement adéquates, et un mental qui ne s'est pas dérobé devant l'inconnu et les difficultés passagères.
De plus, l'expérience, la gentillesse et la patience de mes compagnons d'aventure m'ont, dès le départ, rassuré et encouragé à tout donner pour aller au bout de l'aventure.
Si je place cette escapade dans le cadre de ma préparation au CCC, je pense avoir appris, ou confirmé, beaucoup de choses :
- je maîtrise enfin un minimum l'utilisation des bâtons, autant grâce à la pratique obligatoire pendant ces quatre jours que grâce aux judicieux conseils donnés par Serge ou Michel,
- je comprends mieux à quoi peuvent correspondre les 4500 m de D+ du parcours de fin août, avec de longues montées et de tout aussi longues descentes,
- je pense avoir progressé (si, si.. Un peu !) dans le domaine de la descente,
- j'ai pu tester un nouveau rythme d'alimentation (1 barre toutes les deux heures, au lieu d'une toutes les 75' habituellement),
- les courses à étapes ne me font plus réellement peur.
Ma prochaine, et dernière (!) grosse sortie avant le CCC sera, le 13 août, la Via Romana à Carpineto, en Corse : 58 km et 3500 m de D+, que je compte effectuer à une allure tranquille, deux semaines avant Courmayeur. D'ici là, le planning devrait être plutôt calme, comme il l'a été depuis la fin du Tour de l'Oisans (une seule sortie, ce dimanche : 30 km et 500 m de D+ dans cette région parisienne que j'avais presque oubliée...).

Quant à mes compagnons dans cette aventure un peu folle, ils ont tous repris leur rythme habituel :
- Mathias, qui ne fait jamais dans la demi-mesure, a enchaîné dès le mercredi avec une rando de 11h pour 30 km et 1566 m de D+ dans le Vercors ( http://www.kikourou.net/entrainement/ficheseance.php?id=34955 ), et part en fin de semaine en Corse pour boucler le GR20 en cinq jours. Attention tout de même à ne pas te griller complètement avant l'UTMB !
- Serge, que sa soif de D+ n'a pas lâché, a enfourché son vélo puis chaussé ses running ( http://www.kikourou.net/entrainement/navigation.php?init=1&kikoureur=44&navmois=7 ) pour continuer sa course folle en tête du classement du D+ de Kikouroù.
- Nico et Michel, les deux plus puissants pour cette édition 2006 de l'UTMB, se sont retrouvés avec d'autres UFOs ce week-end pour une autre sortie un peu folle, avec quelques coureurs du dimanche (!) comme Vincent Delebarre ( http://www.skitour.fr/blog/theo73-le-stef/522-trail-des-amis-tournette-et-cie ). Hélas, Nico s'est abîmé la cheville lors de cette escapade, et va devoir faire du jus pendant au moins deux semaines. Pas glop... Michel, quant à lui, a semble-t-il une fois de plus bien géré cette sortie préparatoire. Le talent et le sérieux devraient lui permettre de briller cette année encore : il le mérite à tous points de vue !

Voili, voilou... Prochaine étape importante donc : la Via Romana, avant le CCC fin août. Les CR seront probablement plus longs à venir, mais je ferai de mon mieux !

L'Castor Junior

Les réactions

Par serge, le 2006-08-03 02:20:14
je confirme pour le chocolat, rien remarqué. de toute façon, je trempe du pain dans le bol jusqu'à qu'il ne reste plus rien à boire.

dans la montée du Sappey, j'étais une grande partie derrière toi. je t'ai passé sur la fin pour rester derrière Nicolas.

pour les batons, j'ai vu des progrès dans les montées, à améliorer encore pour profiter de toute l'aide qu'ils peuvent apporter.

merci pour ces cr et encore une fois bravo.

Par L'Castor Junior, le 2006-08-03 02:41:40
Salut Serge,
Commentaire plus long que la dernière fois ;-o)

J'ai rectifié le CR pour la montée du Sapey (décidément, ma mémoire me joue des tours...).
Pour les bâtons, j'ai essayé effectivement de tenir compte de tes conseils. Difficile de prendre le pli rapidement, mais je vais essayer de progresser encore. En tout cas, je te dois une fière chandelle en la matière.

Pour les CR, c'est ma façon de graver quelques souvenirs de ce périple qui m'a tant plu. Pour ce qui est du résultat final, je vous dois, à tous, beaucoup : vous avez été extrêmement patients dans de nombreux cas, et ça m'a permis de garder le cap dans les moments difficiles où mon manque de pratique se faisait cruellement sentir.
En tout cas, je n'ai qu'une envie, c'est de remettre ça à l'avenir. On se tient au courant ;-o)

Par Cestpasmoi, le 2006-08-03 09:23:49
Bonjour - Merci de nous préciser que d'autres exploits (donc d'autres CR) sont prévus pour bientôt : j'ai pris un tel plaisir à suivre vos aventures que j'attends la suite avec impatience ! Bravo tant pour la performance que pour la qualité du compte-rendu. Il y a bien longtemps que je ne suis pas allée à la montagne mais voilà que cela me titille à nouveau :-)
--
Caro

Par Enzo, le 2006-08-03 10:01:48
C'est vrai que les 4 chapitres de votre Tour de l'Oisans donne envie de prendre ses chaussures de rando pour partir sur les sommets !!!

Merci et bravo pour tout.

Enzo

Par Martine11, le 2006-08-03 10:12:50
Très beau récit, très belles photos!! J'ai suivi avec bonheur votre belle aventure.
Bon repos à vous quatre
Martine

Par L'Castor Junior, le 2006-08-03 10:50:43
Caro, merci pour ton message : Mathias devrait terminer à son retour de Corse son CR du Tour de l'Oisans, et nous gratifier d'un beau récit de son tour du GR20. A suivre sur Kikouroù !
Quant à la montagne, je n'ai qu'un conseil à te donner : vas-y, fonce ! C'est vraiment trop bon !!!

Enzo : pourquoi des chaussures de rando ? Nous avons tout fait en chaussures de trail, et les sensations sont bien plus agréables. Essaie, tu seras, je pense, agréablement surpris !
Merci en tout cas d'avoir suivi l'aventure jusqu'au bout !

Martine, le repos s'impose en effet, du moins je préfère marquer quelques jours plus calmes avant la reprise des courses de fous ;-o)
Je suis ravi que le récit de la balade t'ait plu : c'est bien là ce qui nous motive à faire partager nos expériences.
Merci à toi aussi de m'avoir lu, et à bientôt peut-être sur une course ou sortie en région parisienne !

Par JP II, le 2006-08-03 11:12:16
Alors ça y est c'est fini ???

Le repas que vous avez fait spécial gros mangeur a du être apprécié !!!!

Merci monsieur le castor, quelle santé !

J'aime bcp la photo des adieux au chazelet

Par michette, le 2006-08-03 11:45:01
si je sais toujours compter vous avez fait l'équivalent d'un marathon par jour en moyenne : une drôle de "promenade" où tu as eu le temps de prendre de superbes photos et des notes aussi??car tes cr sont extrèmement détaillés; ah la meije vue du plateau d'emparis : magnifique, grandiose et comme je te l'ai déjà dit une petite station de ski sans prétention et bien sympathique; encore bravo et merci pour ces cr qui mine de rien ont dû te donner du boulot

Par L'Castor Junior, le 2006-08-03 13:56:42
JP II : eh oui, c'est bel et bien terminé. Nous étions tous ravis d'être allés au bout de l'aventure. Pour le repas, je pense même que j'aurais pu en prendre un second dans la foulée : de retour à la maison, ma balance m'a indiqué le taux de graisse le plus faible que j'aie jamais eu. J'étais vraiment tout sec... Heureusement, nutella et (quasi) repos sportif m'ont permis de refaire un peu de gras ;-o)

michette, effectivement, nous avons enchaîné les marathons avec 3000 m de D+. 4 marathons en quatre jour, c'est beaucoup, mais à notre rythme, ça allait !
Je n'ai pas pris de notes, mais les photos et les cartes aident à recadrer les souvenirs...
Quant à la Meije, je confirme le côté grandiose. Et je suis effectivement tombé sous le charme du Chazelet...
Ravi d'avoir pu faire partager ces bons moments !

Par mielou, le 2006-08-03 14:13:22
tu emmagasines un capital confiance qui devrais te permettre d'affronter les futurs défis
ta route est encore longue mais tu commences à maitriser ton sujet malgré ton jeune age chez les ultras
impressionnant et rassurant
tu es vraiment sur la bonne voie

Par Calou, le 2006-08-04 11:07:11
Un seul mot : Magnifique !!!!
Quelle Aventure et quelle pêche !!!
On ne peut plus t'arrêter l'Castor ??GENIAL !!!!!
Merci !
Calou

Par L'Castor Junior, le 2006-08-05 14:43:05
mielou et Calou (tiens, ça rime ;-o) )
Merci pour vos compliments !
J'espère en effet qu'aucun petit bobo ne viendra m'empêcher de goûter à ces petits plaisirs parfois un peu fous !
Tiens, vous me devez tous les deux une participation à une CO, n'oubliez pas !
;-o)

Par Colimaçon, le 2006-09-28 07:57:26
Je ne découvre ces CR que maintenant (j'étais sans internet en plein massif de l'Argoat à ce moment là). Belle aventure avec ces montagnards. On voit enfin à quoi ressemble notre webmaster.

A l'occasion, ce serait sympa de montrer comment on se sert des bâtons sur un billet de blog purement technique....

A+

Par L'Castor Junior, le 2006-09-28 09:12:43
Salut Coli,
Tiens, je ne connaissais pas l'Argoat, mais ce que Google m'en a montré me fait bien envie (un week-end ou quelques jours l'été prochain ?).

Pour le Tour de l'Oisans, je t'accorde que ce fut une aventure extraordinaire, avec des compagnons de route pleins de multiples qualités. Quant à Serge, il est vrai qu'il est assez discret, même s'il met parfois lui-même quelques photos sur ses récits...

Pour l'utilisation des bâtons, c'est noté. J'essaierai de glisser ça dès que j'aurai rattrapé mon retard estival... ;-)
A+

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2006-08-02 02:19:32 : Tour de l'Oisans - Étape 3 - Le Casset - Refuge de la Muzelle - 22-07-2006 - 0 photo - 11 réactions

Troisième jour : la revanche sur la Muzelle

Chacun sa route, chacun son chemin...
Nous nous réveillons à 5h30 en prévision de l'étape la plus courte, en kilomètres, mais probablement la plus difficile, ne serait-ce que par son dénivelé (plus de 4000 m d'après l'IGN). Le patron du gîte a d'ailleurs accepté, à titre tout à fait exceptionnel, lorsque nous lui avons indiqué notre objectif du jour, de servir le petit déjeuner dès 5h45.
La routine s'installe : café pour Mathias et Michel, café au lait pour Nico, et chocolat au lait pour Serge et moi. Nous ne lésinons pas sur les tranches de pain accompagnées de beurre et de confiture. Comme à mon habitude, je me tartine les pieds de crème anti-frottements, avant de remettre des chaussettes qui commencent à porter les traces de l'effort, et me recouvre littéralement les parties du corps exposées au soleil d'une bonne couche de crème solaire.
L'heure des choix arrive : l'an dernier, Mathias, parti seul pour un périple similaire, avait dû abandonner, carbonisé, au pied de la Muzelle, destination de l'étape du jour. L'objectif aujourd'hui est donc, pour lui, de prendre une revanche méritée sur ce col réputé très difficile. De toute évidence, il est le plus marqué du groupe et, de mon côté, je ne brille pas particulièrement par ma maîtrise technique du cheminement en moyenne montagne, malgré un apprentissage accéléré lors des deux premières journées. De leur côté, Michel, Serge et Nico, s'ils souffrent, le cachent plutôt bien, et sont, de toute évidence, bien plus performants que nous.
Aussi, ainsi que nous l'avions évoqué la veille, nous décidons de nous scinder en deux groupes. Les "forts" optent pour une montée sur le Col des Colombes, qui ajoute environ 400 m de D+, tandis que Mathias et moi restons sagement sur le GR54 jusqu'à Villar-Loubière, soit 7 kilomètres tranquilles en fond de vallée.
But du jeu : se regrouper au Refuge des Souffles, prélude à l'ascension du Col de la Vaurze. Si tout se passe comme nous l'espérons, cela devrait même nous permettre, à Mathias et moi, de nous reposer quelques instants au Refuge, en attendant que nos camarades soient redescendus de leur difficulté supplémentaire. Mais, pour cela, il ne nous faut pas trop tarder.
A 6h28, nous partons donc (relativement) vite sur un GR très roulant et plutôt agréable et, qui plus est, en léger faux plat descendant. Nous atteignons ainsi Villar-Loubière en 48', soit moins de 7' au km, après avoir dépassé sans y mettre les pieds La Chapelle en Valgaudemar, où Mathias avait eu tant de mal à se loger l'an dernier.
Lors de l'ascension vers le Refuge des Souffles, nous dépassons un groupe de randonneurs qui nous interpellent (en substance) :
"Dites, les jeunes, vous feriez mieux de profiter du paysage !"
Rassurez-vous, nous n'en perdons pas une miette ! Certes, j'hésite parfois à sortir l'appareil photo et à prendre le temps d'immortaliser un paysage, un décor à couper le souffle, mais le cerveau s'imprègne totalement de cet environnement qui, pour moi en tout cas, a quelque chose de magique.
Nous atteignons finalement le Refuge des Souffles, ou plutôt ce qu'il en reste, vers 8h45. En effet, des travaux de reconstruction ont été entamés, et, en fait de refuge, nous ne trouvons qu'un amas de tôle et de bois. Heureusement, un point d'eau a été maintenu quelques mètres plus haut, qui nous permet de boire à volonté, mais Mathias, qui cherchait un endroit confortable pour évacuer quelques troubles gastriques, sera contraint de se tourner directement vers Mère Nature... En tout cas, nous constatons avec une certaine satisfaction que nous avons finalement réussi à parvenir au point de rendez-vous avant nos compagnons. Il s'en est toutefois fallu de peu, car Michel nous rejoint cinq petites minutes après notre arrivée, bientôt suivi de Nico et Serge.

Quand t'es dans le désert, depuis trop longtemps...
Connaissant mes talents de boulet, et la capacité de Mathias, tel un phénix renaissant de ces cendres, à revenir dans une ascension comme un boulet de canon, je décide de prendre un peu d'avance sur mes camarades pour la fin de l'ascension au Col de la Vaurze. Bien m'en prend, car cette ascension est truffée de petits passages en descente assez techniques, sur un chemin schisteux parfois très étroit et rendu glissant par l'eau qui s'écoule par endroits. Michel, Nico et Serge me dépassent malgré tout, et je parviens au sommet, à 2500 m, vers 10h20. J'aperçois, dans la vallée, le Désert en Valjouffrey, où nous devrions faire notre pause de midi. La descente m'apparaît, comme souvent, assez périlleuse, et je m'élance dès que Mathias atteint le col. Ce sera toujours ça de pris !
Comme d'habitude, tous mes camarades me dépassent assez rapidement : Michel d'abord, puis Nico, suivi de Serge, et enfin Mathias. Ce dernier, observant ma "technique" de descente (à savoir : marcher pour sécuriser au maximum l'appui à chaque pas), me conseille de trottiner au contraire le plus souvent possible, afin, justement, de réduire le plus possible la durée de chaque appui, ce qui permet paradoxalement de sécuriser davantage la descente.
Grâce à ces nouveaux conseils, après ceux de Michel la veille, je me lâche (un peu) plus dans la descente, et parviens en bas quelques dizaines de secondes après Mathias, qui a toutefois probablement levé le pied pour m'attendre.

Nous retrouvons nos camarades, attablés à la terrasse d'un bar, en pleine discussion avec un jeune couple apparemment fort sympathique, que je semble être le seul à ne pas connaître du tout. Il s'agit en fait de fredou et Sophie. Fredou est un UFO de haut vol : son dernier exploit en date ? La Transislande. Allez jeter un coup d'œil sur son site, c'est absolument délirant ( http://transislande.blogspot.com/ ). En discutant avec lui autour de Cocas, panachés, chips et autres tranches de saucisson, je découvre que nous avons des relations communes : fredou a en effet participé l'an dernier aux 6 jours d'Erkrath, où Claude Hardel et Christine Bodet, mes coéquipiers du Raid 28, s'étaient imposés dans leur catégorie respective. Le monde de l'ultrafond est décidément bien petit : même au fin fond du Désert, on arrive à retrouver des gens qui sont animés de la même passion. Et, ce que j'apprécie particulièrement avec ces personnes-là, c'est la simplicité et la gentillesse qui les caractérisent le plus souvent. Fredou et Sophie ne dérogent pas à la règle, et leur présence s'ajoute à notre besoin de repos pour nous clouer dans cette vallée encaissée pendant près d'une heure, jusqu'à 12h30.

Pourtant, que la montagne est belle...
Après avoir quitté nos deux amis rencontrés par hasard, et rechargé nos camelbaks à la fontaine du village, nous nous mettons en route pour le deuxième grand col du jour : environ 1000 m de D+ à grimper d'une seule traite, sous un soleil de plomb, heure oblige, pour atteindre le sommet du Col de Côte Belle, situé à 2290 m d'altitude.
Serge annonce la couleur dès le départ : il souhaite tester sa vitesse ascensionnelle sur cette fin d'étape, et compte se rendre au Refuge de la Muzelle au plus vite, sans nous attendre spécialement en chemin. Ce grimpeur d'exception a bien raison de se lâcher un peu : il est important que chacun d'entre nous profite au mieux de cette excursion de quatre jours entre amis.
Michel le suit de près, et Nicolas et moi avançons à peu près au même rythme, tandis que Mathias peine davantage une fois de plus.
Cette ascension prend très vite, pour moi, des allures de course extrême. Le serveur du bar au Désert nous avait prévenu qu'il n'y aurait guère de point d'eau en route : il ne s'était pas trompé ! La végétation encore bien présente et l'herbe bien verte sont particulièrement trompeuses : l'eau circule, certes, mais uniquement en profondeur. Le sol est globalement sec, et aucun ru ni torrent ne coule dans le gros de la montée.
Les premiers hectomètres nous mettent déjà dans l'ambiance : j'aperçois les os d'une mâchoire d'ovin, complètement séchés par le soleil, ainsi qu'un petit serpent, mort, apparemment grillé par l'astre du jour.
Je repense à ces albums de Lucky Luke où des vautours sont juchés sur un croque-mort patibulaire. Mon esprit divague même alors vers des courses comme la Badwater... J'ai vraiment l'impression de traverser une petite Vallée de la Mort, et ce sentiment, allié à la chaleur bien présente, ne me rassure pas vraiment.
Je n'ai qu'une hâte : arriver au sommet où je sais pouvoir trouver un peu d'air. C'est probablement cette envie irrépressible qui me permettra de boucler l'ascension en 1h20', soit 750 m/h. Je prends quelques photos au sommet, puis décide d'entamer la descente, sachant pertinemment que mes camarades, Mathias compris, n'auront aucun mal à me rattraper dans cet exercice où je ne brille pas.

Las, cette descente sera finalement la plus agréable de tout le périple. Contrairement au versant sud que nous venons de monter, la descente sur le versant nord est très roulante, sur une terre souple, et bien plus végétale que minérale, avec des passages étroits au milieu d'une végétation luxuriante. J'ai l'impression d'être ici chez moi, comme dans ces coteaux de l'Yvette où je m'entraîne habituellement. Je me sens pousser des ailes, et ai l'impression de dévaler ces lacets à grande vitesse. Ce n'est pas totalement faux, car, fait exceptionnel, seul Nico me rattrapera dans le bas de la descente, et je parviendrai à m'accrocher à son pas, de telle sorte que nous pourrons entamer la dernière montée ensemble.

Mais oui, mais oui, les cols c'est fini...
Arrivés en bas, nous devinons le chemin qui mène à Valsenestre, village où Mathias avait conclu son aventure l'an dernier. La dernière difficulté du jour, le Col de la Muzelle, se situe dans la direction opposée. Et il faut reconnaître que la demoiselle en impose : le sommet semble à la fois horriblement haut et terriblement difficile d'accès, car on ne distingue aucune trace vue d'en bas. De plus, les nuages commencent à s'amonceler sur les sommets environnants, et ni Nico, ni moi ne tenons à effectuer cette dernière ascension sous l'orage.
Nous nous mettons donc en route rapidement, après avoir rechargé (enfin !) nos camelbaks dans un torrent, et partagé un fromage frais que Nico avait amené avec lui.
Je passe en tête, et précise à Nico qu'il ne doit surtout pas hésiter à me doubler si je n'avance pas assez vite. Mais ce rythme semble lui convenir, et nous progressons donc ensemble, à un rythme relativement soutenu étant donnée la difficulté intrinsèque de la montée, jusqu'à une vingtaine de mètres d'altitude avant le sommet. Là, je rencontre, sans réaliser immédiatement, mon premier coup de fringale de cette longue aventure. Michel, qui nous suivait depuis le début de l'ascension à quelques dizaines de mètres plus bas, fond sur moi à vitesse grand V. Il me conseille, en me rattrapant, de manger un peu. Je le remercie, mais suis au fond de moi alors intimement persuadé que c'est la technicité de cette fin d'ascension, avec une montée droit dans la pente sur un terrain schisteux qui se dérobe sous mes pieds, qui est la cause unique de mon coup de moins bien. En une dizaine de minutes, je vois Nico et Michel atteindre le sommet, tandis que je ne suis même plus sûr de m'en approcher.
C'est un passage psychologiquement difficile, que je surmonte essentiellement parce qu'il ne reste que quelques dizaines de mètres de D+, et que j'ai mes camarades en ligne de mire.
Je ne les rejoindrai toutefois au sommet que plus d'une dizaine de minutes après qu'ils l'auront atteint.
Et Mathias dans tout cela ?
Je réalise seulement au sommet du col que notre GO n'est pas là. Michel nous explique l'avoir attendu au sommet de Côte Belle, mais avoir fait la descente seul. Nico emprunte des jumelles à un groupe de randonneurs stationnés au sommet, et finit par apercevoir le pauvre Mathias dans le début de la montée, plusieurs centaines de mètres au-dessous de nous. Persévérant dans mon égoïsme, notamment après avoir vu que la descente sur le Refuge de la Muzelle était assez longue, apparemment technique et, horreur, impliquait la traversée de névés, je ne désire qu'une chose : commencer cette descente pour en finir avec cette journée éprouvante. Michel vient m'enlever mes scrupules en se proposant de descendre, sans son sac, à la rencontre de Mathias, en se disant qu'il pourra le délester du sien pour cette ascension difficile.
Nico et moi abandonnons alors nos deux amis, légèrement rassurés par le fait que les nuages ne semblent plus si prompts à déverser des trombes d'eau sur l'ascension du Col.
Dès le premier névé, Nico file au loin, en montagnard averti, tandis que je descends à pas lents, prenant bien soin d'éviter la chute à tout prix. Il me faudra près de trois quarts d'heure pour atteindre le Refuge qui surplombe le lac de la Muzelle.

Bilan de la journée : 10h25' pour 38,8 km et 4073 m de D+.
Bilan cumulé des trois jours : 30h42' pour 134,4 km et 9941 m de D+.

A la guerre comme à la guerre...
J'arrive au refuge vers 17h00, où je retrouve Serge, déjà légèrement débarbouillé, et Nico. Il semble qu'il y ait une douche dans le refuge, mais elle tournerait à l'eau froide, et plusieurs personnes patientent déjà devant. Aussi, Nico et moi décidons d'aller nous laver les pieds dans le lac tout proche. En nous voyant nous diriger vers ce lac glacé, d'autres hôtes du refuge croient que nous voulons piquer une tête et nous prennent pour des fous. Fous, peut-être, inconscients sûrement pas. La toilette du jour sera d'autant plus rapidement expédiée que l'eau est véritablement glaciale (3°C peut-être ?). Tant pis pour notre entourage : il y a fort à parier que nous ne sentirons pas la rose le lendemain mais, à la guerre comme à la guerre...
Michel nous rejoint quelques minutes plus tard, signe que Mathias a bel et bien pris la plus belle des revanches sur ce Col de la Muzelle qui le hantait tant depuis un an. Tant mieux ! Mathias nous disait en effet, avant le départ du Chazelet deux jours auparavant : "Voir la Muzelle, et mourir...". Le p'tit gars, qui nous disait plusieurs fois par jour depuis le départ être mort avait finalement réussi son pari. Chapeau bas l'ami, et merci de nous avoir emmené avec toi dans cette magnifique galère !
En allant, à son tour, se laver les pieds au lac, Michel nous offrira sa première, et dernière, chute de l'aventure. Rien de grave heureusement : le gaillard est solide, et la terre bien meuble...
Après un apéritif bière, coca et eau - pour Serge - (un véritable rituel maintenant), nous prenons possession de nos lits superposés dans un vaste dortoir bondé, pour un petit somme avant le deuxième service auquel nous avons été affectés d'office. Le repas (soupe et tartiflette) fait un bien fou, et permet de recharger un peu les batteries. Favoritisme du jour lié à la spécificité de notre périple, je peux même recharger celles de mon GPS en le branchant dans la cuisine du refuge, où s'affairent les gardiens et leur famille.
A ma plus grande joie, je constate encore une fois l'absence de douleurs musculaires ou articulaires, seules les ampoules se faisant, très relativement, sentir.
L'ambiance ce soir là, au milieu du refuge bondé, est particulière : nous avons tous le sentiment d'avoir fait le plus difficile de notre périple, et, même si l'étape de demain s'annonce longue, un sentiment diffus de victoire avant l'heure est perceptible.
En tout cas, pour ma part, je n'ai maintenant plus de doute : j'irai au bout de cette aventure dans laquelle je m'étais lancé un peu rapidement, sans réaliser vraiment ce qu'elle impliquait.
Et, pourtant, il nous reste encore plus d'un marathon et 3000 m de D+ à parcourir...
Suite, et fin, demain...

L'Castor Junior

2006-08-01 02:29:36 : Tour de l'Oisans - Étape 2 - Vallouise - Le Casset - 21-07-2006 - 0 photo - 14 réactions

Deuxième jour : l'aventure continue

La navette ? Vous voulez rire ?
Après une nuit tranquille dans un dortoir que nous occupons seuls, nous nous réveillons à 6h00 pour profiter d'un petit déjeuner agréable servi par le patron du gîte, aux petits soins avec nous. Ce dernier nous parle à nouveau de la navette qui relie Vallouise à Entre-les-Aygues, à l'ouest, et que de nombreux randonneurs empruntent avant de se lancer dans l'ascension du Col d'Aup Martin, point culminant du GR54. Cette navette serait d'autant plus appréciable que de récents glissements de terrain ont emporté une partie du GR qui passe au sud de l'Onde. Nous ne sommes heureusement pas du genre à nous laisser distraire ainsi de notre objectif de boucler, à pied, le tour de l'Oisans, et déclinons donc cette offre pourtant sympathique.
Comme la veille avant le départ, je me tartine les pieds de crème anti-frottements, et l'ensemble des parties du corps exposées au soleil de crème solaire à fort indice de protection. Mathias, à qui le soleil de la veille a commencé à donner un teint d'écrevisse, m'en emprunte d'ailleurs un peu afin de limiter les dégâts.
Nous quittons le gîte à 6h43, et suivons donc la route jusqu'au Pont des Places où le GR rejoint cette dernière. Nous poursuivons ensuite jusqu'au parking d'Entre-les-Aygues, en nous faisant doubler, au passage, par la fameuse navette. Pas bien grave : nous aurons certainement l'occasion de doubler ses passagers lors de notre montée "sportive" au col !
L'ascension commence le long du Torrent de la Selle, dans un cadre magnifique. Nous marquons une pause devant un abri au Jas Lacroix, à 1946 m d'altitude (1h48' pour gravir 770 m : nous sommes bien partis tranquillement).
Nous nous arrêtons également au Champ Rond, à 2170 m, d'où la vue sur le chemin parcouru est déjà saisissante, puis nous entamons la montée finale vers les 2761 m du Col de l'Aup Martin, que nous atteindrons à 10h15, après 3h32' de rando-course. La vue sur l'ensemble des environs est à couper le souffle, sorte de paysage lunaire où subsistent de larges bandes d'herbe bien verte.
La descente infernale
Nous rejoignons ensuite le Pas de la Cavale, à 2735 m, en une dizaine de minutes, puis entamons une longue descente vers le Refuge du Pré de la Chaumette.
Cette descente me donne enfin l'occasion de démontrer au monde entier - ou, du moins, à mes quatre compagnons - mes prodigieux talents de descendeur. Serge, excellent grimpeur, dit souvent qu'il est mauvais descendeur (Michel est d'ailleurs persuadé qu'il dispose là de ses plus belles marges de progression). Je vais donc m'efforcer de lui montrer que l'on peut trouver bien pire, à un niveau qu'il n'imaginait peut-être même pas.
En effet, sitôt la descente entamée, mes quatre compagnons s'envolent bien loin devant moi, et je les vois me prendre dix, puis quinze, puis cinquante, puis cent mètres... de D- en un temps record. Partout où ils courent, je ne trouve rien de mieux à faire que marcher péniblement, en tentant vainement d'assurer un minimum de stabilité. Je sens pourtant bien que cette descente est relativement roulante (je croise d'ailleurs un groupe de randonneurs à cheval), mais il n'y a rien à faire : je suis tétanisé, et me résous donc à l'idée de laisser mes camarades filer, en espérant qu'ils n'auront pas à m'attendre trop longtemps malgré tout.
Arrivé sur le Vallon de Rougnoux, j'hésite sur le chemin à prendre. Certes, le GR continue à descendre sur ma droite, mais je crois me souvenir que mes compagnons ont parlé, le matin même, d'une succession de cols rapprochés les uns des autres aujourd'hui, et, justement, le chemin à gauche mène vers le Col du Cheval de Bois. Je commence à suivre le GR pendant cinq minutes, puis, pris d'un nouveau doute, je remonte et entame l'ascension du col pendant un bon quart d'heure, avant de réfléchir un peu plus sereinement et de conclure qu'ils m'auraient attendu s'ils s'étaient écartés du GR. Je reprends donc le chemin de la descente, et les aperçois, enfin, attablés au Refuge du Pré de la Chaumette, où j'apprends qu'ils m'attendent depuis... plus d'une heure.
Rien de tel pour prendre la pleine mesure de mon rôle de boulet de l'équipe...
Heureusement pour moi, ces montagnards sont d'une patience sans bornes, et je peux moi aussi profiter d'un ravitaillement Coca/tomates particulièrement bienvenu à cette heure (il est déjà midi).
Trois p'tits cols et puis s'en vont
Nous repartons vers 12h30, pour entamer l'ascension des trois derniers cols de la journée. La montée au Col de la Vallette, à 2668 m, ne pose pas de difficulté, et je rejoins Serge, Michel et Nico quelques minutes avant Mathias, que ses maux de ventre ralentissent implacablement dans chaque ascension. Les 850 m de D+ sont avalés en 1h10' : je ne dois pas être loin de mon record de vitesse ascensionnelle. La vue est, là encore, magnifique. Il faut dire que nous sommes particulièrement gâtés par la météo, avec un ciel bien dégagé et un temps chaud et sec depuis le début de notre aventure.
Nous descendons sur le Vallon de Gouiran, dans un terrain schisteux qui me convient paradoxalement davantage que le mélange de pierres et de terre rencontré après l'Aup Martin. C'est là que Michel me donne quelques conseils pour améliorer un peu ma technique de descente, ou plutôt pallier mon manque flagrant de maîtrise : une posture semblable à celle du skieur, les jambes pliées et les épaules en avant des fessiers. Ah, si seulement je savais skier...
Nous remontons ensuite sur le Col de Gouiran, à 2597 m, où nous marquons une petite pause, puis redescendons sur le Vallon Plat avant d'entamer l'ultime ascension du jour vers le Col de Vallonpierre, à 2607 m. Après dix minutes d'arrêt, nous entamons la descente sur le Refuge de Vallonpîerre, à 2271 m, en bordure du lac éponyme, où nous marquerons une dernière pause qui sera l'occasion de se ravitailler en eau et de s'alimenter un peu (ah, que j'aime ces barres de nougat...).
Nous descendons ensuite sur la vallée de la Séveraisse, où le GR est très agréable jusqu'à Rif du Sap, petit chemin passant au travers d'une végétation luxuriante. Michel et Nicolas sont partis devant, et ont opté pour la route, tandis que Mathias, Serge et moi décidons de suivre le GR jusqu'à hauteur du Casset. A l'approche du Bourg, je regrette presque notre choix, car le sentier si agréable s'est mué en vaste autoroute à 4x4 : une bonne dizaine de mètres de large, sur un sol presque lisse, et où il devient difficile de s'abriter du soleil dont les rayons brûlent plus ici que sur les sommets.
Heureusement, le GR bifurque à gauche et redevient plus sauvage, jusqu'à un petit pont très pittoresque qui nous permet de rejoindre le Casset, près de La Chapelle en Valgaudemar. Serge nous a doublés dans cette dernière portion, et Mathias et moi ne pouvons réprimer notre joie à la vue du panneau "Le Casset, 0,1 km".
Cela fait en effet plus de 11h que nous avons quitté Vallouise et une descente pénible pour moi et des ascensions difficiles pour Mathias ont assez largement entamé notre résistance physique et mentale.

Bilan de la journée : 11h17' pour 48,8 km et 3226 m de D+.
Bilan cumulé des deux jours : 20h17' pour 95,6 km et 5868 m de D+.

Le repos des guerriers
L'arrivée au gîte est donc une véritable délivrance. Serge connaît les lieux pour y avoir déposé, quelques semaines auparavant, un pot de 2 kg de sa poudre magique qui constitue, seulement coupée d'un peu d'eau, sa seule source de ravitaillement pendant la journée.
L'endroit est très agréable et, comme à Vallouise, les propriétaires et les autres clients sont aux petits soins avec nous. Après une petite bière et un petit Coca, la douche, qui fonctionne à l'énergie solaire (voilà une façon toute simple de profiter des énergies renouvelables) fait un bien fou, et me permet de nettoyer un peu deux débuts d'ampoules au pied droit, que je tenterai de soigner avec un Compeed.
Le repas est copieux, mais un cafouillage dans la répartition des parts nous prive, Serge, Michel, Nico et moi, de plat principal... Heureusement, nos voisins se proposent de nous donner une large part de leur propre assiette, et la propriétaire nous prépare, en catastrophe, une bonne casserole de pâtes.
J'avoue que j'aurais eu du mal, après une telle journée, à me contenter des feuilles de salade prises en entrée...
Je n'ai ce soir encore, à ma plus grande joie, aucune douleur musculaire ou articulaire, mais je redoute un peu la journée de demain, qui est celle qui avait contraint Mathias à l'abandon l'an dernier. Mathias, d'ailleurs, est lui très marqué par ses douleurs gastriques, et s'interroge sur ses chances de parvenir à boucler l'étape de demain.
Nous décidons d'ailleurs de nous répartir en deux groupes, Michel, Nico et Serge optant pour un trajet a priori plus agréable mais aussi plus technique, tandis que Mathias et moi nous contenterons de suivre le GR.
Enfin, tout cela dépendra de notre état le lendemain au réveil...
A suivre...

L'Castor Junior

2006-07-30 23:16:22 : Tour de l'Oisans - Étape 1 - Le Chazelet - Vallouise - 20-07-2006 - 0 photo - 14 réactions

Premier jour d'une aventure extraordinaire

Le contexte
Comme beaucoup de kikoureurs, j'avais vu passer au printemps le message suivant :

On cherche 2 ou 3 coureurs d'un bon niveau pour nous accompagner sur le tour de l'Oisans en 4 étapes, au départ du Chazelet (vers la Grave). http://www.kikourou.net/calendrier/course-7540-tour_de_l_oisans_-_etape_1-2006.html
Voir un CR en images :
http://www.kikourou.net/recits/recit-1342-tour_de_l_oisans_-_etape_1-2005-par-mathias.html
Semi autonomie : rando course avec des sacs très légers (boisson, barres de céréales) pour des étapes entre 9 et 13 heures. Nuits et repas du soir en gîtes / refuges. Attention, ce sera très physique. J'en sais quelque chose, l'an dernier je n'ai pas réussi à terminer la 3ème étape...
Cette balade est un "OFF". Coût : 0€, sauf si je dois avancer de l'argent pour la réservation des refuges. Organisation quasi zéro. Je me charge seulement du parcours, des horaires, et de réserver les gîtes et refuges.
Objectif : faire un groupe de 3 - 5 coureurs d'un "bon" niveau, et rester ensemble.
Pour plus d'infos : webmaster@kikourou.net


En fait, derrière ce "on" se cachent Mathias, webmaster de Kikouroù, et Serge, webmaster de courseapied.net, deux sites qui m'ont accompagné dans ma découverte de la course à pied début 2005. Pour faire simple, et rapide, les deux gars se tirent la bourre en tête du tableau de bord Kikouroù (200.000 m de D+ annuels pour Serge et 85.000 pour Mathias...). C'est sûr qu'avec mes petits 38.000, je n'en mène pas large... D'un autre côté, Mathias a bien mis "bon" niveau entre guillemets, donc, moi qui commence à avoir des résultats pas trop mauvais dans les trails et courses vertes de la région parisienne, je me prends à rêver de pouvoir être à la hauteur des deux loustics...

Mais, dans la foulée, Mathias envoie un nouveau mail :

J'oubliais : etape 1 : le chazelet - vallouise, 48km, 2500m D+ etape 2 : vallouise - la chapelle en valgaudemar, 48 km, 3850m D+ etape 3 : la chapelle - refuge de la muzelle, 39,5km, 4760m D+ etape 4 : la muzelle - le chazelet, 55,6km, 3250m D+
C'est pas mal pour préparer l'UTMB, non ?
L'Bœuf


Gasp...
J'enregistre néanmoins la première étape de ce Tour de l'Oisans OFF 2006 dans mon kivaoù, sans en parler à quiconque (j'ai trop peur qu'on me dise que je suis fou, trois semaines avant la Via Romana et cinq semaines avant ce qui devrait être ma première vraie course de montagne : Courmayeur-Champex-Chamonix fin août...).

Ce n'est finalement qu'après les 12 heures de Bures sur Yvette, où j'ai découvert que j'étais capable de courir, pas forcément très vite mais un peu quand même, pendant douze heures, que je décide de me jeter à l'eau définitivement, en faisant part à Mathias de mon souhait de me joindre à l'équipée. Il me répond, au retour de son périple équatorien, le 3 juin, et je découvre qu'il a déjà recruté un UFO de plus, Nicolas, au pedigree impressionnant.
Que diable suis-je allé faire dans cette galère ? J'aurais pourtant dû me méfier, avec tous les messages de zanimos du Zoo qui déclinaient au fur et à mesure l'invitation du Bœuf finlandais ("C'est attractif Koh Lanta cette année ;-))" glissera même L'Blueb, pourtant aguerri...).
Afin de m'éviter toute tentation de faire machine arrière, je réserve, après m'être assuré que Serge ou Mathias pourra passer me récupérer à Grenoble, mes billets de train dès le lendemain (Prem's : ni échangeables, ni remboursables).

Je décide tout de même de me préparer un minimum pour cette aventure, en essayant enfin mes bâtons Quechua Diosaz Raid 500 achetés au printemps, et en multipliant les sorties à la recherche de l'accumulation de D+, notamment dans le Bois de la Guyonnerie (que des côtes de 60 à 80 m à monter et redescendre sans arrêt).
Le Trail du Pays de Sully, très difficile en raison de la chaleur, fait également figure d'entraînement adapté, avec ses 42 km et 1200 m de D+.
Enfin, le week-end d'initiation à la haute montagne organisé par Aurélie, auquel j'ai finalement décidé d'accoler une tentative d'ascension du Mont Blanc, qui se déroule dix jours avant le périple en Oisans, me fournira l'occasion d'effectuer pour la première fois des ascensions continues de plusieurs centaines de mètres de D+, et même de passer la barre des 3000 m d'altitude avant Serge. Incroyable !
Ce n'est en tout cas pas un luxe, car, début juillet, et sitôt mon inscription au Forum UFO validée, je m'aperçois en le parcourant que Mathias a réussi à convaincre Michel, un autre UFO au palmarès encore plus impressionnant, de se joindre à l'aventure.
Comme le dit alors L'Blueb, "ce n'est pas avec lui que la caravane va ralentir ;-))".
Re-gasp...

Revue des forces en présence
D'ailleurs, il serait peut-être bon de présenter, rapidement, par ordre d'apparition dans l'aventure, chacun des doux dingues qui a signé, selon les mots de Michel C., pour "en ch..r".

D'abord, il y a Mathias, alias L'Bœuf Finlandais. Lui, c'est l'organisateur de ce Koh Lanta OFF. En plus d'être le webmaster de Kikouroù ( http://www.kikourou.net ), le p'tit ligérien de 31 ans est un orienteur chevronné, triathlète (finisher d'Embrun tout de même !) à ses heures, et adepte de toutes sortes de défis fous (Raid 28, 6000D, Templiers, Saintélyon, 100 bornes, ascensions andines, etc.). Il court depuis 8 ans, et pratique l'ultra depuis cinq ans. Un passionné dur à cuire...

Ensuite, il y a Serge, alias la Sauterelle. Lui, c'est le webmaster de courseapied.net ( http://www.courseapied.net ). On pourrait résumer (et il le fait d'ailleurs souvent lui-même) les objectifs de ce haut savoyard de 27 ans à : du D+, encore du D+, toujours du D+. A vélo, à ski, à pied ou en raquettes, il passe son temps dans ses montagnes et celles des autres à accumuler du dénivelé. A son actif, quelques petites coursettes comme la Grande Traversée des Alpes (600 km et 31000 m de D+) qu'il a terminée en 2005, à la 5ème place, en moins de 89 heures... Ah oui, il court depuis 1999, et pratique l'ultra depuis 2001.

Il y a également Nicolas, alias durdur. Cet UFO, haut savoyard de 35 ans, qui a commencé à courir il y a 18 ans, s'est lancé dans l'ultra en 2002, et, en montagnard aguerri, vit cette passion dans tous les sports : course à pied, ski, escalade et alpinisme. Il a couru à peu près toutes les épreuves mythiques de ces différents sports, se classant souvent à d'excellentes places, comme sur le dernier Tour des Glaciers de la Vanoise, 33ème sur 321 concurrents, moins de trois semaines avant notre défi OFF. Je participe également à l'aventure.

Moi, c'est Cédric, alias L'Castor Junior. Essonnien de 29 ans, j'ai débuté la course à pied début 2005, après 27 ans de sédentarité et de rejet total de toute pratique sportive. Probablement rattrapé par mes gènes (mon père est un coureur d'ultrafond chevronné, dont l'expérience m'a apporté beaucoup). Avide de rattraper mon retard vis-à-vis du sport, j'ai embrayé sur l'ultra dès 2005, avec le Trail du Parc du Gâtinais en septembre (55 km), et ai depuis pris un plaisir fou à participer à toutes sortes d'aventures, comme le Raid 28 ou les 12 heures de Bures (deux épreuves locales de grand renom chez les UFOs ;-o) ), et même à un raid d'orientation multisports comme le Trophée Picard début juillet 2006. Quoique ayant du sang montagnard dans les veines (si, si, Michel, la Maurienne est un pays de montagne ;-o) ), j'ai une expérience de la montagne particulièrement limitée (je n'ai jamais skié, ni pratiqué, du fait de mon passé sédentaire, de randonnée alpine). Certes, j'ai bien fait, à l'été 2005, une petite balade au pied du Glacier de l'Etendard et l'ascension, à vélo, des cols de la Croix de Fer, du Glandon et du Mollard (sans le savoir, une partie de l'étape du tour de France partie de Bourg d'Oisans le jour de notre arrivée là-bas. Heureux présage ?), mais ma seule pratique du dénivelé se résume à mes entraînements sur les coteaux de la vallée de Chevreuse, ainsi qu'à quelques trails ou raids organisés en Île de France. En fait, hormis sur Marseille-Cassis, je n'ai jamais pris plus de 100 m de D+ d'une seule traite... Heureusement, le week-end au Mont Blanc dix jours auparavant m'aura permis de franchir, au moins psychologiquement, ce cap.

Enfin, le dernier de la bande, mais de loin le plus costaud, est Michel, alias Michel C., UFO au palmarès réellement impressionnant. Cet isérois de 34 ans est un montagnard complet, qui pratique à peu près tous les sports de montagne possibles et imaginables. Ski, alpinisme, escalade, deltaplane, vélo et, bien évidemment, course à pied, rien ne résiste à ce triathlète endurci, finisher d'Embrun comme Mathias, qui accomplit dans chacun de ces sports des performances de haut niveau. Lancé dans l'ultra depuis 9 ans, un de ses plus beaux résultats est certainement sa sixième place à l'UTMB 2004, en moins de 25 heures, alors que seul un petit tiers des concurrents au départ parvient à terminer l'épreuve dans la limite des 45 heures fixée par l'organisation. Michel entrevoit sa participation à notre petite équipée comme un entraînement à l'UTMB 2006 (Mathias et Nicolas sont dans le même esprit, et, en ce qui me concerne, je me dis que ça ne me fera pas de mal pour le CCC...), après une magnifique cinquième place au Tour des Glaciers de la Vanoise trois semaines auparavant. Il est heureux pour nous qu'il ne se lance pas dans ce tour de l'Oisans à son rythme de compétition... ;-o) De toute façon, hormis lorsqu'il se moque (gentiment quand même !) des parigots à sang mauriennais ;-o), Michel est un personnage particulièrement chaleureux, patient et toujours prêt à faire profiter les autres de sa maîtrise et de son expérience. Ah, si tous les grands champions avaient ces qualités... En tout cas, nous sommes tous particulièrement heureux qu'il se soit joint à nous.

Mercredi 19 juillet : la veille du Jour J
Je file prendre mon TGV (le train, pas la coursette de montagne ;-o) ) après avoir enfin achevé une partie de mes CR en retard (notamment le week-end d'initiation à la haute montagne). Afin de lutter contre ma tendance naturelle à me charger systématiquement comme un mulet, j'ai décidé de ne prendre qu'un sac, un Quechua Diosaz Raid Les Arcs de 27 litres, qui sera donc à la fois mon sac de transport et de course. J'y ai donc mis ma tenue de course prévue pour ces quatre jours, un nécessaire de toilette/soins et la nourriture des quatre jours :

- ma panoplie XA-Raid Salomon (short/cuissard, TS, veste légère, saharienne),
- une veste imperméable et respirante (Storm de Millet), très légère et compressible,
- deux paires de chaussettes,
- deux slips,
- un débardeur
- une couverture de survie et une trousse de premiers soins (pansements, compresses, Compeed, ciseaux, etc.)
- gel douche, brosse à dents, dentifrice et, probablement inutiles : déodorant, rasoir et mousse à raser. Je suis une insupportable midinette, on ne se refait pas ;-o)
- crème anti-frottements pour les pieds Aptonia, crème solaire indice 50,
- petite serviette (20x30 cm),
- un drap de sac de couchage en soie Quechua,
- un paquet de mouchoirs en papier,
- lampe frontale : Tikka+,
- boussole pouce,
- pochette imperméable (argent liquide, carte d'identité, carte bancaire, trois formules de chèques, passe Navigo et billets de train),
- mon téléphone portable,
- mon appareil photo et le chargeur de sa batterie,
- mon GPS Forerunner 205 et son chargeur,
- la ceinture émettrice de mon Polar 710i (ce dernier me sert de montre),
- mes lunettes de glacier (on ne sait jamais) et mes lunettes de vue à verres clairs,
- cinq berlingots de lait concentré sucré,
- cinq barres pâte d'amandes/chocolat Aptonia,
- deux barres de miel Aptonia,
- cinq barres de nougat amandes/miel Aptonia,
- une poche à eau CamelBak de 2 litres,
- un bidon Salomon 600 ml,
- une bouteille de St Yorre Sport de 500 ml.

Avec les bâtons, le poids global sans eau est de 5,1 kg. Je ne suis jamais parti aussi léger. Qu'aurait-ce été si je m'étais débarrassé réellement de tout le superflu (mousse à raser, rasoir, emballage des barres, etc.) ? Je porte donc sur moi, en plus des lunettes de soleil à verres correcteurs, une tenue vaguement adaptée à l'aller (et au retour !) en train : pantalon Quechua à jambes amovibles et chemise Columbia technique, ainsi que mes chaussures de trail NB1100, qui seront probablement affreusement peu présentables au retour, mais je ne me sentais pas capable d'embarquer une deuxième paire... Cette tenue pourra, en plus, me servir de tenue de rechange le soir dans les gîtes et refuge.

La RATP et la SNCF se sont visiblement alliées pour protéger mes muscles et articulations en faisant tout pour m'empêcher d'aller faire cette co...rie dans l'Oisans, car le trafic du RER B est interrompu à hauteur de Denfert. Heureusement, le métro fonctionne, et les lignes 4 et 14 me permettent de rallier la gare de Lyon dans les temps, une bonne vingtaine de minutes avant l'horaire de départ du TGV pour Grenoble. J'en profite pour trouver une pharmacie où j'achète deux tubes d'Efferalgan orodispersible, ainsi que des boules Quiès (fruit de mon expérience dix jours auparavant dans les refuges du Mont Blanc). Je file ensuite m'installer dans le train, qui ne démarrera finalement qu'à 14h55, au lieu de 14h30 prévu à l'origine. En cause : le conducteur de notre train, qui ramène un TGV sur Paris qui accuse lui-même un grand retard... J'envoie donc un SMS à Nico et Michel pour les avertir d'un retard prévisible d'une demi-heure, car, Mathias n'ayant pas de téléphone portable, ils seront notre seule interface en cas de problème.
J'arrive enfin à Grenoble à 18h05, soit plus d'une demi-heure de retard. Je trouve Mathias sans problème, et nous filons, dans la Mathiasmobile, vers Bourg d'Oisans, après un petit arrêt au stand pour remplir l'estomac de ce bolide, parfois poussif, mais vorace... ;-o)

Michel, Nico et Serge nous attendent attablés à la terrasse d'un café sur la place principale, mais, pour ne pas rajouter du retard supplémentaire, Mathias et moi ferons l'impasse sur ce ravitaillement alcoolisé, et nous partirons tous, direction St Christophe en Oisans, où Michel déposera sa voiture pour pouvoir couper court lors de la dernière étape, puis vers le Chazelet, au-dessus de La Grave, notre point de départ et d'arrivée pour ce tour de quatre jours.

Là, nous ne trouvons que la mère de famille, que Mathias connaît bien. Son mari, sa fille et son gendre étant partis tenter l'ascension de la Meije, qui domine, majestueuse, tout le massif des Ecrins, et sur laquelle Le Chazelet dispose d'un point de vue privilégié. Sacré challenge, car, quoique légèrement inférieur à 4000 m (3983 m exactement), ce sommet est autrement plus technique que le Mont Blanc par la voie normale.
Nous serons seuls, cette nuit, dans le gîte, dans des conditions royales : deux lits minimum par personne, c'est du jamais vu !
Michel se met au fourneau et nous concocte des pâtes au persil et à l'ail : exquis ! Cet homme a décidément de multiples qualités ;-o)
La nuit se passe très bien, dans un calme absolu, et nous nous réveillons le jeudi matin à 6h00, prêts à partir pour un long périple, plein d'inconnu pour ce qui me concerne...

Le grand jour !
Nous nous réveillons à 6h00, pour un petit déjeuner sommaire (les patrons du gîte ne sont pas revenus de l'excursion à la Meije. Chacun prépare son sac pour le lendemain, et va mettre le surplus dans une des voitures qui sont parvenues jusqu'ici. Pour ma part, pas grand chose à faire puisque mon sac de voyage sera mon sac de course...
Nous partons finalement à 7h10, tranquillement, en marchant, pour une descente jusqu'aux berges de la Romanche. Passage aux Terrasses, puis descente sur La Grave, où je commence déjà à prendre toute la mesure de mon personnage de boulet en chef. En effet, sur cette descente facile, je suis obligé de m'arrêter au bout de quelques centaines de mètres, alerté par la chute de ma veste légère. J'avais pourtant fermé mon sac à dos ! En fait, comme un parfait débutant, j'avais opté pour une fermeture qui me permette un accès facile à la poche à eau, installée à l'intérieur du sac. Résultat, les deux glissières se retrouvant sur le haut du sac, elles s'étaient peu à peu écartées, ouvrant grand la poche du sac.
Gasp ! Qu'avais-je bien pu perdre d'autre ? Un coup d'œil rapide me permettait de me mettre au moins en chasse de mes deux paires de lunettes. Ni une, ni deux, j'abandonnai donc mon sac sur le sentier, et remontai rapidement la pente, craignant fortement de ne pas apercevoir les précieux outils. Heureusement, au détour d'un virage quinze mètres plus haut, j'apercevais verres et montures, et pouvais redescendre, l'esprit serein, les ranger dans mon sac, en prenant bien soin, cette fois, de sécuriser la fermeture à l'aide du clip supérieur dont je découvrais enfin l'utilité. Un boulet, vous dis-je...

Je retrouvai mes camarades à La Grave, dix minutes plus tard, et pouvais lire dans leur regard une certaine appréhension : certes, le parigot ne connaît pas la montagne, mais s'il arrive à perdre cinq minutes sur une descente aussi simple, la journée va être dure... De mon côté, je préférais ne pas m'attarder sur mon erreur grossière, et décidai donc de reprendre la route sans mot dire... Après avoir traversé la Romanche, nous continuons en suivant le GR en optant pour une petite côte (250 m tout de même) qui nous fait passer en face de l'Alpe de Villar d'Arène, puis redescendre sur la Romanche jusqu'au Pont des Brebis, où nous décidons de rester au sud de la rivière. Las, le chemin que nous suivons s'arrête net, et nous avons le choix entre faire demi-tour jusqu'au pont (idée qui ne nous a, de mémoire, même pas traversé l'esprit) et traverser la rivière aux allures, à cet endroit, de véritable torrent. TUROOM ! (T'es Un Raideur Oui Ou Me..e ?) Comme au Raid 28, mais avec des températures autrement plus élevées, nous aurons donc droit, dès le départ de notre aventure, à un passage humide. Et, comme au Raid 28, les stratégies pour traverser diffèrent : avec ou sans chaussures ? Pour ma part, ce sera, comme au Raid 28, avec : les pieds sont bien mieux protégés, et le mesh évacue l'eau sans difficulté. Après tout, j'ai bien réussi à recourir après les 800 m du tunnel de la Voûte. Ce n'est donc pas une petite traversée d'une petite dizaine de mètres qui va me faire peur...

Las, la Bièvre à Buc coule paisiblement, tandis que les courants ici manquent de nous emporter tous. Nicolas et Serge chutent d'ailleurs, et même Michel, qui a sagement opté pour un passage plus large mais où le courant est moins fort, peine à garder l'équilibre. Heureusement, après quelques minutes humides et quelque peu angoissantes, nous arrivons tous à bon port et pouvons, dès lors que chacun a rechaussé ses running, reprendre notre route, en espérant regagner bientôt le soleil qui se fait discret au fond de cette vallée encaissée.
Nous montons ensuite tranquillement au Pas d'Anna Falque, à 1720 m, puis embrayons sur la montée au Col d'Arsine, premier de la journée, qui culmine à 2340m. En chemin, Serge nous abandonne pour aller recharger son CamelBak (cet extra-terrestre se nourrit uniquement, pendant la journée, d'un dosage savant de poudre Maxim et d'eau. Jamais de solide... !), et nous en profitons pour boire un peu, comme nous le ferons régulièrement, à l'eau d'un torrent, où nous rafraîchissons également nos couvre-chefs respectifs. Les 620 m d'ascension sont bouclés, très tranquillement, en 1h15', sans la moindre difficulté. Les paysages sont magnifiques, et je suis émerveillé à chaque pas, ou presque. Je prends quelques photos, mais préfère néanmoins me concentrer sur l'exercice : nous n'avons fait, pour l'heure, que le plus facile, et la journée et, plus encore, le périple, sont loin d'être terminés. En tout cas, au sommet, j'ai déjà plus de 1000 m de D+ dans les pattes, pas très loin de mes records sur une journée en course à pied, si j'excepte l'ascension du Mont Blanc.

La descente, le long du Petit Tabuc, sur le Casset est très roulante, et me permet de suivre d'assez près mes camarades, à mon grand soulagement. Nous profitons de la fontaine du village pour recharger les poches à eau avec de l'eau bien fraîche, qui ne le restera certainement pas longtemps, puis embrayons, dans la vallée, sur le Monêtier-les-Bains et son centre de vacances EDF, où nous abandonnons le GR54 pour une variante plus technique mais, a priori, beaucoup plus agréable, qui nous évite notamment le passage sous les télésièges de l'Eychauda. Nous longeons donc le Grand Tabuc, en direction du Col des Grangettes. Nous faisons une pause déjeuner devant une grangette, où je pique à Michel une tranche de saucisson (ah, qu'il est agréable de manger un peu de salé dans ces sorties longues !). Mathias, qui est déjà mort plusieurs fois, en profite pour se reposer un peu. Visiblement, les maux d'estomac contre lesquels il se bat depuis des mois reprennent le dessus, et on sent, déjà, que les quatre jours ne seront pas, pour lui en tout cas (mais peuvent-ils l'être pour quiconque ?) une partie de plaisir... C'est en raison de ces difficultés, qui surcompensent parfois ses qualités intrinsèques largement meilleures que les miennes, que Mathias me ravira parfois la place de maillon faible...

Les derniers mètres de l'ascension du Col des Grangettes, à 2684 m, sont effectivement assez techniques, comme le laissait présager la carte qui les trace d'un simple pointillé. En revanche, la vue sur le lac de l'Eychauda est magnifique, et mérite à elle seule l'effort. Les 900 m d'ascension depuis les Grangettes auront été parcourus en 1h35', ce qui, vu les difficultés du sommet, me convient parfaitement. Et, cette fois, j'ai bel et bien battu tous mes records de D+ en une seule journée : 2270 m au sommet du col. Même pas mal ;-o)
La redescente jusqu'au lac de l'Eychauda d'abord, est bien plus technique que celle du Col d'Arsine, et je laisse filer mes camarades, qui m'attendront au bord du lac. Je suis notamment, de loin Mathias, qui opte pour un trajet au plus près du lac, qui oblige à quelques reprises à mettre les mains. Puis nous continuons la descente, le long de l'Eychauda, sur Chambran, où mes camarades s'échappent à nouveau. Nous croisons de nombreux randonneurs, assez surpris, visiblement, de croiser des coureurs qui ne prennent même pas, à leurs yeux, le temps de profiter du paysage...

A partir du Sarret, Michel, Nico et Serge filent sur Vallouise, sur la route d'abord, puis en empruntant quelques chemins. Je vois que Mathias traîne un peu la patte derrière, et, autant pour ne pas le laisser seul sur cette voie où la circulation est étonnamment, et désagréablement, dense, que pour préserver quelques forces en vue des étapes à venir, je marche moi aussi, et nous mettrons une bonne demi-heure avant de retrouver enfin nos camarades sur la place de l'église de Vallouise.

Bilan de cette première journée : 9h00' pour 46,8 km et 2642 m de D+.

Nous nous attablons rapidement à la terrasse d'un café où, pour fêter cette journée de records personnels, je paie ma tournée : bière ou panaché pour tout le monde, sauf Serge, qui ne boit jamais une goutte d'alcool et opte pour un Perrier citron, et un coca supplémentaire pour Mathias, qui a bien besoin de reprendre des forces. Ce dernier m'offre ensuite un sorbet en même temps qu'il fait ses courses pour le lendemain. C'est incroyable ce qu'un simple glaçon vaguement aromatisé au citron peut faire un bien fou après une telle journée.
La gîte, déjà éprouvé par Mathias en 2005, est très agréable, et la douche procure un plaisir intense. Le repas est également très appréciable. Les propriétaires et les autres clients, dont certains nous ont aperçu lors de la descente, sont aux petits soins avec les "sportifs" que nous sommes. Notre voisine immédiate habite Embrun et son mari s'est essayé au célébrissime Ironman du crû, et elle apprécie donc particulièrement les performances de Mathias et Michel. Tous sont en tout cas bluffés par le fait que nous soyons partis le matin du Chazelet, et que nous présentions finalement une certaine fraîcheur physique après une telle journée.
Néanmoins, je m'interroge au fond de moi sur ma capacité à aller au bout de l'aventure. Il s'agissait là d'une étape plutôt "facile", et je l'ai quand même vraiment senti passer, même si je ne ressens aucune douleur musculaire ou articulaire.
Bah, il sera toujours temps de se décider demain matin...
A suivre...

L'Castor Junior

2006-07-28 01:34:55 : Sortie JDM Mérantaise et Aigrefoin - 16-07-2006 - Gif sur Yvette - 0 photo - 5 réactions

L'effet haute montagne ne dure qu'un temps, hélas...

Trois jours avant de descendre sur l'Oisans pour le tour du GR54, je rejoins mes amis JDM pour la traditionnelle sortie de 9h00 le dimanche. Les quatre kilomètres qui me séparent de Chabrat sont effectués à une vitesse bien plus lente que deux jours auparavant, mais à un rythme cardiaque pourtant plus élevé. Décidément, les bienfaits du séjour au Mont Blanc se seront bien vite estompés...
Il y a foule ce matin devant le stade : Philippe, Yves, mon père, Jean-Paul, Marc, Bernard, Dominique, Frédérique et Frédéric. Nous sommes donc une dizaine à suivre Jean-Paul, qui a décidé de mener la séance, vers... la Mérantaise. Aïe, moi qui aime varier les parcours, c'est raté...
Heureusement, nous prenons le chemin le moins direct possible pour atteindre cet objectif : traversée de la Faculté des Sciences, tricotage dans le Bois de la Guyonnerie, etc. Au moins aurai-je l'occasion ainsi de faire un peu de dénivelé avant mon périple dans les Alpes du Sud...
Avec le chronomètre de Jean-Paul, les pauses usuelles des sorties JDM ne durent jamais bien longtemps, et nous nous retrouvons assez rapidement au cimetière forestier de Saint Aubin, qui nous offre la première occasion de nous ravitailler en eau. J'utilise, pour la première fois, un porte-bidons (Salomon, modèle à deux bidons acheté la veille chez Endurance Shop à Chaville), et ce système me convient finalement parfaitement.
En bas de la descente sur Villiers le Bâcle, Philippe s'aperçoit qu'il a laissé son TS au cimetière. Il nous suggère de continuer sans lui. A-t-il perdu la tête ? Il sait pourtant qu'une des règles d'or du JDM est d'attendre les derniers, voire, pour parfaire son entraînement, de retourner les chercher.
En l'occurrence, c'est moi qui vais m'y coller : je remonte au pas de course la côte, et rejoins le cimetière désert. Mes appels se perdent dans les bois, sans, hélas, le moindre écho. Je me résouds donc à rebrousser chemin, pour retrouver, en bas de la côte, un Philippe hilare qui me demande où je me suis encore égaré... Sacré coach...
Nous prolongeons la balade par un petit tour dans le Bois d'Aigrefoin, avant de rentrer tranquillement vers Bures.
Papa et moi abandonnerons nos camarades à la traversée de Belle Image, pour rentrer au plus vite par le plateau du Moulon.
Bilan de cette sortie : 3h21' pour 26,5 km et 603 m de D+.

L'Castor Junior

2006-07-28 00:53:38 : Sortie JDM Mérantaise - 14-07-2006 - Gif sur Yvette - 0 photo - 6 réactions

Où le séjour au Mont Blanc révèle ses bienfaits...

Cette première sortie après notre retour de Chamonix avait été proposée par Dominique sur le trajet du retour. Le rendez-vous avait été fixé à Chabrat à 8h15, afin d'éviter les fortes chaleurs de la fin de la matinée. Comme d'habitude, je suis parti tard de la maison, à 7h57. Il me restait donc 18' pour boucler les quatre kilomètres qui me séparent du stade... A ma grande surprise, le cardio n'a pas décollé lors de cet "échauffement" à 12,5 km/h : à peine 145 bpm, contre souvent 160 à ce rythme. Décidément, mon passage sur les sommets avait bel et bien habitué mon corps à se charger au maximum en oxygène...
Arrivé au point de rendez-vous, je retrouve un petit groupe de JDM volontaires en ce jour de fête nationale : Dominique, Frédérique et Alain, qui étaient de la partie à Chamonix, ainsi que Jean-Pierre et Atomik JF. Ce dernier a apporté avec lui la dernière livraison de sa BD : "Les 12 heures de Bures 2006 : Run Around The Clock". Il entend bien les distribuer aux Montambaux, à Dominique et à votre serviteur.
Les Montambaux, restés sur Chamonix pour courir la montée du Nid d'Aigle, sont absents. Qu'à cela ne tienne : nous ferons un petit crochet pour les livrer en début de parcours, avant de foncer à Gif pour encombrer la boîte aux lettres de Dominique.
Nous optons alors pour un parcours sympathique vers la Mérantaise et le Bois de la Tête Ronde. Alain, plutôt habitué aux sorties de 1h-1h15 à 9-10 km/h du groupe de 9h30 est légèrement à la peine dans les montées les plus raides, mais se défend globalement très bien.
Le retour s'effectue par le plateau du Moulon et le Bois de la Guyonnerie, où Alain et les Giffois nous quittent. Jean-Pierre nous abandonne après la traversée de la Faculté des Sciences, et Atomik JF me suit jusqu'à la maison pour parachever sa tournée de facteur improvisée pour l'occasion.
Bilan de cette sortie : 2h27' pour 18,7 km et 331 m de D+, le tout à une fréquence cardiaque inférieure de 15 à vingt points à l'habitude. A quand le prochain stage en haute montagne pour gagner ainsi en confort ?

L'Castor Junior

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