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2006-08-01 02:29:36 : Tour de l'Oisans - Étape 2 - Vallouise - Le Casset - 21-07-2006

Deuxième jour : l'aventure continue

La navette ? Vous voulez rire ?
Après une nuit tranquille dans un dortoir que nous occupons seuls, nous nous réveillons à 6h00 pour profiter d'un petit déjeuner agréable servi par le patron du gîte, aux petits soins avec nous. Ce dernier nous parle à nouveau de la navette qui relie Vallouise à Entre-les-Aygues, à l'ouest, et que de nombreux randonneurs empruntent avant de se lancer dans l'ascension du Col d'Aup Martin, point culminant du GR54. Cette navette serait d'autant plus appréciable que de récents glissements de terrain ont emporté une partie du GR qui passe au sud de l'Onde. Nous ne sommes heureusement pas du genre à nous laisser distraire ainsi de notre objectif de boucler, à pied, le tour de l'Oisans, et déclinons donc cette offre pourtant sympathique.
Comme la veille avant le départ, je me tartine les pieds de crème anti-frottements, et l'ensemble des parties du corps exposées au soleil de crème solaire à fort indice de protection. Mathias, à qui le soleil de la veille a commencé à donner un teint d'écrevisse, m'en emprunte d'ailleurs un peu afin de limiter les dégâts.
Nous quittons le gîte à 6h43, et suivons donc la route jusqu'au Pont des Places où le GR rejoint cette dernière. Nous poursuivons ensuite jusqu'au parking d'Entre-les-Aygues, en nous faisant doubler, au passage, par la fameuse navette. Pas bien grave : nous aurons certainement l'occasion de doubler ses passagers lors de notre montée "sportive" au col !
L'ascension commence le long du Torrent de la Selle, dans un cadre magnifique. Nous marquons une pause devant un abri au Jas Lacroix, à 1946 m d'altitude (1h48' pour gravir 770 m : nous sommes bien partis tranquillement).
Nous nous arrêtons également au Champ Rond, à 2170 m, d'où la vue sur le chemin parcouru est déjà saisissante, puis nous entamons la montée finale vers les 2761 m du Col de l'Aup Martin, que nous atteindrons à 10h15, après 3h32' de rando-course. La vue sur l'ensemble des environs est à couper le souffle, sorte de paysage lunaire où subsistent de larges bandes d'herbe bien verte.
La descente infernale
Nous rejoignons ensuite le Pas de la Cavale, à 2735 m, en une dizaine de minutes, puis entamons une longue descente vers le Refuge du Pré de la Chaumette.
Cette descente me donne enfin l'occasion de démontrer au monde entier - ou, du moins, à mes quatre compagnons - mes prodigieux talents de descendeur. Serge, excellent grimpeur, dit souvent qu'il est mauvais descendeur (Michel est d'ailleurs persuadé qu'il dispose là de ses plus belles marges de progression). Je vais donc m'efforcer de lui montrer que l'on peut trouver bien pire, à un niveau qu'il n'imaginait peut-être même pas.
En effet, sitôt la descente entamée, mes quatre compagnons s'envolent bien loin devant moi, et je les vois me prendre dix, puis quinze, puis cinquante, puis cent mètres... de D- en un temps record. Partout où ils courent, je ne trouve rien de mieux à faire que marcher péniblement, en tentant vainement d'assurer un minimum de stabilité. Je sens pourtant bien que cette descente est relativement roulante (je croise d'ailleurs un groupe de randonneurs à cheval), mais il n'y a rien à faire : je suis tétanisé, et me résous donc à l'idée de laisser mes camarades filer, en espérant qu'ils n'auront pas à m'attendre trop longtemps malgré tout.
Arrivé sur le Vallon de Rougnoux, j'hésite sur le chemin à prendre. Certes, le GR continue à descendre sur ma droite, mais je crois me souvenir que mes compagnons ont parlé, le matin même, d'une succession de cols rapprochés les uns des autres aujourd'hui, et, justement, le chemin à gauche mène vers le Col du Cheval de Bois. Je commence à suivre le GR pendant cinq minutes, puis, pris d'un nouveau doute, je remonte et entame l'ascension du col pendant un bon quart d'heure, avant de réfléchir un peu plus sereinement et de conclure qu'ils m'auraient attendu s'ils s'étaient écartés du GR. Je reprends donc le chemin de la descente, et les aperçois, enfin, attablés au Refuge du Pré de la Chaumette, où j'apprends qu'ils m'attendent depuis... plus d'une heure.
Rien de tel pour prendre la pleine mesure de mon rôle de boulet de l'équipe...
Heureusement pour moi, ces montagnards sont d'une patience sans bornes, et je peux moi aussi profiter d'un ravitaillement Coca/tomates particulièrement bienvenu à cette heure (il est déjà midi).
Trois p'tits cols et puis s'en vont
Nous repartons vers 12h30, pour entamer l'ascension des trois derniers cols de la journée. La montée au Col de la Vallette, à 2668 m, ne pose pas de difficulté, et je rejoins Serge, Michel et Nico quelques minutes avant Mathias, que ses maux de ventre ralentissent implacablement dans chaque ascension. Les 850 m de D+ sont avalés en 1h10' : je ne dois pas être loin de mon record de vitesse ascensionnelle. La vue est, là encore, magnifique. Il faut dire que nous sommes particulièrement gâtés par la météo, avec un ciel bien dégagé et un temps chaud et sec depuis le début de notre aventure.
Nous descendons sur le Vallon de Gouiran, dans un terrain schisteux qui me convient paradoxalement davantage que le mélange de pierres et de terre rencontré après l'Aup Martin. C'est là que Michel me donne quelques conseils pour améliorer un peu ma technique de descente, ou plutôt pallier mon manque flagrant de maîtrise : une posture semblable à celle du skieur, les jambes pliées et les épaules en avant des fessiers. Ah, si seulement je savais skier...
Nous remontons ensuite sur le Col de Gouiran, à 2597 m, où nous marquons une petite pause, puis redescendons sur le Vallon Plat avant d'entamer l'ultime ascension du jour vers le Col de Vallonpierre, à 2607 m. Après dix minutes d'arrêt, nous entamons la descente sur le Refuge de Vallonpîerre, à 2271 m, en bordure du lac éponyme, où nous marquerons une dernière pause qui sera l'occasion de se ravitailler en eau et de s'alimenter un peu (ah, que j'aime ces barres de nougat...).
Nous descendons ensuite sur la vallée de la Séveraisse, où le GR est très agréable jusqu'à Rif du Sap, petit chemin passant au travers d'une végétation luxuriante. Michel et Nicolas sont partis devant, et ont opté pour la route, tandis que Mathias, Serge et moi décidons de suivre le GR jusqu'à hauteur du Casset. A l'approche du Bourg, je regrette presque notre choix, car le sentier si agréable s'est mué en vaste autoroute à 4x4 : une bonne dizaine de mètres de large, sur un sol presque lisse, et où il devient difficile de s'abriter du soleil dont les rayons brûlent plus ici que sur les sommets.
Heureusement, le GR bifurque à gauche et redevient plus sauvage, jusqu'à un petit pont très pittoresque qui nous permet de rejoindre le Casset, près de La Chapelle en Valgaudemar. Serge nous a doublés dans cette dernière portion, et Mathias et moi ne pouvons réprimer notre joie à la vue du panneau "Le Casset, 0,1 km".
Cela fait en effet plus de 11h que nous avons quitté Vallouise et une descente pénible pour moi et des ascensions difficiles pour Mathias ont assez largement entamé notre résistance physique et mentale.

Bilan de la journée : 11h17' pour 48,8 km et 3226 m de D+.
Bilan cumulé des deux jours : 20h17' pour 95,6 km et 5868 m de D+.

Le repos des guerriers
L'arrivée au gîte est donc une véritable délivrance. Serge connaît les lieux pour y avoir déposé, quelques semaines auparavant, un pot de 2 kg de sa poudre magique qui constitue, seulement coupée d'un peu d'eau, sa seule source de ravitaillement pendant la journée.
L'endroit est très agréable et, comme à Vallouise, les propriétaires et les autres clients sont aux petits soins avec nous. Après une petite bière et un petit Coca, la douche, qui fonctionne à l'énergie solaire (voilà une façon toute simple de profiter des énergies renouvelables) fait un bien fou, et me permet de nettoyer un peu deux débuts d'ampoules au pied droit, que je tenterai de soigner avec un Compeed.
Le repas est copieux, mais un cafouillage dans la répartition des parts nous prive, Serge, Michel, Nico et moi, de plat principal... Heureusement, nos voisins se proposent de nous donner une large part de leur propre assiette, et la propriétaire nous prépare, en catastrophe, une bonne casserole de pâtes.
J'avoue que j'aurais eu du mal, après une telle journée, à me contenter des feuilles de salade prises en entrée...
Je n'ai ce soir encore, à ma plus grande joie, aucune douleur musculaire ou articulaire, mais je redoute un peu la journée de demain, qui est celle qui avait contraint Mathias à l'abandon l'an dernier. Mathias, d'ailleurs, est lui très marqué par ses douleurs gastriques, et s'interroge sur ses chances de parvenir à boucler l'étape de demain.
Nous décidons d'ailleurs de nous répartir en deux groupes, Michel, Nico et Serge optant pour un trajet a priori plus agréable mais aussi plus technique, tandis que Mathias et moi nous contenterons de suivre le GR.
Enfin, tout cela dépendra de notre état le lendemain au réveil...
A suivre...

L'Castor Junior

Les réactions

Par magalochka, le 2006-08-01 09:24:51
Et bien, tu vois tu tiens le coup! ça donne envie tout ça, ça rappelle le GR20.Vous triplez les étapes non??
Mais je n'ai pas compris, vous courrez dans les montées? En tout cas, courir dans les descentes, c'est super mais ça casse les jambes, très traumatisant à long terme.
Tu te fais gentiment moquer par Michel? Mais rassure toi, lui aussi se fait gentiment moquer par ses copains du CAF sur les descentes en ski, et oui, qui l'eu cru?....
J'attends les autres CR avec impatience!

Par mielou, le 2006-08-01 09:36:10
on suit castorjunior
dis t'abandonnes pas hein ?

Par JP II, le 2006-08-01 10:07:01
Salut monsieur le castor, Mielou et Magalochka,

pas encore eu le temps de lire, mais j'y vais dès que possible !

Bonne journée !

Par JP II, le 2006-08-01 10:46:16
Magnifique résumé encore, sans parler des photos ! +25 au castor junior !
Encore !!!

Par L'Castor Junior, le 2006-08-01 11:17:11
Salut tout le monde,
magalochka, tu fais bien de parler du GR20 : Mathias va tenter de le boucler en cinq jours à partir de ce week-end. Un vrai doux dingue !
Sinon, dans les montées, nous marchons (je me sentirais totalement incapable de courir dans de telles pentes !), en essayant cependant de maintenir un rythme rapide. En gros, l'objectif est d'aller à peu près deux fois plus vite que la vitesse utilisée dans les topos de randonnée.
Pour les descentes, il est clair que la course y est vite traumatisante, notamment pour les genoux. C'est là, aussi, que les bâtons permettent de soulager un peu la charge, et s'avèrent donc particulièrement utiles.
Michel se fait chambrer sur ses descentes en ski ? Bon à savoir ;-o)
Pour la suite, j'espère "pondre" le prochain CR ce soir...

mielou : rien que pour toi, je vais tenter de m'accrocher ;-o). Merci en tout cas de suivre l'aventure !

JP II : merci beaucoup pour ces messages. J'espère en tout cas que mes petits CR permettent, un peu comme ceux des autres bloggers de courseapied.net, de faire découvrir des facettes parfois méconnues de la course à pied et des sports connexes. Une façon comme une autre de faire partager ses passions !
Merci en tout cas de lire mes gros pavés !

Par michette, le 2006-08-01 12:18:05
et la "ballade" continue mais pour moi à part le casset le reste est terra incognita (saufvallouise) mais à l'aide d'une carte je peux suivre le périple et mesurer la distance et le denivellé parcouru.... ma carte n'étant pas ign je repère seulement l'aup martin qui me parait terriblement éloigné du casset comment diable avez vous pu traverser les écrins?je suis admirative; merci pour ce cr et ces belles images des cimes; à demain sur le gr 54?

Par magalochka, le 2006-08-01 12:58:41
Le GR20 en 5 jours??? Ca veut dire qu'il est allé au bout de ton périple non? Ouah c'est chaud quand meme; moi je l'ai fait en 9 ou 10 jours en doublant des etapes. Remarque c'est jouable avec des petits sacs et de bonnes conditions météo, c'est un peu comme l'oisans, en plus long, avec peut etre moins de denivelé et plus de distance.Il ne faut pas avoir d'ampoules en tout cas! Tu ne veux pas l'accompagner???
Et oui, pour Michel j'étais surprise en entendant un des ses copains dire qu'il était "moyen" en descente; pour moi c'etait un dieu(j'ai skié avec lui une fois)!
Je suis sure que tu es arrivé au bout, tu dois avoir une sacré caisse maintenant. Ce qu'il faut c'est faire du ski de rando l'hiver; après tu voleras c'est sur...

Par Enzo, le 2006-08-01 13:45:19
Superbe une nouvelle fois L'Castor !
Et les photos le sont tout autant ... quelle magnifique lumière !!!

@+

Par floflo, le 2006-08-01 14:00:42
Comme c'est beau.. ça me manque la montagne !

Par L'Castor Junior, le 2006-08-01 14:45:32
michette : en fait, Le Casset dont je parle aujourd'hui est un petit hameau à l'est de La Chapelle en Valgaudemar, donc largement à l'ouest de Vallouise. Il ne s'agit pas, comme hier, du Casset près de Monêtier-les-Bains...
Pour suivre le parcours, tu peux aussi essayer le géoportail, en privilégiant les cartes par rapport aux vues aériennes.

magalochka : je pense que Mathias partira cette fois encore avec des petits sacs en effet, et je lui souhaite une météo clémente... Quant à l'accompagner, je voudrais bien, mais j'ai piscine (ou plutôt thalasso/course à pied à Pornic...). Mais je serai en Corse dans deux semaines pour la Via Romana (58 km et 3500 m de D+)...
Pour Michel, on trouve toujours plus fort (et plus faible) que soi ! Pour le ski, ça me tenterait bien, mais il faudrait d'abord que je prenne des cours (j'en ai fait deux semaines dans ma vie, quand j'étais tout gamin, et je dois tout reprendre à zéro...). Mais pourquoi pas ? Depuis que j'ai découvert le sport, je me sens pousser des ailes ;-o)

Merci Enzo ! Pour les photos, je n'ai aucun mérite : nous avons vraiment eu des conditions météo exceptionnelles !

floflo : tu sais, nous n'étions pas si loin que ça de tes terres. L'essentiel du périple s'est déroulé dans les Hautes Alpes... En tout cas, même moi qui en ai peu d'expérience, je suis forcé d'admettre que "la montagne, ça vous gagne !".

Par michette, le 2006-08-01 16:15:39
je ne comprenais pas le parcours : hier le casset aujourd'hui vallouise le casset???je me suis dit mais ils sont fous!!et en regardant la carte je ne voyait qu'un passage par les écrins; j'ai pas osé posé la question de peur de paraitre idiote...bon je me penche sur géoportail

Par L'Castor Junior, le 2006-08-01 16:37:47
C'est un peu de ma faute michette : j'aurais dû préciser plus clairement que Le Casset du jour était à côté de la Chapelle en Valgaudemar...
Il n'empêche : la veille, nous avons bel et bien fait Le Casset (prèsde Monêtier-les-Baisn) - Vallouise, mais en passant par le Col des Grangettes et le lac de l'Eychauda...
L'Castor Junior

Par KLOUG, le 2006-08-02 15:44:06
Je pense que Norbert et Sonia ont été aux petits soins pour vous au refuge des cassets.
C'est là qu'Odile et moi (moins bien) avions préparé la diagonale des fous en 2004.
A bientôt

Par L'Castor Junior, le 2006-08-02 16:25:48
Salut KLOUG !
Tu vois, j'avais déjà oublié le nom de ce refuge que tu m'avais pourtant bien donné. En tout cas, je te confirme que nous avons été bien accueillis par Sonia et Norbert (cf. la casserole de pâtes supplémentaire).
En tout cas, toute l'aventure fut extraordinaire et, je l'espère, une bonne préparation pour notre coursette de fin août ;-o)

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2006-07-30 23:16:22 : Tour de l'Oisans - Étape 1 - Le Chazelet - Vallouise - 20-07-2006 - 0 photo - 14 réactions

Premier jour d'une aventure extraordinaire

Le contexte
Comme beaucoup de kikoureurs, j'avais vu passer au printemps le message suivant :

On cherche 2 ou 3 coureurs d'un bon niveau pour nous accompagner sur le tour de l'Oisans en 4 étapes, au départ du Chazelet (vers la Grave). http://www.kikourou.net/calendrier/course-7540-tour_de_l_oisans_-_etape_1-2006.html
Voir un CR en images :
http://www.kikourou.net/recits/recit-1342-tour_de_l_oisans_-_etape_1-2005-par-mathias.html
Semi autonomie : rando course avec des sacs très légers (boisson, barres de céréales) pour des étapes entre 9 et 13 heures. Nuits et repas du soir en gîtes / refuges. Attention, ce sera très physique. J'en sais quelque chose, l'an dernier je n'ai pas réussi à terminer la 3ème étape...
Cette balade est un "OFF". Coût : 0€, sauf si je dois avancer de l'argent pour la réservation des refuges. Organisation quasi zéro. Je me charge seulement du parcours, des horaires, et de réserver les gîtes et refuges.
Objectif : faire un groupe de 3 - 5 coureurs d'un "bon" niveau, et rester ensemble.
Pour plus d'infos : webmaster@kikourou.net


En fait, derrière ce "on" se cachent Mathias, webmaster de Kikouroù, et Serge, webmaster de courseapied.net, deux sites qui m'ont accompagné dans ma découverte de la course à pied début 2005. Pour faire simple, et rapide, les deux gars se tirent la bourre en tête du tableau de bord Kikouroù (200.000 m de D+ annuels pour Serge et 85.000 pour Mathias...). C'est sûr qu'avec mes petits 38.000, je n'en mène pas large... D'un autre côté, Mathias a bien mis "bon" niveau entre guillemets, donc, moi qui commence à avoir des résultats pas trop mauvais dans les trails et courses vertes de la région parisienne, je me prends à rêver de pouvoir être à la hauteur des deux loustics...

Mais, dans la foulée, Mathias envoie un nouveau mail :

J'oubliais : etape 1 : le chazelet - vallouise, 48km, 2500m D+ etape 2 : vallouise - la chapelle en valgaudemar, 48 km, 3850m D+ etape 3 : la chapelle - refuge de la muzelle, 39,5km, 4760m D+ etape 4 : la muzelle - le chazelet, 55,6km, 3250m D+
C'est pas mal pour préparer l'UTMB, non ?
L'Bœuf


Gasp...
J'enregistre néanmoins la première étape de ce Tour de l'Oisans OFF 2006 dans mon kivaoù, sans en parler à quiconque (j'ai trop peur qu'on me dise que je suis fou, trois semaines avant la Via Romana et cinq semaines avant ce qui devrait être ma première vraie course de montagne : Courmayeur-Champex-Chamonix fin août...).

Ce n'est finalement qu'après les 12 heures de Bures sur Yvette, où j'ai découvert que j'étais capable de courir, pas forcément très vite mais un peu quand même, pendant douze heures, que je décide de me jeter à l'eau définitivement, en faisant part à Mathias de mon souhait de me joindre à l'équipée. Il me répond, au retour de son périple équatorien, le 3 juin, et je découvre qu'il a déjà recruté un UFO de plus, Nicolas, au pedigree impressionnant.
Que diable suis-je allé faire dans cette galère ? J'aurais pourtant dû me méfier, avec tous les messages de zanimos du Zoo qui déclinaient au fur et à mesure l'invitation du Bœuf finlandais ("C'est attractif Koh Lanta cette année ;-))" glissera même L'Blueb, pourtant aguerri...).
Afin de m'éviter toute tentation de faire machine arrière, je réserve, après m'être assuré que Serge ou Mathias pourra passer me récupérer à Grenoble, mes billets de train dès le lendemain (Prem's : ni échangeables, ni remboursables).

Je décide tout de même de me préparer un minimum pour cette aventure, en essayant enfin mes bâtons Quechua Diosaz Raid 500 achetés au printemps, et en multipliant les sorties à la recherche de l'accumulation de D+, notamment dans le Bois de la Guyonnerie (que des côtes de 60 à 80 m à monter et redescendre sans arrêt).
Le Trail du Pays de Sully, très difficile en raison de la chaleur, fait également figure d'entraînement adapté, avec ses 42 km et 1200 m de D+.
Enfin, le week-end d'initiation à la haute montagne organisé par Aurélie, auquel j'ai finalement décidé d'accoler une tentative d'ascension du Mont Blanc, qui se déroule dix jours avant le périple en Oisans, me fournira l'occasion d'effectuer pour la première fois des ascensions continues de plusieurs centaines de mètres de D+, et même de passer la barre des 3000 m d'altitude avant Serge. Incroyable !
Ce n'est en tout cas pas un luxe, car, début juillet, et sitôt mon inscription au Forum UFO validée, je m'aperçois en le parcourant que Mathias a réussi à convaincre Michel, un autre UFO au palmarès encore plus impressionnant, de se joindre à l'aventure.
Comme le dit alors L'Blueb, "ce n'est pas avec lui que la caravane va ralentir ;-))".
Re-gasp...

Revue des forces en présence
D'ailleurs, il serait peut-être bon de présenter, rapidement, par ordre d'apparition dans l'aventure, chacun des doux dingues qui a signé, selon les mots de Michel C., pour "en ch..r".

D'abord, il y a Mathias, alias L'Bœuf Finlandais. Lui, c'est l'organisateur de ce Koh Lanta OFF. En plus d'être le webmaster de Kikouroù ( http://www.kikourou.net ), le p'tit ligérien de 31 ans est un orienteur chevronné, triathlète (finisher d'Embrun tout de même !) à ses heures, et adepte de toutes sortes de défis fous (Raid 28, 6000D, Templiers, Saintélyon, 100 bornes, ascensions andines, etc.). Il court depuis 8 ans, et pratique l'ultra depuis cinq ans. Un passionné dur à cuire...

Ensuite, il y a Serge, alias la Sauterelle. Lui, c'est le webmaster de courseapied.net ( http://www.courseapied.net ). On pourrait résumer (et il le fait d'ailleurs souvent lui-même) les objectifs de ce haut savoyard de 27 ans à : du D+, encore du D+, toujours du D+. A vélo, à ski, à pied ou en raquettes, il passe son temps dans ses montagnes et celles des autres à accumuler du dénivelé. A son actif, quelques petites coursettes comme la Grande Traversée des Alpes (600 km et 31000 m de D+) qu'il a terminée en 2005, à la 5ème place, en moins de 89 heures... Ah oui, il court depuis 1999, et pratique l'ultra depuis 2001.

Il y a également Nicolas, alias durdur. Cet UFO, haut savoyard de 35 ans, qui a commencé à courir il y a 18 ans, s'est lancé dans l'ultra en 2002, et, en montagnard aguerri, vit cette passion dans tous les sports : course à pied, ski, escalade et alpinisme. Il a couru à peu près toutes les épreuves mythiques de ces différents sports, se classant souvent à d'excellentes places, comme sur le dernier Tour des Glaciers de la Vanoise, 33ème sur 321 concurrents, moins de trois semaines avant notre défi OFF. Je participe également à l'aventure.

Moi, c'est Cédric, alias L'Castor Junior. Essonnien de 29 ans, j'ai débuté la course à pied début 2005, après 27 ans de sédentarité et de rejet total de toute pratique sportive. Probablement rattrapé par mes gènes (mon père est un coureur d'ultrafond chevronné, dont l'expérience m'a apporté beaucoup). Avide de rattraper mon retard vis-à-vis du sport, j'ai embrayé sur l'ultra dès 2005, avec le Trail du Parc du Gâtinais en septembre (55 km), et ai depuis pris un plaisir fou à participer à toutes sortes d'aventures, comme le Raid 28 ou les 12 heures de Bures (deux épreuves locales de grand renom chez les UFOs ;-o) ), et même à un raid d'orientation multisports comme le Trophée Picard début juillet 2006. Quoique ayant du sang montagnard dans les veines (si, si, Michel, la Maurienne est un pays de montagne ;-o) ), j'ai une expérience de la montagne particulièrement limitée (je n'ai jamais skié, ni pratiqué, du fait de mon passé sédentaire, de randonnée alpine). Certes, j'ai bien fait, à l'été 2005, une petite balade au pied du Glacier de l'Etendard et l'ascension, à vélo, des cols de la Croix de Fer, du Glandon et du Mollard (sans le savoir, une partie de l'étape du tour de France partie de Bourg d'Oisans le jour de notre arrivée là-bas. Heureux présage ?), mais ma seule pratique du dénivelé se résume à mes entraînements sur les coteaux de la vallée de Chevreuse, ainsi qu'à quelques trails ou raids organisés en Île de France. En fait, hormis sur Marseille-Cassis, je n'ai jamais pris plus de 100 m de D+ d'une seule traite... Heureusement, le week-end au Mont Blanc dix jours auparavant m'aura permis de franchir, au moins psychologiquement, ce cap.

Enfin, le dernier de la bande, mais de loin le plus costaud, est Michel, alias Michel C., UFO au palmarès réellement impressionnant. Cet isérois de 34 ans est un montagnard complet, qui pratique à peu près tous les sports de montagne possibles et imaginables. Ski, alpinisme, escalade, deltaplane, vélo et, bien évidemment, course à pied, rien ne résiste à ce triathlète endurci, finisher d'Embrun comme Mathias, qui accomplit dans chacun de ces sports des performances de haut niveau. Lancé dans l'ultra depuis 9 ans, un de ses plus beaux résultats est certainement sa sixième place à l'UTMB 2004, en moins de 25 heures, alors que seul un petit tiers des concurrents au départ parvient à terminer l'épreuve dans la limite des 45 heures fixée par l'organisation. Michel entrevoit sa participation à notre petite équipée comme un entraînement à l'UTMB 2006 (Mathias et Nicolas sont dans le même esprit, et, en ce qui me concerne, je me dis que ça ne me fera pas de mal pour le CCC...), après une magnifique cinquième place au Tour des Glaciers de la Vanoise trois semaines auparavant. Il est heureux pour nous qu'il ne se lance pas dans ce tour de l'Oisans à son rythme de compétition... ;-o) De toute façon, hormis lorsqu'il se moque (gentiment quand même !) des parigots à sang mauriennais ;-o), Michel est un personnage particulièrement chaleureux, patient et toujours prêt à faire profiter les autres de sa maîtrise et de son expérience. Ah, si tous les grands champions avaient ces qualités... En tout cas, nous sommes tous particulièrement heureux qu'il se soit joint à nous.

Mercredi 19 juillet : la veille du Jour J
Je file prendre mon TGV (le train, pas la coursette de montagne ;-o) ) après avoir enfin achevé une partie de mes CR en retard (notamment le week-end d'initiation à la haute montagne). Afin de lutter contre ma tendance naturelle à me charger systématiquement comme un mulet, j'ai décidé de ne prendre qu'un sac, un Quechua Diosaz Raid Les Arcs de 27 litres, qui sera donc à la fois mon sac de transport et de course. J'y ai donc mis ma tenue de course prévue pour ces quatre jours, un nécessaire de toilette/soins et la nourriture des quatre jours :

- ma panoplie XA-Raid Salomon (short/cuissard, TS, veste légère, saharienne),
- une veste imperméable et respirante (Storm de Millet), très légère et compressible,
- deux paires de chaussettes,
- deux slips,
- un débardeur
- une couverture de survie et une trousse de premiers soins (pansements, compresses, Compeed, ciseaux, etc.)
- gel douche, brosse à dents, dentifrice et, probablement inutiles : déodorant, rasoir et mousse à raser. Je suis une insupportable midinette, on ne se refait pas ;-o)
- crème anti-frottements pour les pieds Aptonia, crème solaire indice 50,
- petite serviette (20x30 cm),
- un drap de sac de couchage en soie Quechua,
- un paquet de mouchoirs en papier,
- lampe frontale : Tikka+,
- boussole pouce,
- pochette imperméable (argent liquide, carte d'identité, carte bancaire, trois formules de chèques, passe Navigo et billets de train),
- mon téléphone portable,
- mon appareil photo et le chargeur de sa batterie,
- mon GPS Forerunner 205 et son chargeur,
- la ceinture émettrice de mon Polar 710i (ce dernier me sert de montre),
- mes lunettes de glacier (on ne sait jamais) et mes lunettes de vue à verres clairs,
- cinq berlingots de lait concentré sucré,
- cinq barres pâte d'amandes/chocolat Aptonia,
- deux barres de miel Aptonia,
- cinq barres de nougat amandes/miel Aptonia,
- une poche à eau CamelBak de 2 litres,
- un bidon Salomon 600 ml,
- une bouteille de St Yorre Sport de 500 ml.

Avec les bâtons, le poids global sans eau est de 5,1 kg. Je ne suis jamais parti aussi léger. Qu'aurait-ce été si je m'étais débarrassé réellement de tout le superflu (mousse à raser, rasoir, emballage des barres, etc.) ? Je porte donc sur moi, en plus des lunettes de soleil à verres correcteurs, une tenue vaguement adaptée à l'aller (et au retour !) en train : pantalon Quechua à jambes amovibles et chemise Columbia technique, ainsi que mes chaussures de trail NB1100, qui seront probablement affreusement peu présentables au retour, mais je ne me sentais pas capable d'embarquer une deuxième paire... Cette tenue pourra, en plus, me servir de tenue de rechange le soir dans les gîtes et refuge.

La RATP et la SNCF se sont visiblement alliées pour protéger mes muscles et articulations en faisant tout pour m'empêcher d'aller faire cette co...rie dans l'Oisans, car le trafic du RER B est interrompu à hauteur de Denfert. Heureusement, le métro fonctionne, et les lignes 4 et 14 me permettent de rallier la gare de Lyon dans les temps, une bonne vingtaine de minutes avant l'horaire de départ du TGV pour Grenoble. J'en profite pour trouver une pharmacie où j'achète deux tubes d'Efferalgan orodispersible, ainsi que des boules Quiès (fruit de mon expérience dix jours auparavant dans les refuges du Mont Blanc). Je file ensuite m'installer dans le train, qui ne démarrera finalement qu'à 14h55, au lieu de 14h30 prévu à l'origine. En cause : le conducteur de notre train, qui ramène un TGV sur Paris qui accuse lui-même un grand retard... J'envoie donc un SMS à Nico et Michel pour les avertir d'un retard prévisible d'une demi-heure, car, Mathias n'ayant pas de téléphone portable, ils seront notre seule interface en cas de problème.
J'arrive enfin à Grenoble à 18h05, soit plus d'une demi-heure de retard. Je trouve Mathias sans problème, et nous filons, dans la Mathiasmobile, vers Bourg d'Oisans, après un petit arrêt au stand pour remplir l'estomac de ce bolide, parfois poussif, mais vorace... ;-o)

Michel, Nico et Serge nous attendent attablés à la terrasse d'un café sur la place principale, mais, pour ne pas rajouter du retard supplémentaire, Mathias et moi ferons l'impasse sur ce ravitaillement alcoolisé, et nous partirons tous, direction St Christophe en Oisans, où Michel déposera sa voiture pour pouvoir couper court lors de la dernière étape, puis vers le Chazelet, au-dessus de La Grave, notre point de départ et d'arrivée pour ce tour de quatre jours.

Là, nous ne trouvons que la mère de famille, que Mathias connaît bien. Son mari, sa fille et son gendre étant partis tenter l'ascension de la Meije, qui domine, majestueuse, tout le massif des Ecrins, et sur laquelle Le Chazelet dispose d'un point de vue privilégié. Sacré challenge, car, quoique légèrement inférieur à 4000 m (3983 m exactement), ce sommet est autrement plus technique que le Mont Blanc par la voie normale.
Nous serons seuls, cette nuit, dans le gîte, dans des conditions royales : deux lits minimum par personne, c'est du jamais vu !
Michel se met au fourneau et nous concocte des pâtes au persil et à l'ail : exquis ! Cet homme a décidément de multiples qualités ;-o)
La nuit se passe très bien, dans un calme absolu, et nous nous réveillons le jeudi matin à 6h00, prêts à partir pour un long périple, plein d'inconnu pour ce qui me concerne...

Le grand jour !
Nous nous réveillons à 6h00, pour un petit déjeuner sommaire (les patrons du gîte ne sont pas revenus de l'excursion à la Meije. Chacun prépare son sac pour le lendemain, et va mettre le surplus dans une des voitures qui sont parvenues jusqu'ici. Pour ma part, pas grand chose à faire puisque mon sac de voyage sera mon sac de course...
Nous partons finalement à 7h10, tranquillement, en marchant, pour une descente jusqu'aux berges de la Romanche. Passage aux Terrasses, puis descente sur La Grave, où je commence déjà à prendre toute la mesure de mon personnage de boulet en chef. En effet, sur cette descente facile, je suis obligé de m'arrêter au bout de quelques centaines de mètres, alerté par la chute de ma veste légère. J'avais pourtant fermé mon sac à dos ! En fait, comme un parfait débutant, j'avais opté pour une fermeture qui me permette un accès facile à la poche à eau, installée à l'intérieur du sac. Résultat, les deux glissières se retrouvant sur le haut du sac, elles s'étaient peu à peu écartées, ouvrant grand la poche du sac.
Gasp ! Qu'avais-je bien pu perdre d'autre ? Un coup d'œil rapide me permettait de me mettre au moins en chasse de mes deux paires de lunettes. Ni une, ni deux, j'abandonnai donc mon sac sur le sentier, et remontai rapidement la pente, craignant fortement de ne pas apercevoir les précieux outils. Heureusement, au détour d'un virage quinze mètres plus haut, j'apercevais verres et montures, et pouvais redescendre, l'esprit serein, les ranger dans mon sac, en prenant bien soin, cette fois, de sécuriser la fermeture à l'aide du clip supérieur dont je découvrais enfin l'utilité. Un boulet, vous dis-je...

Je retrouvai mes camarades à La Grave, dix minutes plus tard, et pouvais lire dans leur regard une certaine appréhension : certes, le parigot ne connaît pas la montagne, mais s'il arrive à perdre cinq minutes sur une descente aussi simple, la journée va être dure... De mon côté, je préférais ne pas m'attarder sur mon erreur grossière, et décidai donc de reprendre la route sans mot dire... Après avoir traversé la Romanche, nous continuons en suivant le GR en optant pour une petite côte (250 m tout de même) qui nous fait passer en face de l'Alpe de Villar d'Arène, puis redescendre sur la Romanche jusqu'au Pont des Brebis, où nous décidons de rester au sud de la rivière. Las, le chemin que nous suivons s'arrête net, et nous avons le choix entre faire demi-tour jusqu'au pont (idée qui ne nous a, de mémoire, même pas traversé l'esprit) et traverser la rivière aux allures, à cet endroit, de véritable torrent. TUROOM ! (T'es Un Raideur Oui Ou Me..e ?) Comme au Raid 28, mais avec des températures autrement plus élevées, nous aurons donc droit, dès le départ de notre aventure, à un passage humide. Et, comme au Raid 28, les stratégies pour traverser diffèrent : avec ou sans chaussures ? Pour ma part, ce sera, comme au Raid 28, avec : les pieds sont bien mieux protégés, et le mesh évacue l'eau sans difficulté. Après tout, j'ai bien réussi à recourir après les 800 m du tunnel de la Voûte. Ce n'est donc pas une petite traversée d'une petite dizaine de mètres qui va me faire peur...

Las, la Bièvre à Buc coule paisiblement, tandis que les courants ici manquent de nous emporter tous. Nicolas et Serge chutent d'ailleurs, et même Michel, qui a sagement opté pour un passage plus large mais où le courant est moins fort, peine à garder l'équilibre. Heureusement, après quelques minutes humides et quelque peu angoissantes, nous arrivons tous à bon port et pouvons, dès lors que chacun a rechaussé ses running, reprendre notre route, en espérant regagner bientôt le soleil qui se fait discret au fond de cette vallée encaissée.
Nous montons ensuite tranquillement au Pas d'Anna Falque, à 1720 m, puis embrayons sur la montée au Col d'Arsine, premier de la journée, qui culmine à 2340m. En chemin, Serge nous abandonne pour aller recharger son CamelBak (cet extra-terrestre se nourrit uniquement, pendant la journée, d'un dosage savant de poudre Maxim et d'eau. Jamais de solide... !), et nous en profitons pour boire un peu, comme nous le ferons régulièrement, à l'eau d'un torrent, où nous rafraîchissons également nos couvre-chefs respectifs. Les 620 m d'ascension sont bouclés, très tranquillement, en 1h15', sans la moindre difficulté. Les paysages sont magnifiques, et je suis émerveillé à chaque pas, ou presque. Je prends quelques photos, mais préfère néanmoins me concentrer sur l'exercice : nous n'avons fait, pour l'heure, que le plus facile, et la journée et, plus encore, le périple, sont loin d'être terminés. En tout cas, au sommet, j'ai déjà plus de 1000 m de D+ dans les pattes, pas très loin de mes records sur une journée en course à pied, si j'excepte l'ascension du Mont Blanc.

La descente, le long du Petit Tabuc, sur le Casset est très roulante, et me permet de suivre d'assez près mes camarades, à mon grand soulagement. Nous profitons de la fontaine du village pour recharger les poches à eau avec de l'eau bien fraîche, qui ne le restera certainement pas longtemps, puis embrayons, dans la vallée, sur le Monêtier-les-Bains et son centre de vacances EDF, où nous abandonnons le GR54 pour une variante plus technique mais, a priori, beaucoup plus agréable, qui nous évite notamment le passage sous les télésièges de l'Eychauda. Nous longeons donc le Grand Tabuc, en direction du Col des Grangettes. Nous faisons une pause déjeuner devant une grangette, où je pique à Michel une tranche de saucisson (ah, qu'il est agréable de manger un peu de salé dans ces sorties longues !). Mathias, qui est déjà mort plusieurs fois, en profite pour se reposer un peu. Visiblement, les maux d'estomac contre lesquels il se bat depuis des mois reprennent le dessus, et on sent, déjà, que les quatre jours ne seront pas, pour lui en tout cas (mais peuvent-ils l'être pour quiconque ?) une partie de plaisir... C'est en raison de ces difficultés, qui surcompensent parfois ses qualités intrinsèques largement meilleures que les miennes, que Mathias me ravira parfois la place de maillon faible...

Les derniers mètres de l'ascension du Col des Grangettes, à 2684 m, sont effectivement assez techniques, comme le laissait présager la carte qui les trace d'un simple pointillé. En revanche, la vue sur le lac de l'Eychauda est magnifique, et mérite à elle seule l'effort. Les 900 m d'ascension depuis les Grangettes auront été parcourus en 1h35', ce qui, vu les difficultés du sommet, me convient parfaitement. Et, cette fois, j'ai bel et bien battu tous mes records de D+ en une seule journée : 2270 m au sommet du col. Même pas mal ;-o)
La redescente jusqu'au lac de l'Eychauda d'abord, est bien plus technique que celle du Col d'Arsine, et je laisse filer mes camarades, qui m'attendront au bord du lac. Je suis notamment, de loin Mathias, qui opte pour un trajet au plus près du lac, qui oblige à quelques reprises à mettre les mains. Puis nous continuons la descente, le long de l'Eychauda, sur Chambran, où mes camarades s'échappent à nouveau. Nous croisons de nombreux randonneurs, assez surpris, visiblement, de croiser des coureurs qui ne prennent même pas, à leurs yeux, le temps de profiter du paysage...

A partir du Sarret, Michel, Nico et Serge filent sur Vallouise, sur la route d'abord, puis en empruntant quelques chemins. Je vois que Mathias traîne un peu la patte derrière, et, autant pour ne pas le laisser seul sur cette voie où la circulation est étonnamment, et désagréablement, dense, que pour préserver quelques forces en vue des étapes à venir, je marche moi aussi, et nous mettrons une bonne demi-heure avant de retrouver enfin nos camarades sur la place de l'église de Vallouise.

Bilan de cette première journée : 9h00' pour 46,8 km et 2642 m de D+.

Nous nous attablons rapidement à la terrasse d'un café où, pour fêter cette journée de records personnels, je paie ma tournée : bière ou panaché pour tout le monde, sauf Serge, qui ne boit jamais une goutte d'alcool et opte pour un Perrier citron, et un coca supplémentaire pour Mathias, qui a bien besoin de reprendre des forces. Ce dernier m'offre ensuite un sorbet en même temps qu'il fait ses courses pour le lendemain. C'est incroyable ce qu'un simple glaçon vaguement aromatisé au citron peut faire un bien fou après une telle journée.
La gîte, déjà éprouvé par Mathias en 2005, est très agréable, et la douche procure un plaisir intense. Le repas est également très appréciable. Les propriétaires et les autres clients, dont certains nous ont aperçu lors de la descente, sont aux petits soins avec les "sportifs" que nous sommes. Notre voisine immédiate habite Embrun et son mari s'est essayé au célébrissime Ironman du crû, et elle apprécie donc particulièrement les performances de Mathias et Michel. Tous sont en tout cas bluffés par le fait que nous soyons partis le matin du Chazelet, et que nous présentions finalement une certaine fraîcheur physique après une telle journée.
Néanmoins, je m'interroge au fond de moi sur ma capacité à aller au bout de l'aventure. Il s'agissait là d'une étape plutôt "facile", et je l'ai quand même vraiment senti passer, même si je ne ressens aucune douleur musculaire ou articulaire.
Bah, il sera toujours temps de se décider demain matin...
A suivre...

L'Castor Junior

2006-07-28 01:34:55 : Sortie JDM Mérantaise et Aigrefoin - 16-07-2006 - Gif sur Yvette - 0 photo - 5 réactions

L'effet haute montagne ne dure qu'un temps, hélas...

Trois jours avant de descendre sur l'Oisans pour le tour du GR54, je rejoins mes amis JDM pour la traditionnelle sortie de 9h00 le dimanche. Les quatre kilomètres qui me séparent de Chabrat sont effectués à une vitesse bien plus lente que deux jours auparavant, mais à un rythme cardiaque pourtant plus élevé. Décidément, les bienfaits du séjour au Mont Blanc se seront bien vite estompés...
Il y a foule ce matin devant le stade : Philippe, Yves, mon père, Jean-Paul, Marc, Bernard, Dominique, Frédérique et Frédéric. Nous sommes donc une dizaine à suivre Jean-Paul, qui a décidé de mener la séance, vers... la Mérantaise. Aïe, moi qui aime varier les parcours, c'est raté...
Heureusement, nous prenons le chemin le moins direct possible pour atteindre cet objectif : traversée de la Faculté des Sciences, tricotage dans le Bois de la Guyonnerie, etc. Au moins aurai-je l'occasion ainsi de faire un peu de dénivelé avant mon périple dans les Alpes du Sud...
Avec le chronomètre de Jean-Paul, les pauses usuelles des sorties JDM ne durent jamais bien longtemps, et nous nous retrouvons assez rapidement au cimetière forestier de Saint Aubin, qui nous offre la première occasion de nous ravitailler en eau. J'utilise, pour la première fois, un porte-bidons (Salomon, modèle à deux bidons acheté la veille chez Endurance Shop à Chaville), et ce système me convient finalement parfaitement.
En bas de la descente sur Villiers le Bâcle, Philippe s'aperçoit qu'il a laissé son TS au cimetière. Il nous suggère de continuer sans lui. A-t-il perdu la tête ? Il sait pourtant qu'une des règles d'or du JDM est d'attendre les derniers, voire, pour parfaire son entraînement, de retourner les chercher.
En l'occurrence, c'est moi qui vais m'y coller : je remonte au pas de course la côte, et rejoins le cimetière désert. Mes appels se perdent dans les bois, sans, hélas, le moindre écho. Je me résouds donc à rebrousser chemin, pour retrouver, en bas de la côte, un Philippe hilare qui me demande où je me suis encore égaré... Sacré coach...
Nous prolongeons la balade par un petit tour dans le Bois d'Aigrefoin, avant de rentrer tranquillement vers Bures.
Papa et moi abandonnerons nos camarades à la traversée de Belle Image, pour rentrer au plus vite par le plateau du Moulon.
Bilan de cette sortie : 3h21' pour 26,5 km et 603 m de D+.

L'Castor Junior

2006-07-28 00:53:38 : Sortie JDM Mérantaise - 14-07-2006 - Gif sur Yvette - 0 photo - 6 réactions

Où le séjour au Mont Blanc révèle ses bienfaits...

Cette première sortie après notre retour de Chamonix avait été proposée par Dominique sur le trajet du retour. Le rendez-vous avait été fixé à Chabrat à 8h15, afin d'éviter les fortes chaleurs de la fin de la matinée. Comme d'habitude, je suis parti tard de la maison, à 7h57. Il me restait donc 18' pour boucler les quatre kilomètres qui me séparent du stade... A ma grande surprise, le cardio n'a pas décollé lors de cet "échauffement" à 12,5 km/h : à peine 145 bpm, contre souvent 160 à ce rythme. Décidément, mon passage sur les sommets avait bel et bien habitué mon corps à se charger au maximum en oxygène...
Arrivé au point de rendez-vous, je retrouve un petit groupe de JDM volontaires en ce jour de fête nationale : Dominique, Frédérique et Alain, qui étaient de la partie à Chamonix, ainsi que Jean-Pierre et Atomik JF. Ce dernier a apporté avec lui la dernière livraison de sa BD : "Les 12 heures de Bures 2006 : Run Around The Clock". Il entend bien les distribuer aux Montambaux, à Dominique et à votre serviteur.
Les Montambaux, restés sur Chamonix pour courir la montée du Nid d'Aigle, sont absents. Qu'à cela ne tienne : nous ferons un petit crochet pour les livrer en début de parcours, avant de foncer à Gif pour encombrer la boîte aux lettres de Dominique.
Nous optons alors pour un parcours sympathique vers la Mérantaise et le Bois de la Tête Ronde. Alain, plutôt habitué aux sorties de 1h-1h15 à 9-10 km/h du groupe de 9h30 est légèrement à la peine dans les montées les plus raides, mais se défend globalement très bien.
Le retour s'effectue par le plateau du Moulon et le Bois de la Guyonnerie, où Alain et les Giffois nous quittent. Jean-Pierre nous abandonne après la traversée de la Faculté des Sciences, et Atomik JF me suit jusqu'à la maison pour parachever sa tournée de facteur improvisée pour l'occasion.
Bilan de cette sortie : 2h27' pour 18,7 km et 331 m de D+, le tout à une fréquence cardiaque inférieure de 15 à vingt points à l'habitude. A quand le prochain stage en haute montagne pour gagner ainsi en confort ?

L'Castor Junior

2006-07-25 23:59:10 : Ascension du Mont Blanc - Montée au sommet et redescente au Nid d'Aigle - 11-07-2006 - Les Houches - 25 photos - 4 réactions

Le toit de l'Europe...

La montée depuis Tête Rousse
Après une nuit courte mais confortable à 3167 m, dans un dortoir du refuge de Tête Rousse, nous nous réveillons, à 1h00, pour entamer l'ascension vers le sommet du Mont Blanc. Le temps de prendre le petit déjeuner et de finir de s'équiper, il est déjà 1h40, et plusieurs cordées nous ont largement précédés. Comme prévu, Fred emmène Dominique et François, Gilles et Aurélie constituent une cordée autonome, et Olivier se charge de guider Roger et votre serviteur vers notre objectif.
Le "mur" qui m'avait tant effrayé la veille passe finalement sans grande difficulté, dans une ambiance magique avec les lucioles que sont les frontales de chaque cordée qui tapissent la paroi. De toute façon, Olivier gère la progression d'une main de maître, et parvient à nous mettre totalement en confiance. Même les passages un peu techniques, lorsqu'il faut s'aider des mains, ne posent pas de réelles difficultés.
Nous arrivons au refuge du Goûter vers 3h50, toujours dans la nuit noire que seule une lune pleine et particulièrement brillante vient illuminer d'une aura magique. C'est le moment de chausser les crampons et de prendre le piolet en main. Psychologiquement, on réalise enfin qu'on est parti pour atteindre le sommet.
Olivier est premier de cordée, et Roger ferme le ban. Ce dernier semble quelque peu fatigué, et la corde restera tendue l'essentiel de l'ascension, ainsi que nous le demande Olivier, sans le moindre mal.
Nous passons devant les dizaines de tentes installées à côté du refuge, doublons plusieurs cordées, puis atteignons le refuge Vallot vers 5h00, alors que le soleil commence à effleurer l'horizon, perpétuant une ambiance extraordinaire.
Nous marquons un arrêt devant un sérac gigantesque, où j'indique à mes camarades le jeu merveilleux d'ombres chinoises que crée le soleil brillant sans nuages.
Il est temps, alors, d'entamer la traversée des arrêtes sommitales, autre passage particulièrement dangereux du parcours, avec le fameux couloir. Un épisode de vent fort et froid nous pousse à revêtir notre quatrième couche coupe-vent et imperméable, mais les conditions restent, dans l'ensemble, idéales. La vue des autres cordées au loin, devant et derrière nous, a quelque chose d'étrange, comme si des nuées de fourmis convergeaient silencieusement vers un même lieu.
Le sommet
Nous atteignons finalement le sommet, plateau somme toute assez large, vers 7h20, en même temps que Gilles et Aurélie, mais un bon quart d'heure, semble-t-il, après Dominique et François que Fred a menés à un train d'enfer. Il doit y avoir cinq ou six autres cordées à cet endroit, bien loin de l'effet de masse que j'avais redouté un instant. Un alpiniste se mue à notre arrivée en pratiquant de parapente, et entame doucement sa descente vers la vallée. Impressionnant.
Nous nous prenons dans les bras les uns les autres, tous fiers et heureux d'avoir réussi cette aventure, en particulier les quatre "primo-accédants" au toit de l'Europe que nous sommes, Dominique, François, Roger et moi. Alors même que j'avais affirmé de manière péremptoire qu'il était stupide de téléphoner depuis le sommet pour faire partager sa joie à ses proches, je suis le mouvement sans demander mon compte, et appelle parents et amis, comme le font la plupart des gens autour de moi. Je passe en particulier un coup de fil à ma grand-mère savoyarde, qui réside, au pied des Aiguilles d'Arves, à quelques dizaines de kilomètres seulement, à vol d'oiseau, de mon emplacement actuel. Elle a d'abord du mal à me croire, persuadée que je suis en train de faire le tour du Mont Blanc et non pas son ascension, puis finit, convaincue, par me dire que je n'aurais jamais été capable de faire ça à peine un an auparavant, lorsque j'étais encore vierge de toute pratique sportive. Elle n'a pas tort...
Une chose est intéressante à noter : depuis la vallée, voire certains "petits" sommets alentours, le Mont Blanc, de part son éloignement et sa forme ronde et douce, apparaît parfois comme petit dans ce vaste massif. Eh bien, depuis le sommet, on réalise vraiment à quel point il domine majestueusement l'ensemble de la région. Le beau temps au rendez-vous nous permet en effet de voire à des kilomètres à la ronde, et d'apercevoir la courbure de la terre à l'horizon. Je jette un coup d'oeil sur la voie des trois Monts Blancs (Aiguille du Midi, Mont Blanc du Tacul, Mont Maudit et Mont Blanc), avec la ferme attention de pouvoir y accompagner un jour mon père, savoyard, qui ne connaît finalement cette montagne que pour en avoir fait le tour deux années de suite à l'UTMB. L'été prochain peut-être ?
En tout cas, je savoure ces trente minutes passées à 4807 ou 4810 m d'altitude (tiens, mon GPS est parfaitement dans les clous...), en me disant que lorsque, fin août, j'entamerai le "mini" UTMB qu'est le Courmayeur - Champex - Chamonix, j'aurai cette sensation agréable de connaître ce autour de quoi je ferai le tour.
J'ai également une petite pensée pour notre ami la Tortue, qui mène à ce moment-là un combat difficile. Ho hisse la Tortue !!!
La redescente au refuge de Tête Rousse
La redescente s'effectue sur un soleil toujours seul dans le ciel : le temps a vraiment été de notre côté aujourd'hui, et aura certainement permis un taux de succès élevé pour ceux qui auront tenté l'ascension ce jour. Roger est devenu, par la force des choses, premier de cordée, tandis qu'Olivier, à l'arrière, s'efforce de nous assurer au maximum. Roger, qui, après une ascension éreintante, a pu reprendre un peu de forces au sommet, semble parfois manquer un peu de lucidité, et s'emmêle les pieds à deux reprises. Olivier décide alors d'intervertir nos positions respectives, lui-même restant, en gardien vigilant, à l'arrière. Le croisement avec les cordées montant au sommet sur les arêtes sommitales s'effectue de manière finalement assez souple, et nous pouvons, dès l'arrivée à Vallot, opter pour des descentes plus directes droit dans la pente, la clé essentielle restant la bonne maîtrise des pieds et crampons.
Dans cette descente, nous doublerons un groupe de trois alpinistes étrangers qui n'ont pas pris le soin ou jugé utile de s'encorder. Olivier, en bon professionnel, nous arrête et s'efforce de les mettre en garde contre les dangers d'une telle pratique, en vain. Il est vraiment dommage, voire irritant, de constater que certaines personnes se croient décidément plus fortes et plus intelligentes que les autres, mettant leur vie en danger, ainsi que celle des gens qui les entourent...
Nous arrivons au refuge du Goûter vers 10h20, où nous croisons des cordées qui partent seulement. Là encore, inconscience ou amateurisme, leur comportement est étrange, et les aura vraisemblablement, d'après Olivier, conduit tout droit à l'échec... Nous enlevons nos crampons, et entamons la partie finalement la plus pénible de toute cette sortie : la descente, via le "mur" minéral, vers Tête Rousse.
Roger et moi sommes particulièrement peu à l'aise dans cet exercice, et Olivier, malgré le calme olympien et la sérénité qu'il affiche en permanence, doit être souvent sur le qui-vive.
Nous parvenons tant bien que mal au fameux "couloir", où un petit embouteillage de cordées s'est formé. Celle de Fred va passer sans encombre, jusqu'à ce que Dominique glisse à deux doigts du bout du couloir. Heureusement, il se relève très vite, aidé par Fred et François. La cordée qui suit a visiblement moins peur de que nous de ce passage dangereux où le moindre faux pas peut coûter la vie : une femme, heureusement accrochée au filin qui traverse le couloir, tombe, et prend tout son temps pour se relever, semblant parfois même à deux doigts d'éclater de rire...
Notre propre passage s'effectuera heureusement de manière plus paisible, et les derniers hectomètres qui nous séparent de Tête Rousse ne poseront là encore aucun problème.
Nous prenons le temps de nous ravitailler tranquillement au refuge, afin de reprendre un peu de forces après cette sortie de près de 11h15'. Les visages sont marqués mais témoignent de la joie d'avoir réussi.
La redescente, finale, vers le Nid d'Aigle s'effectuera en deux groupes : nos guides, Gilles et Aurélie, à l'aise sur neige et glacier, opteront pour une descente rapide par un névé, tandis que François, Dominique, Roger et moi préfèrerons la descente plus traditionnelle mais plus longue par le chemin emprunté à l'aller.
Nous disposons d'1h30' pour rejoindre le Nid d'Aigle, ce qui pousse François à partir sans crier gare. Je préfère le suivre au plus vite, car je suis généralement très mauvais descendeur. J'abandonne donc lâchement Dominique et, surtout, Roger, chez qui on sent encore une fatigue forte. Heureusement, les deux finiront également la descente dans les délais, et nous pourrons donc redescendre, tous les huit, aux Houches par notre itinéraire de la veille.
Les festivités
De retour à Argentière, nous retrouvons nos amis partis faire l'ascension du Buet. Tous sont ravis de leur journée, et semblent sincèrement heureux que nous ayons tous réussi à grimper au sommet. Nous fêtons toutes ces réussites dans le jardin du gîte, autour de bouteilles de champagne qu'Olivier tentera, en vain, de sabrer. Fred nous abandonne rapidement pour rentrer sur Grenoble, et c'est donc à quatorze que nous finissons la journée dans un petit restaurant d'Argentière, pour marquer le coup. Olivier nous abandonnera à son tour, car il doit accompagner des amis à lui le lendemain au... Mont Blanc, par la voie des trois Monts Blancs cette fois. Las, une météo moins clémente le contraindra finalement, le lendemain, à opter pour un autre sommet du massif.
En tout cas, ce week-end concocté de main de maître par Aurélie aura été un véritable régal, et une expérience extraordinaire pour tous les participants.
Personnellement, il m'a vraiment donné envie de poursuivre l'expérience, probablement en faisant appel à nouveau aux services de Fred et Olivier ( http://www.guide-alpinisme.com ), qui ont été des guides fantastiques.
En tout état de cause, je pense que n'importe qui, en bonne condition physique, peut tenter l'expérience s'il le souhaite, à condition de se plier à certaines "règles". En l'occurrence, je sais que je n'aurais pu réussir l'ascension sans l'école de glace et le premier sommet qui l'ont précédée. De la même manière, avoir des guides à l'écoute et dans lesquels j'avais toute confiance était également un facteur clé de réussite.
En bref, si cela vous tente, tentez le coup !

L'Castor Junior

2006-07-25 21:04:10 : Ascension du Mont Blanc - Montée au refuge de Tête Rousse - 10-07-2006 - Les Houches - 17 photos - 5 réactions

Première nuit au-dessus de 3000 m...

Le Tramway du Mont Blanc
Mes "performances" finalement acceptables lors de l'ascension de la Petite Fourche ont convaincu Olivier de me laisser une chance de tenter l'ascension du Mont Blanc, et je pars donc ce lundi matin avec cet objectif en tête, tout comme Dominique, François, Roger, Gilles et Aurélie et nos deux guides. Nos compagnons qui n'ont pas souhaité tenter l'ascension aujourd'hui, et qu'Anne-Marie guidera le lendemain vers le Buet, nous accompagnent jusqu'au Nid d'Aigle, un repérage en quelque sorte pour Anne-Marie, Kloug et Damodile qui sont inscrits, avec Gilles, à la course du même nom qui a lieu le dimanche suivant. Nous partons donc tous ensemble vers Les Houches, d'où une télécabine nous emmène à Bellevue, au dessus du Col de Voza où passe l'UTMB. Là, nous rejoignons l'arrêt Col de Voza du Tramway du Mont Blanc, où c'est aujourd'hui l'Anne qui nous transportera, à un train de sénateur brinquebalant, jusqu'à l'arrêt du Nid d'Aigle, à 2372 m. On trouve autant de simples randonneurs que d'apprentis alpinistes dans ces voitures anciennes, dont il paraît que les créateurs caressaient le doux rêve de les voir transporter tout un chacun directement jusque sur le toit de l'Europe. Bigre...
Les adieux aux randonneurs et la montée au refuge de Tête Rousse
Arrivés au Nid d'Aigle, nous profitons du beau temps pour pique-niquer tous ensemble, avec les melons, jambon, pâté et pain amenés par chacun. Nous nous mettons ensuite en route, accompagnés sur quelques centaines de mètres par nos amis randonneurs, qui profitent de la présence de nombreux chamois peu farouches pour improviser une séance photo. Nous promettons, en nous quittant, de nous faire coucou le lendemain, au terme de nos ascensions respectives, par delà la vallée de l'Arve.
L'ascension vers le refuge se fait sur un terrain très minéral, mais relativement roulant. La seule péripétie de ce parcours tient au fait que Dominique et moi, qui avons pris tout notre temps pour photographier certains de ces bouquetins ou chamois volontaires, perdons un instant la trace de nos camarades, et nous égarons dans une montée difficilement praticable. Qu'à cela ne tienne, nous reprenons rapidement la voie normale et son balisage rouge finalement très visible. La vue sur la vallée est en tout cas saisissante à cette altitude déjà élevée, et le point de vue sur l'Aiguille du Midi, finalement très proche, magnifique.
L'arrivée au refuge (3167 m) se fait en traversant un petit névé, et l'on contourne rapidement l'ancien refuge, désormais désaffecté, pour rejoindre le nouveau, dont les travaux ont tout de même coûté la bagatelle de 1,8 million d'euros, qui offre apparemment un confort bien supérieur à ce que l'on a pu expérimenter à Albert Ier. Après avoir bu un verre et pris possession de nos lits dans le dortoir, et fait connaissance avec un concept intéressant de sanitaires écologiques ( http://www.saniverte.com ), nous décidons, avant le dîner, de jeter un coup d'oeil à ce qui nous attend le lendemain. Gilles nous montre le fameux couloir, si dangereux dans la voie normale en raison des fréquentes chutes de pierre. Effectivement, peut-être en raison de l'heure (fin de journée) et du climat (journée chaude et ensoleillée), nous entendons et apercevons parfois des chutes le long de ce mur qui nous sépare du Refuge du Goûter, 650 m plus haut. Je me demande vraiment comment nous pourrons gravir ce bloc rocheux le lendemain matin, dans la nuit noire...
Réponse au prochain épisode... ;-o)

L'Castor Junior

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