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2006-07-28 01:34:55 : Sortie JDM Mérantaise et Aigrefoin - 16-07-2006 - Gif sur Yvette

L'effet haute montagne ne dure qu'un temps, hélas...

Trois jours avant de descendre sur l'Oisans pour le tour du GR54, je rejoins mes amis JDM pour la traditionnelle sortie de 9h00 le dimanche. Les quatre kilomètres qui me séparent de Chabrat sont effectués à une vitesse bien plus lente que deux jours auparavant, mais à un rythme cardiaque pourtant plus élevé. Décidément, les bienfaits du séjour au Mont Blanc se seront bien vite estompés...
Il y a foule ce matin devant le stade : Philippe, Yves, mon père, Jean-Paul, Marc, Bernard, Dominique, Frédérique et Frédéric. Nous sommes donc une dizaine à suivre Jean-Paul, qui a décidé de mener la séance, vers... la Mérantaise. Aïe, moi qui aime varier les parcours, c'est raté...
Heureusement, nous prenons le chemin le moins direct possible pour atteindre cet objectif : traversée de la Faculté des Sciences, tricotage dans le Bois de la Guyonnerie, etc. Au moins aurai-je l'occasion ainsi de faire un peu de dénivelé avant mon périple dans les Alpes du Sud...
Avec le chronomètre de Jean-Paul, les pauses usuelles des sorties JDM ne durent jamais bien longtemps, et nous nous retrouvons assez rapidement au cimetière forestier de Saint Aubin, qui nous offre la première occasion de nous ravitailler en eau. J'utilise, pour la première fois, un porte-bidons (Salomon, modèle à deux bidons acheté la veille chez Endurance Shop à Chaville), et ce système me convient finalement parfaitement.
En bas de la descente sur Villiers le Bâcle, Philippe s'aperçoit qu'il a laissé son TS au cimetière. Il nous suggère de continuer sans lui. A-t-il perdu la tête ? Il sait pourtant qu'une des règles d'or du JDM est d'attendre les derniers, voire, pour parfaire son entraînement, de retourner les chercher.
En l'occurrence, c'est moi qui vais m'y coller : je remonte au pas de course la côte, et rejoins le cimetière désert. Mes appels se perdent dans les bois, sans, hélas, le moindre écho. Je me résouds donc à rebrousser chemin, pour retrouver, en bas de la côte, un Philippe hilare qui me demande où je me suis encore égaré... Sacré coach...
Nous prolongeons la balade par un petit tour dans le Bois d'Aigrefoin, avant de rentrer tranquillement vers Bures.
Papa et moi abandonnerons nos camarades à la traversée de Belle Image, pour rentrer au plus vite par le plateau du Moulon.
Bilan de cette sortie : 3h21' pour 26,5 km et 603 m de D+.

L'Castor Junior

Les réactions

Par Colimaçon, le 2006-07-28 09:09:10
Une question me vient : les membres du JDM savent que leurs sorties sont lues le forum? En tout cas un petit bidon d'eau chacun pour des sorties de plus de 3h, vous êtes de vrais chameaux! Après le raid 28 (trop facile), vous préparez collectivement le MDS?

Par L'Castor Junior, le 2006-07-28 09:16:00
Salut Coli,
Euh, a priori oui, et plusieurs consultent régulièrement ce blog. Mais, comme ce sont des gens un peu timides, ils ne réagissent pas toujours ;-o).
En tout cas, le rédac'chef rappelle régulièrement l'adresse dans la gazette du JDM...
Sinon, pour les chameaux, euh, on passe quand même dans les cimetières pour se recharger un peu ;-o). Quant au MDS, je ne suis pas sûr que ça tente grand monde : trop de monde, trop commercial, trop cher. Par contre, la Mauritanienne Race 200, ça pourrait le faire, entre le Raid 28 et la saison des Xtrem Trails d'IDF : http://alexandre.legleye.free.fr/pages/mauritanie/mauritanie.html.
A voir...
A+
L'Castor Junior

Par Colimaçon, le 2006-07-28 09:21:40
J'avais oublié que c'est un groupe d'ultras. La Mauritanienne, brrr. Quelqu'un a fait la diagonale des fous à la Réunion?

Par L'Castor Junior, le 2006-07-28 09:37:02
Vivivivi... Mon père en 1999, Marc en 2003 (http://jdmbures.free.fr/gazette/gazette48.doc), Damodile en 2004 (http://jdmbures.free.fr/jogging/IMG/pdf/gazette59.pdf), et d'autres sans doute encore. Je pense que j'essaierai en 2007...
A+
L'Castor Junior

Par mielou, le 2006-07-30 14:28:20
et pour la rentrée tu as prévu quoi ?
salut castor

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2006-07-28 00:53:38 : Sortie JDM Mérantaise - 14-07-2006 - Gif sur Yvette - 0 photo - 6 réactions

Où le séjour au Mont Blanc révèle ses bienfaits...

Cette première sortie après notre retour de Chamonix avait été proposée par Dominique sur le trajet du retour. Le rendez-vous avait été fixé à Chabrat à 8h15, afin d'éviter les fortes chaleurs de la fin de la matinée. Comme d'habitude, je suis parti tard de la maison, à 7h57. Il me restait donc 18' pour boucler les quatre kilomètres qui me séparent du stade... A ma grande surprise, le cardio n'a pas décollé lors de cet "échauffement" à 12,5 km/h : à peine 145 bpm, contre souvent 160 à ce rythme. Décidément, mon passage sur les sommets avait bel et bien habitué mon corps à se charger au maximum en oxygène...
Arrivé au point de rendez-vous, je retrouve un petit groupe de JDM volontaires en ce jour de fête nationale : Dominique, Frédérique et Alain, qui étaient de la partie à Chamonix, ainsi que Jean-Pierre et Atomik JF. Ce dernier a apporté avec lui la dernière livraison de sa BD : "Les 12 heures de Bures 2006 : Run Around The Clock". Il entend bien les distribuer aux Montambaux, à Dominique et à votre serviteur.
Les Montambaux, restés sur Chamonix pour courir la montée du Nid d'Aigle, sont absents. Qu'à cela ne tienne : nous ferons un petit crochet pour les livrer en début de parcours, avant de foncer à Gif pour encombrer la boîte aux lettres de Dominique.
Nous optons alors pour un parcours sympathique vers la Mérantaise et le Bois de la Tête Ronde. Alain, plutôt habitué aux sorties de 1h-1h15 à 9-10 km/h du groupe de 9h30 est légèrement à la peine dans les montées les plus raides, mais se défend globalement très bien.
Le retour s'effectue par le plateau du Moulon et le Bois de la Guyonnerie, où Alain et les Giffois nous quittent. Jean-Pierre nous abandonne après la traversée de la Faculté des Sciences, et Atomik JF me suit jusqu'à la maison pour parachever sa tournée de facteur improvisée pour l'occasion.
Bilan de cette sortie : 2h27' pour 18,7 km et 331 m de D+, le tout à une fréquence cardiaque inférieure de 15 à vingt points à l'habitude. A quand le prochain stage en haute montagne pour gagner ainsi en confort ?

L'Castor Junior

2006-07-25 23:59:10 : Ascension du Mont Blanc - Montée au sommet et redescente au Nid d'Aigle - 11-07-2006 - Les Houches - 25 photos - 4 réactions

Le toit de l'Europe...

La montée depuis Tête Rousse
Après une nuit courte mais confortable à 3167 m, dans un dortoir du refuge de Tête Rousse, nous nous réveillons, à 1h00, pour entamer l'ascension vers le sommet du Mont Blanc. Le temps de prendre le petit déjeuner et de finir de s'équiper, il est déjà 1h40, et plusieurs cordées nous ont largement précédés. Comme prévu, Fred emmène Dominique et François, Gilles et Aurélie constituent une cordée autonome, et Olivier se charge de guider Roger et votre serviteur vers notre objectif.
Le "mur" qui m'avait tant effrayé la veille passe finalement sans grande difficulté, dans une ambiance magique avec les lucioles que sont les frontales de chaque cordée qui tapissent la paroi. De toute façon, Olivier gère la progression d'une main de maître, et parvient à nous mettre totalement en confiance. Même les passages un peu techniques, lorsqu'il faut s'aider des mains, ne posent pas de réelles difficultés.
Nous arrivons au refuge du Goûter vers 3h50, toujours dans la nuit noire que seule une lune pleine et particulièrement brillante vient illuminer d'une aura magique. C'est le moment de chausser les crampons et de prendre le piolet en main. Psychologiquement, on réalise enfin qu'on est parti pour atteindre le sommet.
Olivier est premier de cordée, et Roger ferme le ban. Ce dernier semble quelque peu fatigué, et la corde restera tendue l'essentiel de l'ascension, ainsi que nous le demande Olivier, sans le moindre mal.
Nous passons devant les dizaines de tentes installées à côté du refuge, doublons plusieurs cordées, puis atteignons le refuge Vallot vers 5h00, alors que le soleil commence à effleurer l'horizon, perpétuant une ambiance extraordinaire.
Nous marquons un arrêt devant un sérac gigantesque, où j'indique à mes camarades le jeu merveilleux d'ombres chinoises que crée le soleil brillant sans nuages.
Il est temps, alors, d'entamer la traversée des arrêtes sommitales, autre passage particulièrement dangereux du parcours, avec le fameux couloir. Un épisode de vent fort et froid nous pousse à revêtir notre quatrième couche coupe-vent et imperméable, mais les conditions restent, dans l'ensemble, idéales. La vue des autres cordées au loin, devant et derrière nous, a quelque chose d'étrange, comme si des nuées de fourmis convergeaient silencieusement vers un même lieu.
Le sommet
Nous atteignons finalement le sommet, plateau somme toute assez large, vers 7h20, en même temps que Gilles et Aurélie, mais un bon quart d'heure, semble-t-il, après Dominique et François que Fred a menés à un train d'enfer. Il doit y avoir cinq ou six autres cordées à cet endroit, bien loin de l'effet de masse que j'avais redouté un instant. Un alpiniste se mue à notre arrivée en pratiquant de parapente, et entame doucement sa descente vers la vallée. Impressionnant.
Nous nous prenons dans les bras les uns les autres, tous fiers et heureux d'avoir réussi cette aventure, en particulier les quatre "primo-accédants" au toit de l'Europe que nous sommes, Dominique, François, Roger et moi. Alors même que j'avais affirmé de manière péremptoire qu'il était stupide de téléphoner depuis le sommet pour faire partager sa joie à ses proches, je suis le mouvement sans demander mon compte, et appelle parents et amis, comme le font la plupart des gens autour de moi. Je passe en particulier un coup de fil à ma grand-mère savoyarde, qui réside, au pied des Aiguilles d'Arves, à quelques dizaines de kilomètres seulement, à vol d'oiseau, de mon emplacement actuel. Elle a d'abord du mal à me croire, persuadée que je suis en train de faire le tour du Mont Blanc et non pas son ascension, puis finit, convaincue, par me dire que je n'aurais jamais été capable de faire ça à peine un an auparavant, lorsque j'étais encore vierge de toute pratique sportive. Elle n'a pas tort...
Une chose est intéressante à noter : depuis la vallée, voire certains "petits" sommets alentours, le Mont Blanc, de part son éloignement et sa forme ronde et douce, apparaît parfois comme petit dans ce vaste massif. Eh bien, depuis le sommet, on réalise vraiment à quel point il domine majestueusement l'ensemble de la région. Le beau temps au rendez-vous nous permet en effet de voire à des kilomètres à la ronde, et d'apercevoir la courbure de la terre à l'horizon. Je jette un coup d'oeil sur la voie des trois Monts Blancs (Aiguille du Midi, Mont Blanc du Tacul, Mont Maudit et Mont Blanc), avec la ferme attention de pouvoir y accompagner un jour mon père, savoyard, qui ne connaît finalement cette montagne que pour en avoir fait le tour deux années de suite à l'UTMB. L'été prochain peut-être ?
En tout cas, je savoure ces trente minutes passées à 4807 ou 4810 m d'altitude (tiens, mon GPS est parfaitement dans les clous...), en me disant que lorsque, fin août, j'entamerai le "mini" UTMB qu'est le Courmayeur - Champex - Chamonix, j'aurai cette sensation agréable de connaître ce autour de quoi je ferai le tour.
J'ai également une petite pensée pour notre ami la Tortue, qui mène à ce moment-là un combat difficile. Ho hisse la Tortue !!!
La redescente au refuge de Tête Rousse
La redescente s'effectue sur un soleil toujours seul dans le ciel : le temps a vraiment été de notre côté aujourd'hui, et aura certainement permis un taux de succès élevé pour ceux qui auront tenté l'ascension ce jour. Roger est devenu, par la force des choses, premier de cordée, tandis qu'Olivier, à l'arrière, s'efforce de nous assurer au maximum. Roger, qui, après une ascension éreintante, a pu reprendre un peu de forces au sommet, semble parfois manquer un peu de lucidité, et s'emmêle les pieds à deux reprises. Olivier décide alors d'intervertir nos positions respectives, lui-même restant, en gardien vigilant, à l'arrière. Le croisement avec les cordées montant au sommet sur les arêtes sommitales s'effectue de manière finalement assez souple, et nous pouvons, dès l'arrivée à Vallot, opter pour des descentes plus directes droit dans la pente, la clé essentielle restant la bonne maîtrise des pieds et crampons.
Dans cette descente, nous doublerons un groupe de trois alpinistes étrangers qui n'ont pas pris le soin ou jugé utile de s'encorder. Olivier, en bon professionnel, nous arrête et s'efforce de les mettre en garde contre les dangers d'une telle pratique, en vain. Il est vraiment dommage, voire irritant, de constater que certaines personnes se croient décidément plus fortes et plus intelligentes que les autres, mettant leur vie en danger, ainsi que celle des gens qui les entourent...
Nous arrivons au refuge du Goûter vers 10h20, où nous croisons des cordées qui partent seulement. Là encore, inconscience ou amateurisme, leur comportement est étrange, et les aura vraisemblablement, d'après Olivier, conduit tout droit à l'échec... Nous enlevons nos crampons, et entamons la partie finalement la plus pénible de toute cette sortie : la descente, via le "mur" minéral, vers Tête Rousse.
Roger et moi sommes particulièrement peu à l'aise dans cet exercice, et Olivier, malgré le calme olympien et la sérénité qu'il affiche en permanence, doit être souvent sur le qui-vive.
Nous parvenons tant bien que mal au fameux "couloir", où un petit embouteillage de cordées s'est formé. Celle de Fred va passer sans encombre, jusqu'à ce que Dominique glisse à deux doigts du bout du couloir. Heureusement, il se relève très vite, aidé par Fred et François. La cordée qui suit a visiblement moins peur de que nous de ce passage dangereux où le moindre faux pas peut coûter la vie : une femme, heureusement accrochée au filin qui traverse le couloir, tombe, et prend tout son temps pour se relever, semblant parfois même à deux doigts d'éclater de rire...
Notre propre passage s'effectuera heureusement de manière plus paisible, et les derniers hectomètres qui nous séparent de Tête Rousse ne poseront là encore aucun problème.
Nous prenons le temps de nous ravitailler tranquillement au refuge, afin de reprendre un peu de forces après cette sortie de près de 11h15'. Les visages sont marqués mais témoignent de la joie d'avoir réussi.
La redescente, finale, vers le Nid d'Aigle s'effectuera en deux groupes : nos guides, Gilles et Aurélie, à l'aise sur neige et glacier, opteront pour une descente rapide par un névé, tandis que François, Dominique, Roger et moi préfèrerons la descente plus traditionnelle mais plus longue par le chemin emprunté à l'aller.
Nous disposons d'1h30' pour rejoindre le Nid d'Aigle, ce qui pousse François à partir sans crier gare. Je préfère le suivre au plus vite, car je suis généralement très mauvais descendeur. J'abandonne donc lâchement Dominique et, surtout, Roger, chez qui on sent encore une fatigue forte. Heureusement, les deux finiront également la descente dans les délais, et nous pourrons donc redescendre, tous les huit, aux Houches par notre itinéraire de la veille.
Les festivités
De retour à Argentière, nous retrouvons nos amis partis faire l'ascension du Buet. Tous sont ravis de leur journée, et semblent sincèrement heureux que nous ayons tous réussi à grimper au sommet. Nous fêtons toutes ces réussites dans le jardin du gîte, autour de bouteilles de champagne qu'Olivier tentera, en vain, de sabrer. Fred nous abandonne rapidement pour rentrer sur Grenoble, et c'est donc à quatorze que nous finissons la journée dans un petit restaurant d'Argentière, pour marquer le coup. Olivier nous abandonnera à son tour, car il doit accompagner des amis à lui le lendemain au... Mont Blanc, par la voie des trois Monts Blancs cette fois. Las, une météo moins clémente le contraindra finalement, le lendemain, à opter pour un autre sommet du massif.
En tout cas, ce week-end concocté de main de maître par Aurélie aura été un véritable régal, et une expérience extraordinaire pour tous les participants.
Personnellement, il m'a vraiment donné envie de poursuivre l'expérience, probablement en faisant appel à nouveau aux services de Fred et Olivier ( http://www.guide-alpinisme.com ), qui ont été des guides fantastiques.
En tout état de cause, je pense que n'importe qui, en bonne condition physique, peut tenter l'expérience s'il le souhaite, à condition de se plier à certaines "règles". En l'occurrence, je sais que je n'aurais pu réussir l'ascension sans l'école de glace et le premier sommet qui l'ont précédée. De la même manière, avoir des guides à l'écoute et dans lesquels j'avais toute confiance était également un facteur clé de réussite.
En bref, si cela vous tente, tentez le coup !

L'Castor Junior

2006-07-25 21:04:10 : Ascension du Mont Blanc - Montée au refuge de Tête Rousse - 10-07-2006 - Les Houches - 17 photos - 5 réactions

Première nuit au-dessus de 3000 m...

Le Tramway du Mont Blanc
Mes "performances" finalement acceptables lors de l'ascension de la Petite Fourche ont convaincu Olivier de me laisser une chance de tenter l'ascension du Mont Blanc, et je pars donc ce lundi matin avec cet objectif en tête, tout comme Dominique, François, Roger, Gilles et Aurélie et nos deux guides. Nos compagnons qui n'ont pas souhaité tenter l'ascension aujourd'hui, et qu'Anne-Marie guidera le lendemain vers le Buet, nous accompagnent jusqu'au Nid d'Aigle, un repérage en quelque sorte pour Anne-Marie, Kloug et Damodile qui sont inscrits, avec Gilles, à la course du même nom qui a lieu le dimanche suivant. Nous partons donc tous ensemble vers Les Houches, d'où une télécabine nous emmène à Bellevue, au dessus du Col de Voza où passe l'UTMB. Là, nous rejoignons l'arrêt Col de Voza du Tramway du Mont Blanc, où c'est aujourd'hui l'Anne qui nous transportera, à un train de sénateur brinquebalant, jusqu'à l'arrêt du Nid d'Aigle, à 2372 m. On trouve autant de simples randonneurs que d'apprentis alpinistes dans ces voitures anciennes, dont il paraît que les créateurs caressaient le doux rêve de les voir transporter tout un chacun directement jusque sur le toit de l'Europe. Bigre...
Les adieux aux randonneurs et la montée au refuge de Tête Rousse
Arrivés au Nid d'Aigle, nous profitons du beau temps pour pique-niquer tous ensemble, avec les melons, jambon, pâté et pain amenés par chacun. Nous nous mettons ensuite en route, accompagnés sur quelques centaines de mètres par nos amis randonneurs, qui profitent de la présence de nombreux chamois peu farouches pour improviser une séance photo. Nous promettons, en nous quittant, de nous faire coucou le lendemain, au terme de nos ascensions respectives, par delà la vallée de l'Arve.
L'ascension vers le refuge se fait sur un terrain très minéral, mais relativement roulant. La seule péripétie de ce parcours tient au fait que Dominique et moi, qui avons pris tout notre temps pour photographier certains de ces bouquetins ou chamois volontaires, perdons un instant la trace de nos camarades, et nous égarons dans une montée difficilement praticable. Qu'à cela ne tienne, nous reprenons rapidement la voie normale et son balisage rouge finalement très visible. La vue sur la vallée est en tout cas saisissante à cette altitude déjà élevée, et le point de vue sur l'Aiguille du Midi, finalement très proche, magnifique.
L'arrivée au refuge (3167 m) se fait en traversant un petit névé, et l'on contourne rapidement l'ancien refuge, désormais désaffecté, pour rejoindre le nouveau, dont les travaux ont tout de même coûté la bagatelle de 1,8 million d'euros, qui offre apparemment un confort bien supérieur à ce que l'on a pu expérimenter à Albert Ier. Après avoir bu un verre et pris possession de nos lits dans le dortoir, et fait connaissance avec un concept intéressant de sanitaires écologiques ( http://www.saniverte.com ), nous décidons, avant le dîner, de jeter un coup d'oeil à ce qui nous attend le lendemain. Gilles nous montre le fameux couloir, si dangereux dans la voie normale en raison des fréquentes chutes de pierre. Effectivement, peut-être en raison de l'heure (fin de journée) et du climat (journée chaude et ensoleillée), nous entendons et apercevons parfois des chutes le long de ce mur qui nous sépare du Refuge du Goûter, 650 m plus haut. Je me demande vraiment comment nous pourrons gravir ce bloc rocheux le lendemain matin, dans la nuit noire...
Réponse au prochain épisode... ;-o)

L'Castor Junior

2006-07-19 10:58:15 : Week-end d'initiation à la Haute Montagne - Ascension de la Petite Fourche - 09-07-2006 - Vallorcine - 24 photos - 16 réactions

Premiers 3000 m...

Le réveil
Après une nuit courte mais paisible (toujours aucun symptôme du mal aigu des montagnes ! Il faut dire que nous ne sommes "qu'à" 2700 m), c'est l'heure de déjeuner. Sur la recommandation d'Olivier, je me passe de chocolat chaud et opte pour un bon thé chaud, bien plus sûr. Le pain promis la veille en échange de notre abstinence au dîner est difficile à trouver sur les tables. Je hais décidément le surbooking... Heureusement, les petits jeunes au service, qui se démènent et n'ont pas la vie facile, m'ont bien rempli ma thermos d'un litre de thé, qui pourra être appréciable dans la journée. Petit brossage des dents à l'eau glacée (seule habitude quotidienne d'hygiène que l'on peut préserver dans ces refuges), puis c'est l'heure du départ vers les sommets.
L'ascension vers la Petite Fourche
L'objectif de cette première sortie au-delà de 3000 m est évidemment de tester les réactions de chacun à cette altitude, mais aussi et surtout de mettre en pratique les enseignements reçus la veille lors de l'école de glace.
Volonté de montrer que je suis capable du meilleur ? Euphorie causée par l'altitude ? Toujours est-il que je me sens beaucoup plus à l'aise que la veille sur ces satanés crampons, et l'ascension se déroule sans heurts.
Notre groupe, mené par Olivier, est constitué de deux cordées composées de Frédérique, Alain, votre serviteur, Emmanuelle, Kloug, Damodile, Anne-Marie et Gilles, et vise la Petite Fourche (un passage rocheux très court sur la fin) tandis que l'autre, mené par Fred, vise l'Aiguille du Tour, plus difficile avec un long passage rocheux et davantage d'escalade).
Nous progressons tous sans réelle difficulté, jusqu'à la dernière ascension glaciaire, assez abrupte, où le vertige d'Emmanuelle se rappelle à son bon souvenir. Gilles, secondé par Olivier, arrivera néanmoins à la remettre en confiance, et elle repartira vers le sommet glacé. En revanche, la voie vers le sommet rocheux est assez inquiétante pour les débutants que plusieurs d'entre nous sommes, et Kloug, Damodile, Frédérique et Emmanuelle préfèrent rester en bas, Frédérique renonçant finalement à la vue d'un passage serré qui cause apparemment des problèmes à un alpiniste italien lors de la descente.
Alain et moi, les deux parfaits novices de l'équipe, devont vraiment nous faire violence pour achever les derniers mètres qui nous séparent du sommet, avec notamment un contournement, en véritable escalade, de la roche, sans grand chose de bien solide sous nos pieds...
Néanmoins, le résultat est à la hauteur de l'effort, et la vue, notamment sur le Cervin, est splendide. L'altimètre indique plus de 3515 m. Un nouveau record personnel !
La redescente sur Vallorcine
Nous retrouvons nos camarades en bas de la zone rocheuse, et tout le monde profite du thé chaud du refuge (je savais qu'il ferait du bien ;-o) ), puis nous redescendons tranquillement vers le refuge. Nous trouvons sur le chemin l'autre cordée, et tout le monde décide de décramponner à l'approche de la zone neigeuse.
Aïe : la neige n'étant décidément pas mon élément, je prends beaucoup de retard. Heureusement que nous ne sommes plus encordés. Un dernier adieu au refuge, qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, puis c'est la redescente, difficile au départ sur la zone neigeuse.
Tout va beaucoup mieux dès que nous retrouvons les sentiers des vaches (quoiqu'un peu cahotiques), et Aurélie et moi filons vers l'arrêt des "oeufs" retrouver Fred qui, en alpiniste chevronné, est descendu en un éclair. Olivier, resté derrière, ramène le reste de la troupe quelques minutes plus tard, et nous redescendons vers Vallorcine boire un verre bien mérité, avant de retrouver le gîte à Argentière.
Alain ramène alors Pierre-Olivier et Caroline, qui ont leur train à 20h00 à Chamonix, puis nous nous mettons en quête d'un grand écran pour suivre la finale tant attendue de la Coupe du Monde de football.
Las, nous ne sommes pas à Paris, et les seules possibilités qui s'offrent à nous sont les différents bars et restaurants, généralement très enfumés.
La troupe se pose dans un des restaurants français, et suit la première mi-temps au milieu de la fumée et des effluves de fondue. Je préfère pour ma part profiter du paysage, et m'installe sur un bac à fleurs, les yeux rivés sur le Mont Blanc au loin, et ne suis le match qu'au rythme des (deux) hurlements hystériques de la première mi-temps.
La nuit tombant, je décide de regarder quand même la seconde mi-temps, et profite de la terrasse d'un restaurant anglais pour ce faire. Incroyable : le commentateur d'outre-manche semble avoir choisi son camp, et salue toutes les attaques, nombreuses, des hommes en blanc sur le terrain. Mais, n'étant pas un inconditionnel du ballon rond, je préfère m'éclipser à la fin du temps règlementaire (la perspective d'assister à des prolongations puis, le cas échéant, à une séance de tirs au but, ne m'enthousiasme guère : je préfère me reposer avant l'épreuve du lendemain...).
C'est donc lorsque mes camarades de chambrée rentreront que j'apprendrai le résultat de ce dernier match. Beau parcours quand même. Attention cependant, dans chaque camp, à ne pas oublier le respect de l'adversaire...
Suite au prochain épisode ;-o)

L'Castor Junior

2006-07-19 08:41:31 : Week-end d'initiation à la Haute Montagne - Ecole de glace - 08-07-2006 - Vallorcine - 21 photos - 7 réactions

La journée des premières fois...

Le contexte
Tout a commencé lors de la dernière assemblée générale du JDM, en novembre 2005 chez les Montambaux. Aurélie, installée depuis quelques années à Grenoble, nous propose alors de nous initier à la Haute Montagne lors d'un week-end de juillet, en compagnie d'Olivier, son ami, jeune guide déjà expérimenté. Comme d'autres JDM, je me laisse séduire par cette occasion rêvée de découvrir un monde inconnu, moi qui ne pratique la montagne qu'en été, sur des sentiers de randonnée en moyenne montagne, et encore, depuis un an seulement...
Au printemps, Anne-Marie Montambaux, lors d'une sortie JDM, m'indique que l'idée a largement fait son chemin, et que la plupart des participants à ce week-end d'initiation a prévu de prolonger le séjour sur place un peu au-delà du week-end, pour effectuer soit la montée du Buet (le "Mont Blanc des Dames"), soit carrément celle du toit de l'Europe.
Comme souvent depuis mes débuts en course à pied, je me crois capable de tout, et me dis que l'ascension du Mont Blanc est peut-être à ma portée.
Banco ! Je signe donc pour prolonger le week-end par une tentative d'expédition vers 4810m...
La soirée de préparation à l'aventure organisée par les Montambaux ne me rassure pas sur la difficulté de l'exercice, mais, une fois engagé, pas question de reculer...
C'est donc ainsi que je me retrouve, le vendredi 7 juillet au soir, dans un magasin de sports de Chamonix avec une dizaine de JDM, pour louer des chaussures d'alpinisme. Première fois que je mets le pied dans de tels tanks.
Arrivés au gîte à Argentière, Aurélie distribue à chacun le matériel technique qu'elle a apporté : baudrier, casque, crampons et piolet, et nous invite à le tester, en particulier la fixation des crampons sur les chaussures. Là encore, c'est la première fois que je suis confronté à un tel matériel, et démontre comme souvent l'ampleur de mon manque d'adresse et d'agileté... Bah, ça tiendra peut-être !
Nos guides arrivent ensuite, et passent la nuit avec nous au gîte. Je connais Olivier, qui était venu participer à une sortie JDM au printemps (malheureusement pour lui, c'est mon père et moi qui menions la danse ce jour-là, et la sortie avait été un peu plus longue qu'attendu, mais il s'en était sorti avec brio), et fais la connaissance de Fred, fort sympathique également. Tous deux viennent d'obtenir officiellement leur diplôme de guide en haute montagne, après plusieurs années d'expérience ( http://www.guide-alpinisme.com ).
La montée au gîte Albert Ier
Notre école de glace doit se dérouler sur le glacier au pied de l'Aiguille du Tour, dans le domaine de Balme. Nous partons donc en voiture jusqu'au Tour, pour prendre (nouvelle première pour moi) des "oeufs" jusqu'à Charamillon, puis un télésiège (encore une première) jusqu'aux Autannes. La vue est magnifique, les flancs de la montagne sont remplis de rhododendrons, et nous entendons les marmottes un peu partout.
Nous montons, avec les bâtons, tranquillement vers le refuge, à 2700 m, que nous atteignons en environ 1h30, sur des sentiers assez faciles.
L'accueil au refuge est, disons, mitigé : Aurélie avait réservé depuis bien longtemps 17 places, et les gardiens ne nous en concèdent que 12... Finalement, nous parviendrons à obtenir une place pour chacun d'entre nous après moûlt négociations. Le "surbooking" s'est décidément généralisé...
Nous laissons dans nos chambres une partie de notre chargement, notamment les vêtements légers portés lors de la montée, puis partons sur le glacier immédiatement au-dessus du refuge.
L'école de glace proprement dite
Nous nous séparons en deux groupes, chacun emmené par un des guides. Je pars, avec d'autres, avec Olivier, qui nous emmène vers les premières zones de glace vierge, 50 mètres au-dessus du refuge. Nous gardons pour l'heure nos crampons et piolet accrochés au sac, car le chemin consiste essentiellement en des rochers barrés de quelques névés. Les chaussures et les bâtons suffisent donc.
Le premier exercice consiste à apprendre à s'arrêter dans la neige en cas de chute. Olivier nous fait la démonstration de la meilleure manière d'utiliser le piolet pour ralentir puis stopper sa chute, et nous tentons les uns après les autres de mettre cet enseignement en pratique. COmme je m'y attendais, mes tentatives sont toutes marquées d'insuccès : je pratique vraiment trop peu la neige, et ai toujours beaucoup trop de mal à synchroniser mes gestes. Rien n'y fait : je ne parviens qu'à susciter les rires de mes petits camarades. Bah, c'est un peu ma marque de fabrique, non ? ;-o)
Après ces petits jeux dans la neige, Olivier nous enseigne les rudiments de l'encordement, avec en particulier les deux noeuds de base : le "double huit" pour les personnes en extrémité de corde, et le "double-noeud d'arrêt" pour celles en milieu de corde. Là, ça va un peu mieux, même si je ne suis pas persuadé de pouvoir refaire chacun de ces noeuds sans modèle. On verra bien...
Nous chaussons également nos crampons, et apprenons ainsi à marcher avec dans une alternance de neige et de glace vierge.
Nous arrivons ensuite sur une vaste de zone de glace vierge, assez pentue, où Olivier nous enseigne l'art d'évoluer sur glacier. Règles de base : toujours veiller à éviter de marcher sur la corde avec des crampons (!), et bien penser à enfoncer systématiquement un maximum de crampons dans la glace à chaque pas. L'exercice (encore une nouveauté pour moi) n'est pas aisé, mais comme il s'agit du minimum mimimorum, je m'attèle à faire de mon mieux.
Olivier nous montre ensuite comment utiliser une broche à glace (l'expulsion de la carotte de glace à la fin de l'exercice est assez drôle), pour assurer une retenue supplémentaire en cas de besoin.
Lors de la redescente, il nous montre également les principales techniques utilisées par les personnes expérimentées, notamment les guides, pour "assurer" les autres membres de la cordée. Tout cela m'a l'air fort compliqué, et je suis bien heureux de pouvoir compter sur lui, plus que sur moi seul, pour assurer ma sécurité dans cet environnement exigeant.
Le retour puis la nuit au refuge
Nous redescendons enfin au refuge, où nous retrouvons l'autre groupe parti avec Fred, qui nous suggère d'interroger Olivier sur une blague de nains (!), puis profitons du premier service du repas du soir, car le réveil est prévu le lendemain à 4h00, pour une première ascension à 3500 m. Le repas est un peu à l'avenant de l'accueil reçu plus tôt : pas de pain (il faut apparemment le garder pour le petit déjeuner du lendemain - ah, surbooking, quand tu nous tiens...), et les pâtes sont tellement cuites qu'on les distinguerait à peine d'une vague purée... Bah, pourvu que la nuit soit douce !
La nuit (encore une première) se passe relativement bien (que n'ai-je pris des boules quiès !), dans ce vaste dortoir peuplé de douze JDM plus ou moins rôdés à l'exercice.
Suite au prochain épisode ;-o)

L'Castor Junior

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