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2006-05-07 19:28:24 : Reprise post Farouch' avec le JDM - 07-05-2006 - Gif sur Yvette (Essonne)

De retour au JDM...

Ce matin fut l'occasion de rechausser les running après un repos, bien mérité et en tout cas largement conseillé, de 6 jours (eh oui, pendant que 25 doux-dingues font des étincelles à Antibes, mes chaussures et moi nous reposons...).
En raison des conditions climatiques (pluie depuis deux jours et ciel menaçant), je ne regrette pas de ne pas avoir nettoyé mes NB1100 après le trail de Cheptainville dimanche dernier.
Je démarre à 8h30 et prends un peu d'avance sur mon père et en profite pour prendre quelques photos du plateau d'en face, la tête dans les nuages (ou la brume).
J'opte pour le trajet habituel au travers de la Fac d'Orsay et, comme une fois déjà, mon Forerunner 205 fait des siennes pendant une dizaine de minutes. Bizarre, ça n'arrive que là. Les expériences de Pierre et Marie Curie auraient elles plombé à jamais la réception satellitaire sur cette zone ? Heureusement que SportTracks permet de retoucher ses fichiers GPS...

J'arrive à 9h00 au rendez-vous de Chabrat, où nous sommes rapidement une quinzaine de JDM : Anne-Marie, Gilles et Aurélie Montambaux, Frédérique Lecoanet, Philippe Fuchs, Marc Richard-Foy, Yves Langard, François Loeser, Gilles Vergnaud, Lucille Pourcel, Bernard Depond, Roger Reynaud, Pierre Tranvouez, Frédéric Paulin, papa et moi. Nous nous faisons mutuellement le compte-rendu de nos escapades des derniers jours ou semaines. François et Philippe me proposent de les accompagner le 14 mai pour un tour de l'Île de France. Je me joindrais avec plaisir à eux (Philippe, qui a déjà fait Bures-Athènes et qui est capable de faire une trentaine de kilomètres ou plus avant de se présenter au départ d'ultra-trails, est décidément plein de ressources, et me suggère que ce serait l'occasion de découvrir un nouvel itinéraire, plus "nature" pour une éventuelle future édition du Grand Trail Postal Gonesse-Bures), n'était-ce ma participation prévue de longue date au Trail des Cerfs de la Queue-lez-Yvelines. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois...

Nous partons vers le bassin de retenue (où se dérouleront dans deux semaines les 12 heures de Bures : avis aux amateurs !). Séance d'étirements traditionnelle sur la passerelle côté sud, puis direction Gif où le robinet du cimetière permet de désaltérer de pauvres coureurs affectés par le temps qui, malgré l'absence du soleil, n'est est pas moins lourd.
Nous rejoignons ensuite le Bois d'Aigrefoin, que nous contournons par l'ouest puis le nord jusqu'au Fond de la Cure et au Bois des Grais. Avec Aurélie et Frédérique, nous discutons (de vraies midinettes ^_^) de l'intérêt qu'il peut y avoir à choisir des tenues de course à pied sinon "sexy" voire élégantes, du moins sympa et, le cas échéant, un peu "flashy", pour sortir des sempiternels vêtements noirs, gris ou blancs... Ça me rappelle au passage un post de kenlag à propos de sa tenue Adidas jaune sur son blog...

Je pique une petite accélération afin de pouvoir photographier l'ensemble de la meute : heureusement qu'il me reste encore un peu de peps... Mais je suis décidément meilleur coureur que photographe, et les photos sont pour l'essentiel un peu floues. Ils n'ont qu'à aller moins vite aussi ces JDM...

Dans toutes les montées, Gilles M., sevré de course à pied pendant près d'un an suite à une vilaine fracture, mène un train d'enfer, qui témoigne de la qualité de ses entraînements en vue de l'UTMB. Nous sommes d'ailleurs quelques uns à avoir réservé notre dernier week-end d'août autour du toit de l'Europe occidentale : papa l'a terminé en 2004 et 2005, Marc, Yves et François l'an dernier, Philippe avait été contraint à l'abandon pour de sournois problèmes gastriques en 2005, Gilles se lancera pour la première fois sur la totale, tandis que je me contenterai du "petit" Courmayeur-Champex-Chamonix. Je suis persuadé que Gilles réussira ce pari fou pris comme un défi en début d’année.

Dans la descente vers la Mérantaise, seuls Philippe, Lucile, Bernard et moi opterons pour le chemin, tandis que tous nos camarades choisiront le bien ardu sentier des cabris. Prudence est mère de sûreté dit le proverbe...
Nous remontons ensuite, par le Moulin Neuf et Billehou, vers le cimetière de Saint-Aubin, où ceux qui le souhaitent peuvent à nouveau s'étirer et/ou se ravitailler. Nous entamons ensuite le retour vers Bures en longeant le Haras de Saint-Aubin. Alors que François, qui veut faire l'acquisition du même joujou GPS que moi lors d'un prochain séjour aux USA, et Aurélie, qui apprécierait de pouvoir analyser en profondeur le profil de ses différentes sorties, m'interpellent sur les potentialités de l'appareil et des logiciels compatibles, Gilles nous propose d'ajouter encore un peu de dénivelé à notre sortie, en redescendant vers le Moulin de la Tuilerie, puis en remontant vers le Fond Fanet et le Bois de Belle Image, où il nous montre l'emplacement initialement prévu pour la balise 6 du Raid 28, que bon nombre d'équipes, dont la mienne, n'ont pas trouvée dans cette fraîche nuit du 15 janvier...

Nous croisons alors Jean-Pierre Evan, qui avait couru comme moi le Marathon de Paris avant de s'aligner lui aussi au départ de la Farouch'. Vêtu de son TS bleu du MdP, et armé de sa carte, il tente de suivre à la lettre le parcours d'entraînement de Jean-Luc Doignon autour du Plateau de Saclay. Le monde de la course à pied, et du trail en particulier, est décidément une vraie petite famille... Nous l'abandonnons pour rejoindre nos camarades qui, esprit JDM oblige, ont déjà entamé les recherches ("les premiers partent chercher les derniers", telle est la règle).

Nous traversons ensuite la route de Belle Image, puis longeons le Parc du CNRS jusqu'au Bois des Plants de Moulon, au Sud du CNRS, où nous descendons à pas lents les escaliers qui nous ramènent sur le trajet VTT du Duathlon de l'Yvette. Arrivés à la Côte de Moulon, papa et moi abandonnons la troupe qui redescend vers Chabrat, et poursuivons sur le trajet du Duathlon à travers le Bois de la Guyonnerie.
Papa commence à ressentir quelques douleurs aux jambes (il a couru vendredi et hier, et une après-midi jardinage hier semble l'avoir achevé). Je prends donc un peu d'avance pour préparer le repas dominical, et opte à l'extrémité du parcours du Duathlon, pour les derniers kilomètres qui me séparent du bercail, pour une traversée du Parc Club Université d'Orsay, en direction du Château d'Eau. J'emprunte l'allée de la Voie Verte puis le sentier des Vignes qui me conduit directement, après le tunnel sous la N118, à la maison.
Je m'étire quelques instants, en constatant que les chaussures ne sont décidément pas plus propres qu'à l'aller (il faudra bien que je me décide à leur redonner meilleure allure un de ces jours...), puis rentre prendre une douche particulièrement appréciable.

Bilan : 21,568 km - 538 m de D+, en un peu plus de 2h42'.

RDV demain à 8h30 pour une sortie D+ (faire le maximum de dénivelé en 2h30/3h00) avec Yves, Marc et Frédérique. En effet, la météo menaçante a eu raison de nos velléités de refaire le parcours des 25 bosses en Forêt de Fontainebleau. Nous arpenterons donc les chemins de la vallée de l'Yvette et de ses coteaux, probablement en direction des Rochers de Saulx.

L'Castor Junior

Les réactions

Par Delphine, le 2006-05-07 21:04:06
Coucou,

Je vois que tu as couru non loin de chez moi. Belle sortie matinale dis moi :o)
Tu sais que j'ai un projet fou qui me trotte dans la tête??? Quand ma fille, mes enfants si j'en ai d'autres, seront grands, j'espère avoir encore assez de tonus pour parcourir...la France en courant. Oui oui projet fou mais bon...

Par Baltha, le 2006-05-07 21:20:08
Delphine, tu pourras faire une équipe :
www.lafranceencourant.org

Par Delphine, le 2006-05-07 22:32:32
merci baltha pour l'adresse! J'ai mis le lien dans mes marques pages. Par contre mon "délire" du moment serait de partir du point le plus haut de la France et de partir d'est en ouest, jusqu'au plus bas de la France en traversant le maximum de villages...Bref! Je vais commencer à réunir les sousous! LOL

Par L'Castor Junior, le 2006-05-07 22:57:41
Merci Baltha pour le lien. Pourquoi pas un de ces quatre...

Delphine, c'est vrai que Versailles et la Vallée de Chevreuse sont relativement proches. Je pousse parfois jusqu'à Jouy, Buc, voire les Fausses Reposes. Peut-être nous croiserons-nous un de ces quatre ?
Sinon, pour ce qui est d'avoir assez de tonus pour réaliser ces rêves dont tu parles, sois rassurée : Philippe Fuchs a commencé à courir à 40 ans, et fait des trucs vraiment fous depuis ses 45/50 ans. On a le temps ;-o)

Par totø, le 2006-05-08 00:03:40
bin dis donc, j'en suis encore loin de ses longues sorties. Bravo a toute la horde qui foncait sur toi.

totø

Par L'Castor Junior, le 2006-05-08 16:04:31
Salut totø,
Tu sais, ce n'est jamais qu'un semi, un peu vallonné certes, que nous effectuons à un train de sénateur, ou presque...
Bon courage à toi pour le semi du Perray, et bonne chance dans la lutte contre cette maudite TFL...

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Combien fait un plus trois ? (en toute lettre)


Cliquez sur le graphique pour voir les données chiffrées de la séance.


Vue sur le plateau du Moulon avant le départ. Quelle brume...


La meute, au loin, dans le Bois d'Aigrefoin


La meute, qui se rapproche...


Ca y est, ils sont là, ils arrivent


Plus possible de reculer, ils sont sur moi...


Gilles qui sourit pour la caméra, avant de manquer d'assommer le photographe ;-o)


Ca sent la fin. Ouf...


Papa et Marc ferment la marche


Rencontre impromptue avec Jean-Pierre Evan sur les traces de Jean-Luc Doignon


Les 5 billets précédents

2006-05-04 10:45:30 : [HS] [Musique] Marathon Man by Mickey 3d - 03-05-06 - Paris - 0 photo - 8 réactions

Qui c'est les plus forts, évidemment c'est les Verts...

Un post complètement hors sujet, mais je suis au repos (de CAP) jusqu'à dimanche.

Hier soir, j'avais rendez-vous au Zénith pour un concert de Mickey 3d (allez-y, ça vaut le coup d'oeil, et d'oreille).
Au milieu du concert, alors que je ne les imaginais pas faire référence à un autre sport que le football ("Johnny Rep" - Allez les Verts !), ils ont interprété un inédit (déjà joué en concert apparemment) : "Marathon Man".
Comme leur chanson "Mimoun", pas grand chose à voir avec notre sport de prédilection, mais une chanson engagée, à leur image.

Ah, si, ce concert m'a quand même permis de courir un peu : pour regagner mes pénates au plus vite après le dernier titre (une reprise de "J'ai demandé à la Lune", qu'ils ont créée pour Indochine), j'ai piqué un sprint, ou quelque chose qui y ressemblait vaguement, pour parcourir les 500 mètres qui séparent le Zénith du métro. Même dans ces circonstances, j'apprécie de m'être mis à la course à pied !

Aujourd'hui, si tout se passe bien, petite séance de natation aux Halles ce midi : 1500 m en brasse (je ne sais pas crawler, si quelqu'un se sent l'âme d'un coach ?).

L'Castor Junior

2006-05-02 14:47:52 : Décrassage post Farouch' - 01-05-2006 - Orsay (Essonne) - 0 photo - 10 réactions

Séance de récupération

Salut tout le monde,
Un petit CR rapide de mon décrassage de lundi, après le trail de la Farouch' couru la veille.

Après un ultra-trail pendant lequel j'ai, pour la première fois, ressenti des crampes, mais qui me laisse dans un état de forme a priori meilleur que le MdP couru pourtant dans une sensation de fraîcheur inespérée, je profite de ce jour férié pour aller dégourdir les jambes et prévenir d'éventuelles courbatures pénibles après ce genre d'épreuves.
Je pars donc, avec mon père, rescapé lui aussi de la Farouch' (et 2ème V2H !), pour environ 1h00 de footing autour de la maison.
Frileux que je suis (ou serait-ce un début de crève ?), j'ai ressorti TS-ML, polaire et collant chaud, tandis que mon père se contente de son TS-MC et short...
Il commence fort, le bougre, avec une montée à pic sur le plateau de Saclay, en empruntant un fort discret sentier que je ne connaissais pas (à deux cents mètres de la maison, chapeau !).
Petite pause pipi (et dire que pendant le MdP ou la Farouch' je n'ai pas eu à m'arrêter au stand !), puis nous gagnons la piste cyclable de Vauhallan, direction Palaiseau. Nous redescendons sur la vallée en longeant Polytechnique, puis en empruntant un petit sentier encore une fois complètement méconnu et bas de plafond (des séquelles de la tempête ? J'en doute). Le retour le long de la voie ferrée ne pose pas vraiment de problème, même si je réalise que, comme souvent, mon guide a quelque peu sous-estimé la distance. Pour me venger, je décide de prendre un peu d'avance, ce qui m'occasionne une frayeur inédite : un chat sort d'une maison à toute vitesse en poussant un cri tel que j'ai cru un instant avoir affaire à un canidé… Enfin, plus de peur que de mal, et, après 11 km et 1h03' de course, nous pouvons nous étirer devant la maison, et profiter (pour ma part) d'un repos fort appréciable.

L'Castor Junior

2006-05-02 12:21:48 : Post inaugural : CR de la Farouch' - 30-04-2006 - Cheptainville (Essonne) - 0 photo - 5 réactions

57 km en reprise d'après le MDP

Bonjour à tous !
Voici mon premier post, et mon premier CR sur courseapied.net (merci Serge !)
Désolé pour la longueur...



Je m'étais inscrit jeudi 27 avril à cette course, incertain d'avoir totalement récupéré du Marathon de Paris trois semaines plus tôt, et sans espoir quelconque pour le Challenge Xtrem Trail IDF 2006(http://challenge.xtremtrail.free.fr) (avoir déclaré forfait sur le 53 km d'Auffargis début avril était une décision extrêmement sage, qui a d'ailleurs porté ses fruits à Paris, mais qui, en vertu du système de points du Challenge, me laisse un sérieux handicap pour la suite). Mais, dans la mesure où je ne cours pas spécialement pour les podiums, et que je reste un indécrottable fan d'ultra, je m'étais dit que je ne pouvais laisser passer cette occasion d'aller accompagner Yves Langard et mon père (JDM tous les deux), découvrir en chair et en os Eric41, le maître es calendrier de Kikouroù, et retrouver Yvon le Chacal venu éprouver in situ le bon rétablissement de sa cheville endommagée à Auffargis.


Les prévisions météo étant peu réjouissantes (1°C à 8h00 et de la pluie annoncée vers 11h00 - peu de chance d'en avoir terminé à ce moment-là...), je me rabats sur une tenue à manches longues. Quoi de mieux dans ce cas que mon beau TS Kikouroù, déjà utilisé sous les trombes d'eau d'Auffargis. Et puis ça permettra de faire un peu de pub pour notre site préféré... J'y ajoute un short, mon couple GPS Forerunner 205 / Cardio S710i, et, pour ne pas mourir de soif si, par bonheur, nous échappions à la pluie, mon Camelbak ultralight, rempli d'1,5L d'eau minérale. Pour ne pas mourir de faim non plus, cinq barres sucrées (toutes différentes : j'aime bien varier les plaisirs) se logent dans les poches de mon TS.


Nous partons donc avec Papa, prenant Yves au passage, et arrivons à Cheptainville vers 7h45. Nous nous dirigeons vers le retrait des dossards, où, après un petit coup de fil (pratique ces portables), je retrouve Eric41 (pratique aussi le TS Kikouroù). Papa reconnaît un tas de spécialistes de ces ultra-trails qui, avec le Raid 28, me font passer pour un cinglé auprès de mes collègues de travail. J'en reconnais moi-même quelques-uns, croisés au Trail du Gâtinais l'an dernier ou sur quelques courses vertes de l'Essonne, comme Jean-Pierre Evan. Sur la ligne de départ, j'aperçois enfin le Chacal, qui nous confirme qu'il vient ici presque en touriste (pour lui aussi, les bonnes places au Challenge risquent d'être difficiles à atteindre après sa fichue entorse en début de mois).


Pour cette première édition, l'affluence est contenue, et nous serons 80 au départ. Ca change de Paris...

8h30 : pendant que Jean-Noël l'organisateur donne les dernières consignes (entre autres : "le balisage est visible même par un aveugle" et "dans la carrière, vous aurez à utiliser une corde pour sortir du cratère" !?! ), je démarre par erreur mon cardio. Manque de pot, il est ensuite assez difficile, même dans une petite concentration de coureurs, de rapparier l'émetteur et le récepteur. J'y arriverai finalement après quelques mètres, lorsque l'environnement se sera un peu dégagé.


8h35 : le départ est donné, et, préoccupé par mon cardio, j'oublie de déclencher mon GPS (appelez-moi RoboCastor...) et, plus grave, les règles élémentaires du coureur à pied : on ne se laisse pas entraîner par le rythme dément des premiers et on essaie au contraire de garder son allure propre. Résultat, si je déclenche le GPS au bout de 250 mètres, ce n'est qu'un peu plus loin que je me laisse lâcher définitivement par le peloton de tête. Il faut dire que je boucle mon premier kilomètre en 4'15" (plus vite qu'à Paris...). Je me sens néanmoins plutôt en forme, et ne ralentis que modérément. Un coureur derrière moi m'interpelle : (dis, tu as un TS Kikouroù ? J'aime bien ce site, etc.). Il s'agit de jeanluc.a, qui a fait l'essentiel du parcours devant moi. Je lui présente rapidement Eric41 qui m'a rejoint, et nous continuons notre périple dans la forêt de Cheptainville.

Premier passage (il y en aura quatre, deux boucles oblige) le long de la voie ferrée (et j'entends siffler le train - sur un air connu...). Nous ne discutons guère avec Eric41 (je suis quand même au seuil anaérobie !), hormis pour lui dire, justement, qu'on va quand même bien vite : je ne m'étais jamais retrouvé dans les quinze premiers d'une course, moi...


09h10 : premier passage dans la fameuse carrière. Un paysage à couper le souffle (m'en restait-il seulement ?) : un cratère de sable blanc d'où s'échappent déjà, telles des fourmis, des coureurs bien rapides. Je m'imagine à cet instant des scènes que doivent vivre les concurrents du GRR ou des courses dans le désert (le Chacal, Papa, vous confirmez ?). Nous descendons du mieux que nous pouvons la pente sablonneuse, avant de remonter en face, dans une pente où la corde installée par les organisateurs est effectivement la bienvenue. Quel dommage que le coureur chevelu devant nous ait préféré couper au plus court et éviter l'obstacle, malgré les appels des bénévoles présents... Sitôt photographiés en haut de la côte, il nous faut déjà redescendre, de manière plus abrupte encore, avant de remonter, suivant une pente moins droite et moins raide, pour sortir enfin de cette zone lunaire. Que d'émotions !

Nous continuons par un petit passage par un très agréable parcours sportif, avant un nouveau passage en forêt et une traversée de champs qui nous emmène en lisière de Torfou. Nous continuons à travers champs ("la Grande Beauce" !) puis retournons en forêt ("la Grande Beauce" aussi !).


10h00 : les organisateurs nous ont concocté un passage très court mais très technique de quasi escalade à la Roche-qui-tourne (le nom est particulièrement bien trouvé). Dix minutes plus tard, après une longue allée, où je redouble le chevelu (bien fait !) menant au château de Chamarande, nouveau passage le long de la voie ferrée. Le vieux TER qui me double à plate couture à cet instant me fait relativiser largement la lenteur chronique de ces engins : ils me tiennent toujours la dragée haute... Un petit coup d'oeil derrière moi me permet de constater que l'écart s'est creusé : je commence une course seul au monde. Après Paris, ça fait bizarre !

Nouveau passage à travers champs avant de retrouver, dans le bois du Potron, les derniers coureurs de la Cheptainville (course de 19 km dont le départ a dû avoir lieu vers 9h00). C'est plutôt rassurant de retrouver un peu de vie, et de constater que, même après 23 km, on peut avancer encore un brin plus vite que d'autres coureurs, très sympathiques au passage (je me souviens d'un couple dont la femme a dit à son homme : "tu vois ce qu'il te reste à faire : il court depuis plus longtemps que nous, a déjà fait plus de kilomètres que nous, et va plus vite alors qu'il devra remettre ça ! Bravo Monsieur !" Merci Madame ^_^).


10h35 : un aveugle aurait peut-être pu suivre le balisage, mais un coureur emporté par un flot d'autres coureurs (ceux de la Cheptainville en l'occurrence) n'en est pas forcément capable. Ainsi, après avoir suivi une trentaine de coureurs, je tombe sur les deux coureurs de la Farouch' qui étaient loin devant moi depuis quelques temps. Nous nous interrogeons : plus de balisage depuis 500 mètres environ. Les coureurs du court nous affirment qu'ils sont sur la bonne route, et nous nous résignons à les suivre. Le chevelu et Eric41 (et d'autres ?) feront de même. Nous continuons donc à travers champs sur 1,5 km, avant de retrouver le balisage à la lisière de la Croix Boissée. D'après mon GPS, nous ne sommes plus qu'à 1,5 km de la fin de la première boucle. Allez, bientôt le casse-croûte !


10h52 : je termine la première boucle juste derrière jeanluc.a et juste devant un autre coureur. Le ravitaillement, tenu par des bénévoles adorables, est très bien achalandé. Ne manquent (à mon goût) que des victuailles salées. J'en fais part à une des bénévoles, apparemment sincèrement désolée, qui va remuer ciel et terre dans l'arrière-cuisine, et nous ramènera finalement quelques tranches de jambon. J'en avale une entre deux verres de Coca, et, 2'20" après l'entrée dans la salle, c'est reparti pour un tour. Je n'ai pas jugé utile effectivement, bien présomptueusement, de recharger mon Camelbak... J'ai entendu jeanluc.a dire qu'il faisait un détour par sa voiture pour changer de tenue, et m'élance donc à la poursuite de son camarade de course qui m'a doublé au ravitaillement. Je le doublerai finalement dès l'entrée dans la forêt de Cheptainville, avant de croiser un cervidé avant l'arrivée sur la voie ferrée.


11h35 : deuxième passage dans la carrière lunaire. Là, pas de doute, je suis seul au monde (bon OK, les courageux bénévoles sont toujours fidèles à leurs postes respectifs). La descente au fond du trou se passe sans souci particulier (je fais même le fier devant l'objectif du photographe !). La remontée avec la corde est un peu plus dure que la première fois, mais rien de grave. La redescente abrupte se passe encore sans souci. C'est vers le haut de la sortie définitive de la carrière que je rencontre ce que je n'avais jamais connu en course : la crampe. D'ailleurs, pour une première rencontre, elle a décidé d'inviter toute sa famille. Je fais connaissance avec mollet gauche et mollet droit. J'ai les deux jambes dur comme du bois (Knock On Wood en V.O., spéciale dédicace aux (ex-) fans des sixties ^_^). Le kilomètre qui me sépare du parcours sportif sera accompli en plus de 9 minutes... Je m'étire sur un des bancs mis à notre disposition par l'organisation (ah, ils sont là en permanence ? Merci quand même !), et ce traitement de grand-mère fait son effet, et me permet de repartir sur de meilleures bases, autour de 5'20" au km.


12h40 : de retour à la Roche-qui-tourne, la petite escalade parvient à raidir à nouveau mes pauvres mollets, et me contraint à marcher quelques mètres. Maudites crampes ! Je repars tranquillement vers les champs, puis le petit bras de forêt, puis à nouveau les champs, bien décidé, cette fois, à ne pas rater l'itinéraire officiel. J'aperçois, derrière-moi, jeanluc.a qui me remonte à un train de bien jeune sénateur. Arrivé sur un chemin à travers champs cette fois complètement désert, je comprends l'erreur commise par les coureurs de la Cheptainville et quelques uns de la Farouch' : nous avons tout bêtement raté un "tourner à droite" pourtant parfaitement indiqué...


13h20 : arrivé péniblement dans le Bois des Roches, je décide de lever le pied pour soulager les crampes qui m'ont repris avec la montée dans les bois, et que je ne peux même plus soigner avec la boisson, ayant épuisé définitivement mes réserves à force de boire sans soif pour apaiser la douleur. A noter pour mes prochains ultra-trails : remplir systématiquement le Camelbak aux ravitaillements ! jeanluc.a me rattrape dans les bois, sur un chemin boueux à souhait où, je l'apprendrai à la fin, les concurrents qui ont emprunté ce chemin dès la première boucle y ont croisé un troupeau de 4x4. A défaut de ces véhicules dont l'utilisation en dehors de certaines zones montagneuses reste à mes yeux absolument injustifiée, je ne rencontre que leurs traces, bien visibles : des ornières apparemment très profondes, qui ne laissent guère de place pour courir ou marcher. jeanluc.a m'explique les raisons de son retard relatif : il a passé cinq minutes au ravitaillement à chercher une tenue de rechange qu'il avait tout simplement oublié d'emmener avec lui... Il me propose que nous finissions ensemble, mais, au vu de mes douleurs de plus en plus fortes, je lui conseille de s'échapper. Je lui demande néanmoins si, à tout hasard, il disposerait encore d'un peu d'eau dans son Camelbak, mais il est aussi à sec que moi. Tant pis ! Il m'abandonne donc vers la Croix Boissée, et file vers l'arrivée (il me prendra 6' sur les deux derniers kilomètres !).


13h44 : je retrouve un peu de force et d'orgueil pour finir en courant : 5'30" sur le dernier kilomètre, et je passe la ligne d'arrivée encouragé par des spectateurs et bénévoles formidables, ainsi que par la fierté d'entendre mon nom (et mon prénom !) prononcé par le speaker habituel des courses organisées par ou avec la complicité de Jean-Pierre Delhotal.

Bilan officiel : 5h09'17" et une treizième place inédite pour moi.

Je récupère mon TS souvenir ainsi qu'une bouteille d'eau et file vers la tente des secouristes afin de tenter de calmer un peu les crampes. Deux charmantes demoiselles me prennent en charge et, quelques minutes plus tard, je me résous à les abandonner pour aller me changer avant de retourner, au chaud, attendre mes camarades coureurs.


Comme je l'avais pressenti, les écarts sont relativement importants : le quatorzième arrivera près d'un quart d'heure après moi. Eric41 devancera Papa (qui aura passé au finish le chevelu) de quatre minutes, tandis que le Chacal, galant comme pas deux et seul coureur du jour à avoir fait un negative split (3h00'28" / 2h46'21") laissera Géraldine Leroy, première féminine, le dépasser d'une tête. Yves quant à lui finira un peu plus tard, mais avec un très faible écart entre les deux boucles, signe qu'il a parfaitement bien géré la distance, en bon coureur d'ultra qu'il est sans conteste.


Nous attendons dans la salle des fêtes la remise des prix, autour d'un ravitaillement toujours aussi sympathique, voire davantage maintenant que des petits fours fabriqués à base de sandwichs déconstruits (les bénévoles pourront vous donner la recette ^_^) et des biscuits apéritifs permettent de se ressourcer en sel. Cette remise des prix, qui verra honorer les vainqueurs (Saïd El Yaakoubi, Jean-Claude Blum et Bruno Guerniou chez les hommes, de vrais champions, entre 4h25' et 4h35' et Géraldine Leroy, Chantal Lopez et Agnès Hervé chez les femmes, véritables championnes elles aussi dans leurs temps respectifs, de 5h44' à 6h37'), ainsi que, chez les V2 H, Patrick Caillault, Papa et le Chacal (ce dernier s'étant honteusement éclipsé tôt dans l'après-midi, mais, avec un tel negative split, on peut penser qu'il était vraiment pressé de rentrer à la maison ^_^).


Pour ma part, je suis évidemment extrêmement satisfait de ce résultat, obtenu dans des conditions finalement optimales (la pluie ne nous a rejoints que dans le courant de l'après-midi, compliquant certainement la tâche des valeureux coureurs et bénévoles encore sur le parcours).

J'ai été également ravi de rencontrer de nombreux coureurs et coureuses, qu'il s'agisse de ceux que je retrouvais comme le Chacal, Chantal Lopez, Jean-Pierre Delhotal ou Jean-Pierre Evan, ou de têtes nouvelles, comme les kikoureurs jeanluc.a et Eric41, ou Bruno Guerniou, personnage extrêmement sympathique.

L'Castor Junior

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