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2009-11-06 05:15:52 : Everest Lafuma Sky Race IV : départ pour Kathmandu dans 6 heures... - 0 photo - 6 réactions

Salut,

Le sac est prêt (enfin !), la gorge toujours un peu prise (tant pis), mais l'envie de prendre de la distance et de la hauteur est plus présente que jamais (heureusement).

Décollage de Roissy dans six heures pour une arrivée à Kathmandu prévue demain matin samedi, heure locale.

Ensuite, vol Yéti Airlines vers Lukla, et début de la course lundi : 250 km à crapahuter dans le parc naturel de Sagarmatha.

Deux semaines dans un monde à part, sans téléphone ni internet. Un vrai ressourcement.

Voici le programme des réjouissances :


Everest Lafuma Sky Race 2009


Le parcours coureurs et marcheurs et les dix étapes *

(* sous réserves de validation par Pure Gurung, le directeur de course et

de modifications suivant le déroulement de la course et les conditions météorologiques)

Jour 1. 06-11 Départ de Paris (50) ou de son pays d’origine pour le Népal.

Jour 2. 07-11 Arrivée à Kathmandu (1.350).

Jour 3. 08-11 Kathmandu (1.350) – Lukla (2.800) par avion.

Marche d’acclimatation à Lukla (2.800) le long de l’Handi Khola jusqu’à 3.000 m. Retour à Lukla.

Conditionnement du sac ravitaillement de l’étape 9, ontrôle médical et contrôle des sacs à Lukla



Jour 4. 09-11 Etape 1 : Lukla (2.800) – Surkhe (2.290) – Monjo (2.870).

Point de contrôle Surkhe (2.870) ; Pénalité : 2 h.


Jour 5. 10-11 Etape 2 : Monjo (2.870) – Sanasa (3.600) – Namche (3.440).

Points de contrôle Sanasa (3.600). Pén : 4 h. Khumjung (3.750) Pén : 2 h.


Jour 6. 11-11 Marche d’acclimatation Namche (3.440) – Mong La (3.970) – Phortse (3.800). 4 h rajoutées au chrono.


Jour 7. 12-11 Etape 3 : Phortse (3.800) – Machhermo (4.470) – Na La (4.550) – Phortse (3.800) – Pangboche (4.250).

Points de contrôle Machhermo (4.470). Pén : 6 h. Na La (4.550) Pén : 4 h.


Jour 8. 13-11 Etape 4 : Pangboche (4.250) – Amadablam B.C. (4.700) – Pheriche (4.280).

Point de contrôle Amadablam Base Camp (4.700). Pén : 6 h.

Jour 9. 14-11 Etape 5 : Pheriche (4.280) – Chhukung (4.730) – Chhukung Ri (5.450) – Pheriche (4.280).

Partie 1. Marche de liaison et d’acclimatation Pheriche – Chhukung Ri. 4 h rajoutées au chrono.

Partie 2. Chhukung Ri (5.450) – Pheriche (4.280) en contre-la-montre chrono.

Point de contrôle Chhukung Ri (5.450). Pén : 10 h.


Jour 10. 15-11 Etape 6 : Pheriche (4.280) – Everest BC (5.370) – Kala Pattar (5.540) – Dughla (4.600).

Partie 1. Marche de liaison de nuit Pheriche – Dughla. 1 h rajoutée au chrono.

Partie 2. Dughla (4.600) – Everest Base Camp (5.370) – Kala Pattar (5.540) – Dughla (4.600).

Points de contrôle Everest BC (5.370). Pén : 6 h. Kala Pattar (5.540). Pén : 6 h.


Jour 11. 16-11 Etape 7  : Dughla (4.600) – Cho La (5.420) – Dragnak (4.640) – Gokyo Ri (5.350).

Point de contrôle Gokyo Ri (5.350). Pén : 6 h.

Marche de liaison Gokyo Ri – Gokyo Village (4.750). (30’ rajouté au chrono).

Jour 12. 17-11 Etape 8 : Gokyo Village (4.750) – Renjo La (5.340) – Renjo Phedi Lake (4.830) – Llunag (5.070)

Point de contrôle Khusum (4.350 m).

Nuit sous une grande tente tibétaine montée par l’organisation. Matelas et réchaud Base Camp.

Nourriture lyophilisée, gamelle et trois repas fournie par les coureurs et transportée par Base Camp.

Cette nourriture et la gamelle seront conditionnés à Lukla (jour 3) dans un sac personnel d’une capacité

de 3 litres fourni par l’organisation. Il lui sera remis lors du contrôle médical.


Jour 13. 18-11 Etape 9 : Llunag (5.090) – Nangpa La (5.716) – Langden (4.340).

Partie 1. Marche de liaison Llunag – Nangpa Glacier (5.150 m) : 1er poste de contrôle, retour à Langden.

Départ partie chronométrée à partir du Nangpa Glacier. En cas de retour à Langden. Pén : 10 h.

Partie 2. Nangpa Glacier – Dzasampa (5.270) : 2e poste de contrôle, retour à Langden. Pén : 7 h.

Partie 3. Dzasampa (5.270) – Nangpa La (5.716) – Langden (4.340).

Cette étape au départ de Llunag se fait avec l’équipement obligatoire.

Lors du retour à Llunag, le coureur récupère le reste de son équipement (le chrono ne s’arrête pas).

Puis, il refait son sac et poursuit sa route jusqu’à Langden, arrivée de l’étape.


Jour 14. 19-11 Etape 10 : Langden (4.340) – Thame (3.800) – Namche (3.440).

Arrivée de l’Everest Lafuma Sky Race 2009. Proclamation des résultats et dîner de gala.

Jour 15. 20-11 Marche de liaison Namche (3.440) – Lukla (2.800).

Pour ceux qui enchaîne avec le sommet, c’est un jour de repos.

Jour 17. 21-11 Lukla (2.800) – Kathmandu (1.350) par avion.

Remise des récompenses à l’Hôtel Manaslu.

Jour 18. 22-11 Journée libre à Katmandu.


Jour 18. 23-11 Départ de Kathmandu et arrivée à Paris ou dans son pays d’origine.

Pour ceux et celles qui sont restés une semaine supplémentaires pour faire le sommet,

le retour est prévu le 30 novembre.

 

Nous serons une vingtaine au départ :

 

Num

Nepali

Prénom et Nom

Sex

Age

 

1

eck

Le dossard 1 n’est plus attribué sur l’Everest Sky Race en souvenir de Sumba Sherpa, vainqueur en 2003

2

douï

Jorbir Khaling Rai

M

26

 

3

tine

Dipak Raj Rai

M


 

4

tchar

Bhimsen Awale

M

36

 

5

pantche

Jaganath Bista

M

32

 

6

tcha

Lakpa Diki Sherpa

F

22

 

7

sate

Pascal Beaury Sherpa

M

57

 

8

athe

Dawa Yangzum Sherpa

F

19

 

9

nau

Christophe Doucet



 

10

dasse

Amerigo Puntelli

M

47

 

11

egara

Ludovic Chorgnon

M

42

 

12

bara

Frédéric Doyen



 

14

tchauda

Cédric Charvin

M

32

 

15

pandra

Christophe Sergé



 

16

sora

Eliseo Bertuccelli



 

17

satra

Jean-Marc Wojcik

M

51

 

18

athara

Virginie Duterme

F

35

 

19

ounaïs

Philippe Pias

M

53

 

20

bisse

Marie Sergé

F

58

 

31

ecktisse

Robin Meyer

M

45

 

32

batisse

Maryse Dupré

F

58

 

 

Un suivi sera peut-être mis en place sur le site de Base Camp : http://www.basecamptrek.com/french/trails-nepal-vtt.php

Namasté 

2009-10-31 19:14:40 : Turin - Saint Vincent : récit de mon premier cent bornes - 17-10-2009 - 0 photo - 11 réactions

Comme d'habitude, le CR avec photos ordonnées se trouve sur Kikouroù : http://www.kikourou.net/recits/recit-9075-gran_premio_delle_regione_-_100_km-2009-par-l_castor_junior.html

L'avant course

En un peu moins de cinq ans de course à pied, j'ai eu la chance de courir deux 24 heures (soit un peu plus de quatre cent-bornes au total), trois 12 heures (un peu plus de trois cent-bornes), une dizaine d'ultra-trails de plus de cent kilomètres d'une traite, mais jamais le moindre 100 kilomètres officiel.

 

Millau me tente depuis longtemps, parce que la course est mythique et se déroule dans une région qui m'est chère, mais je n'ai jamais su me rendre disponible pour cet effort fin septembre.

 

Lorsque Jérôme nous présente, au 24 heures de Turin, courant juin, le projet de Giro Italia Run de faire renaître la plus ancienne course d'ultrafond d'Italie, entre Turin, dans le Piémont, et Saint-Vincent, dans le Val d'Aoste, je me décide rapidement à tenter l'aventure.

 

L'objectif, qui ne peut plus sérieusement être de seulement finir, serait d'améliorer ma marque sur la distance, à savoir un peu plus de 9h30' lors de mes participations successives aux 12 heures de Bures sur Yvette. Las, mon manque d'entraînement caractérisé depuis plus de deux ans maintenant ne me permet pas de nourrir d'espoirs sérieux, et j'entends surtout profiter de la fête que sera cette renaissance, dans une région que je commence à découvrir et à apprécier au fil de mes balades pédestres.

 

Mais, après tout, comme je le rappelle la semaine précédant la course à Zeb, je suis parfois capable d'accomplir des miracles lors de mes premières incursions sur des courses d'un format nouveau pour moi (CCC 2006, 24 heures 2006, Morbihan 2008, etc.). On verra bien et, comme on dit en italien : in bocca al lupo !

 

Après une semaine de travail chargée et un peu plus de six heures de train, je suis, comme toujours, pris en charge par Jérôme qui, cette fois, a réussi à être plus en retard que moi ! En effet, à peine remis de son superbe marathon de Carpi (sous les 2h38', tout de même), il a passé une bonne partie de la semaine à préparer, aux cotés d'Enzo Caporaso, détenteur du record du nombre de marathons officiels courus consécutivement, et de l'équipe de Giro Italia Run, les derniers détails de ce 100 km compliqué au plan logistique, comme la plupart des courses en ligne.

 

Heureusement pour moi, Jérôme n'a perdu ni son savoir vivre ni la clef de sa cave, et c'est entre Martini Rosso, pizza et, surtout, Barolo Costa di Rose que j'achève ma préparation (???). Autant dire que j'ai du mal à me laisser gagner par le stress, même si certains (n'est-ce pas Zeb ?) me rappellent qu'un chrono sous les 10h30' me permettrait de m'inscrire au Spartathlon jusqu'en 2011...

 

Samedi matin, jour de la course, j'accompagne Jérôme dans les bureaux d'Enzo et donne un (tout petit) coup de main aux préparatifs, ne négligeant toutefois pas mon alimentation (un croissant, un pain et un chausson au chocolat), puis nous regagnons, dans le camion que Jérôme va utiliser pour approvisionner l'ensemble des vingt ravitaillements, la concession Spazio, temple gigantesque de l'automobile turinoise, d'où sera donné le départ. Spazio, sponsor de la course, ne fait pas les choses à moitié, offrant aux coureurs un copieux petit déjeuner dans le restaurant de la concession.

 

C'est pour moi l'occasion de retrouver des visages connus :

- Silvio Bertone, en équipe d'Italie de 100 km, que Jérôme et moi avons suivi de près ou de loin sur la partie suisse de l'UTMB 2009,

- Silvio Arzenton (Silver), rencontré au Valdigne et au Trail della Merla, toujours avec le même plaisir,

- Franco Varesio, croisé au 24 heures de Turin et qui, blessé, part seulement pour une dizaine de kilomètres aujourd'hui,

- Vincenzo Dragonetti, un ami de Franco, Jérôme et les autres, parti pour courir son deuxième 100 km après le Passatore 2007,

- Giorgio Vergnano, rencontré d'abord au Valdigne 2008, puis à toutes les courses de Courmayeur depuis, et

- Andrea Schena, autre Courmayeur Trailer, croisé sur la fin de l'Arrancabirra, qui vient aujourd'hui dans le seul objectif, avec Giorgio, de réaliser une sortie d'entraînement en vue du prochain Marathon Nice-Cannes.

 

Etranges instants avant le départ, au milieu de cette concession où se pressent des dizaines de Turinois à l'affût d'une belle Italienne, et des coureurs à l'affût de leur victoire personnelle.

 

Mes doutes de dernière minute me conduisent à multiplier les allers et retours entre la ligne de départ, à l'extérieur du rez-de-chaussée, et le bar où nous avons entreposé nos sacs de mi-course et d'arrivée, au deuxième étage.

 

Premier aller-retour pour récupérer, au fond de mon sac destiné à l'arrivée, le tube de Sporténine qui constituera, en plus de mes habits de course, la seule chose que j'aurai sur moi pendant la course.

 

Le second sera plus problématique. En effet, cinq minutes avant le départ, j'ai le sentiment d'avoir oublié, dans mon sac du cinquantième kilomètre, la frontale, qui me sera indispensable si, comme je n'en doute pas, j'arrive à Saint-Vincent après 19h00... Cette fois, je traverse la concession en courant,  et retourne de fond en comble mon sac de l'arrivée, en vain : pas de frontale !

Damned ! Il me faudra bien trouver une solution : soit finir en moins de huit heures (!), soit compter sur un sacré coup de chance pour pouvoir en disposer à la tombée de la nuit.

 

En redescendant, je tombe sur Giancarla Agostini, qui me propose une part de pizza. Bah, je ne suis pas à une entorse près aux règles d'alimentation du sportif avant l'effort, et, après tout, l'heure de l'apéritif approche, non ?

En plus, ça me permet de penser à autre chose qu'à ma tête de linotte...

 

Retrouvant les amis Italiens dans l'aire de départ, je demande tout de même à tout hasard à Franco, qui devrait être le premier d'entre-nous à en finir avec la course, s'il peut prévenir Jérôme de mon étourderie et lui demander, le cas échéant, de venir me secourir en m'apportant sa lumière si la nuit devait me rattraper trop tôt...

 

La course

Cinque, Quattro, Tre, Due, Uno : c'est parti, et les cent-cinquante valeureux du jour s'élancent à l'assaut de leur défi personnel derrière une décapotable où se tient Gelindo Bordin, le directeur de course, champion olympique de marathon à Séoul en 1988.

 

Les premiers kilomètres dans Turin sont magiques, pour moi qui n'ai plus couru de course sur route depuis les 20 km de Paris 2007.

Les carabiniers ont neutralisé la moitié de la via Gugliemo Reiss Romoli et du Corso Vercelli, que nous prenons sur notre gauche jusqu'à la sortie de Turin.

Dispositif impressionnant pour la petite masse que nous représentons dans cette grande ville...

 

Les choses partent vite en tout cas : pour ma part, ces trois premiers kilomètres sont courus à près de 14 km/h, vitesse totalement inappropriée sur la distance, et je suis pourtant loin d'être en tête de la course.

 

Je ralentis donc dès le passage de la Tangenziale Nord, et me mets à une allure qui restera mienne jusqu'au quart de l'épreuve, entre 12 et 12,5 km/h.

Le sentiment de plénitude que je ressens en ce début de course, et la facilité apparente de l'exercice, ainsi que semble le montrer mon cardiofréquencemètre, calé entre 160 et 165 pulsations par minute (mon allure 24 heures de 2006 !) m'incitent à ne pas chercher à ralentir.

 

Au ravitaillement du cinquième kilomètre, à Mappano, je prends, à la volée, un verre d'eau, que je cherche à jeter dans la première poubelle venue qui, course sur route oblige, sans doute, ne viendra finalement pas...

Le gobelet finira donc par terre, au milieu de quelques congénères. Tant pis...

 

La cohabitation avec les véhicules, qui ont, hors de Turin, repris leurs pleins droits, s'effectue pour l'heure sans entrave, d'autant que des Carabiniers sécurisent l'ensemble des ronds-points et intersections que nous devons traverser, sans que cela semble trop déranger des automobilistes pourtant probablement surpris par la maigre taille de notre cortège qui s'étend pourtant déjà, écarts de vitesse obligent, entre les bolides partis en tête et celles et ceux qui envisagent de boucler l'aventure en marchant.

 

Je me fais doubler par un couple de jeunes coureurs, tous deux en survêtement en coton (bleu pour lui, rose pour elle...), dont j'espère qu'ils ne sont pas partis, dans cet accoutrement et à cette allure, pour aller à Saint Vincent...

 

Peu avant le ravitaillement du dixième kilomètre, à Leini, Giorgio et Andrea, avec une belle foulée de conserve, me dépassent en m'encourageant. Je sais qu'eux doivent s'arrêter au trente-cinquième, et je n'aurais de toute façon probablement pas les moyens de les suivre.

 

Il n'empêche : j'ai beau savoir que mon allure, quoique facile, est un peu supérieure à ce que j'imagine être ma vitesse d'endurance du moment, l'idée, loufoque, qu'elle me permettrait peut-être d'arriver à proximité de Saint Vincent avant la nuit noire me motive à la maintenir.

 

Je passe à Leini, soit 10,2 km de course, 23ème, en 47'28'', bien plus rapidement que mon premier 10 km, il y a à peine cinq ans...

Je prends de nouveau, au vol, un verre d'eau et repars sur cette longue ligne droite que nous ne quitterons pas jusqu'au quinzième kilomètre, à l'arrivée dans Lombardore.

 

A partir de ce ravitaillement, je prends un verre de Coca Cola en lieu et place de l'eau, mais ne marque toujours pas d'arrêt. J'en profite également pour entamer ma prise régulière de Sporténine (un comprimé tous les quinze kilomètres d'abord puis, à partir du trentième, tous les dix kilomètres).

 

 

Avant l'arrivée au ravitaillement de Cascina Vittoria, vers le vingtième kilomètre, une voiture s'arrête à ma hauteur et la passagère m'interpelle. Dialogue de sourds, vu mon faible niveau d'Italien, mais je comprends qu'elle me propose une bouteille d'eau, dont je bois une gorgée avec plaisir avant de la lui rendre.

 

Elle fera de même avec les deux coureurs que j'aperçois quelques dizaines de mètres devant moi. Il faut dire que le temps s'est largement dégagé depuis ce matin, et qu'à l'approche du zénith, les températures se sont largement élevées, comme je peux le mesurer en essuyant les gouttes de sueur qui perlent sur mon visage.

 

La traversée de Feletto, au vingt-cinquième kilomètre, est mémorable à plus d'un titre. D'abord, elle marque la fin des longues et larges lignes droites que nous avons suivies, pour l'essentiel, depuis le départ. Dorénavant, nous traverserons davantage des villages typiques du Piémont que les villes de la banlieue industrieuse de Turin.

Ensuite, elle sonne le début de la longue montée qui doit nous conduire à la mi-course, et je ne me prive d'ailleurs pas, dans les rues pavées à l'approche du ravitaillement, de marcher un peu.

Enfin, ce ravitaillement, comme me l'avait indiqué Jérôme, est censé être un point-pizza. Et, en effet, des parts immenses de pizza sont découpées et nous attendent sur la table. J'en redécoupe une dans un format plus adapté à l'effort du moment, et remercie les bénévoles qui, depuis le départ, sont des plus sympathiques, avant de continuer mon périple, dans les ruelles inclinées de ce village.

 

Nous traversons l'Orco vers le trentième kilomètre, à hauteur de Rivarolo Canavsese. Je suis toujours sur une allure moyenne de 12 km/h, et passe le tiers de la course en moins de 2h45'.

 

La deuxième montée franche commence dans la traversée d'Aglie, avec son château ducal. Il est presque 14h00, et le soleil tape toujours beaucoup. Je ne regrette absolument pas d'avoir pris mes lunettes de soleil, que j'avais pourtant failli laisser à la maison au vu du temps de chien de la veille...

 

Je lève un peu le pied, tant à cause de la chaleur que de la pente qui s'élèvent toutes deux, mais maintiens néanmoins un bon rythme, à plus de 11 km/h, qui doit être, en pratique, ma vitesse de croisière sur une course de ce type.

 

Dans la forêt que nous traversons à l'approche du quarantième kilomètre, je crois apercevoir, au loin, des bénévoles. Serait-ce le ravitaillement, subitement avancé alors qu'Enzo nous avait indiqué qu'ils étaient tous situés quelques centaines de mètres après le kilométrage officiel ?

Ce n'est qu'en m'approchant que je réalise que ma myopie m'a, de nouveau, joué un tour : il s'agit en fait de travailleuses quelque peu " bronzata " , ainsi que les qualifierait un certain Président du Conseil Italien...

Désolé mesdames, mais hormis un peu de sueur et quelques comprimés de Sporténine, je n'ai pas grand chose à offrir aujourd'hui...

 

Au ravitaillement du quarantième kilomètre, à Baldissero Canavese, j'ai l'agréable surprise de trouver Enzo Capporaso, venu avec sa magnifique 500 rouge et blanche, qui me demande si tout se passe bien pour moi, et me prévient que les prochains kilomètres, tout en montée raide, vont être costauds. Il m'annonce même dans les dix premiers, ce qui fait plus que m'étonner. Il faut dire qu'aux pointages précédents, on m'a annoncé successivement 19ème, puis 14ème, sans que j'aie doublé quiconque.

Bah, comme je l'indique à plusieurs bénévoles, " Sono il primo Francese, per que sono il unico " ;-))

 

Je passe le marathon, où je m'attendais à voir une marque forte, au vu du record d'Enzo (les 51 marathons en 51 jours), en 3h35', ce qui, au vu du profil de la course et de mon niveau d'entraînement depuis deux ans, est une excellente surprise, qui me donne même envie, à cet instant, de m'aligner sur mon deuxième marathon.

Mais, chaque chose en son temps, et la montée vers le cinquantième n'est pas terminée, loin s'en faut.

 

Cependant, malgré la pente, ma forme me permet toujours de maintenir une allure correcte, sans jamais marcher, et j'arrive au ravitaillement de Vistrono, après le quarante-sixième kilomètre, en moins de quatre heures.

 

 

La montée se poursuit jusqu'au cinquantième kilomètre, à Alice Superiore, où nous pouvons donc retrouver le sac déposé au départ. Il contient, je le sais, ma veste en Gore-Tex et un TS manches longues, que j'avais mis au cas où les conditions météo se seraient largement dégradées, et pour faire face au probable rafraîchissement entraîné par la tombée de la nuit à venir.

A ma plus grande surprise, je sens au fond du sac une excroissance qui semble cacher autre chose que du textile... Bingo : la frontale que je cherchais partout ailleurs était, en fait, là où elle devait être, depuis la veille sans doute.

Damned, j'aurais pu partir plus tranquillement ;-))

 

J'enfile ma Tikka+ sur la tête, par dessus ma casquette Kikouroù, et, après m'être ravitaillé, entame la descente tant attendue mais également redoutée.

En effet, elle semblait, sur le profil de la course, au moins aussi raide que la montée, et, après cinquante kilomètres à courir sur bitume, je crains que tout coup de folie se paie cash assez rapidement.

 

Je me laisse donc doubler par la première féminine et son accompagnateur motorisé, ainsi que par un autre coureur puis par la deuxième féminine.

Intéressant, au passage, de mesurer de visu l'intérêt d'avoir, sur ce type de course, un accompagnateur : Lorena n'a, ainsi, pas eu besoin de s'arrêter au ravitaillement, et son accompagnateur lui a, au cours de plusieurs arrêts rapprochés, permis d'adapter sa tenue aux conditions du moment.

 

Pour ma part, la descente s'effectue à une allure modérée, d'environ 12 km/h, qui me semble mieux adaptée à la suite du programme.

Une chose, toutefois, me perturbe : mon pied flotte un peu trop dans mes chaussures que je sais très grandes, et je crains de me faire mal. Je mettrai donc le prochain ravitaillement à profit pour resserrer un peu les lacets.

 

Las, à l'arrivée à Lessolo, en bas de la descente, ma tentative de resserrage des lacets se solde par l'émergence de violentes crampes aux cuisses.

Moi qui venais de refuser poliment la proposition des kinés présents à ce ravitaillement de me masser les jambes me résous finalement à m'allonger, heureusement sans trop de difficultés, sur la table de massage.

Le kiné qui entreprend de soulager mes douleurs effectue un superbe boulot, que je ressens dans l'instant dans la cuisse gauche, mais le chrono tourne et je vois un, puis deux, puis trois coureurs passer devant moi, pendant que je demeure allongé, immobile et impuissant.

Je tente de lui faire comprendre que j'aimerais qu'il passe plus rapidement à la cuisse droite, mais, barrière de la langue oblige, il croit que je souhaite arrêter net le traitement.

 

Je repars donc avec des sensations très particulières, la jambe gauche ayant totalement retrouvé ses capacités, tandis que la droite laisse encore transparaître des signes de faiblesse. Probablement pas la panacée, mais il faut bien repartir, et j'ai quelques comparses à rattraper après cette pause de près de dix minutes...

 

La reprise de la course remet toutefois peu à peu les choses dans l'ordre, et je passe au ravitaillement de Baio Dora en moins de 5h30'. Je sens toutefois que l'allure a baissé, plus proche maintenant de 11 km/h que des 12 km/h de la première moitié de course.

Je passe également plus de temps aux ravitaillements, afin de m'alimenter davantage, profitant autant de la charcuterie proposée que, surtout, des tartines de Nutella présentes depuis le trente-cinquième kilomètre. Difficile, même en course, de se départir de ses pêchés mignons...

 

Peu de temps après ce point de ravitaillement, je mesure pour la première fois à quel point les courses sur routes ouvertes à la circulation automobile peuvent être dangereuses. Je croise en effet un groupe de motards, dont celui de tête s'amuse à rouler sur la roue arrière en passant au plus près de moi, qui cours pourtant, à cet instant, du côté droit de la chaussée.

Heureusement, l'ambiance de folie lors de la traversée de Quassalo quelques hectomètres plus loin me fait oublier cette petite frayeur.

 

Je passe au ravitaillement de Tavagnasco, à 65,8 km, en 6h01', 18ème, après avoir déjà rattrapé la deuxième féminine et deux des trois coureurs qui m'avaient dépassé pendant mon massage à Lessolo. Je suis donc toujours sur des bases de 9h00', mais je sais que la fin de course, qui se fera nécessairement de nuit maintenant, et qui se déroule en côte, m'éloignera forcément de ce compte rond. Passer sous les 9h30' est en revanche toujours jouable. Reste que c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses, et qu'il vaut donc mieux rester concentré sur l'instant présent.

 

L'instant présent, en l'occurrence, ce sont des allers et retours sous et sur l'Autostrada Torino-Aosta et la Doire Baltée, jusqu'à Carema. Nulle question pourtant de jeûner, et je profite du ravitaillement du soixante-dixième kilomètre pour recharger de nouveau les batteries, avant l'entrée dans le Val d'Aoste par Pont Saint Martin, première grande ville traversée depuis le départ de Turin.

 

Au ravitaillement de Donnas, au km 75,9, je passe en un peu moins de sept heures, en quinzième position, entre chien et loup, et je m'imagine déjà dans onze mois, à la mi-parcours du Tor des Géants, point de passage entre les deux Alte Vie du Val d'Aoste. Décidément, j'ai bien du mal à rester concentré sur l'objectif présent, mais j'avoue que la perspective de cette balade de 321 km et 24000 m de D+ au pied des Géants des Alpes me met l'eau à la bouche...

 

C'est peu avant le ravitaillement suivant, à Arnad, situé bien plus loin qu'attendu, que je passe devant Lorena, la première féminine, qui semble avoir eu quelques problèmes gastriques. Je l'encourage à s'accrocher et à me suivre, et nous parcourons ensemble les quelques kilomètres qui nous séparent de Verrès, où, à la nuit tombée, nous atteignons le ravitaillement du quatre-vingt-cinquième kilomètre.

 

Je troque mes lunettes de soleil pour la lampe frontale, et m'engage dans la nuit noire sur les quinze derniers kilomètres de la course. La circulation automobile se fait dorénavant ressentir davantage encore comme une menace, et je ne regrette pas d'avoir pris avec moi un brassard réfléchissant, que je change de bras selon mon sens de circulation sur la chaussée.

 

Au ravitaillement de Montjovet, qui marque le début de la montée ultime vers Saint Vincent, les bénévoles me proposent, sur le ton de la blague et en me montrant une bouteille de vin rouge posée sur la table de ravitaillement, de boire un verre avec eux. A leur grande surprise, je réponds par l'affirmative, et, lorsque j'insiste, ils se précipitent pour me tendre un gobelet rempli à moitié. Et c'est sous leurs yeux ébahis que je descends ces quelques centilitres qui, à ma grande surprise cette fois, pétille. Ah, le vino rosso frizzante, c'est quelque chose...

 

Allez, il ne s'agit pas de traîner ici, car il est déjà 19h30, et il me reste une toute petite heure pour rallier l'arrivée sous les 9h30'.

Las, la montée qui débute sitôt le ravitaillement passé est encore plus raide que je le pensais. Peut-être la nuit tombée et le verre de vin amplifient-ils ce ressenti. Je m'efforce néanmoins de maintenir à peu près les 10 km/h dans cette ultima salita.

 

Je croise de nouveau Enzo au dernier ravitaillement, à l'approche de Saint Vincent, à qui je demande de prévenir Jérôme de mon arrivée imminente : j'aimerais vraiment pouvoir compter sur les talents de photographe et vidéaste de ce dernier pour immortaliser cette arrivée, désormais imminente, de mon premier cent kilomètres. Hélas, Enzo, pris par les contingences légitimes de l'organisation, ne transmettra apparemment pas le message à un Jérôme de toute façon coincé au ravitaillement du centre culturel où je récupèrerai, à l'arrivée, mes deux sacs.

 

Je sais qu'après cet ultime ravitaillement, comme Jérôme me l'a indiqué avant le départ, le parcours consiste uniquement en de la descente vers l'arrivée.

Las, en guise de descente, c'est une nouvelle montée qui se présente, et qui manque de me contraindre à marcher. Si près de l'arrivée, cette perspective me rebute toutefois, et, tout en maudissant gentiment mon hôte italien, je continue à trottiner pour passer ce dernier obstacle.

 

Bien m'en prend, car le dernier kilomètre, lui, se déroule bien en descente, et je lâche les chevaux à un train de sénateur, à peine plus de 10 km/h, tournant autour du Casino, avant d'arriver, par la Viale Piemonte, sur l'arche d'arrivée Via Chanoux, dont la simple vue me motive comme à mon habitude pour finir au sprint, comme un fou maintenant que je sais être sous les 9h30', en espérant que mes singeries de fin de course seront enregistrées. Ce ne sera pas le cas, mais la photographe officielle me prendra tout de même, une fois passée la ligne d'arrivée, avec mon air de ravi de la crèche, arborant fièrement la médaille gravée pour l'occasion de cette édition de la renaissance. Ca y est : je suis cent-bornard !!!

 

 

 

 

L'après-course

Je prends deux bouteilles d'eau, pour gérer mon hydratation d'après-course, puis file rejoindre Jérôme qui me remet mes sacs et le cadeau finisher, à savoir un magnifique survêtement Diadora marqué Io c'ero, j'y étais. Je n'ai aucune idée précise à cet instant de mon classement final, mais la priorité est, pour moi, de prendre une bonne douche. Je me rends donc au gymnase en contrebas, en compagnie de Lorena, qui a terminé quelques minutes derrière moi, et de son accompagnateur.

 

La douche fait un bien fou, et me permet de goûter aux bienfaits d'un ultime massage qui, même sans huile, facilitera, j'en suis sûr, la récupération des jambes après ces cent kilomètres parcourus sur bitume.

Je remonte ensuite, frais et dispos, vers l'arrivée, et propose à Jérôme de boire un verre pour marquer le coup de ce qui aura été, finalement, une excellente course pour moi au vu de ma forme du moment.

Jérôme m'indique que Silvio a obtenu une très jolie troisième place. Bravo champion : ça fait plaisir de te voir en meilleure forme qu'à l'UTMB !

 

J'accompagne ensuite Jérôme, qui doit reprendre la route pour gérer la logistique des ravitaillements situés tout au long du parcours, vers la ligne d'arrivée, où nous croisons Silver qui en termine, explosant son record. Bravo à toi aussi, l'ami !

 

Je descends au gymnase déposer le sac de couchage que Jérôme m'a préparé, puis remonte (décidément, j'aurai avalé du dénivelé ce week-end !) vers le Casino que nous avons contourné dans les derniers hectomètres de la course.

En effet, le pack coureur contenait des tickets de jeu à utiliser dans ce qui est le plus grand casino du Val d'Aoste.

 

N'étant pas familier de ce type de lieux, je suis surpris par la foule qui peut s'y presser à cette heure tardive. Après tout, n'est-ce pas là, finalement, une forme d'addiction comparable à celle qui lie nombre d'entre nous à la course à pied, en particulier de longues distances ?

Il n'empêche, je préfère de loin notre addiction, et me sens comme une poule avec un couteau à l'abord des machines à sous. Mais, après tout, puisque la journée m'a souri, pourquoi la nuit ne me sourirait-elle pas à son tour ?

Bingo ! Parti avec 10 euros offerts par l'organisation, je ressors de ce temple du jeu avec 28 euros dans la poche, soit plus que le prix du dossard. Ce n'est pas la fortune, mais certainement la fortuna tout de même. Jérôme avait raison : ça valait le coup de s'inscrire ;-))

 

La chance me sourit encore lorsque je retourne au gymnase, car j'y retrouve Silver et un de ses amis : tous les deux ont terminé brillamment l'aventure, et nous discutons longuement, autour d'une nouvelle bière, de nos projets respectifs pour les mois à venir.

Je discute également avec Lorena et son accompagnateur. Le palmarès de cette membre des équipes d'Italie de 100 km et 24 heures est impressionnant, et elle m'évoque par moments notre Bibi nationale. Malgré ce palmarès, comme beaucoup de champions d'ultra, dont Silvio d'ailleurs, elle reste extrêmement disponible et souriante. Un vrai bonheur.

 

Je me décide enfin à essayer de dormir un peu, mais, entre l'excitation de la course qui ne m'a pas tout à fait quitté, la faim qui me guette, les jambes un peu raides, le confort spartiate des lits de camp installés à notre intention dans le gymnase dont la climatisation semble vouloir tourner toute la nuit, et, aspect non négligeable, cette faculté qu'ont nombre d'Italiens à parler de façon extrêmement endurante, j'ai un mal fou à trouver le sommeil.

 

Au final, le dimanche matin, je me lève en n'ayant probablement pas dormi plus de deux heures, et prends, avec Jérôme, qui a certainement encore moins dormi que moi, un petit déjeuner qui me fait le plus grand bien.

 

Je file un petit coup de main, avant la remise des prix, aux organisateurs pour faire place nette dans Saint Vincent et charger les camions de tout le matériel et toute la nourriture inutilisée. Une façon de passer, fort modestement, de l'autre côté de la barrière, ce qui ne fait jamais de mal aux coureurs que nous sommes.

 

Deuxième de la catégorie des moins de 35 ans, qui n'est pas censée être récompensée, j'assiste à la cérémonie de façon totalement détachée, aux côtés de Silvio et de sa soeur Catherine, grande championne de marathon qui fut, du trio qu'elle compose avec son frère et Jérôme, la première à passer le marathon en 2h40'. Sacrée émulation dans cette bande de doux dingues !

 

Finalement, à ma grande surprise, il semble que le Maire de Tavagnasco avait choisi, comme temps de passage secret dans sa commune pour la catégorie " top runners ", six heures. Etant le premier coureur à passer après ce chrono, j'ai donc le plaisir d'être appelé par Enzo pour recevoir, des mains de l'adjoint aux sports de cette commune, un magnifique trophée de ce premier Gran Premio delle Regioni Piemonti e Valle d'Aosta. Il me rend bien plus heureux que la plupart des quelques coupes que j'ai pu obtenir au fil de ces cinq années de pratique.

 

 

Au final, je termine donc ce premier cent kilomètres dans le temps officiel de 9h27'49'', à la douzième place au scratch et, comme indiqué depuis sur le classement officiel, troisième Senior Homme.

 

 

Merci à Jérôme de m'avoir incité à prendre le départ, à Enzo et tout Giro Italia Run pour avoir organisé cette belle épreuve, et à tous les amis pour le soutien reçu avant, pendant et surtout après la course.

 

 

2008-07-21 10:19:36 : Courir tranquille : le chemin vers le bonheur ? - CR du Gran Trail Valdigne - 12-07-2008 - Courmayeur (Italie) - 45 photos - 16 réactions

Comme toujours, le récit est disponible avec les photos ordonnées sur Kikouroù : http://www.kikourou.net/recits/recit-5856-gran_trail_valdigne-2008-par-l_castor_junior.html

Le contexte

7 mars 2008 : je m'inscris, par Internet, à la deuxième édition du Gran Trail Valdigne, qui doit avoir lieu les 11 et 12 juillet de la même année.


Certes, cela tombe un peu tôt (deux semaines) après les 178 km du Raid du Golfe du Morbihan, mais l'envie de retourner trottiner en montagne, dans une région que l'on décrit magnifique par delà le Mont Blanc, l'emporte finalement, d'autant que quelques amis kikoureurs prévoient également d'y participer, parmi lesquels Jérôme, coéquipier pour le Challenge Karleskind sur l'UTMB, et qui a décidé de prendre sa revanche après une édition 2007 ou la canicule l'avait contraint à l'abandon.


C'est d'ailleurs Jérôme, qui connaît bien le coin pour s'y entraîner régulièrement avec ses amis des Courmayeur Trailers, qui me propose d'organiser le weekend sur place, et notamment l'hébergement pour la veille de la course et, je l'espère, une bonne partie de la nuit du samedi au dimanche.


Je n'ai donc plus qu'à réserver un aller-retour Paris/Turin et à me laisser prendre en charge par Jérôme et sa jolie Kangoo. Dans de telles conditions de confort, aucune excuse ne pourra justifier la moindre contre-performance.


Ah, si. Il reste tout de même cette histoire des 178 km courus deux semaines auparavant. En effet, même si le Raid du Golfe du Morbihan a été, au plan sportif, un succès d'autant plus inattendu qu'il n'était même pas espéré, il a néanmoins laissé quelques traces, à commencer par une douleur, inédite pour moi, aux deux cuisses, que mon ami Olivier91, transpyrénéen en herbe, avait identifié comme une tendinite du fascia lata.


Ces douleurs ressenties, pendant toute une semaine, à chaque flexion de la jambe, seraient donc le symptôme de cet épouvantail du coureur à pied ? Bigre. On a connu des nouvelles plus heureuses. Certes, ça me changerait de mes fractures de fatigue à répétition, mais la perspective de me retrouver avec une douleur chronique ne m'enthousiasme vraiment guère.


Malgré un traitement rapide et, a priori, efficace, au Flector Tissugel, je préfère tout de même jouer la carte de la sagesse (si si...) et envoie un mail le lundi avant la course à l'organisateur pour demander à basculer du grand parcours (87 km et 5100 m de D+ annoncés) sur le « petit » (45 km et 2400 m de D+).

L'avant-course

C'est donc le coeur léger que je m'envole vendredi en fin de matinée pour Turin, et rejoins Courmayeur avec mon GO du weekend, les cheveux au vent, du moins jusqu'à ce qu'un petit orage, annonciateur des réjouissances des jours à venir, nous contraigne à rouler « couverts ».


L'arrivée à Courmayeur, comme à chaque fois que j'approche du Mont Blanc, m'effraie et me réjouit à la fois. La perspective d'évoluer dans ce terrain de jeu gigantesque et parfois sauvage, jamais sans risque, ne laisse pas indifférent. Les nuages, menaçants, renforcent ce sentiment d'infériorité face à la montagne qui s'étend tout autour de cette vallée d'Aoste, région autonome où le Français est encore une langue officielle depuis le rattachement à l'Italie en 1860, comme en témoignent les noms de la plupart des localités.


Jérôme, qui maîtrise l'Italien couramment, s'en soucie peu, mais j'apprécie d'avoir ce petit confort supplémentaire, qui facilitera le contact avec tous les bénévoles et spectateurs tout au long du weekend. Ca peut paraître anodin, mais pour moi qui m'apprête à courir mon premier ultra dans un environnement non francophone ou anglophone, c'est à ranger au rayon des petis plus bien appréciables.


Après avoir déposé nos bagages à l'hôtel, Jérôme et moi filons vers la centre sportif de Dolonne, où se déroule le retrait des dossards. C'est la troisième fois que je me rends dans ce lieu, après le départ du Courmayeur-Champex-Chamonix (CCC) 2006 et mon passage matinal sur l'UTMB 2007, qui m'avait valu d'être immortalisé sur le DVD de la course, à cause, ou grâce, déjà, à de charmantes bénévoles italiennes et à mon « moral » d'acier.

Nous faisons la connaissance de plusieurs amis de Jérôme, parmi lesquels Gilles, un Français installé à Milan depuis une dizaine d'années, qui accompagne son copain Marco, Silvio et Giorgio, ainsi que des organisateurs des Courmayeur Trailers, comme Enrico. Jérôme retrouve également Enrico Bartolini, vainqueur des 24 heures de la No Finish Line 2007, membre de l'équipe d'Italie de 24 heures, et meilleur performer italien aux Championnats du Monde de Drummondville en 2007 au Canada.


Lorsque je me présente au retrait des dossards, c'est la douche froide, à laquelle je ne m'étais pas sérieusement préparé : l'organisation, qui n'a pas reçu ma demande de changement de parcours, ne peut me faire partir que sur le 87 km, les bases informatiques ayant été totalement figées la veille. Jérôme aura beau plaider ma cause auprès d'Enrico, il n'y aura pas moyen de changer de dossard, ce que je comprends sans peine au regard des contraintes que représente l'organisation d'une telle course.


Je suis donc confronté à une alternative simple : passer le weekend côté bénévoles, en essayant de me rendre utile à l'organisation, ou prendre le départ vaille que vaille, en mettant le clignotant au moindre signe de faiblesse. Jérôme m'encourage dans cette seconde voie, en insistant sur le fait qu'arrivé à Morgex, au ravitaillement de mi-parcours, après 45 km de course, je ne serai plus qu'à une dizaine de kilomètres, par la route, de Courmayeur.


Allez, c'est décidé, je me lancerai donc sur le grand parcours, perspective que j'avais évacuée un peu trop vite de mon esprit depuis quelques jours, mais qui était certainement dessinée dès le mois de mars...


Nous récupérons le dossard et le bracelet qui abrite la puce de pointage, ainsi qu'un magnifique tee-shirt Helly Hansen brodé du logo de la course et de celui des Courmayeur Trailers et un gobelet en aluminium destiné à remplacer, aux ravitaillements, les éternels gobelets en plastique, présumés trop polluants. Je crois que l'idée avait déjà été expérimentée sur l'Eco Trail de Sommand (c'était en fait aux Aiguilles Rouges, merci Serge), et j'avoue la trouver excellente. J'utiliserai d'ailleurs certainement ce souvenir du Gran Trail Valdigne sur d'autres courses à venir.


Nous retournons déposer ces affaires à l'hôtel, où nous commençons à préparer nos sacs de course. Jérôme partira avec son sac ultra-léger Camp, équipé de deux bouteilles avec pipettes, tandis que je reprendrai mon bon vieux Lafuma Active Trail de 11 litres, avec une plus classique poche à eau.


De retour au centre sportif, nous croisons tatamix1972, puis retrouvons, autour d'un très agréable plat de pâtes (ah, les Italiens savent y faire...), Gilles et Marco. Nous tendons l'oreille lors du briefing, prononcé, c'est à noter, en Italien, Français et Anglais. Après la présentation du balisage (de petits fanions rouges siglés GTV dans les zones naturelles, et de la peinture au sol dans les zones urbanisées), c'est surtout les dernières informations météorologiques qui captent l'attention des coureurs présents.

Comme on pouvait le redouter, la journée de samedi s'annonce perturbée, avec des « precipitazioni intermittenti » qui pourraient se manifester dès la nuit à venir, ce qui n'augure que d'un terrain très gras et de températures potentiellement très faibles pour la saison. Pas de doute, la montagne est un environnement particulier, qui ne se laisse pas dominer si facilement.


C'est donc sous la pluie que nous regagnons l'hôtel, où, avant de nous coucher, nous nous offrons une bière bienvenue. Silvio, qui avait prévu de dormir au camping, a finalement trouvé un autre trailer qui lui a proposé de partager sa chambrée... dans notre hôtel. Les deux amis se joindront donc à nous autour de ce doux breuvage.

Après une bonne nuit, nous nous réveillons devant un ciel bien terne, avec des montagnes presque totalement masquées par une brume bien dense. Pendant que je prends une douche bien utile au réveil musculaire, Jérôme part s'approvisionner en pain dans une boulangerie tenue par un Trailer de Courmayeur qui, pour pouvoir être au four dans la nuit de samedi à dimanche, s'est engagé sur le trail court. Cela nous permet de préparer quelques mini-sandwiches à ajouter au contenu du sac.

Pour ma part, ce sera donc, dans mon Lafuma, mon « phare » de spéléologie (la Petzl DuoBelt Led 14) et une plus simple Tikka+, accompagnée de piles de rechange, mon GPS Garmin eTrex Vista Hcx pour l'enregistrement du tracé, ma veste Arc'Téryx Alpha Lt en Gore-Tex, quelques barres de nougat et de céréales, quatre mini-sandwiches, le bracelet fluorescent obligatoire, ainsi que mon téléphone et mon appareil photo. Et, sur moi, en tenue de course, mon cuissard/short XA Raid Salomon, mon tee-shirt Kikouroù, la casquette assortie, les manchons cyclistes Raidlight/UFO, des chaussettes Diosaz Raid 500 et mes NB 921, déjà pas mal usées par l'Annapurna Mandala Trail, mais qui devraient tenir encore le coup.


Après un petit déjeuner peut-être pas assez copieux pour moi, nous rejoignons la zone de départ, à quelques dizaines de mètres de l'hôtel (quel luxe !). C'est là que nous retrouvons nos amis italiens, et surtout la plupart des kikoureurs présents sur le parcours : Bleau78, tatamix1972 et surtout piloumontagne, qui avait, comme moi, arpenté les chemins côtiers du Morbihan deux semaines auparavant, en s'imposant brillamment avec les Fondus d'Anjou sur le relais.


Nous passons au contrôle des puces, puis Jérôme parvient à obtenir un second gobelet personnel, l'anse du premier s'étant dévissée en route. Nous nous abritons quelques instants sous un portique, mais l'heure arrive de rejoindre la ligne de départ. Jérôme, qui a fait de cette course son objectif majeur de l'année avec l'UTMB, se glisse peu à peu à l'avant, et nous fait signe de le rejoindre. Mais, n'étant pas dans la même optique, notamment en raison de la coursette du Morbihan, piloumontagne et moi restons en retrait, avec Bleau78.


Courmayeur – Planaval : 18 km - 1527 m de D+ - 1001 m de D- - 3h15'32'' – 115ème


À 10h00, le départ est donné, et ça bouchonne franchement dans les rues de Courmayeur. Pas bien grave pour ce qui me concerne, mais j'espère bien sûr que Jérôme aura pu courir à son rythme. Je ne sais pas encore qu'il s'est permis, sur ces premiers hectomètres, de se mettre directement aux avant-postes de la course...

La montée au Col Liconi est très longue (1446 m d'une traite) et nombreux sont les coureurs qui ont pris, déjà, une belle avance lorsque nous pénétrons dans la forêt. J'apprécie la présence de piloumontagne et de Bleau78, dont j'ai l'impression marquée qu'ils accompagnent gentiment un vieillard arthritique, tant j'ai le sentiment de ne pas avancer.


Je les invite à plusieurs reprises à me laisser avancer à mon rythme bien lent, afin qu'ils puissent profiter de leur course, mais ils refusent et préfèrent m'escorter. Merci les gars pour votre soutien !


Peu à peu cependant, c'est Bleau78 qui se retrouve à la peine, et nous invite tous les deux à continuer sur un rythme pour le coup plus rapide. Cela me gêne, mais, devant son insistance, je file avec piloumontagne vers le sommet. C'est en chemin que nous faisons la connaissance d'un nouveau compère, nono5g, surnom choisi en référence à un concours de lancer de bigorneaux (si si). Ce Français, habitué du forum UTMB, porte d'ailleurs le même dossard que mon père sur le Raid du Golfe du Morbihan. Mes deux compagnons d'échappée me rappellent donc cette course qui avait été une si bonne surprise pour moi deux semaines auparavant.


Parvenus au col Liconi, nous profitons de la vue qui s'offre à nous pour une petite séance photos, avec le magnifique lac Liconi en contrebas. La plupart des coureurs sont assez chaudement couverts, humidité et air frais aidant, et je me décide enfin à retrousser mes manchons.

Le début de la descente est assez roulant, et nous filons tous les trois, doublant plusieurs coureurs au passage. piloumontagne, qui s'est arrêté pour nous prendre en photo puis pour une pause technique, restera ensuite en retrait, et parviendra au ravitaillement quelques instants après nous.

Je savoure pour ma part ces descentes où, du fait de mon niveau en régression en montée, je me retrouve souvent désormais avec des coureurs de moindre niveau général, qui sont bien moins nombreux à m'enrhumer dans les descentes. Disons que j'expérimente un effet ciseaux à l'envers : je progresse (un peu) et les coureurs autour de moi sont un peu moins bons que ceux avec qui j'évoluais parfois il y a deux ans.


Planaval – Morgex : 26 km (44 km cumulés) – 873 m de D+ (2400 m cumulés) – 1673 m de D- (2674 m cumulés) - 4h06'13'' (7h21'45'' cumulés) – 156ème – 133ème au scratch


Le père de piloumontagne nous attend au ravitaillement de Planaval, et s'avance pour nous prendre en photo au fond de la combe qui s'offre à nous sous un soleil presque brûlant, qui me fait regretter un instant de ne pas avoir pris de crème solaire.

La vue, une fois de plus, est magnifique, avec des prairies verdoyantes de part et d'autres d'un torrent fougueux qui berce nos oreilles d'une musique enivrante. Des fleurs, partout, de toutes les couleurs, nous saluent, et un odeur de Provence flotte dans l'air.

La montée vers le Col Serena est douce d'abord, puis devient franchement ardue sur la fin, tandis que les nuages, qui ne nous ont jamais totalement quittés, s'amoncellent de nouveau au dessus de nos têtes.

Nono5g me suit tranquillement, mais piloumontagne semble traîner la patte derrière. Je me retourne régulièrement pour surveiller sa progression, puis décide de continuer à monter à mon rythme pour éviter de ralentir les coureurs qui me poussent au train.


Arrivé au Col, je décide d'attendre l'arrivée de piloumontagne, tandis que Nono5g file vers le Col Fetita et le sommet du même nom. Il se passe bien cinq à sept minutes, le temps suffisant à une dizaine de coureurs pour me dépasser, avant que piloumontagne pointe le bout de son nez, le sourire toujours accroché au visage comme un talisman, mais les traits un peu tirés et les temps recouvertes de sel.

Le pauvre, en plus de la récupération de sa magnifique course entre Vannes et Sarzeau, a eu deux semaines chargées et compliquées au plan professionnel, qui ne lui ont guère laissé le temps de recharger convenablement les batteries. Mais, comme nous l'avions décidé entre nous dès les premiers lacets du Col Liconi, nous ferons tout pour terminer ensemble, et il est hors de question pour moi de le laisser sur place dans ces moments difficiles.


D'ailleurs, je dois avouer que le rythme, plutôt pépère, que nous suivons depuis le début de la course me convient plutôt. Je crois même que c'est la première fois, en course, que je me sens aussi nettement détaché de tout objectif, n'ayant pas même celui, habituellement le plus fort, de terminer le parcours.


L'idée que je pourrai, dès Morgex, mettre fin à l'aventure et regagner tranquillement l'arrivée, sans honte ni réelle déception, mais, au contraire, avec la perspective de pouvoir assister à l'arrivée de Jérôme, ainsi que le plaisir de partager cette balade alpine au milieu des herbes folles avec de sympathiques compagnons d'aventure, me rendent en effet extrêmement serein, et je vis les minutes passées à attendre piloumontagne comme une grande respiration, un intermède bienvenu dans cette progression un peu folle.


Nous reprenons la course à un petit train de sénateur, marchant pendant l'essentiel des premiers hectomètres de piste, puis nous reprenons un rythme un brin plus soutenu dans les quelques kilomètres de montagnes russes qui nous séparent du sommet Fetita.


C'est dans la montée vers ce col que nous reprenons nono5g, avec qui nous bouclons l'ascension au milieu de nombreux cailloux, avec un passage en crête qui offre une vue somptueuse sur le Val d'Aoste, embrassant à la fois Morgex et les montagnes environnantes, parmi lesquelles le Grand Paradis.

Une fois réunis au sommet, j'annonce à mes petits camarades que, vu la descente piégeuse qui s'annonce et mes piètres talents de descendeur, je vais prendre un peu d'avance, dans la foulée de Giorgio qui s'est élancé quelques instants auparavant. Nono5g est persuadé que je me moque de lui, qui m'explique que je descends plutôt bien. J'apprécie le compliment, forcément, mais doute tout de même qu'il soit réellement justifié.

Il n'empêche : j'ai beau me retourner régulièrement, je n'aperçois pas mes petits camarades avant l'arrivée au Col du Bard, où je marque une courte pause avant de redescendre sur Charvaz et son ravitaillement bienvenu. Je ne doute pas une seconde que piloumontagne et nono5g me rejoindront dès les premiers lacets, mais l'écart semble soudain se creuser fortement.


Arrivé à Charvaz, je me retourne de nouveau mais, ne voyant aucun des deux revenir, je décide de poursuivre ma route vers La Salle, croisant en chemin, de nouveau, le père de piloumontagne qui m'honore d'une nouvelle séance photos. Ce n'est qu'en regardant les résultats que je m'apercevrai que les deux compères étaient à moins de deux minutes de moi à Charvaz...


L'arrivée à La Salle est un antidote à toute situation de déprime en course. Mélange savoureux de passage de l'Alpe d'Huez er de fiesta à l'italienne, ce ravitaillement est un moment réellement unique dans la vie d'un coureur. En effet, bien qu'étant à cet instant dans le ventre mou du peloton (le MOP, Middle Of the Pack dirait LtBlueberry), j'ai le sentiment, comme les deux trailers qui me suivent, d'être le leader de la course.


Installées dans la cour pavée d'un bâtiment, cinq à six charmantes bénévoles toutes de jaune vêtues nous acclament par notre prénom, nous proposant moult mets délicats, dont de délicieux biscuits sucrés et de la bonne viande de grisons, ainsi que diverses boissons, dont une bien agréable « acqua frizzante ». Seul impair, mais peut on réellement le leur reprocher tant on sait qu'il ne faut jamais se reposer sur les bénévoles en cette matière, elles indiquent avec aplomb que Morgex, LE ravitaillement avec l'assiette de pâtes tant attendue, se trouve à deux kilomètres de La Salle, alors même que le roadbook en annonce au moins cinq.


Ce seront en effet cinq kilomètres, pas vraiment parmi les plus sympathiques du parcours, qui nous sépareront du chapiteau de Morgex. En effet, malgré la vue sur le Châtelard et Villair, les quatre bons kilomètres de bitume gâchent un peu le plaisir de cette course disputée jusqu'ici presque exclusivement sur les chemins.


A l'approche du chapiteau du ravitaillement, je retrouve Giorgio ainsi qu'Enrico, le champion de 24 heures. Malgré le temps maussade et les premières gouttes de pluie, le public est nombreux aux abords du ravitaillement. Je retrouve notamment l'épouse de Bleau78, qui me demande des nouvelles de son mari. Je lui réponds qu'il doit être loin derrière moi, sans pouvoir lui donner davantage d'informations car je ne l'ai plus revu depuis le milieu de la première ascension.


Arrivé sous le chapiteau, j'aperçois une tireuse à bière et, avant même de demander mon assiettes de pâtes al dente, je fais les yeux doux au barman improvisé pour qu'il accepte de me servir un demi, ce qu'il fait visiblement sans problème, à mon grand soulagement. Ce rafraîchissement inattendu et inespéré ainsi que la bonne assiette de pâtes toujours aussi bonnes me donne l'impression de me recharger à bloc, et j'ai déjà évacué, inconsciemment, la perspective de couper ma course ici.


En effet, je suis à mi course, dans un temps finalement raisonnable, et aucune douleur sournoise n'est venue perturber ma progression jusqu'ici. Je me sens bien, presque comme dans un rêve, toujours en tout cas dans cette atmosphère ouatée, étrange, de course courue totalement en dedans, comme une balade paisible.


Morgex – Pré Saint Didier : 5 km (49 km cumulés) – 100 m de D+ (2500 m cumulés) – 0 m de D- (2674 m cumulés) - 1h02'18'' (8h24'03'' cumulés) – 118ème – 120ème au scratch


C'est fort de cette décision de continuer, qui s'est imposée d'elle-même, que je croise, au moment de quitter le chapiteau, piloumontagne et nono5g qui y arrivent. Un rapide coup d'oeil m'indique qu'ils ont besoin de quelques minutes de repos supplémentaires, et eux-mêmes m'incitent fortement à partir sans attendre pour profiter de l'état de fraîcheur apparent qui est le mien.


Après m'être servi un dernier Coca citron, Je m'exécute à regret, comprenant pertinemment que le voeu fait au départ de terminer la course à trois était définitivement hors d'atteinte, mais je leur souhaite de continuer à deux leur progression pour aller au bout de ce qui n'est tout de même pas, au final, une balade de santé.


Sitôt sorti du chapiteau, je retrouve Mme Bleau78 qui m'assure que son époux ne devrait pas tarder à arriver puisqu'il a été pointé à Planaval « il y a 1h30' ». Aïe. Comment lui expliquer que j'ai mis plus de quatre heures pour effectuer cette partie du parcours, et qu'il ne sera donc vraisemblablement pas là avant bien longtemps ? A la lecture des résultats, je comprendrai que le pointage en question était en fait celui de Charvaz, et Bleau78 arrivera donc quelque 45 minutes seulement après moi à Morgex.


J'entame en tout cas cette deuxième moitié du parcours dans un état d'esprit différent. En effet, la grisaille et la pluie ont chassé définitivement le soleil, et je sais maintenant que je vais courir seul jusqu'au bout. La configuration de la course a donc changé du tout au tout, pour ce qui me concerne, en quelques minutes.

Heureusement, c'est à ce moment que je parviens à joindre yayoun, qui suit notre progression, à Jérôme et moi, à distance depuis Serre Chevalier où elle s'apprête à courir le Chemin du Roy le lendemain. Les nouvelles qu'elle me donne de Jérôme sont bonnes, ce qui ne me surprend guère, et elle m'encourage à ne pas oublier les conseils que je lui donnais moi-même quelques jours auparavant : ne jamais oublier que l'on court pour le plaisir, et ne jamais la^cher prise dans les coups de moins bien. On a beau le savoir, ça fait du bien quand quelqu'un que vous appréciez vous le rappelle.


Peu de temps après avoir rejoint la forêt qui longe la rivière, je vois deux coureurs prendre à gauche un chemin montant, alors que le balisage semble suggérer davantage un passage à droite le long de la rivière. Je suis un instant les deux coureurs qui ont pris à gauche, sans doute induits en erreur par les panneaux du Ski Club Valdigne, avant de rebrousser chemin et de retrouver le balisage sur le circuit du bas. Les deux compères sont déjà trop loin pour que je les alerte, mais je réaliserai un peu plus loin que les chemins communiquent, et que celui qu'ils ont pris leur a certainement permis de gagner quelques dizaines de secondes.


La montée, légère, sur Pré Saint Didier s'effectue sans crier gare, et je me retrouve bientôt à une intersection étrange, avec un fléchage qui part dans la côte sur la gauche, tandis que des coureurs remontent de la droite semblant suivre ce fléchage, et que des jeunes massés ici, sous la pluie, m'incitent à descendre à l'encontre du flot des coureurs. J'hésite d'abord, manifestant mon agacement devant cette situation ridicule, avant de comprendre que le contrôle de Pré Saint Didier est installé au coeur de la ville, et nécessite donc que nous fassions une petite boucle a priori sans grand intérêt.


Pré Saint Didier – Arpy : 6 km (55 km cumulés) – 631 m de D+ (3131 m cumulés) – 0 m de D- (2674 m cumulés) - 1h28'17'' (9h52'20'' cumulés) – 126ème – 120ème au scratch


Il me faudra quelques instants avant de avaler mon agacement, d'autant que le temps se gâte sérieusement dans l'intervalle, me contraignant, notamment par crainte d'un refroidissement dangereux, à mettre la Gore-Tex alors que l'orage gronde. Je pense d'ailleurs à cet instant que les organisateurs ne doivent pas être très rassurés d'avoir des centaines de coureurs en différents points du parcours.


J'hésite à cet instant à sortir également la frontale, mais je me dis qu'à 18h30, cela friserait le ridicule. Je regretterai presque ce choix un peu plus tard, en raison de ma grande maladresse.


La montée sur Arpy est rendue réellement pénible par le temps qui s'est fortement dégradé, semblant déchaîner les éléments contre nous. J'avance cependant d'un rythme que je veux le plus régulier possible, et parviens ainsi à ne pas me faire dépasser avant l'arrivée eu point de contrôle situé dans un bâtiment public du village, que nous traversons avant de poursuivre la montée vers le Col Croce.


Arpy – La Thuile : 12 km (67 km cumulés) – 711 m de D+ (3842 m cumulés) – 940 m de D- (3614 m cumulés) - 2h21'13'' (12h13'33'' cumulés) – 97ème – 110ème au scratch


La suite de la montée vers le Col Croce s'effectue sur une route forestière qui longe un camp de scouts de La Clusaz, particulièrement animé sous ce temps adverse. Je pense à Manu et Céline, qui vont s'engager le lendemain sur le Trail des Frahans, qui fut le premier trail pour Manu et qui sera le plus long pour Céline. Je regrette simplement que la pluie ait empêché les jeunes louves et louveteaux de venir admirer ma casquette L'Castor Junior et le petit castor, accroché à mon sac, que m'avait offert Céline.


Les écarts entre coureurs sont désormais assez importants, d'autant que, comme à chaque fois depuis le début de la course, j'ai visé à réduire au maximum le temps passé dans les lieux de ravitaillement. Je trouve seulement un coureur pour poser sur la photo que je prends du Lac d'Arpy sous la pluie. Quelques hectomètres de montée avant le col.

Arrivé au sommet, les bénévoles nous mettent en garde contre un début de descente un peu délicat, mais, conformément à ma nouvelle résolution de ne pas prendre peur dans les descentes, je m'élance, trottinant tranquillement jusqu'à l'entrée dans la forêt, où la nuit semble décidée à nous rattraper pour de bon.


En effet, au fur et à mesure que l'on descend sur La Thuile, je sens la luminosité baisser aussi sûrement que nous approchons de l'heure critique, 22h00. S'il aurait été stupide, finalement, de mettre la frontale dès Pré Saint Didier, il aurait été sage au moins de le faire dès le début de cette descente. Las, voulant, je crois, me prouver que je pouvais évoluer correctement même lorsque la lumière venait à manquer, je décidai d'attendre La Thuile et sa salle chauffée pour installer mon phare sur le chef.


Je doublai d'abord quelques coureurs, dont certains affairés à mettre en route leur éclairage, puis mes pas devinrent bien moins surs au fur et à mesure que la nuit prenait possession de cette forêt humide.


Ce n'est qu'après une jolie chute sur des racines recouvertes de boue que j'avais été totalement incapable de discerner que je me décidai à allumer mes lumières. Je n'en suis tout de même vraiment pas une moi-même, car je n'étais plus qu'à deux cents mètres, à peine, des premières lueurs de la ville. De plus, alors même que je m'étais dit, en le rangeant dans mon sac à Morgex, que je risquais de perdre mon Forerunner 205 au moment où je sortirais ma frontale et son bloc d'alimentation déporté, je ne pris pas la peine de vérifier que ce dernier n'était pas tombé du sac lorsque je mis ma frontale. Ce n'est que le lendemain matin que je réaliserai les conséquences de ma bêtise, en ne retrouvant pas, dans mon sac, le précieux GPS...


Néanmoins, en arrivant à La Thuile, mon principal souci était de me rendre un minimum présentable, ma chute m'ayant littéralement recouvert de boue, sans toutefois abîmer le moins du monde ma veste Gore-Tex (ah, j'aurai au moins pu tester sa solidité et sa résistance aux déchirures).


Je profitai néanmoins d'un bon potage de vermicelles, toujours al dente (quel plaisir que ces courses transalpines !). avant de reprendre ma route sans m'attarder une fois de plus, laissant dans la salle chauffée une flopée de coureurs pour qui cette ville porterait ce soir tristement bien son nom...


La Thuile – Dolonne : 20 km (87 km cumulés) – 1130 m de D+ (4972 m cumulés) – 1347 m de D- (4961 m cumulés) - 4h09'52'' (16h23'25'' cumulés) – 78ème – 91ème au scratch


Sitôt sorti de la Thuile, je profite de la lueur des candélabres pour lire mes SMS. Et celui de Khanardô me fait extrêmement plaisir : il m'annonce qu'à 21h38, Jérôme n'était plus qu'à une demi-heure de l'arrivée. Un rapide calcul me fait tenter le coup, et j'appelle Jérôme qui décroche rapidement, me confirmant son arrivée récente et m'informant de sa superbe performance, avec une onzième place au scratch à la clé. Le p'tit gars a pris une magnifique double revanche sur le Gran Trail Valdigne et sur le CCC 2007, de la plus belle des manières.


Même si nous ne jouons pas dans la même cour, ce beau succès m'encourage à aller moi aussi au bout de l'aventure, et dans le meilleur temps possible. J'annonce donc à Jérôme que je pnse arriver vers 2h30 à Dolonne, objectif que je tiendrai à ma plus grande joie.


Las, les vingt kilomètres qui me séparent encore de l'arrivée ne sont pas pour autant de tout repos. En particulier, la montée vers le Col de l'Arp est encore très longue, et, contrairement au passage de La Salle à Morgex où le bitume m'avait plutôt déplu, je ne suis pas mécontent, ici, que les premiers lacets de la montée s'effectuent sur une route bien bitumée.


Je ne me fais d'ailleurs reprendre par personne dans cette montée, doublant au contraire plusieurs concurrents. Le mental chancelle pourtant parfois, en raison probablement à la fois de la fatigue du jour, de celle amoncelée pendant le Raid du Golfe du Morbihan, de quelques frottements que je sens naître dans le bas du dos et à l'entre-jambes, et certainement d'une lassitude générale : ces enchaînements de courses longues, si rapprochées, finissent par attaquer le moral.


Une de mes résolutions d'après course sera d'ailleurs de couper pour de bon après la Petite Trotte à Léon en Off de fin juillet et le Off organisé par Jérôme à Bardonecchia début août. Soit trois semaines complètes de repos avant l'UTMB, afin d'arriver frais et avec une certaine envie de courir et de grimper au départ de la Place de l'Amitié à Chamonix.


En attendant, je me retrouve à chanter, dans ma tête, du Diam's, en particulier Confessions nocturnes et son pendant parodique Mauvaise foi nocturne par Fatal Bazooka et Vitoo. Ah, ça ne vaut certes pas d'autres chanteurs à textes ni le moindre des grands penseurs, mais, à cette heure avancée de la nuit, perdu dans cette montée qui semble ne jamais vouloir finir, ce sont les seuls airs qui me viennent à l'esprit. Peut-être aussi parce que la Vitaa e bella...


Revenons à nos moutons, et à cette montée interminable. D'ailleurs, en parlant de moutons, je ne résiste pas à l'envie de raconter ce dialogue surréaliste avec un coureur italien qui, à mon approche et à la vue du phare qui ornait mon chef, avait décidé de couper sa frontale bien légère pour profiter de mes lumières artificielles :


  • Moi : Tutto va bene ?

  • Lui : …

  • Moi : Va bene ?

  • Lui : … Belle luce !


Comment vous dire ? J'avais le sentiment étrange, en effet, que ma lumière, en plus d'être belle, l'attirait comme un papillon de nuit. Lui qui semblait avancer à pas lents comme un fantôme se mettait soudain à trottiner derrière moi sans plus vouloir me lâcher. J'avais le sentiment étrange qu'il voulait profiter pleinement de ma lumière de manière un peu sournoise, en me laissant bien entendu supporter seul le poids bien plus élevé de ma lampe et de ses fort lourds accumulateurs.


Je repense alors aux propos échangés avec Manu et Jérôme sur ces coureurs qui se chargeraient volontairement peu en eau ou autres ravitaillements, afin de tirer partie du gain de poids réalisé, et qui demanderaient en revanche aux autres coureurs de suppléer leurs lacunes.


Je décidai donc, parce que j'avais le sentiment d'être le dindon de la farce, d'accélérer le pas pour me débarrasser de l'opportuniste. Comportement fort peu charitable, mais qui me semblait sur le coup parfaitement justifié. J'espère ne pas avoir mal interprété la situation sur le moment, car je n'étais certainement pas des plus lucide.


Arrivé au sommet après de multiples détours qui nous éloignaient bien plus souvent qu'ils ne semblaient nous en rapprocher des phares orange disposés autour du point de contrôle, j'entame la descente la plus technique de tout le parcours, écoutant bien les conseils des bénévoles postés au sommet qui insistent sur le caractère périlleux des premiers hectomètres rendus particulièrement glissants par la pluie tombée presque sans interruption depuis plusieurs heures.


C'est là que, pour la première fois depuis le début de la course, d'autres concurrents me dépassent dans une descente. A ma grande satisfaction, toutefois, ile ne seront que trois dans ce cas, que je reprendrai finalement dès que la pente se fera plus douce.


Le tracé rejoint un peu plus bas une route forestière, et je profite de ces nombreux lacets pour creuser un peu l'écart avec des poursuivants que je distingue seulement par l'éclat de leur frontale. Néanmoins, la lassitude finit par me gagner totalement, et même ces portions roulantes deviennent indigestes, et je suis presque heureux de croiser les pompiers au dernier point de contrôle avant l'arrivée à Dolonne.


Je le suis d'autant plus qu'ils m'annoncent une vingtaine de minutes seulement pour rallier l'arrivée. Malgré leurs avertissements quant au caractère extrêmement glissant de la descente dans la forêt, je fais un magnifique vol plané dès les premiers mètres, et décida ensuite de m'accrocher à la corde qu'ils ont disposée entre quelques arbres afin d'éviter une chute aux conséquences plus graves.


Sitôt relevé, j'appelle Jérôme pour l'avertir de mon arrivée imminente. Je l'interromps apparemment en pleine danse endiablée avec de belles Italiennes, mais il me confirme qu'il viendra assister à mon arrivée. Ce n'est pas tous les jours qu'on est accueilli par un champion à l'arrivée d'une course ;-))


Et, après ce qui m'apparaît comme une courte éternité, je parviens enfin sur les quelques dizaines de mètres de bitume qui séparent la sortie de la forêt de l'arche d'arrivée., sous les vivats de la foule en délire, ou du moins sous les bravi de Jérôme et des quelques bénévoles présents.


Enrico, qu'il me semblait bien avoir reconnu parmi les deux personnes qui m'avaient doublé dans la forêt, en avait terminé quelques minutes plus tôt.


Une fois la puce rendue, je me précipite, guidé par Jérôme, au stand de ravitaillement, pour profiter d'un nouveau demi et de quelques parts d'un délicieux gâteau au chocolat. Si les parts de gâteau sont faciles à obtenir, le demi est plus compliqué, le « barman » craignant que, comme d'autres coureurs avant moi, je ne finisse pas mon verre. Ah, c'est bien mal me connaître. Heureusement, le fait d'annoncer ma future participation à l'Arrancabirra agit comme un sésame, et je peux me désaltérer avec bonheur.

L'après-course

Jérôme me guide ensuite jusqu'à l'hôtel, me racontant ses exploits du jour, ou plutôt de la veille, et me complimentant pour ma gestion de la course après le Morbihan, alors qu'il pensait sincèrement que j'aurais opté pour le retour direct vers Courmayeur depuis Morgex.


Arrivé à l'hôtel, le seul calvaire après la mise à l'ombre des affaires de course nauséabondes sera, comme au Morbihan, la douche et la découverte de tous les frottements insidieux qui me feront pousser des cris de castrat. Mais, est-ce l'habitude, je serai bien plus discret qu'à Port Crouesty...


Après une courte mais bonne nuit, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel, en compagnie des parents de Jérôme, charmants. Dans la salle, un concurrent reconnaît Jérôme, LE Jérôme de Kikouroù, avec ses nombreux et riches CRs. Quelle star ce Jérôme !


A la remise des prix, assurée par les édiles locaux et animée par un speaker typiquement italien devant un groupe de jeunes filles en habit traditionnel, nous retrouvons Goldenick, Marco et les deux Enrico.

Un coup d'oeil rapide aux résultats affichés me permet de constater que nono5g a terminé finalement en boulet de canon, une vingtaine de minutes après moi, dans le même temps que David Poletti, tandis que piloumontagne a mis deux petites heures de plus. Je me doute qu'il a repris la route, longue, pour Angers, alors qu'il doit se reposer pour arriver frais au départ du Pyrénées Extrem Trail.


J'indique à Jérôme que, selon toute vraisemblance, et notamment si les prix scratch et par catégories ne se cumulent pas, il peut prétendre à un podium Senior. Il semble en douter, mais, après avoir vu défiler tout un tas de valeureux champions, dont de très charmantes traileuses, Jérôme est bel et bien appelé sur le podium, non pas pour une troisième place obtenue grâce au non-cumul des prix, mais bien plutôt pour la véritable deuxième place du classement Senior.

Je me précipite vers l'allée centrale pour immortaliser ce moment, mais mon appareil photo décide de faire des siennes, et je n'arracherai une photo de Jérôme et de sa grolle amplement méritée qu'après la cérémonie, en compagnie d'Enrico.

Ce dernier nous invite, avec des amis Italiens, à boire un verre là-même où Jérôme et moi avions dégusté de succulentes glaces avant la remise des prix. Merci l'ami : j'ai vraiment été ravi de te rencontrer. Jérôme profitera du passage d'Alberto Motta, le Président des Courmayeur Trailers, pour lui demander d'accepter mon bulletin d'inscription pour l'Arrancabirra : je serai donc le troisième Français inscrit à cette course de la bière, après Manu et Céline (eh oui, Jérôme est inscrit comme Italien...).


Après un dernier repas ensemble à Courmayeur, avec polenta champignons pour moi et polenta saucisses pour Jérôme, nous reprenons la Kangoo de Jérôme pour rallier l'aéroport de Turin, en faisant une halte, sur sa proposition, à La Thuile, afin de vérifier l'endroit où j'ai le plus probablement laissé tomber mon Forerunner l'avant-veille.

Etonnamment, je suis, pour une fois, plus rapide que Jérôme pour remonter cette descente qui n'était pas si raide dans mon souvenir. A croire que lui a fait une course à bloc... ;-)) En tout cas, après une journée entière de passage, et alors que nous croisons un coureur (sans dossard heureusement) qui descend en empruntant le parcours de la course, il faut se rendre à l'évidence : j'ai certainement fait un heureux avec ma bourde semi-consciente lorsque j'ai mis ma frontale. Charge à moi d'être plus attentif à l'avenir...

Nous nous remettons donc en route, et gagnons Turin Caselle où je salue Jérôme et le remercie une fois de plus pour l'accueil et la prise en charge complète pendant ce weekend de deux jours qui m'est apparu comme un dépaysement bien plus long et bien plus profond qu'un weekend classique.


De retour à la maison, je suis félicité par des amis venus dîner à la maison et, à ma grande surprise, je passe la soirée sans le moindre coup de barre, avec un sentiment un peu confus de simple plénitude. Je suis bien loin de mon temps de 2006 sur le CCC, mais ce parcours était bien plus technique, avec plus de dénivelé, et j'avais encore dans les pattes la fatigue du Morbihan.


Maintenant, cap sur la Petite Trotte à Léon sur quatre jours avec une autre bande de sacrés loustics. Et rendez-vous fin août à Chamonix pour boucler le Tour du Mont Blanc et saluer les prochains exploits des copains.

2008-05-09 09:03:56 : Drôle d'endroit pour une récup' - Course du Sanglier - 08-05-2008 - Cerny - 42 photos - 9 réactions

Comme toujours, ce CR est disponible, avec les photos ordonnées, sur Kikouroù : http://www.kikourou.net/recits/recit-5201-la_course_du_sanglier-2008-par-l_castor_junior.html

Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?

Depuis mon retour de l'Annapurna Mandala Trail fin avril, entre la reprise immédiate du travail et l'envie de trier un peu les photos que j'avais prises au Népal, je n'étais allé courir que dimanche dernier 4 mai, avec le JDM. Une petite sortie toute simple de 21,5 km, à allure JDM, c'est-à-dire entrecoupée de nombreuses pauses des plus salutaire.

Visiblement, la machine fonctionnait bien, et, même si j'avais parfois du mal à suivre certaines fusées dans leurs accélérations soudaines, je tenais néanmoins l'allure générale, et prenais un réel plaisir à refaire tourner les jambes. C'est plutôt au niveau du chef que les choses semblaient tourner de manière erratique.

En effet, à la simple évocation de la course du Sanglier de Cerny, je me voyais, revenant sur les terres d'un de mes premiers trails, en 2005, gambader parmi sangliers et marcassins, et tirer partie à fond des globules rouges excédentaires ramenés de mon périple himalayen pour, non pas enrhumer les meilleurs, bien sûr, mais, pourquoi pas, renouer avec cette période où tout semblait si facile. Bon, le fait que cette course, en 2005, ait été la dernière avant trois mois d'arrêt pour fracture de fatigue me rebutait un peu, mais je me disais, en entendant tous les copains et copines déjà inscrits : "Et pourquoi pas moi ?"

De retour à la maison, je voyais également qu'un grand nombre de kikoureurs projetaient d'aller, eux aussi, trottiner un peu dans les bois et les champs autour de Cerny. Visiblement, le tapage (terme employé ici de façon positive pour décrire une incitation chaleureuse et enthousiaste à une saine débauche) orchestré par JLW avait porté ses fruits.

En discutant hier soir avec Olivier91, je lui indiquais que, si :

- le temps restait au beau fixe,
- il était encore possible de s'inscrire sur place,
- le circuit s'effectuait dans un sens différent de ma dernière belle échappée et
- je me réveillais sans problème en ce jour férié,

j'avais bien l'intention d'aller faire le zouave, à un rythme de balade tranquille.

Au réveil, parfaitement matinal, je pouvais constater que le temps était toujours aussi clément, et, comme un coup d'oeil rapide la veille m'avait confirmé la possibilité d'inscriptions tardives et que, le sens de la course changeant chaque année, je courrais bien dans le sens inverse de 2005, je n'avais plus le droit de reculer.

Et comme j'avais un petit colis à remettre au Bagnard, qui avait trouvé in extremis une kikoumobile pour se rendre sur place, ma décision était prise : en voiture Simone !

Même sous un soleil de plomb, ce n'est pas le bagne...

Arrivé sur place de bonne heure, je peux déjà constater une organisation tirée au cordeau, comme les places de parking aménagées dans un champ voisin du gymnase de départ. Les signaleurs sont efficaces et souriants : les centaines de personnes attendues apprécieront je pense elles aussi.

J'aperçois rapidement Le Bagnard, qui a déjà retiré son dossard, et je file chercher le mien, non sans croiser en route tout un tas de visages connus, depuis les locaux comme le Chacal et ses amis du COSE, jusqu'à de nombreux kikoureurs (jeanluc78, jdecool, JCDUSS, tess2002, Bikoon, nictomve, jilles et d'autres que j'oublie sans doute), en passant par angelo du KWAC et de courseapied.net et, comme prévu, une palanquée de potes de l'USBY-JDM.

Une fois le dossard épinglé, et le colis remis au Bagnard, nous nous dirigeons, boulet au pied pour lui, sur l'aire de départ et d'arrivée, pour assister au départ de la course du Marcassin. En route, nous croisons JLW et Coli, bénévoles du jour, qui feront tout, avec d'autres, pour que notre matinée se passe au mieux.

Je salue également Pascal, de Mondeville, mon speaker préféré, avant d'encourager les Dunes d'Espoir qui alignent deux Joëlettes au départ aujourd'hui, pour permettre à deux jeunes handicapés de profiter de façon originale de cette belle journée estivale. Ced c'est bien et Cours Forest sont parmi les gars en jaune au coeur d'or ce matin.

A 9h45, c'est à notre tour de nous élancer. Nous sommes près de 500, mais, comme j'avais préféré rester avec le Chacal et Yves, du JDM, je me retrouve aspiré par le peloton de tête, et, comme sur toutes ces courses courtes, ça part sacrément vite.

Après un premier kilomètre à près de 15 km/h, je dois être dans les 50 premiers. Ouch : même si j'ai passé deux semaines à fabriquer des globules rouges en quantité quasi industrielle, il ne s'agirait pas d'oublier que je suis là en récup', et que, après un an passé à ne courir qu'une fois par semaine, je n'ai plus les jambes de ma prime jeunesse (comprendre, en 2005 et surtout 2006).

J'aperçois angelo qui galope loin devant, en seconde position, et, plus "humains", à une coudée devant moi, Bikoon et Yves. Je me mets donc en tête de les rattraper (mais non, pas angelo voyons), mais constate rapidement que les deux compères, que j'avais, pour l'un, accompagné en partie sur son premier ultra et, pour l'autre, souvent devancé sur ces courses vertes, sont réellement hors d'atteinte pour moi aujourd'hui (et, au vu de mon entraînement désespérément léger, pour de nombreux mois à venir encore).

Je profite donc du premier ravitaillement, avant même le quatrième kilomètre, pour mettre le clignotant et basculer définitivement dans un mode plus rando que réellement course. Un verre d'eau, que je jetterai, vide, dans la poubelle (si seulement tous les coureurs faisaient de même...), et je repars tranquille à l'assaut des premières côtes.

Après un premier passage en forêt, puis une montée sous une ligne à haute tension, le parcours retourne en sous-bois, ce qui permet à tous les coureurs de se rafraîchir un peu en s'abritant du soleil de plomb qui berce cette belle journée, et nous fournit aussi l'occasion de la première rencontre du jour, en course, avec les Joëlettes de Dunes d'Espoir.

Ced c'est bien, reconnaissable à sa casquette rouge Kikouroù, accompagne, sourire aux lèvres, la première Joëlette que je dépasse, tandis que Gilles, le "capitaine" des Dunes au Raid 28, kikoureur également, pilote les porteurs de la première. Les deux jeunes sont aux anges, mais les Dunes doivent redoubler d'attention dans ces monotraces encombrés pour éviter que leurs protégés heurtent le moindre élément du décor.

Je les retrouve au ravitaillement qui suit presque immédiatement ce dépassement, et ne les reverrai plus avant l'arrivée. A ce ravitaillement, une fois de plus, je constate que beaucoup de coureurs jettent leur gobelet quelques dizaines voire centaines de mètres après les poubelles de format pourtant bien adapté. Quelle bêtise ! Certes, je ne doute pas un instant que les bénévoles dévoués qui tiennent les stands iront, sitôt la marée humaine passée, nettoyer la zone, mais tout de même ! Un coureur situé aux alentours de la centième place ne pourrait donc pas se permettre de perdre les deux secondes qui suffisent à faire place nette ? Fin de la (fort regrettable) parenthèse.

Sitôt passé ce ravitaillement, le parcours retourne en forêt pour ce qui est, pour moi, la plus belle côte de la course. En effet, dans une pente raide, qui doit servir de lieu de récréation privilégié pour les vététistes du coin, sont disséminées plusieurs rampes de saut, que l'organisation, facétieuse, a pris soin de recouvrir de petits mots gentils, comme "Jump", "Jump... Oups..." ou 'Facile"... Personnellement, j'apprécie d'autant mieux ces clins d'oeil que cette petite montée me permet de casser un peu le rythme rapide suivi depuis le départ.

Le parcours continue à travers des sous-bois qui commencent à être traversés d'ornières boueuses que le beau temps chaud de ces derniers jours permet de contourner à sec. Les branches, en travers du chemin, parfaitement signalées par l'organisation, me permettent de vaincre mes vieux démons de saut en hauteur au lycée, où j'étais totalement incapable de dépasser le mètre vertical...

Je profite d'un nouveau passage à un double ravitaillement pour me restaurer de nouveau de pain d'épices et de banane, puis file vers la zone de la course où se trouvent les pires ornières du parcours. La traversée s'effectue sans difficulté véritable, même si je manque à maintes reprises de me tordre une cheville.

Après un nouveau passage en lisière de forêt, je finis par tomber sur Coli, qui arbore lui aussi sa casquette Kikouroù, qui officie en tant que signaleur avant une descente quelque peu technique, que je parviens toutefois à avaler sans me faire inquiéter par mes poursuivants.

Dans la traversée de champs qui nous ramène, à vol d'oiseau, et avant un nouveau détour dans le triangle au nord du départ, vers le parking, je dépasse, pour la troisième ou quatrième fois, un coureur de l'Entente Sportive de Vauhallan, club organisateur du Castor Fou.

A-t-il vu le pseudo sur ma casquette ? Toujours est-il qu'il m'interpelle pour me proposer de venir courir cette autre course verte le 7 juin. Je lui réponds par une question : "Pierre-Yves, l'organisateur du Castor Fou, est-il dans le coin ?" Ma question peut surprendre, mais j'ai toujours en mémoire des propos de Pierre-Yves que m'avait rapportés mon père après une de mes premières courses, lorsque Pierre-Yves l'avait félicité pour mes performances de jeune (comprendre récent) coureur.

Le coureur de l'ESV me confirme que l'objet de mes recherches est bel et bien présent, à quelques mètres devant nous, et je me mets en chasse aussitôt, non sans que mon interlocuteur me mette en garde contre les dangers éminents qui menacent ceux qui se permettent de dépasser des Vauhallannais.

Arrivé à la hauteur de ma cible, je me présente, mais, à peu près comme si j'avais sorti une de mes blagues fétiches, c'est un four. Certes, nous sommes en pleine montée, à trois kilomètres de l'arrivée, et nous avons tous d'autres préoccupations circonstancielles, bien plus importantes qui focalisent notre attention, mais Pierre-Yves ne se souvient ni de mon père, ni de moi.

Tant pis, me dis-je, en filant, même si le mot est certainement mal dimensionné, vers l'arrivée et ce tour de stade qui m'avait paru si long il y a trois ans. Un rapide coup d'oeil au chrono me confirme que je vais exploser, dans le mauvais sens, mon "record" de 2005, mais j'ai l'impression que je peux encore passer sous les 110 minutes, alors que j'imaginais depuis plusieurs kilomètres un chrono au dessus de 1h55'.

Porté par cet objectif un peu bête ainsi que par les encouragements des coureurs qui en ont déjà terminé, je réaccélère un peu et termine 108ème en 1h49'55", loin derrière la première féminine mais tout juste devant les deux suivantes que sont Dominique Goulet et Evelyne Poupet.

Au final, pour une sortie de récupération, ce n'est pas si mal. En effet, même si j'avais mis cinq minutes de moins en 2005, j'avais fini moins bien classé, proportionnellement, qu'aujourd'hui.

Je récupère un superbe TS technique griffé du fameux sanglier (le premier que je verrai finalement aujourd'hui), puis embrasse Martine Napolitano, venue prêter main forte aux organisateurs en voisine depuis Mondeville.

Je félicite ensuite Jean-Luc, qui, dix-septième au scratch, s'est assuré une place sur le podium V1, et angelo, qui a pris la même place sur le podium scratch. Je retrouve également Bikoon, qui a, une fois encore, après Chevreuse, sacrément bien tourné, malgré une chaleur qui l'indisposait fortement.

Les copains du JDM arrivent peu à peu, sauf Yves qui, comme attendu, m'a largement devancé aujourd'hui, en 1h42'50". daloan, en particulier, semble avoir apprécié lui aussi cette sortie de récup', lui qui a battu jeudi dernier son record sur marathon lors de celui de Sénart.

J'aperois de nouveau Pierre-Yves, qui, toujours confus de ne pas avoir réagi à l'énoncé de mon nom, se souvient toutefois parfaitement d'un certain Castor Junior, qui a déjà dit à plusieurs reprises sur divers forums que la course du Castor Fou valait le détour et était organisée par un gars bien. Tout est bien qui finit bien, donc...

Après avoir remercié JLW pour cette organisation aux petits oignons et salué l'arrivée des Dunes d'Espoir, avec un Ced c'est bien euphorique, je regagne enfin ma voiture, avec le sentiment du devoir accompli. C'est un peu bête, mais j'ai le sentiment d'avoir finalement pas trop mal couru, tout en prenant un plaisir finalement rare sur ce format de course qui me fait d'habitude bien plus mal.

Serait-ce le deuxième effet AMT ?


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2008-01-13 23:28:48 : Sortie tranquillle - 12-01-2008 - Saint Jean de Beauregard - 16 photos - 6 réactions

2008-01-06 21:41:42 : Sortie OFF aux 25 Bosses - 06-01-2008 - Noisy sur Ecole - 20 photos - 15 réactions

2008-01-02 23:37:19 : La dernière sortie longue de 2007 : au pays des castors et du Raid 28 - 30-12-2007 - Jouy en Josas - 29 photos - 16 réactions

2008-01-01 23:31:47 : Footing du nouvel an au Parc Montsouris - 01-01-2008 - Paris - 11 photos - 16 réactions

2006-11-06 00:40:16 : Ne jamais suivre la ligne bleue - Tour des Aiguilles d'Arves - 22-08-2006 - Montrond (Savoie) - 94 photos - 15 réactions

2006-10-04 01:51:35 : Faire ses courses en courant – 21-08-2006 – Saint Sorlin d'Arves (Savoie) - 3 photos - 9 réactions

2006-10-04 01:30:38 : [HS][Famille] 80 ans : la montagne, ça conserve ! – 20-08-2006 – Montrond (Savoie) - 36 photos - 13 réactions

2006-09-28 02:49:57 : Retour aux sources : le Mont Charvin – 19-08-2006 – Montrond (Savoie) - 45 photos - 13 réactions

2006-09-25 00:51:35 : Via Romana - 13-08-2006 - Carpineto (Haute-Corse) - 64 photos - 16 réactions

2006-09-04 00:59:51 : Séjour Thalasso / Course à pied - 4ème jour - 10-08-2006 - Pornic - 1 photo - 9 réactions

2006-09-04 00:56:55 : Séjour Thalasso / Course à pied - 3ème jour - 09-08-2006 - Pornic - 2 photos - 0 réaction

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2006-08-06 00:25:50 : Jamais mon Forerunner ne m'avait emmené aussi loin... - 05-08-2006 - Saint Jean de Beauregard - 8 photos - 4 réactions

2006-08-05 00:48:25 : Reprise après le Tour de l'Oisans - Sortie JDM inédite vers Marcoussis - 30-07-2006 - 13 photos - 7 réactions

2006-08-04 11:46:41 : [HS] Une rencontre impromptue avec un coureur d'ultrafond... - 0 photo - 15 réactions

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2006-06-03 18:43:58 : Reprise endurance après les 12 heures - 03-06-2006 - Saint Jean de Beauregard (Essonne) - 20 photos - 3 réactions

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